METHODES DE CONGELATION ET AUTRES
308. Gomme simple. — Ou peut soumettre les tissus frais à la congélation sans les avoir fait pénétrer par aucune masse d'inclusion. Mais cette pratique est défectueuse parce qu'elle donne lieu à la formation de cris-
taux de glace qui déchirent les tissus. Il faut donc chercher à pénétrer les tissus avec une masse qui ne cristallise pas en se gelant.
On emploie très communément à cet effet la gomme arabique. Après imbibition, on en entoure Tobjet placé sur la platine ou dans le cylindre du microtome.
309. Sirop de gomme (Hamilton, Joum. of Anat. and PhysioL, 1878, p. 254). — Il parait que la présence du sucre dans Teau a pour effet de produire à la congélation une glace présentant, au lieu d*aiguilles, des granules qui ne nuisent pas aux tissus. Hamilton fait donc pénétrer ses objets par un sirop obtenu en faisant dissoudre deux parties de sucre blanc dans une partie d*eau. Il importe que le sirop ait cette concentration-là. Puis il les fait pénétrer par une solution de gomme, dans laquelle ils sont gelés.
310. Gomme et sirop [Gole, Methods of Mie, Research, p. xxxix).
Mucilage de gomme arabique P. B 5 parties.
Sirop officinal P. B 3 —
Mêlez, et ajoutez au mélange 1 p. 100 d'acide phénique pur.
Pour le cerveau, la moelle, la réline, enfin tous les organes fragiles, il faut prendre 4 parties de sirop pour 5 de mucilage.
Le mucilage de gomme arabique P. B. se compose de 4 parties de gomme arabique dissoutes dans 6 parties d'eau distillée, la solution étant passée à travers de la mousseline fine.
Le sirop se fait en dissolvant 1 partie de sucre blanc dans 1 partie d*eau, et en faisant bouillir.
Après pénétration, les objets sont essuyés et entourés de solution de gomme pure, dans laquelle lis sont gelés. Cette pratique a pour but d'empêcher les coupes de s'enrouler.
811. Dextrine (Webb, Joum. Roy Mie. Soc., 1890, p. 113). Solution épaisse de dextrine dans de la solution d'acide phénique dans Feau à 2,5 p. 100.
312. Gélatine glycérique (Sollas, Quart. Journ, Mie. Se, 1884, p. 163). — Sollas emploie une gelée à la glycérine ordinaire (voyez ci-dessus, n«>» 28 i à 284) ; elle doit former au refroidissement une masse un peu ferme.
Les coupes obtenues après congélation sont mises rapidement sur un porte-objet : elles y adhèrent. Aussitôt qu'on a déposé sur la lame le nombre voulu de coupes, on les couvre d'une goutte de glycérine ; on ajoute un couvre-objets, on le lute, et la préparation est achevée. Avec le temps, la glycérine pénètre la gélatine des coupes ; il est facile d'en activer la pénétration en mettant la préparation dans une étuve chauffée de 20® à 30® C.
313. Gomme et gélatine (Jacobs, Amer. NaL, 1885, p. 734; Joum. Roy. Mie. Soc. y 1885, p. 900). — Gomme arabique, 5 parties; gomme adragante 1 partie ; gélatine, 1 partie. Faire dissoudre dans l'eau chaude q. s.
pour donner une gelée peu épaisse après refroidissement. On ajoute à Teau employée pour faire la dissolution un sixième de glycérine.
314. Huile d'anis (Kûqne, Centralblati f, BacL, XII, 1892, p. 28 ; Joum. Roy. Mie, Soc., 1892, p. 706).— Pénétrer par Thuile d'anis, geler sur le microtome, couper, enlever Thuile par de Talcool, ou bien (Moore), monter directement dans le baume. Cette méthode sera souvent commode à cause de la facilité de congélation ; Thuile d*anis se solidifie à lO^' G.
