B. Ilcad, Hist. numor., p. 253 et
2. Schoemann, Antiquités grecques, t. II, p. 83: surtout, Paul Monceaux, Fastes éponymiques de la
LA THESSAL1E
dignité suprême fut, la plupart du temps conférée à des membres des célèbres familles des Aleuades à Larisse, des Créondes à Pharsale, des Scopades à Crannon et, plus lard, aux tyrans de Phères. L'armée thessalienne, groupée sous les ordres du tagos, comprenait des cavaliers et des hoplites, mais la cavalerie était la troupe d'élite dans laquelle s'enrôlait la noblesse thessalienne, ainsi qu'il convenait dans un pays d'élevage.
Le cheval qui forme le type le plus ordinaire des monnaies des différentes villes thessaliennes, symbolise évidemment cette cavalerie et les troupeaux de cavales que nourrissaient les vastes pâturages du pays. Mais en même temps, il rappelle les légendes et le culte de Poséidon Hippios dont le cheval était l'emblème. Dans le mythe attique, on s'en souvient, tandis qu'Athéna crée l'olivier, Poséidon frappant le rocher de son trident, fait jaillir une source d'où s'élance un cheval fougueux. Certaines traditions que nous verrons interprétées par les monnaies, prétendaient que ce cheval n'était autre que le cheval thessalien :
Primus ab œquora percussis cuspide saxis Thessalicus sonipes, bellis feralibus omen Exsiluit.
(Lucain, Pharsale, VI, 393) ».
Dans les deux siècles qui précèdent les invasions perses, les Thessaliens cherchèrent sans relâche à étendre leur domination au sud et à l'ouest, sur la Locride et la Phocide. Il y eut des luttes longues et acharnées dont Hérodote ne nous donne qu'un faible écho, et auxquelles nous avons déjà fait allusion 2 : nous avons vu com-
ligue thessalienne, dans la Revue archéologique dé 1889.