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SECTION IV

Conclusion générale.

LV. Les faits multipliés, exposés dans ce mémoire, nous permettent de présenter ici quelques vues générales, qui n'en seront pour ainsi dire que les conclusions. Elles ont rapport aux maladies et aux fonctions de l'arachnoïde.

LVI. Il paroît que, dans l'inflammation du cerveau et de ses membranes , l'arachnoïde joue un rôle essentiel. C'est elle qui doit faire rapporter cette inflammation à celle des membranes séreuses ou diaphanes. Si la dure-mère participe à ces affections, c'est à cause du feuillet interne qui la tapisse. Une expérience rend ceci très -manifeste. Mettez sur un animal la dure-mère à découvert, dans une étendue assez considérable de sa surface externe; incisez-la de manière à exposer aussi à l'air sa surface interne : celle-ci sera beaucoup plus vite enflammée que l'autre, car elle deviendra bien

plus vite rouge, et surtout plus promptement sensible à l'impression des irritans extérieurs, qui est nulle pour l'animal, dans les premiers instante de l'opération (1). Sans doute que dans les inflammations du cerveau, la dure-mère ne tarde pas à s'enflammer aussi ; mais le siège primitif du mal paroît être dans l'arachnoïde. Ne sait- on pas d'ailleurs que ce n'est guère qu'à la surface interne de la dure-mère, qui est tapissée par elle , ainsi qu'à la surface du cerveau, qu'on observe l'exsudation purulente et les membranes contre nature , qui sont le résultat de ces inflammations? Au reste, il paroît, par l'observation des maladies, que l'inflammation des membranes fibreuses, telles que la dure-mère, est beaucoup plus lente dans ses progrès que celle des membranes séreuses. L'inflammation du périoste, comparée à celle de la plèvre, en est une preuve.

LY1I. Quoique les hydropisies de l'arachnoïde présentent des phénomènes analogues à ceux des autres membranes séreuses, et qu'on

(1) J'ai déjà dit que ce fait, ainsi présenté d'une manière exclusive, n'est point exact ; souvent la duremère est d'une grande sensibilité, particulièrement dans le voisinage des sinus.

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puisse alors la regarder comme un grand réservoir accidentellement plein de sérosité, intermédiaire aux exhalants qui continuent leurs fonctions, et aux absorbants qui les ont cessées; cependant il se rencontre quelques différences assez notables (i). i°. Dans l'hydropisie générale, où tout le système lymphatique est frappé d'atonie, où tout le tissu cellulaire s'infiltre , toutes les cavités se remplissent , celle-ci échappe presque constamment à la loi générale. 2°. L'hydropisie de l'arachnoïde est plus particulière à l'enfant, au fœtus; celle du péritoine , de la plèvre , de la tunique vaginale, du péricarde, plus souvent observée chez l'adulte. Cela tiendroit-il , pour l'arachnoïde, à la concentration des forces sur la tête, dans

(1) Dans le plus grand nombre des cas, ce que Bichat appelle bydropisie de l'arachnoïde, est tout simplement ou l'étal sain du liquide céphalo-spinal , ou l'augmentation morbide de ce liquide; et dan» l'un et l'autre cas le liquide n'est point contenu dans la cavité de l'arachnoïde, mais se trouve en rapport avec la face externe ou cérébro-spinale Ho son feuillet libre ou interne. Les accumulations de liquides, purulens ou autres, sont très-rares dans la véritable cavité de l'arachnoïde.

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le premier âge, époque à laquelle la nature, obligée de perfectionner simultanément tous les organes de la vie de relation qui s'y trouvent, semble négliger les autres parties, pour doubler le travail de la nutrition dans celle-ci? On sait en général que les premiers instants de l'existence sont, plus que tous les autres, sujets aux maladies de la tête. 5°. Une circonstance influe sans doute aussi sur la différence des hydropisies de l'arachnoïde, c'est qu'il y a beaucoup moins de vaisseaux absorbants, de ceux au moins qui sont sensibles dans nos préparations, à la tète que partout ailleurs, comme l'ont prouvé les recherches des anatomisles modernes, italiens, anglois, et allemands.

