Revue numism., 1850, p. 250 et
5. Théophraste, VI, 3; IX, ij Pline, llist. nat.< XIX, 3, 15; Diosooride, III, 84.
6. Cf. la coupe célèbre du Cabinet des Médailles qui représente un roi Arcésilas présidant à rembarquement d'une cargaison de silphium. E. Babelon, Le Cabinet des Antiques à la Bibliothèque nationale, p. 31 et pl. XII; A. de Ridder, Catalogue des vases peints du Cabinet des Médailles, p. 98.
CYRÉNAÏQUE
donné beaucoup de mal pour tacher de retrouver parmi les plantes ombellifères, le silphium des anciens; suivant les uns, cette panacée tant estimée pour ses vertus curatives était une espèce d'assa fœtida ; suivant d'autres, c'était la thapsia garganica, le drias des indigènes actuels de la Tripolitaine l.
On a classé à la Cyrénaïque plusieurs catégories de pièces primitives que Ton ne trouvera point décrites ici parce que nous considérons cette attribution comme erronée. Il s'agit, en premier lieu, des pièces d'électrum et d'or bas décrites ci-dessus sous les nos 79 à 82 (Pl. III, fig. 4 à 7) : les fleurons qui forment le type de ces pièces ne ressemblent pas au silphium tel que le représentent les monnaies véritablement cyrénéennes. De plus, le style et le carré creux ne sont pas cyrénéens. — Il s'agit, en second lieu, d'un autre groupe de monnaies d'électrum que nous avons fixées àSamos et sur lesquelles Lud. Muller avait proposé de reconnaître deux fleurons adossés de silphium (ci-dessus, nos 371 à 373 et pl. IX, fig. 14 et 16) 2. Enfin, parmi les monnaies d'argent que divers numismates ont voulu, sans preuve, classer à la Cyré-
1. Voyez notamment : E. Reclus, Géographie, t. XI, p. 10-11; J. Friedleender, Num. Zeit. de Vienne, t. III, 1872, p. 430. Nous avons sous les yeux une brochure de M. F. Herincq (La vérité sur le prétendu Silphion de la Cyrénaïque, 2e édition, Paris, 1876,in-8°) dans laquelle l'auteur s'efforce de démontrer que le silphium cyrenaïcum du Dr Laval n'a rien de commun avec le silphium des an-
naïque, nous mentionnerons les grandes pièces au type de la grappe de raisin (cidessus, nos 1860 à 1865 et pl. LIX, fig. 15 à 18) et un autre groupe, plus considérable, que nous avons décrit aux Incertaines thraco-macédoniennes; sur ces dernières, on a voulu voir, en symbole adjoint, une fleur de silphium (nos 1839 à 1856 et pl. LIX, fig. 4 à 13). Mais, que l'on comparela fleur liliacée de ces monnaies avec la tige ou la fleur du silphium telle que nous la montrent les monnaies sûrement africaines, et l'on sera forcé de convenir qu'il n'y a entre elles aucun rapport; c'est en vain que l'on invoque les fleurs stylisées en corolle de lotus, qui paraissent sur les vases peints de fabrique cyrénéenne 3. Nous avons rencontré une fleur semblable, sans doute une rose d'une forme spéciale, sur les monnaies de la région thraco-macédonienne et c'est à cette contrée que paraissent revenir les pièces qui nous occupent et dont l'atelier n'est pas encore précisé 4. Leur fabrique, leur carré creux, l'aspect du flan monétaire, les trouvailles, tout, en un mot, proteste contre l'attribution de ces Incertaines à la Cyrénaïque.
ciens, et qu'il est tout simplement le thapsia garganica de Linné.
2. Cf. Lud. Muller, Num. de l'anc. Afrique, t. I, p. 9, n° 1 et t. IV, Supplément, pl. I, n° 1 a. Ces pièces ont aussi été attribuées à Corcyre.
3. B. Head, Num. Chron., 1891, p. 5. Voyez aussi ci-dessus, n° 2001 .