‹ Traité des membranes en général et de diverses membranes en particulierChapitre 20 sur 40 · FIBREUSES. I · texte numérisé non relu

FIBREUSES. I

sensibles aux agents qui les coupent, les déchirent, les désorganisent, le sont beaucoup à ceux qui les distendent au-delà de leur degré naturel. Ils ont donc leur mode de sensibilité de relation, et ce mode est analogue à leurs fonctions.* En effet, écartés par leur position de toute excitation extérieure qui puisse agir sur eux chimiquement ou mécaniquement, ils n'ont pas besoin, comme la peau, exposée à cette sorte d'excitation, d'une sensibilité qui en transmette l'impression. Au contraire, trèssujets à être distendus, tiraillés, tordus dans les violents mouvements des membres, il étoit nécessaire qu'ils avertissent l'âme de ce genre d'irritation, dont l'excès auroit pu, sans cela. devenir funeste à l'articulation. Voilà comment la nature accommode la sensibilité de chaque organe aux excitations diverses qu'il peut éprouver, à celles surtout qui deviendroient dangereuses, si l'âme n'en étoit prévenue; cai cette force vitale est l'agent essentiel qui veille à la conservation de l'animal. Remarquons . d'après cet exemple , qu'on ne doit jamais prononcer sur l'insensibilité d'un organe , sans avoir épuisé sur lui tous les moyens d'irritation. Or, comme le dit Grimaud, qui peut connoîlre tous ces moyens? Qui peut savoir

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tous ceux avec lesquels la sensibilité propre des diverses parties se trouve spécialement en rapport?

CLXXX1V. C'est à ce mode de sensibilité des ligaments et des capsules fibreuses , qu'il faut attribuer principalement, i° les douleurs vives qui accompagnent la production des luxations ; 2° celles plus cruelles encore que l'on fait éprouver aux malades dans les extensions propres à les réduire, surtout lorsque, comme dans les anciennes luxations, on est obligé d'employer des forces considérables; 5° les intolérables souffrances du supplice usité autrefois en certains pays, et qui consiste à arracher, en les tirant à quatre chevaux, les membres du criminel. Dans tous ces cas, lorsque les extensions commencent, elles sont insuffisantes pour porter leur influence sur la peau et les nerfs , toujours lâchement disposés autour de l'articulation. Les ligaments seuls sont tiraillés, et peuvent être le siège des douleurs; mais si les extensions augmentent, tous les organes voisins de l'articulation concourent à les produire.

CLXXXV. C'est, sans doute, à l'insensibilité des membranes fibreuses pour un mode d'excitation, et à leur seusibilité pour un autre

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