Inolusion double dans le collodion et la paraffine
Cette manœuvre est parfois utile pour TiDclusion d'objets dont on désire avoir des coupes très fines et qui sont trop fragiles pour donner de bons résultais par Tinclusion à la paraffine seule.
Procédé de Kultschizky (Ztit, f. wiss. Mik,, IV, 1, 1887, p. 48). Imbiber de celloïdine (vingt-quatre heures). Puis, sans autre, mettre la pièce dans Tessence d'origan. Ensuite dans un mélange de paraffine et essence d'origan, chauffe à pas plus de W* G. Puis mettre dans de la paraffine pure. Ryder (Joum, Boy. Mik. Soc, 1888, p. 512) recommande ce procédé^ [ mais en substituant le chloroforme à l'essence d'origan.
Ces procédés ont le défaut de ne pas assurer une pénétration complète de l'objet par la paraffine, et en conséquence ils ne réussissent pas toujours. ; FiELD et Martin (Bull. Soc. Zool. de France, 1894, t. XIX, p. 48) ont imaginé
, d'obvier à cet inconvénient en faisant des inclusions simultanées dans la
celloïdine et la paraffine. On prépare l'objet en l'imprégnant d'un mélange à parties égales d'alcool absolu et toluène. On fait une solution (de la consistance d'essence de girofle) de celloïdine sèche dans le même mélange d'alcool et toluène. On sature cette solution de paraffine, ajoutée en
copeaux à une température qui ne doit pas dépasser 20 à 23^ G. On pénètre Tobjet de cette solution (la pénétration est plus rapide que dans la celloïdine usuelle). On durcit la masse en la jetant dans une solution saturée de paraffine dans du chloroforme, et finalement on fait Tinclusion dans de la paraffine pure de la manière ordinaire. Ou bien, on durcit dans une solution de paraffine dans du toluène, et Ton procède comme précédemment. Les coupes se font comme pour la paraffine seule.
AUTRES MASSES LIQUIDES A FROID ET SOLIDIFIABLES PAR ÉVAPORATIOiN
300. L'inclusion à la gomme offre quelques avantages qui sont, dans certains cas, d'une grande importance. Les objets sont enrobés dans une masse transparente ; ils ne sont, en aucune façon, privés de leur eau naturelle ; et ils ne sont pas soumis à l'action de la chaleur. Pour les travaux ordinaires, les masses à la gomme ne sauraient certes pas entrer en concurrence avec la paraffine et le collodion ; mais, pour des tissus très délicats et en même temps très riches en eau, comme le sont ceux des Cœlentérés, elles peuvent rendre de grands services.
301. Gomme simple (Stricker, Ifandb. d. Gewebelehre, p. XXIV). — On fait infdtrer les objets avec une solution concentrée de gomme arabique ; puis on fait Tinclusion, dans une boite de papier, et Ton met le tout, pour durcir la masse, pendant quelques jours dans TalcooL J'ai vu faire de cette manière des masses excellentes.
302. Gomme glycérique (Jouet, Arch. de Zool. exp. et gén., t. X,188i, p. XLIII du n** 3). — On fait une solution de gomme arabique pure, ayant la consistance d'un sirop épais. Ou bien, on se sert des solutions de gomme qu'on trouve dans le commerce sous le nom de < colle forte blanche liquide >. Ces solutions ont l'avantage d'avoir une consistance uniforme ^ On verse un peu de la solution dans un verre de montre, de manière à ne pas l'emplir tout à fait. Puis on ajoutte 6 à 10 gouttes de glycérine pure, qu'on mélange aussi parfaitement que possible à la gomme. On met les objets dans la masse, et on laisse sécher le tout pendant un à quatre jours. Au bout de ce temps, la gomme doit avoir pris la consistance du cartilage ; cela arrive plus ou moins rapidement, selon l'état hygrométrique de l'air* Ordinairement, la gomme est liquide tout le premier jour, pâteuse le second, cartilagineuse le troisième. On découpe alors dans la masse une lame contenant l'objet, on la retourne et on la laisse
1 Nous sommes à peu près sûr que ces solutions contiennent de la gélatine.
sécher jusqu'à ce qu'on la trouve bonne à être coupée. Avec une élu ve ou avec le secours du soleil on peut arriver à dessécher les pièces très rapidement, mais il vaut certainement mieux employer un dessèchement très lent. Joliet a toujours trouvé que c'était après avoir attendu à peu près huit jours qu'il obtenait les meilleures coupes.
