‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 126 sur 138 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

773. Turbellariés (Lang, ZooL Anzeig,, 1878, p. 14 ; 1879, p, 45, 46; Die Polykladen^ etc., Fauna u. Flora d. Golfes v. Neapel^ i88i, p. 30). — L'observation des animaux vivants ne peut guère suJTire que pour Tétude des systèmes vasculaires, pour laquelle elle est indispensable, aucune méthode n'ayant été découverte jusqulci qui permette d'étudier Tappareil aquifère sur des pièces conservées.

Pour la fixation, Lang emploie presque toujours soit le sublimé pur, soit le liquide numéro 67 ou le liquide numéro 63. Il est souvent nécessaire d'employer ces liquides à chaud, même bouillants ; on les emploie de la manière indiquée au numéro 63. Dans ces derniers temps, Lang a trouvé qu'on peut obtenir des résultats assez satisfaisants par Talcool employé à chaud.

Pour les Rhabdocœles Braun (Zeit. f. wiss, Mik,, III, 1886, p, 398) procède comme suit. — On met un animal sur une lamelle porte- objet, on Taplatit légèrement au moyen d*un verre à couvrir, et on le tue en introduisant entre les deux verres un mélange de trois parties de liquide de Lang avec une partie de solution d'acide osmique à I p. 100. D'autres agents fixateurs ne lui ont pas donné de bons résultats. Coupes à la paraffine.

Pour les Rhabdocœles acœles Dëlage {Arch. de ZooL expér.^ L IV, sér. 2, 1886; ZeiL f. wiss. Mik,, 1886, p. 239) recommande - beaucoup la fixation par un mélange d'acide osmique et de carmin ammoniacal. Un autre fixateur excellent est la solution concentrée de sulfate de fer. Les animaux {Convoluta) y meurent parfaitement étendus. Le liquide de Lang ne réussit pas, dit-il.

Pour la coloration, Delage recommande Pacide osmique carminé, ou bien l'imprégnation par l'or. — (Acide formique au tiers, deux minutes; chlorure d'or à 1 p. 100, dix minutes; acide formique à t p. 100, deux à trois jours dans l'obscurité. — Il est bon de laisser produire une réduction excessive et de décolorer par une solution de cyanure de potassium à 1 p. 100.)

VON Graff [Die Organisation d, Turhellaria Acœla, Leipsig, 1891 ; ZeiL /". wiss, Mik., IX, 1, 1892, p. 76) fait les remarques suivantes. — Le mélange de Flemming, suivi d'hématoxyline, donne une bonne

conservation des téguments ; mais môme cette méthode ne fournit pas une conservation satisfaisante des rhabdites, qui chez les Âcœles et les Alloiocœles paraissent se gonfler jusqu'à être détruils, tandis que chez les Planaires terrestres, chez les Polyclades et la plupart des Rhabdocœles ils se conservent mieux. La même méthode convient pour le parenchyme à* Amphichœrus cinereus, Convoluta paradoxa^ et C sordida. Le sublimé ne convient pas pour ces espèces, mais donne de bons résultats pour Convoluta Roscoffensis. Le système nerveux peut être étudié par les méthodes de Delage. Pour les Dendrocœles d'eau douce. CniouKOFF {Arch. de Blol.^ XII, 1892, p. 438) recommande le mélange suivant : sublimé à 2 p. 100, 6 parties ; acide acétique à 15 p. 100, 4 parties ; acide nitrique, 2 parties ; chlorure de sodium à 14 p. 100, 8 parties ; alun à 2 p. 100, 1 partie.

774. Némertiens. — Les Némertiens sont extrêmement difficiles à fixer. Après une assez longue expérience de ce groupe, nous devons dire que nous n'avons pu trouver aucune méthode qui mène sûrement au but. Nous avons toujours obtenu nos meilleurs résultats en fixant par le sublimé (sol. sat. à froid, avec 1 p. 100 d'acide acétique). 11 est bon de couper d'abord la tête de l'animal, et de projeter les morceaux à fixer, qui ne doivent pas être trop longs, aussi rapidement que possible dans la solution de sublimé ; c'est un tour do main à apprendre, et qui ne réussit pas toujours. Nous décapitons les animaux, parce que nous avons observé que les contractions sont beaucoup moins énergiques dans les tronçons qui ne sont plus en communication avec les ganglions cérébraux. Nous avons essayé la plupart des fixateurs énergiques, liquides osmiques, chromiques, etc., et nous ne les recommandons pas; les liquides chromiques et le perchlorure de fer nous paraissent être surtout à éviter, car ils semblent agir comme des irritants, et provoquer des contractions musculaires d'une violence telle que les tissus en souffrent ; les animaux y meurent aussi beaucoup moins vite que dans le sublimé.

