REPTILES
564. — Les méthodes exposées pour les embryons des Oiseaux sont applicables à Tétude du développement des Reptiles ; pour les premiers stades du développement, le blastoderme sera durci en place sur le vitellus ; plus tard l'embryon sera isolé facilement et traité par le liquide de Kleinenberg et l'alcool (Strahl, Arch. f. Anat. u. Phys.j 1881, p. 123).
Voici le fixateur spécial de Perenii pour les embryons de Laceria {Zool. Anz., 274, 1888, p. 139, et 276, p. 196).
Acide nitrique à 20 p. 100 3 parties
Acide chromique à i p. 100 3 —
Alcool absolu 4 —
Laisser agir vingt minutes, laver à l'eau.
A consulter aussi, outre la technique de Kupffer {Archiv f. Anal. u. Entwîck., 1882, p. 4), celle de C.-P. Sarasin {Semper's Arbeilen, 1883, p. 159), et celle de Mitsukuri (/ourn. Roy. Mic.Soc. ,i»9i, p. 750).
AMPHIBIENS
565. Préliminaires. — Les œufs des Amphibiens, qu'on peut se procurer très aisément, sont cependant difficiles à préparer à cause de l'épaisse couche d*albumine qui les entoure. La transparence de cette enveloppe permet de suivre à la loupe ou au microscope les pre-
mières phases de la segmentation et les différents stades du développement de Tembryon ; il suffît pour cela d'éclairer Tœuf à Taîde d'une lentille qui concentre à sa surface les rayons solaires, ou les rayons émis par une lumière artificielle.
Lorsqu'on veut soumettre les œufs à la méthode des coupes, il est indispensable de les dépouiller de leur enveloppe albumineuse. En plaçant des œufs de Grenouille ou de Crapaud dans une solution d'acide chromique à 1 p. 100 pendant deux ou trois jours et en les secouant vivement dans le liquide, on les débarrasse de leur albumine ; mais les œufs ainsi traités sont très cassants et ne donnent que de mauvaises coupes. Ils peuvent cependant être conservés dans la gélatine fondue et très concentrée pour l'étude des formes extérieures.
Un procédé plus efficace a été décrit par Wditman {Atner. Natural.j XXII, 1888, p. 857) et BLOCiiiiANN {ZooL Anz., 1889, p. 269). Wuitman met les œufs, après fixation, dans une solution à 10 p. 100 d'hypochlorite de soude allongée de S à 6 volumes d'eau, et les y laisse jusqu'à ce qu'on puisse les débarrasser de l'albumen par l'agitation. Pour les œufs de Necturus cela arrive en quelques minutes. Blocqmann prend de l'eau de Javelle allongée de 3 à 4 volumes d'eau et y secoue les œufs (fixés dans le mélange de Flemming) pendant quinze à trente minutes.
666. Grenouille. Méthode de Morgan [Amer, Nat,, XXV, 1891, p. 759; Journ, Roy. Mie. Sod 1892, p. 284). — Pendant certaines périodes du développement des œufs de Grenouille il est très difficile de les débarrasser de la membrane albumineuse intérieure. Morgan procède comme suit. Chaque œuf est découpé de la masse albumineuse générale et mis pour une heure ou jusqu'à douze heures dans une solution saturée d'acide picrique dans de l'alcool à 35 p. 100 additionnée d'acide sulfurique dans la même proportion que dans le liquide de Kleinenberg. Puis on passe par des alcools successivement plus forts depuis 33 p. 100 jusqu'à 70 p. 100. Après que Tœuf a été environ deux jours dans l'alcool à 70 p. 100 la membrane intérieure commence à gonfler; le troisième ou quatrième jour, on peut la piquer avec une aiguille et en extraire l'œuf (Cf. aussi Wuitman, MethodSj etc., p. 156, et ScuuLTZE, Zeii. f. wiss. ZooL, V, 1887, p. 177).
