Le safran (Blanc, Zool. Anzeiger, 1883, p
153. L'orseille est une matière colorante extraite d'un lichen, la Roccella tinctoria. Elle donne des colorations plasmatiques.
Wedl (Arch. f. path. AnaL, LXXIV, p. 148) prend de l'extrait d'orseille française, le chauffe doucement au bain-marie pour chasser l'excès d'ammoniaque qui existe habituellement dans l'orseille du commerce, et l'ajoute à un mélange de 20 ce. d'alcool absolu, 5 ce. d'acide acétique d'une densité de 1.070, et 40 ce. d'eau, de manière à obtenir une solution saturée d'un rouge foncé. Il faut filtrer une ou deux fois.
HÉMATOXYLINE ET AUTRES COLORANTS VÉGÉTAUX lll
On doit laver les coupes dans Teau avant de les colorer. Pour les conserver, Wedl les monte dans de la lévulose. Les noyaux demeurent incolores, le protoplasma se colore, les cellules du tissu conjonctif se colorent d'une façon très intense, la substance intermédiaire moins. Les cellules ganglionnaires et leurs prolongements se colorent, de même que la substance fondamentale du tissu des os et des dents.
Fol (Lehrb., p. 192) recommande de colorer pendant une heure dans la solution de Wedl, puis de rincer à Talcool et de passer à la teinture complémentaire des noyaux.
154. Orcéine (Israël, Virchow's Archiv., CV, 1886, p. 169 ; Joum. Roy. Mie, Soc, 1887, p. 514). — L'orcéine est une matière colorante extraite d'un lichen, Lecanora parella (ne pas confondre avec Torcine, autre dérivé du même lichen). Elle se trouve dans le commerce. D'après Israël, elle réunit en elle-même les qualités tinctoriales à la fois des couleurs « basiques » et des couleurs « acides » et donne en même temps une coloration en deux couleurs contrastées. Il colore (des coupes seulement) dans une solution contenant 2 grammes d'orcéine, 2 grammes d'acide acétique cristallisable et 100 grammes d'eau distillée, lave à l'eau, déshydrate aussi rapidement que possible dans l'alcool absolu et monte dans de l'essence de cèdre épaissie *. Les préparations réussies doivent montrer les noyaux bleus, le protoplasma rouge.
L'orcéine fournit en outre une coloration spécifique du tissu élastique ; nous en parlerons dans la deuxième partie.
155. Kemsch-warz (Platner, Zeit. f. wiss. Mik,, IV, 3, 1887, p. 349). — Le Kernschwarz est un liquide noir de composition inconnue, qui est préparé en Russie et qu'on peut se procurer chez Grûbler (n** 99). D'après Grûbler, ce serait une solution d'une base métallique combinée à un acide organique. Platner recommandait d'y colorer des coupes pendant quelques minutes seulement (à moins que le matériel n'ait été fixé dans le liquide de Flemming, auquel cas il faudrait vingt-quatre heures), puis de dilTérencier dans un liquide alcalin. On peut prendre pour cela de l'eau ammoniacale (8 à 6 gouttes d'ammoniaque pour un verre de montre d'eau). Mais il vaut mieux prendre une solution concentrée ou plus ou moins diluée de carbonate de lithine. On obtient, selon la durée de la décoloration, soit une coloration pure de la chromatine des noyaux, soit en même temps une coloration des éléments protoplasmiques, surtout d'un élément cyto-
* Israël, Prakticum der path, Hist,, 2 Aufl., Berlin, 1893, p. 72. Je dois cette iiKlication à robligeance de M. le l)r Mayer.
112 CHAPITRE Vin
plasmique des cellules glandulaires que Platner appelle « Nebenkern » (ne pas confondre avec le Nebenkern des spermalocytes). On déshydrate et Ton monte au baume de la manière usuelle.
En somme, Platner recommandait le Kernschwarz à titre de colo* raut de la chromatine. J'ai déjà dit ailleurs que, d'après mon expérience, il ne me semblait pas avoir des qualités très spéciales à cet égard. Après une expérience plus étendue j'ajoute maintenant qu'envisagé comme colorant pldsmatiquey le Kernschwarz me paraît être \in réactif des plus importants. C'est en tout cas un des colorants plasmatiques les plus utiles et les plus instructifs que je connaisse, — je ne dis pas un des plus beaux, car la coloration teinte neutre, très sobre, qu'il fournit n'a rien de flatteur pour l'œil. Je l'emploie comme suit : les coupes, collées sur porte-objet (de matériel fixé au mélange de Flemming, je n'ai pas réussi avec du matériel au sublimé) sont traitées par le Kernschwarz jusqu'à ce qu'elles accusent une teinte gris-jaune légère. (Si le matériel est frais et que le Kernschwarz soit frais aussi, cela peut arriver en quelques secondes ; en ce cas, il sera prudent d'allonger le Kernschwarz d'une dizaine de volumes d'eau, car il est important de ne pas surcolorer. Si le matériel est vieux (de quelques mois ou années) et si la provision de Kernschwarz est également vieille, il sera peut-être nécessaire de colorer pendant vingtquatre heures). Je renonce à la différenciation alcaline, qui est inutile si l'on a soin de ne pas surcolorer. Après coloration, on rince à l'eau et l'on colore pendant dix-huit à vingt-quatre heures ou jusqu'à quarante-huit heures dans soit la safranine anilinée de Bases ou de Zwaar- DEMAKER, soit dans le violet gentiane, le bleu Victoria ou un autre colorant de la chromatine qu'on préfère. On lave à l'alcool pur ou très légèrement acidulé par l'acide chlorhydrique et l'on monte au baume selon la méthode usuelle pour les teintures d'aniline. On doit obtenir ainsi une coloration double presque parfaitement pure. C'est-àdire que la chromatine des noyaux (ainsi que leurs nucléoles) doit montrer le rouge de la safranine sans aucun mélange important du gris du Kernschwarz, et que l'élément plastinien des noyaux et du cytoplasme doit être d'un gris-brun plus ou moins foncé sans aucun mélange du rouge de la safranine. L'enchylème, soit l'hyaloplasme, des noyaux et du cytoplfiisme, est totalement ou presque totalement incolore ; diverses enclaves du cytoplasme sont assez fortement colorées, ainsi que le Nebenkern des spermatocytes. J'ai expliqué ailleurs [La Cellule^ t. XI, 1®" fasc, mars 1895, p. 31) que cette méthode est la seule qui m'ait permis de colorer avec certitude les vestiges de fuseaux en régression. C'est ce que j'ai trouvé de mieux pour ce
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genre de recherches, et je pense que c'est une méthode d'une applicalion assez générale.
166. Autres teintures végétales. — Les suivantes sont les unes mauvaises, les autres superflues : le tournesol (Lawson-Tait, Joum» of Anal, and PhysioL, IX, p. 230) ; le chou rouge (Lawson-Tait) ; le Myrtillus, extrait de baies de Myrtilles (Lavdowsky, Arch. /*. mik. Anat.y XXIII, 1884, p. 506); la Ribésine, extrait de baies de cassis (Fol, Lehrb., p. 184) ; la Nucine, soit brou de noix (Léon, ZooL Anz,, 1888» p. 624).
ANAT. UICROSC.