MÉGARE
puisqu'elle avait un bon port et que toules les routes qui se dirigeaient du Péloponnèse sur le continent étaient forcées de se rejoindre dans ses murs.
C'est pour cela que, dès le vme siècle, nous voyons Mégare essaimer et établir des colonies sur toutes les côtes. En 728, les Mégariens fondent en Sicile, Mégara Hyblaea, puis Sélinonte. En 712, ils colonisent Astacos, sur la côte de Bithynie ; en 675, Cyzique sur la Propontide ; en 674, Calchédoine sur la rive asiatique du Bosphore ; en 657 enfin, Byzance, sur la rive européenne, en face de Calchédoine. ■ Le tyran de Mégare, Théagène, qui florissait vers 630 avant notre ère, et qui donna sa fille en mariage à Cylon l'Athénien, embellit la ville, notamment par la construction d'un aqueduc qui existait encore au temps de Pausanias 1 et il y développa les arts et les lettres. On lui érigea plus tard, sur l'acropole, une statue de bronze qui est signalée par Pausanias 2. Après lui, Mégare et Athènes se trouvèrent engagées dans une sanglante rivalité. La possession de Salamine qu'elles se disputaient, fut acquise à Athènes par suite d'un stratagème littéraire de Solon 3.
Par tous ces détails on voit que Mégare se trouvait, au vie siècle, en situation d'avoir un atelier monétaire aussi bien qu'Ëgine, Athènes, Chalcis, Érétrie ou Corinthe. En traitant des monnaies primitives d'Athènes antérieures à Solon, nous avons décrit un groupe considérable de pièces qui ont pour type une roue (ci-dessus, nos 1102 à 1108 et pl. XXXIII, fig. 14 à 20). En 1898, M. Svoronos a essayé de démontrer que ce