667. Grenouille. Méthode de 0. IIertwig [Jenaische Zeitschrift f.Natwwiss., XVI, 1883, p. 249). — Les œufs sont placés dans l'eau chaude presque bouillante (90 à 96° C.) pendant cinq à dix minutes. L'œuf est coagulé et en même temps durci, tandis que l'enveloppe
MÉTHODES EMBRYOLOGIQUES 3ii
gélatineuse se sépare un peu de la surface de Tœuf et devient plus friable. On coupe l'enveloppe de Tœuf sous Teau et on en fait sortir le contenu. A Taide d'un tube de verre formant pipette on transporte lea œufs dans une solution d'acide osmique à iji p. 100 ou dans Talcoo] à 70®, 80° et 90**. L'acide chromique rend les œufs cassants ; ceux-ci ne doivent pas rester dans la solution plus de douze heures. Les œuf^i durcis dans l'acide chromique ne changent pas de forme et ne deviennent pas mous quand on les met dans l'eau ; ceux qui ont été traités par l'alcool perdent leur dureté, gonflent, et changent souvent de forme quand on les met dans l'eau ou dans l'alcool faible. L'acide chromique détruit ou altère le pigment de l'œuf ; l'alcool au contraire le conserve, ce qui est très important pour l'étude des feuillets embryonnaires.
On peut colorer les œufs par des teintures alcooliques ; mais lu coloration se fait mal pour les œufs durcis par l'acide chromique.
A consulter aussi pour Rana, Wiutman, Meth., p. 156 (acide osmique à 0,S5 p. 100 vingt minutes; mélange chromo-platinique, vin^îquatre heures; eau, deux heures ; alcool; carmin boracique), et pour la tératologie expérimentale de ces œufs, Roux, Anat. Anz., IX, no 8, p. 248 et n® 9, p. 265.
568. AxolotL — Les œufs de l'Axolotl sont plus faciles à préparer que ceux des Batraciens anoures, parce que le vitellus est séparé de la couche albumineuse par un large espace rempli de liquide qui ne se coagule pas sous Faction des réactifs. Les œufs sont placés dans le liquide de Kleinekberg, ou celui de Mayer, pendant quelques heures ; puis, à l'aide de petits ciseaux ou d'aiguilles, on ouvre le chorlou interne et on fait échapper l'œuf à travers l'ouverture par une légen pression. On traite ensuite par l'alcool faible, puis par l'alcool de plus en plus fort.
Une méthode qui nous a donné aussi de bons résultats est celle que Hertwig emploie pour la préparation des œufs de Grenouille (voir n® 567). Les œufs sont colorés en masse par le carmin boracique on le carmin aluné acide et inclus dans la paraffine ou la celloïdine, Quand ils sont inclus dans la celloïdine, on pratique le coUodionnag^ des coupes suivant la méthode de Duval.
569. Triton. Méthode de W.-B. Scott et H. -F. Osborn {Quari, Journ, ofMic, Se. y 1870, p. 449), — La préparation des œufs de Triton présente de grandes difficultés. Avant de durcir Tœuf, il faut au préalable le débarrasser de sa couche d'albumine ; le vitellus étant trè^ï
fluide et la membrane vitelline étant très délicate, cette opération doit être faite avec les plus grands soins. Il existe dans la couche d'albumine plusieurs membranes concentriques, et il faut inciser chacune d'elles avec des ciseaux fins avant de pouvoir extraire Tœuf ou l'embryon. Ceux-ci sont fixés, soit par l'acide osmique, soit par le bichromate de potasse ou le liquide de Muller ; mais le meilleur réactif est le liquide de Kleinenberg. On achève le durcissement par l'alcool et on colore par Thématoxyline de Kleinbnberg.
570. Méthode de Hertwig {Jen. Zeitschr. f. Naturwiss., 1881-82, p. 291). — Les œufs sont mis dans un mélange à parties égales d'acide acétique à 2 p. 100 et d'acide chromique à 0,8 p. 100. Au bout de dix heures on coupe les membranes et on place les embryons dans l'alcool à 70°, 80^ et 90*^. Pour faire sortir les embryons de l'œuf, il suffit de couper avec de petits ciseaux l'une des extrémités du chorion interne et d'exercer sur ce dernier une légère pression à l'aide d'une aiguille.
571. Sulfate de cuivre. —Nous empruntons à Fol {Lehrbuch, p. 106) la formule d'un mélange dû à Remak et modifié par Goette, qui rendrait des services pour le durcissement des œufs d'Amphibiens.
Sulfate de cuivre ^ solution aqueuse à 2 p. 100. . 50 ce.
Alcool à 25 p. 100 50 —
VinaigFe de bois rectifié XXXV gouttes.
572. Autres méthodes — A consulter aussi les procédés de Born {Arch. f. mik. Anat,, 43, 1894, p. 1); et de Rabl {ZeiL f. wiss. Mik., XI, 2, 1894, p. 165. (Nous avons déjà donné les procédés de fixation de ce savant.)