‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 31 sur 138 · Hématoxyline à l'alun de fer de M. Heidenhain · texte numérisé non relu

Hématoxyline à l'alun de fer de M. Heidenhain

(M. Heidenhain, Ueber Kern. u. Protoplasma^ àQXi^Festschr.f.Kôlli" ker, 1892, p. 118). — Pour les coupes seulement. Des coupes sont traitées pendant une demi-heure, ou au plus deux ou trois heures, par une solution aqueuse d'alun ferrique (sulfate double d'ammoniaque et de sesquioxyde de fer « (NH Jj Fe, (SO J^. On les lave un moment à Teau et on colore (de une demi-heure jusqu'à douze heures) dans une solution aqueuse d'hématoxyline (0,5 p. 100 environ). On rince à Teau, et Ton traite de nouveau par la même solution d'alun de fer qui a servi au mordançage. La décoloration se fait assez lentement» (Elle sera cependant souvent assez complète au bout d'une vingtaine de minutes, à ce que j'ai trouvé.) On peut et on doit en contrôler le progrès sous le microscope (on peut dans ce but remettre les coupes dans de l'efiiu autant de fois qu'on voudra). La différenciation obtenue, on Jave bien à l'eau (je conseille de laver beaucoup, au moins un quart d'heure dans de l'eau courante, cependant pas plus de trente minutes à une heure (Heidenhain). On déshydrate, et l'on monte au baume* Voici quelques détails supplémentaires qui ont été donnés par Heidenhain dans Arch. f. mik. Anat. XLIII, 3, 1894, p. 431, 435. Pour faire la teinture, il vaut mieux employer Thématoxyline que

^ Ceci est une modification d'une ancienne méthode, maintenant abandonnée, de Benda (Vei'h, phys. Ges. Berlin, 1885-6, n" 12, 13, 14 ; A7'ch, f. Anal, u, Phys, 1886, p. 562). Benda mordançait dans Talun ferrique, mais difTérenciait dans de Tacide chromique.

* « SchvrefelsaureH Eisenammont)xyd », sel double du sesquioxyde, en beaïix cristaux violets ; ne pas confondre avec le «el double du protoxyde- (cristaux verts, sel de Mohr), qui ne peut pas servir.

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rhématéine. L'alun de fer à employer doit se présenter sous forme de cristaux transparents d'un violet clair ; si ces cristaux deviennent jaunâtres et opaques, c'est qu'ils sont vieillis et ne peuvent plus servir. Il faut les conserver dans un flacon bien bouché à l'émeri. La solution doit être faite sans chaleur.

Les résultats diffèrent selon la durée du mordançage et de la coloration. Si Ton n'a donné que des bains de peu de durée dans le mordant et dans la teinture, par exemple une demi-heure dans chaque, on obtiendra une coloration bleue ^ Ces préparations montreront une coloration très intense et élective de tous les éléments des noyaux, tant achromatiques que chromatiques, les éléments du cytoplasme demeurant peu colorés. Si au contraire on a donné des bains prolongés (12 à 18 heures) dans le mordant et dans la teinture (ce qui rendra nécessaire une différenciation un peu prolongée dans le deuxième bain de fer), on obtiendra une coloration noire. Ces préparations montrent les éléments des noyaux colorés comme dans la première méthode, mais en outre les « centrosomes > ou corpuscules polaires colorés en noir intense, la masse générale du cytoplasme tantôt incolore, tantôt grise, et en ce cas les fuseaux achromatiques et les plaques cellulaires sont colorés ; en outre, les flbres du tissu conjonctif sont noires, les corpuscules rouges du sang sont noirs, et les micro-organismes, s'il en existe dans les tissus, sont nettement démontrés. Le tissu musculaire strié devient également très beau (Mayer). Les préparations sont dites parfaitement permanentes.

Je ne puis que recommander beaucoup cette méthode, qui m'a donné pour certains objets de meilleurs résultats qu'aucune autre méthode à l'hématoxyline. On peut l'employer après ûxation par le sublimé ou par les mélanges chromo-osmiques ou par Talcool. Elle est facile à exécuter et donne des colorations de toute beauté *. Je lui reprocherais cependant de ne pas donner toujours des préparations parfaitement propres. On y rencontre souvent des précipités amorphes.

146. Hématoxyline à Tacétate de fer de Bûtschli (Bûtschu, Untei's. ueber mikroskopische Schaume u. dos Pi'otoplasma, 1892 ; Zeit, A wiss, Mik,y IX, 2, 1892, p. 197). — Les tissus sont traités d*abord par une faible solution d^acétate de fer, d'un brun clair, puis lavés, et colorés dans une solution d'hématoxyline à 0,5 p. 100 dans Teau. Ce procédé donne une coloration d*un noir bleu ou brun d^une intensité extraordinaire, qui inté-

* Mayer {in litL) doute que le ton de la coloration puisse dépendre de la durée des bains.

* Pas toujours (Mayer).

resse le protoplasma eo même temps que les noyaux. Il n'a de raison d'être que là où Ton demande surtout une intensité spéciale de coloration.