Les proportions de glycérine et de gomme doivent varier, dans les limites que nous avons indiquées, avec la saison et la nature des objets. On mettra un peu moins de glycérine en hiver ou par un temps pluvieux, qu'en été ou par un temps sec. On peut imbiber les objets dans la glycérine avant de les porter dans la masse ; mais alors il faut tenir compte de la quantité de glycérine que chaque objet porte avec lui, et en mêler d'autant moins à la gomme directement.
Pour monter les coupes, Joliet recommande de les déposer sur le porte-objet au milieu d'une goulte d'eau ; on couvre et on ajoute au bord de la lamelle une goutte de glycérine ; celle-ci ne tarde pas à pénétrer, à se substituer à l'eau qui s'évapore et à se mêler à la gomme fondue avec laquelle elle forme un excellent liquide conservateur.
303. Dextrine (Robertson, Journ.ofAnat., XXIV, 1890, p. 230). — On mêle ensemble 8 parties de glucose, 10 de dextrine et 1 d'acide borique. On ajoute de l'eau en raison de 3 parties d'eau pour 2 du mélange et l'on fait dissoudre en chauffant à ébuUition. Emploi comme pour la masse de Joliet, cidessus.
804. Gromme-laque (Hyatt, Amei\ Mon. Micr. Joum., I, 1880, p. 8; Joum. Roy. Mie. Soc, 1880, p. 520). — Les objets doivent être pénélrés d'abord par ralcool, puis par une solutioQ de gomme-laque dans ralcool. Prendre un cylindre de bois tendre, le fendre en long, pratiquer dans les moitiés une cavité de la grandeur voulue pour recevoir Tobjet, Ty placer avec une grande quantité de solution épaisse de gomme laque, remettre les moitiés du cylindre en place et les ficeler. Après un jour ou deux, la gommelaque s'est durcie. Pour faire les coupes, on trempe le cylindre dans de l'eau chaude et Ton fait des coupes à travers le tout. Si, à Texamen des coupes, on trouve la gomme-opaque, il est facile de l'éclaircir par Tadditlon d'une goutte de solution de borax.
Cette méthode a été imaginée pour permettre de faire des coupes à travers des organes ehitineux très durs,
305. Gomme-copal (v. Kocn, ZooL Anzeig., 1878, p. 36). — Triturer des fragments de gomme-copal dans un mortier avec du sable, verser du chloroforme dessus en quantité suffisante pour obtenir une solution peu épaisse, et filtrer. Les objets, déshydratés par
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Talcool, sont mis dans une capsule avec la solution de copal, qu'on évapore lentement en plaçant la capsule sur une tuile chauffée par une veilleuse. Aussitôt que la solution se laisse étirer en fils qui sont cassants après refroidissement, on enlève les objets de la capsule et on les met sécher pendant quelques jours sur la tuile. Lorsqu'ils ont acquis une dureté telle qu'ils ne se laissent plus marquer par Tongle, on peut faire les coupes.
Pour les objets pour lesquels cette méthode fut imaginée — les Coraux — les coupes se font par la méthode d'usure. On fait d*abord des tranches aussi minces que possible, à l'aide d'une scie fine. On les use d'un côté sur une pierre à aiguiser de manière à obtenir une surface lisse, et on les cimente, la surface lissée en bas, sur un . porte-objet, à l'aide d'une solution de copal ou de baume de Canada. On laisse sécher le porte-objet pendant quelques jours sur la tuile chauffée. Lorsque le mastic est devenu parfaitement dur, on use la surface exposée des coupes, d'abord sur une meule, puis sur une pierre une à aiguiser, jusqu'à ce qu'elles soient suffisamment minces et polies ; on lave à l'eau et l'on monte au baume de Canada.
Cette méthode est extrêmement importante pour fétude d'objets contenant des parties très dures et des parties molles dont on désire connaître les rapports. Imaginée pour l'étude des Coraux, on peut la mettre aussi à profit pour l'élude du tissu osseux, des dents, des coquilles calcaires, etc. Elle n'est nullement difficile à pratiquer.
306. Colophane et cire (Ehrenbaum, ZeiL f, wiss. Mik., 1884, p. 414). — EiiRËNBAUM recommande de faire pénétrer les objets par une masse consistant en 10 parties de colophane et 1 partie de cire. L'addition de la cire a pour but de rendre la masse moins cassante. On traite les coupes par les méthodes d'usure connues (n^ 308). Lorsqu'elles sont achevées, on les traite d'abord par l'essence de térébenthine, puis par le chloroforme, pour faire disparaître les dernières traces de la masse.
307. Baume de Canada (Weil, Zeit. f, wiss, Mik., V, 2, 1888, p. 200). — Baume sec, dissous dans du chloroforme, pour plus de détails voyez loc. cit. ou Journ. Roy, Mie. Soc., 1888, p. 1042.