‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 17 sur 100 · DE CACAO · texte numérisé non relu

DE CACAO

BLEU DE PRUSSE. Il est peu de produits chimiques dont la préparation soit plus difficile et plus incertaine que celle du bleu de Prusse, et qui se présentent dans le commerce avec des qualités plus variables. On n’en distingue pas moins de quatorze à quinze sortes , suivant l’intensité et la beauté de leur nuance. Celui qui est pur offre une couleur bleue foncée, qui, de meme que certaines espèces d’indigo, prend une teinte cuivrée lorsqu’on le casse ou qu’on le frotte sur un corps dur. Quand on le chauffe fortement à l’air , il brûle , mais difficilement, en répandant une odeur désagréable, sans donner de vapeurs pourpres, et laisse un résidu de couleur rouge, qui ne doit être composé que d’oxide de fer. (Celui

qui provient du bleu de Prusse du commerce contient toujours une certaine proportion d’alumine.) Délayé dans l’eau et traité par une dissolution faible de chlore, il ne perd rien de l’intensité de sa nuance. Il en est de même lorsqu’on le traite par les acides nitrique ou sulfurique affaiblis. L’acide sulfurique concentré versé sur le bleu de Prusse sec ne le dissout pas, mais le convertit en une substance blanche, qui repasse au bleu lorsque l’acide se trouve étendu d’eau.

Les alcalis, tels que la potasse, la soude, l’ammoniaque, la chaux, la baryte, la strontiane, et plusieurs oxides métalliques proprement dits, tels que celui de mercure, décomposent le bleu de Prusse par l’intermède de l’eau, et le convertissent en une matière rougeâtre, qui n’est que du peroxide de fer. La seule substance avec laquelle on puisse confondre le bleu de Prusse est l’indigo, mais les caractères de ce dernier le font bientôt reconnaître. ( V. Indigo. )

Les matières étrangères que l’on mélange le plus ordinairement au bleu de Prusse sont l’alumine, le carbonate et le sulfate de chaux. On pourrait en déterminer la quantité eu calcinant à l’air le mélange; on obtiendrait

ainsi un résidu qui serait d’autant plus considérable que la proportion de bleu de Prusse serait plus faible, et le problème se trouverait réduit à l’analyse d’un mélange d’oxide de fer, d’alumine, de chaux et de sulfate de la meme base. Mais nous devons faire observer que le résidu de la calcination n’est nullement en rapport avec la qualité du bleu de Prusse, et que son analyse ne saurait éclairer le consommateur sous ce point de vue. On trouve en effet des bleus de Prusse superfins, des premiers numéros du commerce , qui fournissent à la calcination un résidu quatre et cinq fois plus considérable que les bleus les plus communs. La simple inspection suffit ordinairement aux marchands exercés pour déterminer la richesse de la nuance et se fixer sur la valeur des divers numéros. Le seul essai auquel ils aient quelquefois recours consiste à broj^er à l’huile le bleu de Prusse avec de la céruse; cette matière affaiblit l’intensité de la couleur, et l’on juge ainsi par la quantité qui est nécessaire pour l’amener à une nuance déterminée, de la richesse de la couleur primitive. On peut établir de cette manière la relation entre les valeurs de chaque échantillon.

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