‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 44 sur 100 · IJ IJ J · texte numérisé non relu

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être s’en servir dans quelques cas comme d’une preuve auxiliaire.

Le beurre de cacao sert à la préparation des suppositoires ; il entre dans plusieurs crèmes et marmelades pectorales, et fait la base de plusieurs pommades cosmétiques.

HUILE ÉPAISSE DE MUSCADE. Cette huile se prépare en exprimant à chaud les muscades de qualité inférieure, dans les contrées où l’on récolte ce fruit. Elle est formée d’huile fixe et d’huile volatile; sa couleur est jaune-rougeâtre marbrée , son odeur suave et agréable , sa saveur chaude et aromatique.

Elle nous arrive sous plusieurs formes, en pains plus ou moins volumineux, enveloppés dans des feuilles de roseau; en barriques, en pots, et plus communément en briques longues de 6 à 8 pouces, épaisses de 2 à 3 , du poids d’une livre à une livre et demie et recouvertes de feuilles de roseau ou de papier blanc. Souvent ces briques sont le résultat d’une manipulation que l’huile de muscade subit en Hollande et même en France ; mais avant de lui donner cette forme,

nui

on ia prive presque toujours d’une grande partie de son huile volatile (i).

On est également autorisé à croire que lorsqu’on met l’huile de muscade en briques, on y ajoute parfois des corps gras étrangers , d’après la différence de couleur , d’odeur et de consistance qui existe entre l’huile de muscade du commerce et celle qu’on obtient par le procédé du Codex. Cette dernière est d’une couleur jaune uniforme, moins foncée ; elle affecte en se refroidissant une forme mamelonnée, possède une odeur plus suave et plus forte, et est moins grasse au toucher.

Nous pensons donc que les pharmaciens, pour être assurés de la pureté de l’huile de muscade, devront la préparer eux-mêmes.

Le procédé le plus facile est celui dont on fait usage pour extraire le beurre de cacao.

L’huile de muscade entre dans la composition du baume nerval et de plusieurs linimens fortifians.

HUILES ESSENTIELLES. V. Huiles volatiles.

(i) Une maison de droguerie de Paris s’occupait encore en 1828 de ce genre de fraude.

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HUILE D’OEUFS. On extrait cette huile des jaunes d’œufs qu’on a fait durcir, et qu’on a chauffés au bain-marie, jusqu’au point. où, par une légère pression entre les doigts, l’huile en exsude avec facilité; on les soumet alors à la presse , entre deux plaques de fer chauffées à la température de l’eau bouillante. L’huile qu’on obtient est toujours d’une belle couleur jaune - orangé , d’une saveur douce et agréable , d’une odeur particulière, en partie solide et en partie liquide à la température moyenne de l’air atmosphérique; à quelques degrés plus bas, elle se prend en une masse solide (i).

Quoique l’huile d’œufs ne soit ni difficile ni dispendieuse à préparer, néanmoins celle que

Q) M. Lecanu fils a lu dernièrement à la section de Pharmacie de l’Académie de Médecine , une note très intéressante , relative à l’existence de la cholestérine dans l’huile d’œufs. M. Planche , quelques années auparavant, avait eu également occasion de remarquer que l’huile d’œufs laissait déposer une matière floconneuse , le plus souvent opaque et de couleur vitrine , d’autres fois cristallisée en aiguilles se croisant endijférens sens , ou en petites lames qua drangulaircs superposées .

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Ton se procure dans le commerce de la droguerie est rarement pure. Ce n’est la plupart du temps qu’une huile fixe, colorée en jaune par la racine de curcuma. Cette supercherie est fort aisée à reconnaître : l’huile colorée par la racine de curcuma est plus fluide que la véritable huile d’œufs; elle ne possède ni sa couleur orangée ni son odeur particulière ; exposée à une température de 8 à io° au-dessus de zéro, elle ne se trouble pas ; enfin , lorsqu’on en traite deux parlties par une partie d’alcali caustique pour la convertir en savon , le mélange devient bientôt d’une belle couleur rouge , résultant de faction de l’alcali sur la matière colorante du curcuma, et le savon qui en provient n’a pour ainsi dire pas acquis de consistance après 24 heures ; tandis que, dans une semblable circonstance , l’huile d’œufs conserve sa couleur jaune -orangé primitive, et le savon qui en résulte est d’une consistance demi-solide.

