Procédé par éclaircissement avant les coupes. — Ce
procédé est dû à Bumpus (Amer. NaturaL, XXVI, 1892, p. 80 ; Joum, Roy, Mie. Soc. y 1892, p. 438). On fait l'inclusion comme d'habitude, et l'on durcit la masse dans du chloroforme. Après durcissement, on la met dans de l'essence blanche de thym, jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement éclaircie. On la colle avec du collodion sur un morceau de bois adapté au porte-objet du microtome, et Ton durcit le joint dans du chloroforme. On coupe avec un couteau inondé d'essence de thym.
Eycleshëimer (op. ct7., p.3S4, ou /ou772., p. 563) recommande également ce procédé, le bloc de collodion étant éclairci au moyen d'acide phénique, ou de glycérine, ou du mélange cité numéro 293.
FisH(toc. c^^, n* 29S) recommande également ce procédé. Iléclaircitdans le mélange que nous avons cité, numéro 293.
Voici comment je procède moi-même depuis quelque temps, m'inspirant de la méthode de Gilson, numéro suivant. L'inclusion se fait de la manière usuelle, et la masse est durcie pendant une heure ou plusieurs dans la vapeur de chlorofoi^me (il n'y a qu'à poser le récipient contenant la masse dans un dessiccateur ou dans une Siehdose de Suchannek sur le fond de laquelle on a versé un peu de chloroforme). Une heure suffira bien pour de petits objets, mais on peut laisser le tout indéfiniment dans la vapeur de chloroforme. Il est bon de sortir la masse de son récipient aussitôt qu'elle est devenue suffisamment re'sistante pour permettre cette opération, pour qu'elle soit exposée à l'action des vapeurs sur toute sa surface. (En tout cas, il me semble que le durcissement préliminaire à la vapeur garantit une consistance meilleure que celle qu'on obtient en passant directement au mélange durcissant et éclaircissant.) Après durcissement, j'éclaircis dans le mélange de Gilson (numéro suivant), soit en général 1 partie de chloroforme pour 2 parties d'essence de cèdre. De temps à autre, j'ajoute un peu d'essence de cèdre, et je continue ainsi jusqu'à ce que le mélange ne contienne que relativement très peu de chloroforme; ou bien, aussitôt l'objet pénétré, on laisse le flacon débouché et le chloroforme se volatilise. Il n'est pas bon de prendre d'emblée de l'essence de cèdre pure, parce que dans ce cas l'éclaircissement est très lent, tandis que dans le mélange, il est rapide. Après éclaircissement,
on peut couper tout de suite, ou Ton peut conserver les blocs indéGniment à sec dans un récipient clos. Il est souvent bon de les laisser évaporer pendant quelques heures avant de faire les coupes. Je fais les coupes à sec. La masse n'évaporant qu'excessivement lentement, il n'y a aucune nécessité à la couvrir d'essence pendant l'opération des coupes. J'ai eu des blocs qui sont restés pendant des semaines sur le microtome sans inconvénient. Celle-ci est la méthode que je ! recommande personnellement. Elle a les avantages que nous avons
exposés au numéro précédent.
I 298. Méthode rapide de Gilson. — M. le professeur Gilson a
I bien voulu me communiquer le procédé suivant : déshydrater, impré-
! gner d'éther, plonger dans du collodion ou de la celloïdine diluée,
I dans un tube à réaction ; faire bouillir en plongeant le tube dans un
! bain de paraffine fondue, jusqu'à ce que le liquide prenne la consis-
; tance sirupeuse (cette ébullition se faisant à une température très
i basse n'altère pas les tissus) ; monter la pièce dans ce même collodion
[ épaissi sur un bloc ; durcir dans le chloroforme (environ une heure) ;
^ éclaircir dans l'huile de cèdre (ou bien durcir directement dans un
! mélange de chloroforme et huile de cèdre) ; mettre au microtome et
! couper en couvrant chaque fois la pièce d'une goutte d'huile de cèdre
i pour faire flotter la coupe.
Il est évident que ce procédé a le grand avantage d'abréger énormément le temps nécessaire pour l'imbibilion des pièces par le collodion.