316. Blanc d*œiif(R0LLBTT, Denkschr. math, naturw. KL k. Acad. Wiss. Wien, 1885 ; ZeU. f. wiss. Mik., 1886, p. 92). — Rollett met de petits morceaux de tissus frais dans du blanc d'œuf pris sur un œuf fraîchement pondu, les porte dans ce blanc d'œuf sur la platine d*un microtome à congélation et les y enrobe dans une nouvelle quantité de blanc d*œuf. On fait geler et on coupe. Il faut se servir d'un rasoir bien refroidi. On porte les coupes sur un porte-objet, et on les examine soit dans le blanc d'œuf, soit dans la glycérine diluée.
316. Inclasion au blanc d'œnf suivi parla coagulation par la chaleur. — Entièrement démodée, mais voyez au besoin Zeii. f. wiss. Mik., 1884, p. 223 (RUNGE) ; Morph. Jahrb., Bd. ii, 3tes Heft, 1876, p. 445 (Galderla) ; Zool. Anz.^ 6 vol. i, 1878, p. 130 (Selenka) ; Joum. Roy. Mie. Soe., 1883, p. 304 (Thoma); et Becker, Zur Anat. d. ges. u. kranken Linse (Ruge).
317. Choix d'une méthode. — Pour les travaux ordinaires nous recommandons les procédés suivants. Pour des coupes à la paraffine déjà colorées, le coliodion de Scuaellibaum. Pour les coupes à la paraffine destinées à être colorées, Talbumine de Mayer, à moins que la teinture qu'on veut employer ne soit de celles qui colorent Talbumine, ou à moins que les coupes ne soient plissées ; en ces cas, une des méthodes à l'eau distillée du numéro suivant. Pour les petites coupes à lacelloïdine, un des procédés aux vapeurs d'éther (Summers). Pour les grandes coupes à la celloïdine, la méthode de Weigert. Les autres méthodes citées sont du reste toutes bonnes (quoique quelquesunes d'elles ne soient pas aussi infaillibles que le disent les auteurs).
A. — Méthodes pour coupes a la paraffine
318. La méthode à ralcool ou à Teau distillée. — Le pi^incipe de cette méthode est dû à Gaule (Ai*ch, f, Anat. u. Phy.^ Phys, Abth., 1881, p. 156). — Mouiller la lame avec de Talcool, et y arranger les coupes à l'aide d'un pinceau également imbibé d'alcool; laisser évaporer l'alcool ; chauffer, de manière à faire fondre la paraffine ; poser dessus une lamelle mince ; ajouter au bord de la lamelle une goutte de xylol, puis, après un moment, une goutte de solution de baume de Canada dans le xylol.
// faut mouiller d'alcool, et il faut chauffer; Tune de ces manœuvres ne suffit pas sans l'autre.
C'est là un procédé que nous pratiquons très souvent, car il est très commode. Il va sans dire qu'il suppose une certaine adresse.
Nous recommandons de poser d'abord la lamelle et d'appuyer avec le doigt sur Tun de ses angles pendant que Ton chauffe au-dessus de la flamme d'une lampe À alcool; la paraffine fondue se ramasse sur cet angle et on Tenlève avec un papier à cigarette. On laisse le papier k cigarette en place et Ton ajoute le xylol et le baume. Si Von n'a que peu de coupes à monter, ou si Ton désire seulement faire un examen préliminaire de Tobjet dans une essence sans tenir à la conservation définitive des coupes, ce simple procédé suffit parfaitement.
Des modifications apportées à ce procédé par d'autres travailleurs l'ont rendu applicable au montage de séries très étendues de coupes.
SucuANNKK {Zeit, f. wiss. Mik,, VII, 4, 18Dl,p. 464) a établi que les conditions suivantes sont obligatoires.