L’huile d’œufs est employée en Médecine contre les gerçures du sein et contre la brûlure. M. Planche l’a indiquée comme très propre à éteindre le mercure dans la préparation de l’onguent mercuriel.

HUILE D’OLIVE, L’huile d’olive s’extrait de Xoleaeuropea de L.; c’est dans le péricarpe même qu’elle est contenue. Sa préparation consiste à broyer les olives et à les soumettre à Faction de la presse à froid. On obtient de cette première expression une huile d’une qualité supérieure, à laquelle on donne le nom d 'huile vierge. Le marc est ensuite divisé et arrosé avec de l’eau bouillante qui gonfle le parenchyme et favorise la séparation de la portion d’huile restante. Après l’avoir convenablement exprimée , on fait bouillir le résidu avec de l’eau, de manière à le convertir en une espèce de bouillie , de laquelle on extrait, par la pression , une dernière portion d’huile très inférieure aux deux autres.

Les propriétés de l’huile d’olive varient non-seulement d’après le mode de préparation, mais encore suivant les pays, et surtout en raison de son ancienneté. Les principales sortes connues dans le commerce sont l’huile surfine, l’huile fine et l’huile commune.

La première est la plus recherchée pour l’usage de la table; mais elle est peu employée en Pharmacie. Elle est légère, onctueuse, d’une couleur verdâtre, très trans-

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parente , d’une saveur douce, qui ne laisse aucune impression désagréable dans la gorge; elle se congèle facilement à plusieurs degrés au-dessus de zéro.

L’huile fine possède toutes ces qualités, mais à un moindre degré.

L’huile commune est employée particulièrement pour la préparation des savons. On l’appelle quelquefois huile tournante, par rapport à la propriété qu’elle a de tourner facilement au blanc, lorsqu’on la mélange avec une dissolution de soude ou de potasse caustique. Elle est très fluide , peu onctueuse, possédant une odeur assez sensible, une saveur désagréable qui laisse dans la gorge un sentiment de chaleur; elle se congèle avec plus de difficulté que les deux premières.

L’huile d’olive est très sujette à être falsifiée par l’addition des huiles de graines. Celle dont on se sert le plus communément pour cet usage est l’huile de semences de pavot, dite huile d’œillette. Elle est préférée aux autres pour cette falsification , parce qu’elle n’a ni odeur ni saveur désagréable lorsqu’elle est bien préparée ; mais elle n’en est pas moins très préjudiciable à la prépara-

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tion des emplâtres et des savons , en ce que, d’une part, la saponification s’opère avec plus de difficulté qu’avec l’huile d’olive pure, et q ue de l’autre, les savons ou emplâtres que l’on en obtient ont toujours une consistance plus molle, adhèrent aux doigts, et ne sont jamais aussi parfaits que ceux qui sont préparés avec de l’huile non mélangée.

Les caractères qui peuvent faire distinguer l’huile d’œillette de l’huile d’olive sont, i°. la saveur, qui, sans être désagréable, est cependant différente de celle de l’huile d’olive; 20. l’odeur, qui, bien que peu sensible dans l’un:e et dans l’autre, offre aussi une nuance très appréciable ; 3°. la viscosité plus grande de l’huile d’œillette qui, lorsqu’on l’agite, forme à la surface des bulles qui persistent pendant un temps beaucoup plus long que celles que l’on fait naître sur l’huile d’olive dans la même circonstance; 4°. enfin, la propriété de ne se congeler qu’à plusieurs degrés au-dessous de zéro, tandis que l’huile d’olive se congèle à 7 ou 8° au-dessus.

