‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 100 sur 138 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

595. Glepsine. 0. Whitman [Quart. Joum. of Mlc. Se., 1878, p. 216).

Vues en surface des bandes germinalives. Les œufs traités par l'acide chromique pendant cinq à dix heures montrent bien la disposition linéaire des cellules nerveuses. Pour voir la face interne, il est nécessaire de séparer les bandes germinatives du vitellus. Pour cela, Tembryon est placé à Tétat frais sur le porte-objet avec une goutte d'eau à laquelle on ajoute un peu d*acide acétique, avec l'extrémité d'une aiguille; à l'aide de deux aiguilles on brise l'œuf du côté dorsal, et on peut ainsi séparer le vitellus. On enlève une partie de Teau avec du papier buvard ; on ajoute quelques gouttes d'acide osmique sans déranger l'objet. Au bout d'une heure, on lave et on colore.

596. Lombric (Lumbricus trapezoides). Kleinenberg [Quart. Joum. of Mie. Se., 1879, p. 207). — Les premiers stades du déve-

Lf-. -

loppement peuvent être suivis sur Tœuf vivant, mais lorsque les contours des cellules cessent d'être visibles, on doit avoir recours aux réactifs. L'acide osmique employé à l'état de vapeur donne de bons résultats, mais le liquide picro-sulfurique (liqueur de Kleinenberg) vaut encore mieux. Lavage à l'alcool à 70° et 90°, puis coloration par l'hématoxyline. Déshydratation et coupes par la parafGne.

WiLSON [Journ, of Morph., III, 1889, p. 445; Journ. Roy. Mie. Soc,^ 1890, p. 402) trouve que le liquide de Perenyi est le meilleur fixateur, étant en général supérieur même au mélange de Flemming.

A consulter aussi pour les Chétopodes, von Wistinghausen, Mttth. a. d. ZooL Stat. Neapel, X, 1891, p. 41; Zeit. f. wiss. Mik., X, 4, 1893, p.479(A^e7'ew).

597. Planaires d'eau douce (Iuima, Zeitschrifl f. wiss. ZooL, XL, 1884, p. 359). — La capsule renfermant les œufs est ouverte, à l'aide de fines aiguilles, dans de l'acide nitrique dilué à 2 p. 100 sur le porte-objet. On imprime quelques secousses à la lame de verre pour détacher autant que possible les œufs des cellules vitellines. Les œufs se montrent à l'œil nu comme de petites masses blanches. Une lamelle supportée par de petits pieds de cire ou de petits morceaux de papier est placée sur les œufs. Après environ trente minutes, on remplace l'acide acétique par de l'alcool à 70*^. Au bout d'une heure on remplace l'alcool par de l'alcool à 90°, dans lequel les œufs restent deux heures. On substitue ensuite à l'alcool un mélange par parties égales d'eau et de glycérine, et finalement de la glycérine pure. Pour obtenir des coupes des embryons, qui sont trop petits pour être traités séparément, on durcit en masse le contenu de la capsule par l'acide chromique à 1 p. 100.

598. Ténias (Ed. van Beneden, Arch. de Biologie^ II, 1881 , p. 187). — Les œufs sont soumis sur le porte-objet à l'action d'une solution d'acide osmique à 1 p. 100, puis traités pendant une heure environ par l'alcool au tiers, lavés ensuite à l'eau distillée et soumis pendant deux ou trois jours à l'action du picro-carmîn. On monte les œufs dans la glycérine picro-carminatée. Lorsqu'il s'est formé autour de l'embryon une membrane chitineuse, celle-ci ne permet plus aux réactifs de pénétrer. Avec un peu d'habitude, on parvient à enlever au moyen de papier à filtrer une quantité suffisante de liquide pour que le couvre-objet, exerçant sur les embryons une pression modérée, détermine la rupture de l'enveloppe chitineuse ; l'embryon peut alors subir l'action des réactifs.