Premièrement, les lamelles doivent être absolument libres de toute trace de graisse à leur surface, pour que l'alcool (à 50 p. 100, ou bien l'eau distillée, qu'on peut également employer) puisse s'étaler en une couche mince et d'égale épaisseur. Secondement, les lamelles ne doivent pas être chaufi'ées à plus de 40° G., car il importe que V alcool ou Veau s'évapore lentement et que la paraffine soit seulement ramollie^ pas fondue^ tant que l'évaporation n'est pas achevée. Pour ce motif, Hoyer avait déjà conseillé une évaporation lente à la température du laboratoire.
GuLLAND [Journ. of Anal, and Phys,, XXVI, 1891, p. 56; Journ. Roy. Mie, Soc. , 1892, p. 161) fait flotter ses coupes, pour les déplisser, sur de Teau chaude (pas assez chaude pour faire fondre la paraffine) ou bien sur l'alcool, dans une cuvette, et de là les conduit en position sur la lamelle. On fait égoutter la lamelle et l'on évapore à une température basse comme ci-dessus (lorsque l'eau s'est entièrement évaporée, les coupes prennent un aspect sec et un peu transparent). Des coupes minces seront en général fixées en une heure ; des coupes épaisses demanderont six heures ou davantage. La fixation étant jugée complète, on fait fondre la paraffine, on l'éloigné par le dissolvant qu'on voudra, et l'on peut monter ou bien passer à la coloration ou à toutes autres manipulations qu'on voudra, sans grande crainte de voir les coupes se déranger.
II paraît cependant certain que la méthode n^eslpas infaillible, et que les résultats dépendent plus ou moins de la nature des coupes. Ainsi Sciiieffekdecker {Zeit. f. wiss, Mik., IX, 2, 1892, p. 202) a trouvé que plus les coupes sont grandes et minces, et mieux elles adhèrent; eivice versa. Et M. Pringle m'écrit qu'il a trouvé que les coupes de matériel fortement fixé dans les solutions chromiques, de
manière à rendre insolubles les albuminoîdes des tissas, n'adhèrent pas bien.
M. Heidenqain {Kern, u. Protoplasma, 1892, p. 414) procède comme Ta indiqué Scchannbk, employant de l'eau distillée et évaporant plusieurs heures à une température ne dépassant pas 35^ G. Il trouve Teau préférable à Talcool, qui est trop mobile sur la lamelle et s'évapore trop vite. Heidenhain aussi a trouvé que le procédé est moins sûr avec du matériel chromique.
La méthode de Durham {Quart. Joum. Mie, Sei,, 1891, p. 116; Journ. Roy. Mie. Soe., 1892, p. 293) est la même, si ce n'est qu'il emploie l'alcool à 70 p. 100 au lieu d'eau.
Wlassak (« Les coupes du système nerveux central » de Mercier, Paris, RuefT, 1894, p. 118) monte les coupes d'abord sur une goutte d'eau tiédie déposée sur la lamelle, puis les expose à la vapeur d'eau distillée bouillante, puis les met dans l'étuve.
319. Gollodion (Sghjblubaum, Arch, f. mik, Anat., 1883, p. 565). — On mêle ensemble une partie de collodion et, selon la consistance du collodion, 3 ou 4 parties d'essence de girofle. On étale une quantité minime de la solution claire ainsi obtenue sur le porte-objet, à l'aide d'un petit pinceau. Gela forme une couche collante sur laquelle on dépose les coupes, en les étalant et en les aplatissant un peu avec un pinceau, à mesure qu'elles sont faites. Pour les fixer, Schœllibaum chauffe le porte-objet à une douce chaleur sur un bain-marie jusqu'à évaporation de l'essence de girofle, ce qui a lieu en cinq à dix minutes. Nous pouvons assurer qu'on arrive au but bien plus simplement et tout aussi sûrement en tenant le porte-objet au-dessus de la flamme d'un bec de Bunsen ou d'une lampe à alcool jusqu'à ce que la paraffine soit fondue et que l'essence de girofle se soit rassemblée en larmes entre les coupes, ce qui arrive en quelques secondes ou au plus, en une demi-minute ; il est tout à fait inutile de faire évaporer l'essence. Gela fait, il est utile de faire la manipulation suivante (dont je dois la connaissance à l'obligeance de M. le professeur Korotnefp). On tient le porte-objet devant les lèvres, aussi près que possible, et l'on projette l'haleine vigoureusement sur les coupes. L'essence et en même temps la paraffine fondue sont projetées en larmes de tous côtés en dehors de l'espace occupé par les coupes ; on essuie avec une serviette. Par ce moyen, la majeure partie de la paraffine est enlevée du coup, ce qui facilite le travail du dissolvant à employer ensuite. De plus, les coupes se trouvant en contact plus intime avec le collodion collent mieux.