Pour essayer l’huile d’olive au moyen du froid , on en met une petite quantité dans un tube de verre mince que l’on plonge dans la glace fondante; l’huile se congèle d’autant

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plus promptement, et devient d’autant plus solide dans un temps déterminé, qu’elle contient moins d’huile d’oeillette. Lorsque cette dernière formera environ le tiers du volume total, l’huile essayée ne se congèlera plus à la température de zéro.

Les caractères que nous venons d’indiquer supposent nécessairement une certaine habitude de voir et de comparer diverses espèces d’huiles, pour pouvoir être appréciés facilement, et quoique dans le commerce on parvienne, à l’aide de ces seuls moyens, à juger avec assez de certitude de la pureté de l’huile d’olive, néanmoins on ne peut disconvenir que des essais de ce genre ne peuvent être faits que par un petit nombre de personnes, et qu’ils ne portent jamais dans l’esprit la même conviction que les essais par les réactifs chimiques. C’est pour suppléer à l’insuffisance de ces moyens que M. Poutet , pharmacien à Marseille , a fait connaître le procédé chimique qu’il emploie pour distinguer l’huile d’olive pure de celle qui est mélangée d’huile de graines. Ce procédé est fondé sur ce que l’huile d’olive se solidifie complètement lorsqu’on la mêle en certaines proportions avec du nitrate acide de mer-

cure, tandis que les huiles de graines ne présentent pas le même phénomène. Le nitrate acide de mercure employé par M. Poutet, se prépare à froid avec 7 parties ~ d’acide nitrique à 38° et 6 parties de mercure. Pour faire l’essai d’une huile, on en prend 12 parties et une de la dissolution mercurielle, on introduit le tout dans un tube de verre et l’on agite de temps en temps ; le mélange ne tarde pas à s’épaissir, et du jour au lendemain il se solidifie tout-à-fait si l’huile est pure. Au contraire, si l’huile contient ^ d’huile d’œillette seulement, elle n’acquiert plus que la consistance de l’huile d’olive légèrement figée, et à mesure que la quantité d’huile étrangère augmente, la consistance du mélange diminue. On juge de la quantité d’huile ajoutée par la portion cpii reste liquide après 1 opération; mais, sous ce rapport , le procédé n’offre peut-être pas toute la précision désirable.

Le moyen le* plus sur de reconnaître de .très petites quantités d’huile d’œillette ajoutées à l’huile d’olive, est sans contredit l’emploi du diagomètre de M. Rousseau ; mais il exige, de la part de ceux qui s’en servent, quelque habitude des expériences délicates.

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Néanmoins , comme cet instrument est d’une grande sensibilité , et qu’il y aurait sans doute peu de chose à faire pour le rendre applicable aux usages du commerce, nous croyons utile d’en donner ici la description. Il est fondé sur la propriété que possède l’huile d’olive de ne conduire que très difficilement l’électricité, tandis que les autres huiles la transmettent facilement.

L’appareil se compose d’un plateau de résine laque AB, porté sur un pied (fig. 2). Au centre de ce plateau est placée verticalement une tige métallique très fine C, qui supporte une aiguille faiblement aimantée et très mince DE, portant à l’une de ses extrémités un petit disque vertical. Sur le bord du plateau de résine laque se trouve un support métallique F, qui communique avec la petite tige du centre, au moyen d’un conducteur métallique placé horizontalement, et sur lequel s’élève une deuxième tige métallique G, portant à son sommet et à la hauteur de l’aiguille aimantée, uü autre disque H également vertical et dirigé dans le plan du conducteur horizontal. Tout ce système est recouvert d’une cloche en verre , sur laquelle est tracé à la hauteur de l’aiguille aimantée,

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un demi -cercle horizontal divisé en degrés. Pour faire usage de cet instrument, on commence par tourner le plateau de résine jusqu’à ce que l’aiguille aimantée étant dans sa situation d’équilibre, et dans la plan du méridien magnétique, le disque E qu’elle porte à l’une de ses extrémités soit presque en contact avec le disque H. On tourne alors la cloche jusqu’à ce que le zéro de la graduation corresponde à l’extrémité D de l’aiguille.

