I. — Série au cerf
No G 4.
64. — Cerf marchant à droite, en baissant la tête pour brouter ; au-dessus, la légende rétrograde : aaab* IAA3 ^OS^AO-
fy. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire, placé entre les deux autres, carrés et plus petits ; leur surface est ornée de lignes qui se croisent et de protubérances irrégulières.
El. 21 sur 14 mill. ; statère milésiaque, 14 gr. 06 {Londres) Pl. II, fig. 19 \
65. — Protomé de cerf couché à gauche, une patte repliée comme pour se lever, et détournant la tête.
1^. Carré creux rempli de lignes qui se croisent.
El. 9 ; hectémilés., 2 gr. 33 [Londres) Pl. II, fig. 18 2.
66. — Protomé de cerf couché à droite, une patte repliée comme pour se lever, et détournant la tète.
1^-. Carré creux orné de protubérances irrégulières.
El. 8; hémi-hccté milés., 1 gr. 18 [Paris) Pl. II, fig. 20 3.
1. Mionnet, Supplément, t. VI (1832), p. 213; Borrell, Num. Chron., 1844, t. VII, p. 63; Weston, Historié Notices on towns in Greece, Addenda, p. 162; Ch. Newton, dans le Numism. Chronicle, n. s. t. X, 1870, p. 237; B. Ilead, dans le même recueil, n. s. t. XV, 1875, p. 264 ; Percy Gardner, dans le même recueil, n. s. t. XVIII, 1878, p. 262; M. Frankel, dans YArchseol. Zeitung, neue Folgc, t. XII, 1879, p. 27 ; Percy Gardner, dans YArchseol. Zeitung, neue Folge, t. XIII, 1880, p. 184; Barclay Head, The coinage ofLydia and Persia, p.. 13; A. von Sallet, dans la Zeitschrift fur Numismalik, t. 1, 1874, p. 280 ; B. Head, Hisloria numorum, p. 526; le même, Guide to
the coins of the Ancients in the Brilish Muséum, pl. 1, fig. 7; le même, Catalogue, etc., Ionia, Introd., p. xvm et p. 47, pl. III, fig. 8 ; Isaac Taylor, The alphabet, t. II, p. 43; Cauer, Deleclus inscript, graec, p. 347; J.-A. Blanchet, .Les monnaies grecques, p. 6; lmhoof-Blumer ctO.Keller, Tierund Pflanzenbilder, p. 15, n° 33; E. Babelon, dans la Revue numismatique, 1894, p. 270, et 1895, p. 19 ; Mélanges numismatiqnes,2e sér.,p. 10; 3e sér., pp. 33 et 67.
2. B. Head, dans le Num. Chron., 1880, p. 99, n° 4; Catal. Ionia, p. 47, n° 4 et pl. III, fig. 11.
3. Brandis, p. 393 ; B. Head, dans le Num. Chron., 1880, p. 99, n<> 5.
ÉPHÈSE
Les deux dernières pièces (nos 65 et 66) n'ont qu'un rapport éloigné avec le statère n° G4. Le type du cerf s'y trouve dans une attitude toute différente. Ce cerf couché, détournant la tête, une patte repliée et avançant l'autre, comme si l'animal faisait un effort pour se lever en regardant autour de lui avec effroi, se retrouve identique sur les monnaies éphésiennes de l'âge postérieur. On ne saurait donc mettre en doute l'attribution à Éphèse de ces deux petites pièces d'électrum, de poids milésiaque.
Le statère n° 64 soulève d'intéressants problèmes qui ne sont encore résolus que par des hypothèses. La pièce fut acquise en 1825 par la Banque d'Angleterre à Borrell, consul anglais à Smyrne. Elle fut publiée pour la première fois en 1832 par Mionnet qui l'attribua à Erythrée d'Ionie, enlisant la légende : OANNOZEMIZ . EPY- Charles Newton, en 1870, proposa de l'attribuer à Éphèse et transcrivit la légende : OAENOR EMI IBM A. Pour lui, OAENOR est pour cpaivoç, ou mieux cpaévwç, génitif possible de cpaévw, de la racine cpouvw, briller. Le sens de la légende entière serait donc, d'après Newton : « Je suis l'emblème de la Brillante » ; la brillante serait un surnom d'Artémis éphésienne, dont le cerf était le symbole. M. Percy Gardner, dans le Numismatic Chronicle de 1878 proposa la lecture :
A V ER IAA3 *OSA«>
soutenant qu'après la syllabe <3>A, il n'y a pas de lettre, mais seulement une aspérité fortuite du métal; il faut lire, suivant lui, cpavoç et non cpàwoç ou cpaevôp. M. Percy Gardner nous informe, en outre, d'après une note manuscrite de Borrell, que la pièce
fut trouvée àBoudroun, sur l'emplacement d'Halicarnasse. Pour lui, cpavoç, pour cpavsoç, est la forme du génitif de «pàvTjç, comme sur une inscription du vie siècle, par exemple, QsoySkoç est le génitif de 6eoxX^ç. La légende monétaire en question signifierait donc : « Je suis la marque ou le symbole de Phanès ». Et il se rencontre précisément qu'Hérodote mentionne un certain personnage du nom de Phanès, qui était d'Halicarnasse *. Ce Phanès, après avoir été au service du roi d'Égypte Amasis, passa dans l'armée du roi de Perse, Cambyse, qu'il aida à faire la conquête de l'Égypte en 525 av. J.-C.
Mais si Hérodote atteste que ce Phanès fut un chef de mercenaires grecs originaire d'Halicarnasse, rien dans son récit ne permet de soupçonner qu'il eut exercé, à un moment quelconque, la tyrannie dans cette ville. S'il naquit à Halicarnasse et si le statère d'électrum fut trouvé sur les ruines de cette ville, il n'y a point dans cette coïncidence un argument suffisant pour fixer l'attribution de la médaille à ce personnage. Les caractères paléographiques de la légende monétaire ainsi que la forme du carré creux ne permettent guère de faire descendre la frappe de la médaille jusqu'au temps de Cambyse, vers 525. M. Percy Gardner s'est empressé de le reconnaître ; aussi, n'est-ce point au Phanès dont parle Hérodote qu'il attribue la pièce. Il suppose l'existence d'un autre Phanès dont aucun historien ne parle, qui aurait été le grand père du Phanès, chef des mercenaires grecs en Egypte, et aurait exercé la tyrannie à Halicarnasse vers le commencement du vie siècle 2.