De Castellarnau [La Estacion ZooL de Napoles, p. 137) dit qu'on peut tuer les Némertiens par la méthode d'Eisig, pour narcoliser graduellement par l'alcool, méthode que nous avons décrite plus haut à propos des Mollusques (n** 757). Nous n'avons pas eu l'idée d'essayer cette méthode. Nous avons essayé le procédé de Fobttinger à l'hydrate de chloral (n° 21), les espèces sur lesquelles nous avons expérimenté mouraient bien plus ou moins étendues, mais crachaient toujours leur trompe.

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S. Lo BiANCO cependant réussit avec une solution à 0,1 à 0,2 p. iOO dans l'eau de mer.

M. le professeur du Plessis nous a indiqué Teau douce chaude, même presque bouillante, comme étant dans bien des cas le meilleur ! moyen de tuer les Némertiens. Elle conserve assez bien les tissus.

/ Les colorations c vitales » au bleu de méthylène pourront avoir une cer-

f taine utilité à l'occasion. Pour Tapplication de la méthode au bleu de mé-

thylène à rétude du système nerveux, voir BrOger, Mitth. zool. Stat, Neapel^ X, 1891, p. 206 (résultats pas très satisfaisants).

Pour les colorations de pièces fixées, nous pensons qu'il est absolument obligatoire de n'employer que des teintures alcooliques, car ', les espèces même les plus délicates ne se laissent pénétrer en aucun

laps de temps raisonnable par les teintures aqueuses. Nous employons le carmin au borax, ou le carmin alcoolique de Mayer. L'hématoxyline et la cochenille de Mayer donnent en général de moins bonnes préparations, à cause de l'énergie avec laquelle elles se portent sur la mucine qui, en général, existe en si grande abondance dans la peau des Némertiens.

Les coupes se font très bien à la paraffine pour les espèces petites et moyennes, si l'on a soin de faire la pénétration par Vessence de bois de cèdre (le chloroforme se refuse souvent à pénétrer ces objets même après des semaines).

775. Gestodes. — A étudier par les méthodes ordinaires des coupes. Nous rappelons que l'observation de l'animal vivant (Vogt et YuNG, T7'ait, d'Anat, Comp. prat,, p. 204) peut rendre des services, surtout pour l'étude du système excrétoire. Comme l'a montré Pintner, on peut conserver des Ténias en vie pendant plusieurs jours dans de l'eau additionnée d'un peu de blanc d'œuf. Lônnberg {Centralb. f. Bakt., 1892, p. 89 ; Jow^n. Roy. Mie, Soc, 1892, p. 281) a gardé le Triasnophorus nodulosus, parasite du Brochet, en vie pendant un mois dans une solution de peptone pepsine, contenant de 3 à 4 p. 100 de substance nutritive et moins de 1 p. 100 de NaCl (réaction faiblement acide).

776. Trématodes (Fiscuer, Zeit. f. toiss. ZooL, 1884, p. 1). — VOpist ho tréma cochleare peut être monté m toto dans le baume, après traitement par l'alcool absolu, le picro-carmin ou l'hématoxyline ou le carmin ammoniacal, et l'essence de girofle.

Pour les coupes, Fischer recommande une masse d'inclusion faite en dissolvant 15 parties de savon dans 17,5 parties d'alcool à 96**.

QUELQUES MÉTHODES ZOOLOGIQUES 45i

Cette masse fond à 60® G. environ, pénètre très rapidement, et se solidifie en quelques minutes. On étudie les coupes dans la glycérine.

ScnwARZE {Zeit, f. wiss. ZooL, 1888 p. 45) a trouvé que le seul moyen de conserver les tissus des Cercaires est de fixer dans une solution saturée de sublimé, chauffée à 35 ou 40^ G.

Wright et Macallum (Jowm. of Morphol.^ 1, 1887, p. i) ont trouvé que Sphyranura se fixe bien dans le mélange de Fiemming, et se colore bien dans la cochenille alunée.

777. Nématodes (Looss, Zool. Anzeig., 1885, p. 333). — La cuticule extrêmement résistante des Nématodes oppose souvent un j très grand obstacle à la pénétration des réactifs. Selon Loos, on peut vaincre cet obstacle en traitant les animaux (ou leurs œufs, qui présentent la même imperméabilité) par Teau de Javelle ou Teau de Labarraque, selon la manière que nous avons décrite au n® 528.

Braun {Die thier. Parasiten d. Menschen, etc. ; Joum. Roy. Mie, Soe.j 1888, p. 897). — Braun recommande de monter des préparations non colorées de petits Nématodes dans le milieu suivant : — Gélatine, 20 parties; glycérine, 100 parties; eau, 120 parties; acide phéniquc, 2 parties. On fait fondre ce mélange au moment de s'en servir. Le baume aurait quelquefois Tefl'et curieux de rendre les Nématodes opaques. D'après Zur Stbassen {Zeit. f. wiss. ZooL, LIV, p. 655), le Bradynema rigidum de VAphodius flmefarius doit être fixé pendant douze heures au moins dans le mélange de Fiemming.

