Durcissement. — Nous avons expliqué que dans la marche
normale de la préparation des objets pour l'inclusion dans la paraffine ou dans la celloïdine, ou pour le montage direct dans le baume, les pièces passent à travers des alcools successivement très forts, pour se trouver à la fin complètement déshydratés par l'alcool absolu. Dans la plupart des cas, ce traitement sufBt pour communiquer aux tissus la consistance voulue pour les coupes ou pour les dissections. Mais il est des objets qu'il ne suffit pas de traiter selon cette méthode. Pour des objets très volumineux, tels que l'encéphale humain, ou les embryons humains de trois mois et plus, il ne saurait être question de fixation dans les règles. Ces objets n'arrivent en général entre les mains de l'anatomiste que plusieurs heures après la mort du sujet qui les fournit. Et d'ailleurs, des pièces aussi volumineuses ne se laissent pénétrer par aucun réactif avec une rapidité qui suffirait à assurer la fixation précise des éléments dans l'état où ils se trouvent pendant la vie. De plus, pour ces pièces très volumineuses nous sommes souvent forcés de renoncer à l'inclusion par infiltration ; on comprend facilement que l'encéphale humain ne saurait être infiltré de parafQne en un laps de temps raisonnable. Et même parmi les petits objets nous en trouvons qui n'acquièrent pas une bonne consistance pour les coupes par le simple passage à travers les alcools. Dans tous ces cas on a recours à l'action de réactifs durcissants.
88. Pratique des durcissements. — On prend pour règle générale de commeitcer toujours le durcissement avec des réactifs diltiés; on en augmente la concentration à mesure que les tissus se trouvent, par suite du durcissement qu'ils ont acquis, en état de supporter une action plus énergique.
11 importe beaucoup que le volume du liquide durcissant soit considérable relativement à celui de l'objet à durcir, ou du moins qu'il soit très fréquemment renouvelé. Car autrement, les substances des tissus, qui viennent à en sortir par diffusion, se mélangent au liquide durcissant, et, si celui-ci n'est pas en volume suffisant, en altèrent la composition à tel point qu'il n'agit plus de la manière voulue ; il peut même, en se chargeant de ces substances, exercer une action macérante, résultat directement opposé à ce que l'on désire réaliser par le durcissement. De plus, on observera qu'aussitôt que, en se chargeant de ces substances, le liquide extérieur est devenu d'une composition semblable, sous le rapport de la proportion de substances colloïdes et cristalloïdes qu'il contient, à celle du liquide qui baigne les tissus, la diffusion doit nécessairement cesser, l'équilibre osmotique étant établi ; et le liquide durcissant ne pénètre plus. D'autre part, il parait
'Tfyrv^
que la présence d'une faible proportion de colloïdes dans le liquide durcissant est favorable à la bonne consistance des tissus, en les empêchant de devenir friables. Il faut trouver par Texpérience les proportions qui conviennent pour chaque objet et pour chaque réactif: tout ce que nous pouvons faire ici, c*est d'insister sur Timportance de remploi d'une quantité convenable de réactif.
Il est bon d'employer, pour les durcissements, des récipients cylindriques, et d\v suspendre les objets avec un fil, de telle sorte qu'ils se trouvent malnteaus vers le haut du liquide. De cette façon, ils se troavent entoures d'une atmosphère de liquide durcissant aussi pure que possible, les substances extraites des tissus s'y répandant par diffusion plus librement, et les précipités qui peuvent se former dans le liquide allant gagner le fond.
On veille avec soin à ce que Taclion du réactif durcissant ne soit pas prolongée au delà du temps qui est strictement nécessaire pour donner aux tissus une consistance suffisante ; autrement les tissus deviennent friables, et les colorations deviennent de plus en plus difficiles.
34, Réactifs durcissants. — Ces réactifs sont en général essentiellement de même nature que ceux que nous employons pour la fixation ; seulement on les emploie pour le durcissement sous forme de solutions beaucoup plus étendues, et l'on met à profit surtout ceux d*en^re les fixateurs dont l'action est la plus douce et la plus égale. Ce sont principalement l'acide chromique, puis les sels de chrome et des chlorures. On emploie en général l'acide chromique toutes les fois qu'on désire surtout arriver à un durcissement très rapide. Si au contraire on vise surtout la bonne consistance des pièces, on a recours à un sei de chrome. Nous donnons, dans la deuxième partie, des détails sur le durcissement des divers organes qui le demandent. C*est surtout le cas pour le système nerveiuc central. Les formules les plus usitées de réactifs durcissants, avec les explications voulues relatives à leur action sur les tissus et à la manière de s'en servir, se trouvent dans les paragraphes consacrés aux ageints fixateurs. Ces deux genres de réacUrs étant, comme nous Tavons dit, essentiellement identiquest il n'y a pas d'inconvénient à les traiter ensemble. Nous éviterons aussi bien û%% redites. Et de cette façon, le chapitre spécial que, dans la première édition nous avions consacré à ce sujet sous le titre de RÉACTIFS DURCISSANTS nc nous sera plus nécessaire, son contenu ayant été distribué comme nous l'avons dit plus haut. Le chapitre des RÉACTIFS DURCISSANTS cst donc Supprimé,
-i^^^'jrvsi.. '-JJ:JLII|}l5^«S55^-fc!|P!*-^fl*;,U' ■'
AGENTS FIXATEURS ET DURCISSANTS