Les choses étant ainsi disposées, on place un petit godet de métal sur le support F, et dans le godet l’huile que l’on veut essayer. O11 a d’une autre part une pile sèche I qui peut être adhérente à l’instrument, ou placée sur un pied à part; on fait communiquer l’un des pôles de cette pile, au moyen d’un fil métallique, avec l’huile contenue dans le godet. Si l’huile employée est toute autre que celle d’olive, l’électricité se communiquera de l’huile au godet et de celui-ci à l’aiguille , et conséquemment aux deux disques, qui se trouveront alors électrisés de la même manière , et entre lesquels s’exercera une action répulsive , qui portera le disque mobile à une certaine distance du disque fixe. Cette distance, qui sera mesurée par l’arc de cercle par-

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couru , dépendra de la force de la pile et de la conductibilité de l’huile, et le phénomène de répulsion se manifestera presque à l’instant où l’on mettra le fil conducteur en contact avec l’huile. Si l’on emploie au contraire de l’huile d’olive pure pour cette expérience , on n’aperçoit aucun mouvement dans l’aiguille (1); mais si l’on ajoute à l’huile pure une goutte d’huile d’œillette ou de toute autre huile de graines , l’aiguille aimantée dévie sur-le-champ d’une quantité très appré-

(1) Cependant, lorsque le contact est très prolongé , on finit par apercevoir une déviation qui augmente peu à peu, de sorte que la différence du phénomène porte moins sur la déviation même de l’aiguille que sur le temps nécessaire pour l’opérer; et pour pouvoir rendre comparables sous ce rapport les indications de l’instrument , il faudrait non-seulement déterminer la déviation de l’aiguille , mais le temps qu’elle met à parvenir à sa position de repos après avoir commencé à s’éloigner du disque H, Il est évident aussi, comme nous l’avons déjà dit, que l’intensité de la pile a une grande influence sur les résultats. Ces difficultés, qu’il ne serait sans doute pas impossible de surmonter, n’ont cependant pas permis jusqu’à ce jour de pouvoir utiliser cet instrument dans le commerce.

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ciable, lors même que l’huile étrangère ne s’élève pas à un centième de l’huile d’olive.

HUILE DE PALME. L’huile de palme s’obtient en soumettant à la presse les amandes du fruit de Velaïs guineensis de L. , arbre de la dioecie hexandrie, de la famille des palmiers, originaire d’Afrique et transporté à l’île Barbade et à la Jamaïque.

Telle que le commerce nous offre l’huile de palme, elle a la consistance du beurre, une couleur jaune - orangé, une saveur douce et une odeur qui rappelle celle de la violette. Elle est plus légère que l’eau, et se fond à 29° centigrades.

Il arrive de temps à autre que quand l’huile de palme devient rare ou quelle dépasse son prix ordinaire, on l’étend ou on l’imite avec de l’axonge ou du suif de mouton , colorés avec du curcuma et aromatisés avec de l’iris de Florence. Mais les alcalis font facilement virer au rouge la couleur de l’huile de palme factice et 11e changent en rien celle de l’huile de palme naturelle.

M. Henry père, qui a publié ( Journal de Pharmacie , année 1819, page 241 ) des observations sur l’huile de palme, lui a reconnu.

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entre autres propriétés, celle de se dissoudre en toutes proportions dans les éthers sulfurique et acétique , et en proportions variées dans l’alcool rectifié froid et bouillant. Il a même fait la remarque que l’huile de palme mélangée de graisse étrangère ne donnait par l’éther acétique qu’un soluté incomplet, et il a indiqué cet agent comme propre à faire reconnaître les falsifications de ce genre.