LMII. Je ne parle point ici de l'usage qu'a l'arachnoïde d'isoler le cerveau des organes voisins, et de rendre par là sa vie indépendante de la leur : j'ai envisagé ailleurs cette fonction générale des membranes séreuses.

TRAITE

Dli LA

MEMBRANE SYNOVIALE

I. Aucune partie de la physiologie des os n'abonde plus en hypothèses et moins en découvertes, que l'histoire du système synovial. Beaucoup de dissertations et peu de faits ; longue série de principes supposés; court ensemble de preuves : voilà presque l'analyse des travaux connus jusqu'à ce jour sur ce point. Les notions acquises jettent ici peu de jour sur celles à acquérir. 11 faut pour ainsi dire envisager les choses sous un aspect nouveau : c'est ce que je vais essayer dans ce Traité^ qui a pour but de faire connoître, i° le mode par lequel la synovie est trausmise aux surfaces articulaires; 2° la disposition générale de la membrane synoviale, agent essentiel de cette transmission ; 5° les dispositions particulières de cette membrane dans les diverses articulations.

ARTICLE PREMIER

Du mécanisme par lequel la synovie est transmise aux articulations.

II. Tout fluide différent du sang ne peut s'en séparer pour être ensuite transmis à un organe, que par un des trois modes suivants: i° par sécrétion, fonction caractérisée par l'existence d'une glande intermédiaire aux vaisseaux sanguins, qui en apportent la matière, et aux vaisseaux excréteurs , qui en exportent le résultat ; 2° par exhalation , fonction distinguée de la première par l'absence de cette grande intermédiaire, et par l'immédiate continuité du vaisseau sanguin et du conduit exhalant*;

* Cette distinction entre la sécrétion et l'exhalation ne porte que sur les caractères sensibles et observables à l'œil. Il est assez probable en effet qu'il existe aussi dans les glandes une immédiate commu nication entre le vaisseau sanguin et le conduit excréteur, en sorte que la différence des deux fonctions ne paroît tenir qu'aux replis plus nombreux, à l'entre lacement plus compliqué des deux vaisseaux pour la sécrétion, à leur trajet plus court, à leur marche plus directe pour l'exhalation.

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3° par transsudation , phénomène purement physique, presque toujours cadavérique, rarement observé pendant la ue; simple transmission d'un fluide par les pores d'un organe, vers lesquels il est mécaniquement déterminé (1). Examinons quel. est de ces trois modes celui choisi par la nature pour déposer la synovie sur les surfaces articulaires.

§ Ier. La synovie est- elle transmise par sécrétion aux surfaces articulaires?

III. Nous devons à Clopton Havers le système qui place dans les glandes les sources de la synovie. Casserius, Dùlaurens, Séverin, Fa-

(1) Bichat a eu malheureusement l'esprit imbu du préjugé que la condition de la vie excluait les phénomènes physiques; cette erreur a exercé une très-fâcheuse influence sur tous ses écrits. Ici, par exemple, il est aujourd'hui démontré que la transmission d'un fluide par les pores d'un organe est un phénomène physique général et commun à tous les tissus et a toutes les membranes, et qui se produit d'autant plus complètement que les parties sont vivantes.

Ce phénomène est si général, qu'un physiologiste ingénieux, mais qui u'esî pas toujours assez en gardr:

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brice d'Aquapendente , avoient confusément désigné ces organes dans les articulations. Cowper crut aussi les y apercevoir, mais Havers en fît l'objet particulier de ses recherches, les décrivit dans les diverses articulations, les distingua en deux classes, Tune principale, l'autre accessoire, leur assigna des caractères si évidents selon lui, qu'on ne peut les y méconnoître.

IV. Pelotons rougeâtres, spongieux, formés de membranes reployées sur elles-mêmes, situés tantôt en dehors, tantôt en dedans des articulations , toujours disposés de manière à être à l'abri d'une trop forte compression, versant par des conduits en forme de franges le fluide qu'ils séparent : tels sont les caractères que tous les anatomistes admirent d'après lui, et dont Winslow, Haller, Monro, Albinus, Bertin, consacrèrent surtout la réalité dans leurs ouvrages.