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On traite alors les coupes par uq dissolvant quelconque de laparaf- Qne qui n*attaque pas le collodion (Scujsllibaum recommande Tessence de térébenthine ; pour notre part, nous préférons et nous recommandons le xylol). L*on monte au baume, ou bien on passe par Talcool absolu aux alcools plus faibles et à la coloration dans une teinture alcoolique ou aqueuse.
FiELD et Martin {BulL Soc. ZooL de France, XIX, 13 mars 1894, p. 48), ont trouvé que le xylol, le toluol, et la benzine préparent le collodion à une solution plus aisée dans Talcool; de sorte que ces éclaircissements seraient à éviter pour les cas où Fou doit procéder à la coloration des coupes. Ces auteurs recommandent, pour ces cas, Téther de pétrole (pétrole léger d*une densité égale à 0,650) ou le chloroforme.
Personnellement, nous ne recommandons pas la méthode de Schœllibaum pour les coupes à colorer, parce que nous ne l'avons pas trouvée suffisamment sûre, les coupes ayant trop de tendance à se détacher dans Talcool. Nous la recommandons pour le matériel déjà coloré^ parce qu'elle est commode et donne des préparations très propres. Elle a le défaut de ne pas bien se prêter aux manipulations nécessaires pour aplanir des coupes plisséea.
On trouvera peut-être, après la coloration, que la couche de collodion entre les coupes est devenue opaque. Gela provient de ce que Ton a employé une solulion trop riche en collodion, ou bien de ce que Ton a étalé le collodion en une couche trop épaisse. On fait disparaître facilement cette opacité en déshydratant et en traitant à plusieurs reprises par Talcool absolu et Tessence de térébenthine, puis en chauffant doucement ; ou bien, en brossant Tespace opaque avec un pinceau imbibé d'essence de girofle.
La solution de collodion peut être faite avec l'essence de lavande au lieu d'essence de girofle.
Gage préfère préparer ses porte-objets avec une couche de collodion normal qu*il laisse sécher et dont il rend la surface collante, au moment de s*en servir, en la brossant légèrement avec un pinceau imbibé d*essence de girofle. SuMifERS (The Microscope, 1886, p. 66, et Journ, Roy. Mie. Soc, 1886, p. 544) emploie également une couche sèche, qu'il rend collante après y avoir posé les coupes, en y déposant une goutte d'un mélange à parties égales d'alcool et d'éther, qu'on laisse évaporer. Cette méthode dispense de l'emploi de la chaleur et pourra surtout rendre des services pour les coupes à la celloïdine.
Strasser emploie un collodion riciné, pour lequel voyez Zeit. f. wiss. Mik., IV, I, 1887, p. 45, et VI, 2, 1889, p. 153. Pour la méthode très compliquée de cet auteur au moyen de papier gommé et coliodtonné, qui nécessite l'emploi d'un microtome spécial, voyez Zeit. f, wiss. MiL, III, 3, 1886,
p. 346, et VI, 2, i889, p. 154, et Vil, 3, 1890, p. 290, et p. 304, et IX, I, 1892, p. 8. Oa trouvera dans Journ. Roy, Mie. Soc, 1892, p. 703, un court extrait (le ce dernier mémoire^ avec figure du t Sclinitt-Âufklebe-Mikrotom ».