Il résulte de son examen qu’on peut regarder l’huile de palme comme composée de

i°. Stéarine . . . . 3 1 ,

2°. Éla'ine 69,

3°. D’un principe colorant tout entier dans l’élaïne , susceptible de se détruire par le chlore et par l’action de l’air ;

4°. D’un principe odorant un peu volatil.

L’huile de palme entre dans la composé tion du baume nerval.

HUILE DE RICIN. L’huile de ricin, dont

l’usage en Médecine est devenu si fréquent depuis quelques aimées, est contenue dans cette partie de la semence du ricin ( ricinus

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communis de L. ), que l’on désigne sous le nom de périsperme.

On a donné pour l’extraction de l’huile de ricin plusieurs procédés qui ont été décrits dans le Bulletin de Pharmacie ( i) ; mais celui qui mérite incontestablement la préférence, consiste à exprimer à froid les semences mondées de leur enveloppe. L’huile qui en résulte, et que l’on peut considérer comme la plus pure, est presque incolore, sans odeur, d’une saveur douce et fade, mais sans âcreté; elle a une viscosité qui lui est propre et bien supérieure à celle de toutes les autres huiles fixes; elle est soluble en toutes proportions à la température ordinaire dans l’alcool à 4°°- Cette huile ainsi préparée peut se conserver très long-temps sans altération , pourvu quelle soit renfermée dans des flacons bien bouchés.

L’huile de ricin , que l’on employait autrefois, venait particulièrement d’Amérique (2);

(1) Tome I , page 243; tome IV, page 73.

(2) La Pharmacie peut revendiquer une bonne part de l’honneur d’avoir propage en France la culture du ricin. C’est au zèle éclairé de MM. Dey eux , Planche, Fournier , Char lard, Henry, Hague-

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elle possédait une couleur jaune-rougeâtre, une saveur âcre nauséabonde très persistante , rougissait quelquefois le tournesol , surtout lorsqu’elle était très ancienne , et exerçait sur l’économie animale une action

purgative, en général assez forte , mais irrégulière. Ces différences de caractères et de propriétés ont été attribuées à plusieurs causes, i°. à la chaleur du climat, 20. aux procédés d’extraction, 3°. enfin, à la présence d’une huile étrangère fournie par des semences de croton tiglium ou de jatropha curcas , accidentellement mélangées aux semences du ricin. Il serait difficile de préciser d’une manière exacte l’influence que chacune des ces causes peut avoir sur les propriétés de l’huile; mais il ne sera peutêtre pas inutile de rappeler que l’un de nous, dans un mémoire qui lui est commun avec M. Lecanu fils , a eu occasion de remarquer

nol, etc., que nous devons l'affranchissement d’un tribut que nous payions annuellement à l’étranger. Aujourd’hui le ricin se récolte en telle abondance dans nos contrées méridionales, qu’il suffit à l’extraction de l’huile, dont la consommation est plus que doublée depuis quelques années.

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que cette huile d’Amérique renfermait quelquefois des acides gras semblables à oeux qui se forment par la saponification ; de sorte que, dans un grand nombre de cas, la formation de ces acides pourrait être la cause immédiate de l’âcreté de l’huile.

Avant que M. Planche eût constaté la propriété que possède l’huile de ricin de se dissoudre dans l’alcool, on la mélangeait fréquemment avec d’autres huiles fixes , et notamment avec de l’huile d’œillette. Cette falsification est aujourd’hui très facile à reconnaître, et l’on peut même déterminer, à quelques centièmes près, la quantité d’huile ajoutée; il suffit pour cela de mettre une quantité quelconque de l’huile que l’on veut essayer dans une éprouvette graduée, et d’y ajouter 6 ou 8 fois son volume d’alcool à 38 ou 4o°, d’agiter le mélange et de laisser déposer; l’alcool dissout l’huile de ricin et laisse intacte l’huile étrangère. Nous devons faire observer qu’il est essentiel pour cet essai de faire usage d’un alcool très rectifié , attendu qu’une petite différence en moins dans le degré de ce menstrue, en apporte une très grande dans la solubilité de l’huile de ricin.

