ANNÉLIDES
781. Lumbricus. — En vue des coupes, il faut commencer par débarrasser l'intestin du sable qu'il peut contenir. KuKENTHAL(v.yoM7'n. Roy, Mie, Soc,, 1888, p. 1044) met les animaux dans un cristallisoir rempli de morceaux de papier buvard humecté. Ils évacuent graduellement l'intestin et le remplissent de papier. Vogt et Yung préfèrent le marc de café, comme se coupant mieux après inclusion que ne le fait le papier.
Narcotisation (Kûkenthal, Die mikroskopische Teehnik, 1885; Zeit, f. wiss, Mik,, 1886, p. 61). — Mettre les animaux dans un verre cylindrique rempli d'eau à une hauteur de 10 centimètres ; verser sur l'eau une couche d'alcool à 70® p. 100, de 1 à 2 centimètres d'épaisseur. Après quatre à huit heures on trouvera les animaux narcotisés et l'on pourra les fixer.
Perrier recommande de mettre dans un coin du cristallisoir un verre à montre avec du chloroforme, et de couvrir le tout. L'anesthésie se produit dans une demi-heure.
GoLLiN [Zeit, f. wiss, Zool,, XVLI, 1888, p. 474) procède à peu près de même pour Criodrilus laeuum. 11 suspend dans le verre un morceau de papier buvard imbibé de chloroforme.
Gerfontaine [Areh, deBiol,, X, 1890, p. 327) injecte dans des Lumbricus par piqûre hypodermique2 ce. d'une solution de curare àl : 500. Ensuite on met les animaux dans l'eau et au bout d'un quart d'heure on les trouve morts.
782. Polychètes. — D'après Lo Bianco, on peut souvent produire une bonne narcotisation de ces animaux au moyen d'eau de mer contenant 5 p. 100 d'alcool, ou par le mélange numéro 19.
Les Polychxta sedentaria offrent Tobstacle d'un appareil branchial compliqué et extrêmement contractile. On peut quelquefois obtenir de bonnes fixations en extension en portant les animaux brusquement dans une solution de sublimi. (Il faut prendre une solution froide^ les solutions chaudes ratatinent souvent les branchies.) Les espèces de Polychœta errantia qui possèdent des branchies contractiles, comme Eunice et Onuphis, peuvent être traitées de même.
Lo BiANco recommande de tuer les Chœtopteridœ, Stemaspidœ, Spirographis et Protula, en les mettant pour une demi-heure dans de Tacide chromique à 1 p. 100. On peut quelquefois forcer les Ânnélides sédentaires à s'étendre hors de leurs tubes en les mettant pour quelques heures dans de Teau de mer contenant 0,1 p. 100 d'hydrate de chloral (Lo Bianco).
Voyez aussi d'autres méthodes au chapitre ii.
783. Durcissement. — Je puis recommander comme excellent pour la ûxation et durcissement à' Annélides en général un mélange dû à Ehlers. a 100 ce. d'acide chromique de 0,5 à 1 p. 100 on ajoute de 1 à «^ gouttes d'acide acétique cristallisable. La proportion d'acide acétique indiquée suffit à prévenir la tendance au ratatinement provoquée par l'acide chromique.
784. Vaisseaux sanguins d' Annélides (Kukenthal, loc, cil, n** 781 ). — Ouvrir les animaux et les mettre pendant deux à trois heures dans de l'eau régale (acide nitrique, 4 parties; acide chlorhydrique, 2 parties). Les ramifications des vaisseaux se trouvent alors être colorées en noir, tout le reste en jaune.
785. Nerfs d' Annélides. — Méthode au bleu de méthylène, et méthode rapide de Golgi. Pour l'application de celle-ci voyez Lenhossek, Arch. f. mik, Anat., XXXIX, p. 102; Zeit, f. wiss, Mik.,lX,3, 1893, p. 342.
786. Hirudinées : fixation (Wqitman, Methods in Mie. Anal., p. 27). — Tuer par le sublimé chaud. Ce réactif, dit Whitman, tue les Sangsues avec une telle rapidité qu'elles meurent en général sans avoir pu changer la position dans laquelle elles se trouvaient au moment de subir le contact du liquide.
J'ai obtenu de meilleurs résultats {Nephelis, Clepsine) en narcotisant par l'acide carbonique, numéro 2o, et en fixant par le mélange de
Flemming. Avec quelques cuillerées d'eau de siphon ajoutées à Teau où les animaux se trouvent, on narcotise les petits exemplaires en quelques minutes; les grands demanderont plusieurs heures. Le jus de citron m'a aussi donné de bons résultats pour les tuer en extension.