Gallemaerts (Bull. Soc. Belge deMicr.^ XV, 1889, p. 56) préfère employer une solution saturée de pyroxyline dans Tacétone, qu'il allonge d'alcool absolu.
320. Gomme -laque (Giesbrecht , Galdwell, Mayer). — Voici la méthode originelle de Giesbrecht, qui trouve encore des adhérents (Zool. Anzeig., 1881, p. 48i). On fait une solution pas trop forte de laquA rou^çe dans Talcool absolu, et on la filtre. On prend un porte-objet chauffé, et on le couvre d'une couche mince de laque à l'aide d'une baguette de verre qu'on plonge dans la solution et qu'on passe une seule fois horizontalement sur la lame. On laisse sécher celte couche.
Au moment de faire les coupes, on rend la couche de laque collante en la brossant légèrement avec un pinceau imbibé de créosote. On pose les coupes sur cette couche ; on chauffe le tout au point de fusion de la paraffine pendant un quart d'heure, ce qui fait évaporer la créosote ; on éloigne la paraffine en traitant les coupes par quelques gouttes de térébenthine, et l'on monte au baume de Canada.
Dans les Mitth. zool. Stat. Neapel, de la même année, il est recommandé de prendre de la laque blanche au lieu de laque rouge, et de faire la solution dans l'alcool absolu (1 partie de laque pour 10 d'alcool absolu). La laque blanche du commerce étant souvent très difficilement soluble dans l'alcool, Kingsley recommande de prendre de la laque rouge et de la faire blanchir en l'exposant au soleil (Voyez Wihtman, Melhods in Microscopical Anatomy, 1885, p. 117). Mark emploie les solutions de laque dont se servent les artistes pour fixer les dessins au fusain. Dans le même numéro des Mil- Iheilungen nous trouvons encore une modification du procédé originel qui consiste à brosser la lame avant de s'en servir avec de l'essence de girofle au lieu de créosote, la lame étant légèrement chauffée.
Il faut observer que les solutions de baume de Canada employées pour monter les coupes sont capables de dissoudre la laque. Il est donc bon de poser le baume sur le vçrre à couvrir et de mettre celui-ci rapidement en place, de manière à assujettir les coupes au plus vite.
La méthode de Galdwell {Quart. Journ. Mie. Se, 1882, p. 336) constitue une simplification importante de ce procédé. On prépare la lame au moment de s'en servir en la brossant légèrement avec une forte solution de gomme-laque dans la créosote. Après avoir posé les coupes, on les chauffe pendant une demi-heure à une température un peu supérieure au point de fusion de la paraffine, et on les traite par la térébenthine, comme nous Tavons dit.
Ces deux méthodes ont le défaut de laisser se former des granulations dans la couche de gomme-laque. Mayer attribue la formation de ces granulations à l'emploi de la créosote ou de l'essence de girofle, et propose de les éviter en employant comme dissolvant Tacide
phénique. Yoicî comment il prépare la solution. On pulvérise la laque et on la chaufTe avec des cristaux d'acide phénique incolore jusqu à e qu'elle soit dissoute. Il faut alors ûllrer, ce qu'on peut faire en ayant soin de chauffer l'entonnoir pendant le filtrage. Si la solution est trop épaisse, on peut ajouter quelques cristaux d*acide phénique. (Voyez Joum. Roy. Mie. Soc^ 1886, p. 9i0, et Whitman, Methods in Mie. Anat.y p. 117.)
Plus récemment, Mayer {Intem. Monatsehr. f. AnaL, 1887. Hft 2) rappelle que l'acide phénique chaud attaque certains tissus, et propose le procédé suivant. On prépare des lamelles à la laque alcoolique selon le procédé de Giesbrbcht. On pose les coupes à sec, en les appliquant fortement sur la couche de laque, et on expose pendant une demi-minute aux vapeurs d'élher.