11 arrive assez souvent que de l’huile de rh

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ci n très pure et bien préparée se prend en masse d’une consistance demi-solide, analogue à celle de l’axonge, par l’effet d’un léger abaissement de température. Ce phénomène , qui se produit principalement dans l’huile extraite à froid , a été regardé dans quelques cas , comme le résultat d’une falsification, et attribué à l’addition d’une matière grasse étrangère; mais il est simplement dû àf*la séparation d’une matière contenue naturellement dans l’huile de ricin , que l’un de nous a observée le premier, et à laquelle il a reconnu des propriétés analogues à celles de la stéarine ordinaire. Il suffit pour rendre à l’huile de ricin sa transparence et sa consistance premières, de l’exposer pendant quelque temps à une température de 1 8 à 20°.

L’huile de ricin est employée en Médecine comme purgative et vermifuge.

HUILES VOLATILES. Les huiles volatiles sont , à quelques exceptions près, des produits liquides, qui sont contenus dans la racine, la tige, l’écorce, les feuilles, les fleurs et les fruits de certains végétaux. Elles ont pour caractères distinctifs une odeur très vive et

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très pénétrante, une saveur âcre, brûlante; elles sont inflammables, très solubles dans l’alcool rectifié, peu solubles dans l’eau; se distillent avec ce liquide à la température de ioo° centigrades et exigent pour se volatiliser seules une température beaucoup plus élevée.

Les huiles volatiles jouissent aussi de la propriété de s’unir aux huiles fixes et de dissoudre les résines, la cire et le caoutchouc. Elles sont en général plus légères que l’eau; mais il en est quelques-unes, telles que celles de girofle, de cannelle, de sassafras, etc., qui sont plus pesantes que ce liquide. Le moyen le plus usité pour les extraire est la distillation; cependant celles de citron, de bergamote, d’orange, de cédrat, sont contenues dans le zeste de ces fruits en si grande abondance qu’on peut les retirer par simple expression.

Les huiles volatiles, en général, sont très sujettes à être mélangées ou falsifiées; aussi tout pharmacien scrupuleux doit-il, autant qu’il est en son pouvoir, lespréparer lui-même. Toutefois, comme il en est quelques-unes qu’on est dans l’usage de se procurer dans le

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commerce, nous allons indiquer quelques moyens de s’assurer de leur pureté.

Falsification par les huiles fixes. Une huile volatile qui contient de l’huile fixe est d’autant moins fluide que la proportion d’huile fixe est plus grande, et quand on l’agite fortement on voit des bulles d’air qui viennent se réunir à la surface du liquide.

Quand on verse une ou deux gouttes de cette huile sur un papier sans colle, qu’on l’expose ensuite à l’air ou qu’on le chauffe légèrement, l’huile fixe s’imbibe dans le papier et y occasione une tache permanente, tandis que lorsque l’huile volatile est pure , elle se dissipe sans laisser aucune trace.

L’alcool est encore un très bon moyen pour reconnaître cette sophistiquerie; il suffit pour faire cet essai de mettre dans un tube gradué un volume quelconque de l’huile volatile, d’y verser par-dessus huit volumes d’alcool à 4°° et d’agiter. L’alcool dissout l’huile volatile et laisse intacte l’huile fixe, qui vient se déposer au fond du tube et dont la quantité est indiquée, à quelques centièmes près, par la graduation.

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Il arrive assez souvent qu’une partie de l’huile fixe indissoute adhère le long des parois du tube et diminue d’autant la quantité qui devrait gagner le fond ; dans ce cas , il est essentiel de faciliter sa précipitation par de légères secousses imprimées au tube en différens sens.

L’emploi de l’alcool rectifié n’offrirait pas le même degré de certitude dans le cas où l’huile volatile serait mélangée d’huile de ricin, cette dernière, possédant aussi la propriété de se dissoudre dans cet agent; mais la consistance et la viscosité que cette huile communique aux huiles volatiles ne rendent pas cette fraude probable.