ECniNODERMGS

599. Gucumaria doliolum. Selenka (Zeilschr. f, wiss, ZooL, XXXV, p. 167). — Les embryons et les larves sont mis dans un verre de montre avec le moins d*eau possible, et traités par Tacide osmique ou mieux par une solution d*acide chromique à 1 ou 3 p. 100 additionnée de quelques gouttes d'acide osmique à 1 p. 100. Au bout de trois à cinq minutes, on lave à l'eau, puis on traite par l'alcool, l'alcool absolu, l'essence de térébenthine et on monte dans le baume. Quand on veut pratiquer des coupes, on colore au préalable par le carmin et on enrobe dans la parafûne.

coelentérés

600. Éponges. F.-E. Sguultze {Zeit, f. wiss. Zool., XXXI, p. 29S). — Pour étudier le développement du Sycandra raphanus, Schultze place les œufs et les larves dans une petite chambre humide sur le porte-objet et entretient Taération de Teau au moyen de petits fragments d*algues vertes qui dégagent de Toxygène. Il Qxe les œufs par l'acide osmique et colore au picro-carmin.

601. Schultze {ibid., 1880, p. 416) prépare ainsi les larves plus avancées et sessiles de Plakina : on choisit des larves qui se sont attachées à des feuilles d'algues minces ; on les traite en place, avec Talgue, par acide osmique, alcool à 52^ carmin aluné, eau distillée, alcool à 52o, alcool à 70^, 95®, absolu, essence de térébenthine, paraffme. On pratique des coupes à travers l'embryon et l'algue.

MÉTHODES CYTOLOGIQUES

602. Étude de la cellule vivante. — Généralement Texamen de la cellule vivante, isolée ou en place dans les tissus d'un animal, ne donne que des renseignements très imparfaits sur la structure de cet clément. Les organismes inférieurs, les Protozoaires, les globules sanguins, les œufs, etc., peuvent cependant être étudiés à Tétat vivant. C'est ainsi que Balbiani a pu observer dans Tovule des Arachnides la formation de vacuoles dans la tache germinative et les mouvements de cette tache.

On peut aussi examiner les cellules vivantes dans la queue transparente des jeunes larves d'Amphibiens, Axolotl, Triton, Grenouille, Crapaud. On insensibilise les larves, soit par le curare, soit parl'éther, soit par la nicotine.

Curare, — On dissout une partie de curare dans 100 parties d'eau et on ajoute 100 parties de glycérine. On place la larve dans un verre de montre rempli d eau, dans laquelle on verse 5 à 10 gouttes de la solution, suivant la grosseur de la larve. Il faut une demi-heure à une heure d'immersion pour obtenir la curarisation de la larve. Il n'est pas nécessaire de laisser les larves dans la solution jusqu'à ce qu'elles soient immobiles : dès que leurs mouvements sont ralentis, on les enlève et on les met sur un porte-objet avec du papier brouillard. Si on les remet dans Tcau, elles reviennent à Tétat normal au bout de huit à dix heures, et peuvent être curarisées de nouveau plusieurs fois. (Peremescuko, Arch, f, mik. Anal, y XVI, 1879, p. 437.)

Éther. — Une solution d'éther à 3 p. 100, ou d'alcool au même titre, peut être employée. Ces agents n'arrêtent pas le processus de la division cellulaire, mais leur action anesthésique est inconstante.

Qoo^z

MÉTHODES CYTOLOGIQUES 333

Tabac. — Les larves d'Amphibiens placées dans une infusion de tabac sont immobilisées en quelques minutes: mises dans Teau, elles reviennent à Tétat normal au bout de quatre à cinq heures.

Peremeschko coupe la queue à une larve vivante, et place Torgane dans un milieu indifférent, tel que le sérum iodé, une solution de sel marin à 1 p. 100, le sirop, Teau froide (h- 1** C.) ou l'eau chaude (380 à 40<» G.).