Ces méthodes ne permettent pas la coloration des coupes. J'ajoute pour ma part que je ne comprends pas bien en vertu de quoi les méthodes à la gomme-laque trouvent encore des fauteurs, nonobstant les procédés plus commodes et plus sûrs qui sont maintenant connus.
321. Albumine (Paul Mayer, MiUh. zool, Stat. Neapel, IV, 1883, p. 521), — On prend un blanc d'œuf, on y ajoute un peu de solution de salicylate de soude, et l'on filtre. Au liquide filtré on ajoute un volume de glycérine et encore un peu de salicylate, ou un autre antiseptique.
D'après Intem. Monatsehr. f. Anat., 1887, Hft 2, on doit prendre 80 grammes de blanc d'œuf, 50 grammes de glycérine, et 1 gramme de salicylate de soude, les bien agiter ensemble et filtrer. Je fais observer qu'en tout cas on doit en premier lieu dissoudre le salicylate dans un peu d'eau, car il ne se dissout que difficilement dans l'albu* men avec de l'eau avant d'ajouter la glycérine.
Fol (Lehrbueh, p. 134) prend un blanc d'œuf qu'il réduit en neige en le battant, laisse déposer, filtre rapidement à travers un filtre pneumatique, ajoute un volume de glycérine, filtre encore une fois, et ajoute un peu de camphre ou d'acide phénique. J'ai trouvé que l'acide phénique précipite beaucoup d'albumine, et je conseille de s'en tenir au salicylate jusqu'à ce qu'on ait trouvé mieux.
On étale ce fixatif en couche mince sur le porte-objet au moment de s'en servir, on pose les coupes sur la couche humide, on chauffe pendant quelques minutes au bain-marie, et l'on enlève la paraffine fondue par l'essence de térébenthine.
Je trouve préférable de chauffer au-dessus d'une flamme et de chasser la paraffine fondue au moyen d'un vigoureux souffle, comme
ANAT. SIICROSC. IQ
fr
Tf nous l'avons dit pour la méthode de ScajELLiSAUM. J'enlève la paraf-
1 fine par le xylol ou le toluol. On peut Tenlever à froid si l'on veut.
i; Fol fait observer que dans tous les cas les coupes, colorées ou non,
t qui sont destinées à être montées dans le baume, doivent être soigneu-
f sèment lavées dans Talcool ; autrement, il restera dans Talbumine
des traces de glycérine qui troublent les préparations par la suite.
Cette méthode est particulièrement appropriée aux séries de coupes qu'on désire traiter par les teintures. L'albumine est extraordinairement tenace, de sorte qu'on ne risque aucunement de voir les coupes se détacher. Pour la coloration, on peut employer les teintures ordinaires ou les anilines. Dans l'un et l'autre cas, si l'on fait usage d'un procédé de coloration suivie de décoloration, cette méthode offre l'avantage de faciliter beaucoup la surveillance de la décoloration ; si l'on arrête celle-ci au moment même où la couche de fixatif a perdu sa couleur, on obtient en général une coloration nucléaire parfaitement précise.
Nous avons donné, numéro 269, un procédé pour le déplissage des coupes combiné avec l'emploi de l'albumine comme fixatrice.
Dans notre expérience, la méthode de Mayer au blanc d'œuf est une méthode absolument sûre.
Il arrive souvent que le mélange de Mayer se trouble après quelque temps, ce que Ton a attribué au développement d'un microbe. On a dit (Yosseler, Zeii, f. iviss. Mik., VII, 4, 4891, p. 457) que le mélange devenu trouble a perdu ses propriétés adhésives et doit êli*e jeté. Dans mon expérience voici ce qui se passe. Le liquide devient laiteux, puis se trouble tout à fait, enfin se caille tout à fait, en passant à un état caséeux. Mais à aucun moment il n'a perdu ses propriétés adhésives. Tant qu'il conserve assez d'humidité pour humecter le pinceau, il colle aussi bien que le premier jour, sinon mieux.
