Cawadias, Fouilles de Lycosuva. Athènes
HÉRiEA
Lycaon, Lycosura était la plus ancienne ville du monde, disaient les légendes, « la première ville qu'ait vue le soleil. » C'est à Lycosura que Lycaon, fils de Pélasgos, institua les jeux lycéens en l'honneur de Zeus Lycaios. Lycaon sacrifia à Zeus un enfant nouveau-né; plus tard, les poètes racontaient que Zeus indigné avait changé Lycaon lui-même en loup 1. Telle fut l'origine des sacrifices humains du Lycée.
La persistance séculaire de cette monstrueuse pratique au milieu de la Grèce, s'explique en partie par la situation géographique de ce district de la Parrhasie que ses inaccessibles montagnes tenaient à l'écart des grandes voies de communication ; ses habitants à demi sauvages, partagés en clans, y perpétuaient leurs cultes primitifs, rebelles à toute culture et à tout progrès.
Pausanias décrit ainsi le sanctuaire de Zeus Lycaios sur le mont Lycée : « Sur la plus haute cîme du Lycée est un tertre de terre ; c'est l'autel de Zeus Lycaios. De là, on aperçoit presque tout le Péloponnèse. Devant l'autel, deux colonnes se dressent, presque dans la direction du soleil levant; elles étaient surmontées d'aigles dorés, suivant une mode très ancienne.
C'est sur cet autel que l'on fait à Zeus de mystérieux sacrifices 2. » Les deux colonnes surmontées d'aigles dorés qui s'élevaient devant l'autel de Zeus doivent être rapprochées du type de nos monnaies sur lesquelles nous voyons l'aigle qui prend son essor ou vole devant la statue du dieu 3.