Graf {Jen, Zeit,^ 1893, p. 165) dit avoir obtenu de bons résultats en narcotisant par une décoction de tabac.
Ii^iection (Whitman, Amer. NaturaL, 1886, p. 318). — Il arrive très souvent qu'on obtienne des injections naturelles très parfaites chez des Sangsues qui ont été durcies dans de l'acide chromique faible ou dans un liquide chromique quelconque. Whitman pense que ces injections sont les meilleures pour l'étude du système circulatoire par la méthode des coupes.
Les Hirudinées (ou autres Annélides), sur lesquelles on désire faire des injections artificielles, doivent naturellement être tuées par un procédé qui laisse les tissus dans l'état mou propre à laisser couler l'injection. Jacquet [Mitth. ZooL Slat. Neapely 188S, p. 298) recommande de mettre les Sangsues dans de l'eau contenant une faible quantité de chloroforme ; elles tombent bientôt au fond du vase et y restent immobiles. 11 faut les laisser un ou deux jours dans l'eau avant d'injecter.
ÉGHINODERMES
787. Holothurides. — Animaux extrêmement difficiles à fixer, parce que, sous l'influence des réactifs, ils se contractent avec une si grande violence que leurs viscères sont arrachés et expulsés par la bouche ou l'anus. De Gastellarnau {La Estacion ZooL de Napoles, p. 136) recommande de les saisir par le milieu du corps, de les serrer fortement pour les empêcher de se contracter, et de les plonger pendant un instant dans de l'acide acétique, puis de remplir la cavité du corps d'alcool par injection et de mettre tout l'animal dans de l'alcool. Garbini (Manuale per la technica mod. del Microscopio , p. 158) conseille de narcotiser les Synaptes et les Cucumaria en ajoutant de l'éther à l'eau où elles se trouvent, et de les transporter dans de l'alcool à 35°. Pour notre compte, nous croyons que la manière la plus sûre pour faire mourir étalés les Holothurides, c'est de les mettre simplement dans l'eau douce ; ils y meurent sans se contracter et avec les tentacules déployés. La conservation des tissus est naturellement détestable.
VoGT et YuNG {Anat. Comp. prat., p. 641) disent que la Cucuma^
ria Planez (C. doliolum Marenzeller) n'a pas rinconvénient de cracher ses intestins ; mais ils recommandent de la tuer par Peau douce, ou par intoxication par Talcool, l'acide chromique ouïe sublimé, ajoutés à Teau de mer. On peut laisser mourir les Synaptes dans un mélange à parties égales d'eau de mer et d'éther ou de chloroforme.
Le docteur Weber m'a fait savoir que le formol convient admirablement pour la conservation des Holothurides. Il n'est pas nécessaire qu'il soit fort.
788. Astérides (Hamann, Beitrœge zur HisL d. Echmodermen, Ht. 2, 1885, p. 2). — La fixation est ici également très difficile. On peut Tobtenir, les pieds ambulacraires, les branchies et les tentacules restant étendus, en plongeant les animaux dans de Teau bouillante, et en les portant ensuite dans le liquide fixateur. Mais cette méthode 9^ l'inconvénient que les réactifs ne pénètrent que lentement à l'intérieur du corps, ce qui fait qu'on n'obtient pas une fixation suffisante des organes internes. Hamann conseille plutôt d'injecter l'animal vivant avec le liquide fixateur. On introduit la canule sous la peau de l'extrémité d'un bras et on injecte ainsi le réactif dans la cavité du corps. Les pieds ambulacraires et les branchies sont bientôt distendus par le liquide ; aussitôt que l'injection parait avoir pénétré partout, on jette Tanimal dans une certaine quantité du même réactif.
L'étude des yeux présente quelque difficulté. Pour les étudier sur des coupes tout en conservant autant que possible la pigmentation, il faut {loe. eit., p. 19) enlever l'œil par la dissection, le durcir dans un mélange à parties égales d'acide osmique à 1 p. 100 et d'acide acétique à 1 p. 100, et l'inclure dans la gomme glycérinée ou quelque autre masse qui n'exige pas de traitement par l'alcool, réactif qui dissout le pigment, de sorte que les cellules pigmentaires y deviennent parfaitement hyalines. Pour les macérations, alcool au tiers ; le mélange acéto-osmique ne conserve pas les bâtonnets des cellules pigmentées.
Contrairement à ce que nous avons dit pour les Holothurides, le formol n'est pas à recommander pour la conservation des Astérides.
789. Ëchinides. — Je recommande de les tuer par injection. Pour la conservation, le formol se montre, de tous points, admirable, bien supérieure l'alcool (Weber).