Reconstruction de Tembryon au moyen des coupes
Lorsqu'on veut, au moyen d'une série de coupes, reconstruire un embryon pour bien se rendre compte de sa configuration, de la forme de ses viscères, suivre le trajet d'un vaisseau, etc., on a recours à la méthode exposée par Fol dans son Traité d'anatomie microscopique comparée {Lehrbuch dei* vergl, mikr. Anatomie, p. 35).
On commence par faire un dessin de Tembryon à couper, ou par le photographier à un grossissement donné. L'embryon étant débité suivant un plan normal à celui du dessin, en coupes transversales d'égale épaisseur et disposées en série, on dessine ou on photographie les coupes au même grossissement que la vue d'ensemble de l'embryon. On trace ensuite sur le dessin d'ensemble une série de traits parallèles qui correspondent aux coupes, distants d'un millimètre, si c'est de dixième de millimètre en dixième de millimètre que l'on a recueilli les coupes et si le dessin a été grossi dix fois.
Puis, sur une plaque de verre, plus grande que le dessin d'ensemble, recouverte d'une couche de gélatine sèche, on trace une série de traits parallèles très rapprochés, avec un certain nombre d'encres colorées, employées dans le même ordre et assez variées pour que la même nuance ne revienne qu'à une certaine distance. Perpendiculairement à ces traits, on coupe la plaque de verre au diamant, en deux parties inégales.
Une de ces parties est alors appliquée sur le dessin de l'une des coupes transversales, l'autre est placée sur le dessin d'ensemble de façon que son bord coupé au diamant recouvre le trait correspondant à la coupe transversale en question : on a soin que sur les deux plaques les limites extrêmes des deux dessins correspondent aux traits colorés de même nuance; si, par exemple, le bord du dessin d'ensemble correspond sur la plaque à un trait rouge en haut et à un trait bleu en bas, il faut qu'il en soit de même pour la plaque appliquée sur le dessin de la coupe.
On calque, sur la plaque appliquée sur le dessin de la coupe, le contour des organes internes ; en rapprochant ensuite cette demiplaque de l'autre moitié qui est sur le dessin principal, on pourra facilement marquer sur le trait du dessin'principal qui correspond à la
coupe une série de points correspondant aux limites des contours des organes internes.
Quand on aura fait la même opération pour une série de coupes transversales, il n'y aura plus qu'à réunir ces points par des lignes pour avoir dans le dessin principal le tracé des organes internes vus du même côté.
Lorsqu'on veut se faire une idée exacte d'un organe de forme très compliquée, on colle les dessins ou les photographies des coupes faits au même grossissement, chacun sur un carton, dont l'épaisseur est proportionnelle à l'épaisseur de la coupe et au grossissement de la photographie ou du dessin, puis on découpe chaque carton en enlevant toutes les cavités, tant du cœlome que des organes ; enfin on colle les découpures les unes sur les autres. On obtient ainsi une représentation dans l'espace de la portion de l'embryon qu'on veut étudier.
Des reconstructions peu compliquées peuvent se faire par le procédé très simple de Schaffer {Zeit. f. wiss. Mik.^ VIT, 3, 1890, p. 342). On fait les dessins sur papier à décalquer et on les superpose contre une vitre pour les regarder par transparence.
Pour des méthodes plus compliquées et rarement nécessaires, consulter BoRN, Die Plattenniodellirmethode, dans Arch. f. mik. Anat.^ 1883, p. 891 ; Strasser, Zeit. f. wiss. Mik., III, 2, 1886, p. 179, et IV, 2 et 3, p. 168 et 330 ; Kastschenko, ibid., 1887, IV, 2 et 3, p. 235-6 et 353, et V, 2, 1888, p. 173 (on trouvera des résumés de tous ces mémoires dans le Joum. Roy. Mie. Soc. des années en question).
555. Fécondations artificielles. — On éprouve souvent de grandes difficultés à se procurer les mêmes phases du développement de certains animaux ; aussi, chaque fois qu'on étudie l'embryogénie d'animaux à fécondation extérieure, est-il avantageux de pratiquer la fécondation artificielle.
Cette opération se réalise aisément pour les Amphibiens anoures, les Poissons osseux, les Cyclostomes, les Échinodermes, beaucoup de Vers et de Cœlentérés.
Pour les Amphibiens, on ouvre la femelle et le mâle, on prend dans les utérus de la femelle les œufs qu'on place dans un verre de montre ou dans un cristallisoir; on les arrose avec de l'eau dans laquelle on a dilacéré le testicule du mâle ou mieux les canaux déférents.
Les femelles des Poissons osseux laissent facilement échapper leurs œufs lorsqu'on pratique une légère pression sur Tabdomen ; il en est
de même des màlesdont on obtient la semence en exerçant une pression semblable ; mais quelquefois on devra sacrifier le mâle (Ëpinôche) pour prendre les testicules et les dilacérer dans l'eau. Les spermatozoïdes des Poissons, surtout ceux des Salmonidés, perdant rapidement leur vitalité au contact de Teau, on mettra la laitance sur les œufs extraits du corps de la femelle et on versera ensuite sur le tout une petite quantité d*eau ; après quelques minutes on place les œufs dans un appareil à incubation recevant de Teau courante.
La fécondation artificielle chez les Invertébrés ne présente aucune difficulté, lorsqu'on a à sa disposition des animaux renfermant des produits sexuels arrivés à maturité. Il suffit de dilacérer dans un peu d'eau (eau douce ou eau de mer) un fragment de testicule et d'ovaire, et de mélanger les deux liquides. L'opération peut se faire sur la platine du microscope et on peut suivre la pénétration du spermatozoïde dans l'œuf, comme l'ont fait Fol, Hertwig, Selenka et d'autres chez les Échinodermes.