J'ajouterai que je crois qu'il y a quelquefois avantage à allonger le mélange d'eau ; il le supporte très bien.
322. Albumine (Mann, Zeii, f, wiss. Mik., XI, 4, 1894, p. 486). — Du blanc d'œuf bien secoué avec 10 volumes d'eau distillée et filtré deux fois à travers le même papier. En enduire une provision de lamelles, les laisser sécher à l'abri de la poussière (elles se conserveront indéfiniment dans l'état voulu). Flotter les coupes sur de l'eau chaude (40® C), d'après le procédé de Gulland, dans un récipient profond. Glisser une lamelle sous les coupes, les arranger, retirer la lamelle et la poser pendant cinq minutes sur une étuve à3S° C. Xylol, alcool, etc., etc.
Des lamelles enduites d'albumine et conservées à sec avaient déjà
été employées par Gage pour coupes au collodion (Voir Zeit, f, tozss. Mik,, X, 1, 1893, p. 77.)
323. Gomme arabique (Flobgel, ZooL Anzeig., 1883, p. 563). — Faire une solution de 1 partie de gomme arabique dans 20 parties d'eau ; filtrer et ajouter un peu d'alcool pour prévenir le développement de moisissures. Ëtaler cette solution sur le porte-objet en la versant dessus et laissant, égoutter les lames (il est important de n'employer que des porte-objets très soigneusement nettoyés).
Les coupes ayant été posées en ordre sur la couche collante ainsi formée, on éloigne la paraffine par une goutte de benzine, et Ton monte au baume. (D'après Flcegel, si les coupes ne contiennent que très peu de paraffine, il n'est pas nécessaire de les traiter par un dissolvant, la solution de baume suffisant à dissoudre l'excès de paraffine. Nous pouvons constater qu'il en est ainsi, mais nous ne recommandons pas cette pratique, qui peut donner lieu à des granulations dans les préparations.)
On peut modifier cette méthode en laissant sécher complètement la gomme sur la lame, après quoi on y pose les coupes à sec. Pour les faire adhérer, il suffit d'humecter la surface de la gomme en dirigeant l'haleine dessus.
Cette méthode est excellente pour les coupes destinées à être montées directement dans le baume, mais elle ne permet pas la coloration dans des teintures aqueuses.
Waddington {Joum, Quehett Club, 1881, p. i99) recommande le procédé suivant pour la préparation d'une gomme arabique parfaitement pure et ne présentant pas de granulations sous le microscope. Faire une solution peu épaisse de gomme arabique dans de Teau distillée. Filtrer. Verser le liquide filtré dans de Talcool fort et bien agiter; la gomme se précipite sous forme d*une masse pâteuse. Recueillir celte masse sur un filtre et la laver avec de Talcool jusqu'à ce que Talcool de lavage ne contienne plus d'eau. La sécher. On obtient ainsi une poudre blanche qu'il faut faire dissoudre dans l'eau distillée et filtrer deux fois. On peut alors verser la solution sur des lames porte-objets, faire égoutter et sécher ces lames, et les conserver indéfiniment, prèles à être employées.
324. Gomme à l'alun de chrome (Frenzel, A7xh, f, mik. Anat., 1885, p. 51). — Faire une solution peu épaisse de gomme arabique dans l'eau, et l'additionner de solution aqueuse d'alun de chrome. On peut mettre un excès de ce réactif sans inconvénient. Finalement, on ajoute un peu de glycérine et une trace d'alcool {loc. cit,y p. 142). On prépare les lames avec cette solution de la manière connue.