Flemming, dans le même but, a choisi la Salamandre. Chez Tadulte, on peut observer la vessie qui est assez transparente ; chez la larve, les branchies et la nageoire caudale. Les branchies sont difficiles à fixer dans une position convenable pour l'observation ; de plus, elles sont fortement pigmentées. Dans la queue, il y a toujours, au voisinage des membres postérieurs, un endroit dépourvu de pigment ; et, sur les larves faiblement pigmentées, on peut trouver de semblables endroits, sur la moitié ventrale de la queue et le long de la ligne latérale. Sur une larve à queue aplatie, il est possible d'étudier les endroits dépourvus de pigment avec un numéro 1:2 à immersion de Hartnack. La larve est fixée dans une cellule appropriée, ou enveloppée dans du papier brouillard mouillé ; on peut aussi la curariser, ou en séparer la queue. Des objets favorables pour faire des préparations sont fournis par les lamelles délicates qui sont attachées aux branchies cartilagineuses du côté de la bouche.

D'autres objets favorables (Flemming, Arch. f. mik, Anat.^ XXXV, 1890, p. 27S, et XXXVII, 1891, p. 249 et 685) sont les poumons, le péritoine pariétal et le mésentère de ces mêmes larves. Pour préparer le poumon, on prend une larve de pas plus de 4 centimètres de longueur, et on la tue en la plongeant dans le mélange chromo-acétoosmique. On ouvre par une incision la cavité du corps, et l'on sort les viscères avec précaution en ayant soin surtout qu'il ne se forme pas de plis dans les poumons, et on les laisse exposés à l'action du liquide. Après une fixation suffisante, on tire les poumons sur une lamelle, et l'on enlève à chacun d'un trait de scalpel une étroite lanière le long de ses bords. Gela fait, on sépare l'une de l'autre les deux parois pulmonaires ainsi dégagées, qui donnent chacune une préparation plate et mince.

On peut aussi utiliser l'intestin de l'adulte, en en faisant des coupes à la paraffine (M. Heidenhain, Kern und Protoplasma^ p. 111). Get organe offre à l'étude les volumineuses cellules épithéliales des cryptes intestinaux, et de nombreux leucocytes, objet, au dire de Ileidenhain, particulièrement favorable.

Lonnberg (Cf. Zeit. f. wiss. Mik., X, 3, 1893, p. 377) recommande

ANAT. IIICROSC. 23

répithélinm intestinal d'Escargots hibernants comme fournissant des figures karyokinétiques en grande abondance. Les Escargots {II. pomatia) doivent être gardés pendant quelques jours dans une pièce chauffée. On les débarrasse ensuite de leurépiphragme calcaire et on les nourrit pendant trois jours de feuilles de chou avant de les sacrifier.

Les larves des Salamandres sont produites par des individus adultes, conservés en captivité, et ayant à leur portée un vase renfermant de Teau dans laquelle ils déposent spontanément leur progéniture. Au mois de mai, on peut tuer les femelles et extraire les larves. Celles-ci peuvent être conservées en changeant fréquemment l'eau, et en leur donnant chaque jour, ou tous les deux jours, à manger des Vers aquatiques, tels que le Tubifex rivulorum. Il est très important que Talimentation soit abondante et régulière, sans quoi les cytodiérèses deviennent rares, et peuvent même faire défaut entièrement. ,

ScuLEiciiER {Arch. f. mik. Anat.^ XVI, p. 248) a pu suivre les différentes phases de la karyokinèse dans les cellules vivantes du cartilage des têtards de Grenouille et de Crapaud. Le cartilage se desséchant très vite au contact de l'air, il faut, pour en étudier des coupes fraîches, les placer de suite sous une lamelle lutée ensuite avec de la parafline. On peut aussi se servir de la chambre humide ; si on veut employer des réactifs, on les fait arriver par imbibition sous la lamelle.

Page 1