146 bis. Nouvelle méthode au sulfate de fer de Benda

{Verh. d. anal, Ges,, VII, Vers. Gottingen, 1893, p. 161 ; Zeit.f. wiss. Mik. XI, 1, 1894, p. 69, et Rawitz, Leitfaden, 1895, p. 73). — Le mordançage à Talun ferrique (n® 148) a le grand inconvénient de donner lieu à la formation de précipités amorphes dans les préparations. Pour les éviter Benda procède maintenant comme suit. On emploie un matériel fixé de n importe quelle façon. Les coupes sont mordancées pendant vingt-quatre heures dans le Liquor ferri sulfurici oxydati de la Pharmacopœa Germanica S allongé d'un ou de deux volumes d'eau. On lave bien à Teau distillée, puis à Teau de source, et Ton porte les coupes dans une solution aqueuse d'hématoxyline à 1 p. 100 ou on les laisse jusqu'à ce qu'elles soient devenues noires. On lave et différencie dans de l'acide acétique à 30 p. 100 en surveillant la marche delà décoloration ; ou bien dans un acide plus faible, auquel cas il n'y aura pas besoin de surveiller la décoloration ; ou bien aussi dans la solution de sulfate de fer fortement allongée d'eau. Ce procédé s'applique à toute sorte d'organes et donne en particulier une excellente coloration pour les cylindres-axes, et les éléments achromatiques de cellules en spermatogénèse. On peut pour ce dernier objet ajouter une deuxième coloration par la fuchsine acide (auquel cas il est bon d'avoir différencié dans la solution de fer, qui agit comme mordant pour la fuchsine). On doit obtenir la chromatine, les centrosomes et les vestiges fusoriaux (Zwischenkôrper) colorés en noir ; les filaments de linine et les filaments des fuseaux en rouge.

146 ter. Hématoxyline à l'acétate de cuivre de Benda. —

(Du Bois Reymond's, Arch. f. AnaL u. Phys., Phys. Abth., 1886, p. 186 et Arch. f. mik. Anat,, XXX, p. 49). — Des coupes de matériel fixé dans le liquide de Flemming sont collées sur des verres à couvrir et mises pendant vingt-quatre heures dans une forte solution d'acétate de cuivre, le tout étant tenu dans un incubateur à une température de 40*^ G. environ ou laissé pendant 48 heures à la température de la chambre. On lave et on colore pendant cinq minutes, ou jusqu'à une teinte grise foncée ou noire dans une solution à 1 p. 100 d'hématoxyline dans l'eau. On décolore par le lavage dans de l'acide chlorhydrique (à 1/300 ou 1/800 d'eau), lavage que l'on prolonge plus ou moins selon qu'on désire obtenir une coloration purement nucléaire ou une

' Sulfate de fer, 80; eau, 40; acide sulfurique, 15; acide nitrique, 18.

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coloration plus ou moins plasmatique. Par celte décoloration, les préparations passent à une teinte jaune ; pour restituer la coloration bleu-gris de Thématoxyline et la flxer, on remet les préparations dans la solution d'acétate de cuivre. Puis on lave, on déshydrate et monte au baume. Ge procédé a l'avantage de différencier les mitoses d'une manière très énergique, et donne en même temps une coloralion plasmatique plus ou moins prononcée. Voyez aussi les observations de PiERSOL dans Amer. Mie, Mon. Joum.^ 1887, p. 158 ; ou dans Journ. Roy. Mie. Soc.^ 1888, p. 158; ou dans ZeiL f. wiss. Mik., V, 4, 1888, p. 499.

147. Méthodes de Minot {ZeiL f. wiss: MiL, 1880, p. 177). — Ce sont des modifications des procédés de Weigert, de Heidenhain et de Bœhmer,

148. Hématoxyline de Weigert. — Celte méthode s'applique surtout à l'étude de la distribution des nerfs à myéline. Nous la décrirons, avec ses congénères, dans la deuxième partie.

149. La purpurine. — (Voy. Ranvier, Traité teehnique, p. 280.)

" 150. Purpurine glycérique (Grenaceer, Areh., f. mik. Anat., XVI, 1879, p. 470).

151. L'indigo n'est employé en histologie que sous forme de Carmin d'indigo. Cette substance, qui est le sel potassique ou sodique de Tacide sulfindigolique ou sulfocœruléiuique, se trouve dans le commerce. Elle donne des colorations diffuses, plutôt plasmaliques, qui, combinées avec une teinture au carmin ou un autre réactif agissant seulement surles noyaux, fournissent des colorations doubles, qui sont capables de rendre des services. Nous en parlerons au chapitre des Colorations combinées. Personnellement, j'ai trouvé ce colorant énergique et envahissant, par trop difficile à régler, et je pense qu'il* n'y a pas lieu de faire grand fonds sur lui.

Le Carmin d'indigo à l'acide oxalique (Thiersch, Arch. f. mik. Anat.j 1, 1865, p. 150) est une solution démodée et qui parait être superflue.

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