244 CHAPITRE XVH
on y pose les coupes (il est indifférent qu'elles aient été faites par la voie sèche ou par la voie humide) et on les chauffe pendant un quart d'heure, au plus, à une température de 30 à 45** G. Cela suffît pour rendre la gomme insoluble.
Cette méthode permet la coloration sur porte-objet. La couche de gomme ne se colore pas dans les teintures les plus usitées; seules la safranine et la fuchsine la colorent d'une manière nuisible.
325. Mucilage de coings (Born et Wieger, Zeit, f, wiss. Mik., 1885, D. 346). — On prend du mucilage de coings ordinaire des pharmacies. A ieux volumes de ce mucilage on ajoute un volume de glycérine et une trace d'acide phénique. Emploi comme pourTalbumine de Mayer.
On éloigne la paraffine fondue par une goutte d'essence de térébenthine, puis on porte la lame dans Talcool absolu, où on la laisse une demi-heure ; il est important que Talcool soit absolu et que la lame y reste le temps indiqué. On peut alors colorer. Il est cependant nécessaire d'éviter les teintures alcalines, telles que le carmin ammoniacal et le carmin au borax, car les liquides alcalins attaquent la couche de mucilage et font détacher les coupes.
326. Autres méthodes pour coupes à la paraffine. Méthode d'OBREGiA, importante n® 334.
Agar-Agar (Gravis, BulL Soc. Belge de Micro., XV, 1889, p. 72). Solution d'agar-agar à 1 pour 1000 dans l'eau, à employer comme le mucilage de Born.
Gélatine (Gray, Journ. Hoy. Mie. Soc, 1890, p. 117). Solution de gélatine à 1 p. 100 dans l'eau, emploi compliqué.
Méthode de TValsem, au papier gélatine (Zeit. f. wiss. Mik., XI, 2, 1894, p. 229). Excessivement compliqué.
B. — Méthodes pour coupes aqueuses
327. Gélatine et alun de chrome (Fol, Lehrbuch, p. 132). — On fait dissoudre 4 grammes de gélatine dans 20 ce. d'acide acétique cristallisable, en chauffant au bain-marie et en agitant fréquemment. A 5 ce. de la solution on ajoute 70 ce. d'alcool à 70 p. 100 et 1 à 2 ce. d'une solution d'alun de chrome à 5 p. 100 dans l'eau. On verse ce mélange sur le porte-objet à préparer. On laisse sécher à Tair, et au bout de quelques heures la couche de gélatine passe à l'état insoluble. Cependant la gélatine conserve la faculté de se gonfler un peu et de devenir collante en présence de l'eau. On plonge donc le porte-objet sous la surface de Teau dans laquelle nagent les coupes, on fait glisser les coupes à leur place et on lève le tout avec précaution ; les coupes se trouvent fixées en place.
Cette méthode s'applique soit au cas de coupes faites sous l'eau.
soit au cas de coupes faites dans des masses de gomme ou de savon ; ces masses se gonflant beaucoup en présence de l'eau, il est bon de les éloigner avant de coller les coupes, autrement les coupes se soulèvent en des plis nombreux.
On pourra la trouver utile pour les grandes coupes faites à la cel- |
loïdine . |
Notons ici que la méthode d'ÛBREGiA, numéro 334, peut très bien s'appliquer aux coupes aqueuses. |
328. Poli (Malpighia, II, 1888, 2, p. 3; ZeiL f. wiss, Mik., V, 3, 1888, |
p. 361) enduit le porte-objet de gélatine de Kaiser (qo283) fondue, y dispose |
les coupes, et ajoute de la glycérine et un verre à couvrir.
d29.Gntta-Percha (ou Gaoutohouc), Frenzel et Threlfall {Zool, Anz,j 1883, p. 51, 301 et 423). J'ai trouvé que cette méthode élégante n'est pas sûre, car la pellicule de gutta-percha se déchire très facilement. C'est probablement pour ce motif que cette méthode est maintenant entièrement abandonnée.