Y. Quelques anatomistes de ce siècle ont ce-

contre les leurres de l'imagination, n'a pas craint de proclamer que celte propriété physique était l'élément fondamental de la vie et le priucipe vital lui même.

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pendant jeté des doutes sur ces corps glanduleux. Lieutaud les confond avec le tissu cellulaire graisseux ; Desault ne les en distinguoit point. Tout m'a confirmé dans la même opinion, qu'une foule de considérations paroissent établir d'une manière indubitable. Je vais successivement exposer ces considérations.

VI. Ces peletons rougeâtres ne se rencontrent que dans certaines articulations. 11 en est plusieurs où leur existence ne peut être établie que par supposition. Le plus grand nombre des capsules muqueuses des tendons n'en présentent certainement aucun, quoique Havers, Albinus, Jungken et Fourcroy les admettent dans toutes, fondés sans doute sur l'analogie, et non sur l'inspection ; cependant la synovie se sépare également dans ces deux cas, et lubrifie les surfaces des articulations et des gaines tendineuses. Cette séparation est donc indépendante de l'action glanduleuse.

VII. Si l'on examine les glandes synoviales les mieux caractérisées, telles que celle de la cavité cotyloïde, on n'y découvre aucune trace de ce parenchyme , inconnu dans sa nature , mais remarquable par sa structure, qui compose en général les glandes, et qui. les distin-

guant de tout autre partie, forme leur véritable caractère organique.

VIII. Aucun conduit excréteur ne peut être démontré dans ces organes. Ceux en forme de frange , admis par Havers , sont imaginaires. Bertin lui-même a reconnu cette vérité, quoiqu'il attribuât à ces corps une structure glanduleuse. La transsudation des fluides injectés par les artères voisines de l'articulation ne prouve pas mieux l'existence de ces conduits, qu'elle ne l'établit dans la cavité des membranes séreuses, où elle a lieu également, et où cependant il est bien prouvé qu'aucune glande ne verse l'humeur albumineuse qui lubrifie habituellement cette cavité.

IX. L'insufflation résout entièrement en tissu cellulaire ces pelotons graisseux. La macération produit le même effet. Lorsqu'une ébullition long -temps continuée et amenée par degrés en a enlevé toute la graisse, il ne reste qu'un amas de cellules affaissées les unes sur les autres, et semblables à celles du tissu cellulaire ordinaire.

X. Le caractère glanduleux se prononce dan9 certains cas pathologiques par une tuméfaction. un endurcissement particulier, dont les

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organes autres que les glandes, tels que les muscles , les tendons , etc. , n'offrent jamais d'exemple. Le foie , les reins, les organes salivaires, toute les glandes sensibles sont remarquables par là. Telle est même la vérité de ce caractère, qu'il sert à indiquer des glandes que leur ténuilé nous dérobe dajns l'état naturel. Par exemple, l'existence des cryptes de l'estomac, de l'urètre, et de plusieurs autres membranes muqueuses , est fondée d'abord sur l'analogie des autres membranes de cette classe, mais principalement sur le développement accidentel que ces cryptes acquièrent dans certaines maladies. Jamais au contraire les prétendues glandes synoviales n'offrent à l'observateur un semblable développement.

Toujours, dans les maladies des articulations, un engorgement commun semble les identifier au tissu cellulaire voisin. Elles n'ont point, comme les autres glandes, des affections isolées de celles de ce tissu, sans doute parce qu'elles n'ont point une vitalité propre; parce que, simples prolongements du tissu cellulaire voisin, elles en partagent la nature, les propriétés, et doivent par conséquent participer à tous les états où il se trouve, comme lui à son tour

doit immédiatement recevoir l'influence fle leurs affections.

XI. Les considérations que je viens de présenter successivement forment, je crois, une somme de données suffisantes pour résoudre le problème proposé ci-dessus , en établissant la proposition générale suivante : La synovie n'est point transmise par sécrétion aux surfaces articulaires (1). Passons au second mode de transmission indiqué par les auteurs.

§ II. La synovie est-cilc transmise par transsudation aux surfaces articulaires ?

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