778. Acanthocéphales (Echinorhynques) (Saefftigën, Morphol. Jahrb.jiSSi, p.l21). — La meilleure manière de tueries animaux est de les mettre dans l'acide osmique à 0,1 p. 100 environ ; ils y vivent longtemps : ils se contractent pendant les premières heures, mais s'étendent complètement avant de mourir. On peut aussi employer l'acide chromique à 0,1 p. 100 ; les animaux y vivent plusieurs jours, mais meurent à la fin parfaitement étendus. G'est ce réactif qui vaut le mieux pour l'étude de la sous-cuticule. Les méthodes de la fumée de tabac et du chloroforme, et les fixateurs qui tuent rapidement, comme le sublimé ou les solutions fortes d'acide osmique, donnent des résultats inférieurs à ceux des procédés que nous avons indiqués.

Keiser {Bihlioth. zooL, VU, 1, 1891 ; Zeit. f. loiss. Mik., VIÏI, 3, 1891, p. 363) a indiqué les deux fixateurs suivants. (I) Solution saturée de cyanure de mercure dans l'eau, chauffée à 45 à 50® G. (15 à 60 minutes, laver dans l'alcool à 70 p. 100). (2) Acide picrique, 1 ;

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acide sulfurique, 10 ; acide chromique, 1 ; eau, 1000. Chauffer à 55® C, laisser agir 15 à 20 minutes, laver 5 à 10 minutes dans Teau chaude, puis dans Talcool à 60 p. 100.

779. Géphypiens. — Pour préparer le Sipunculus nudtis, il faut (VoGT et YuNG, Anat. comp. prat.y p. 373) faire dégorger l'intestin des animaux pendant plusieurs jours dans de Teau de mer pure dans des bassins à fond poli. (Il faut avoir soinde les changer chaque jour, car ils avalent de nouveau le sable expulsé.) Le meilleur agent pour les tuer en extension serait le chloroforme.

Ward [Bull. Mus. Comp. ZooU Harvard, XXI, 3, p. 144) met les animaux dans une cuvette avec de Teau de mer et verse surTeau une couche mince d'alcool à 5 p. 100. Les animaux doivent se trouver anesthésiés au bout de quatre à huit heures.

Lo BiANCO dit que l'acide chromique à 0,5 p. 100 ou l'hydrate de choral à 0,1 p. 100 dans l'eau de mer peut réussir, mais l'un et l'autre sont incertains. Phascolosoma et Phoronis doivent être traités par le procédé de l'alcool, n*^ 26.

Priapulus eiHalici^yptus. Apel {Zeit. f, wiss. ZooL, 1885, p. 461) recommande de les tuer ou bien en les mettant dans l'eau de mer qu'on porte graduellement à une température de 40^ G. environ (pas plus), ou bien les plongeant brusquement dans de l'eau bouillante où on les maintient un instant. Cette manœuvre ne lue pas les animaux, mais les paralyse et les empêche de se contracter pendant qu'on les soumet à l'action d'un réactif fixateur. Parmi les fixateurs, Apel recommande l'acide chromique à 1/3 p. 100; l'acide picro-sulfurique; le bichromate de potasse, et l'alcool. L'acide osmique ne pénètre pas suffisamment.

780. Rotateurs. — Pour l'observation des animaux vivants la narcotisation rend de grands services. Voir là-dessus le chapitre n. VoGT et YuNG recommandent une solution de l'un ou l'autre des sels solubles de strychine.

Weber [Arch. de BioL, VIII, 4, 1888, p. 713) préfère une solution à 2 p. 100 de chlorhydrate de cocaïne.

La confection de préparations permanentes de Rotifères est d'une difficulté extraordinaire. £lle n'est pas impossible. M. G. Rousselët a eu l'obligeance de m'envoyer des Triarihra, Asplanchna, Notops et Brachionus conservés qui ne laissent rien à désirer. II opère ainsi : les animaux sont réunis dans un verre de montre avec un peu d'eau. On les narcotise en ajoutant graduellement quelques gouttes du mé-

lange suivant : — chlorhydrate de cocaïne à 2 p. 100, 3 parties ; alcool méthylisé, 1 partie; eau, 6 parties. Au moment où les cils cessent de battre on les fîxe en ajoutant quelques gouttes de solution d*acide osmique à 0,25 p. 100. Après une demi-minute on lave dans l'eau distillée renouvelée plusieurs fois, et Ton monte dans du formol à 2,5 p. 100 d'aldéhyde formique (c'est-à-dire un mélange de 2 1/2 volumes de formol avec 37 1/2 volumes d'eau).

Les préparations de Rousselet sont des chefs-d'œuvre pour le moment; mais je doute que le formol puisse fournir une conservation indéfinie. Pour quelques autres détails voyez Jowm. Quekett. Mie. Club, V. 2, xMarch, 1893.

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