Falsification par l’alcool. L’alcool est aussi employé pour étendre les huiles volatiles. Il n’a pas, comme les huiles fixes, l’inconvénient de leur donner de la viscosité; il les rend au contraire plus fluides et ne les colore pas. Toutefois il existe plusieurs moyens de constater sa présence ; celui qui nous a paru le plus certain est fondé sur la grande affinité que possède l’eau pour l’alcool.

On prend pour l’exécuter un tube de verre de i centimètre de diamètre, de 1 5 centimètres

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de longueur, fermé par un bout. Aux deux tiers environ de sa hauteur on fait deux raies transversales, soit avec une lime, soit avec deux petites bandes de papier collé, et distantes Tune de l’autre de 2 centimètres environ. On remplitbien exactement d’eau lapartie qui existe entre le trait inférieur et le fond du tube, et d’huile volatile l’intervalle des deux traits ; le haut du tube reste vide. Quand tout est ainsi disposé, on agite les deux liquides à plusieurs reprises, et après un instant de repos , si l’huile volatile contient de l’alcool , on voit que le volume de l’eau a augmenté, et que celui de l’huile a diminué ; au contraire lorsque l’huile est pure, les deux liquides occupent la même place qu’ils avaient avant l’agitation.

Si l’huile que l’on veut essayer est plus pesante que l’eau, on en verse dans le tube jusqu’à ce que l’eau ait gagné le niveau de la raie supérieure , et l’on opère du reste de la même manière. Il faut avoir soin seulement de marquer sur le bas du tube l’espace qu’occupe l’huile, afin de voir si elle a diminué par l’agitation.

On voit que cette expérience fait connaître seulement si l’huile volatile essayée contient

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ou lion de l’alcool; mais si l’on veut s’assurer de la proportion de ce liquide, il faut faire l’essai dans un tube gradué qui indique immédiatement la perte du volume de l’huile volatile. Dans tous les cas, on doit tenir compte dans cette expérience de la petite quantité d’huile volatile que l’eau peut dissoudre et de celle qui s’attache quelquefois aux parois du tube.

M. Béral , pharmacien de Paris, a publié dans le Journal de Chimie médicale de l’année. 1827, un procédé pour reconnaître de très petites proportions d’alcool ajoutées à certaines huiles volatiles. Ce moyen consiste à mettre dans une petite quantité de l’huile volatile qu’on veut essayer un morceau de potassium gros comme la tète d’une épingle. Si l’huile contient un quart d’alcool à 36 ou 4o°, le potassium prend de suite une forme sphérique, devient brillant et éclatant comme un globule de mercure, s’oxide et disparaît en moins d’une ou deux minutes; ces phénomènes sont toujours accompagnés d’un petit bruit.

D’après l’auteur, on peut par ce moyen reconnaître un douzième et même un vingtcinquième d’alcool dans une huile volatile;

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on remarque seulement que le potassium disparaît avec plus de lenteur et que le bruit est aussi moins sensible à mesure que la proportion d’alcool est moins considérable.

Les huiles volatiles que M. Béral a essayées , et sur lesquelles, suivant lui, l’expérience réussit très bien, sont celles de

Carvi, Pouliot, Menthe, Camomille, Valériane , Laurier - cerise , Hyssope , Citron , Bergamote , Sauge, Genièvre, Roses, Romarin.

L’huile volatile de térébenthine paraît faire exception, et se comporte avec le potassium comme si elle contenait une petite quantité d’alcool.

On a aussi indiqué comme une preuve de la présence de l’alcool dans une huile volatile, la propriété qu’elle a de donner à l’eau dans laquelle on la verse une apparence laiteuse ; mais ce phénomène n’a lieu que quand l’alcool est en grande proportion.

Falsification par des huiles volatiles communes. La sophistiquerie la plus difficile à constater est sans contredit celle qui consiste à mélanger à certaines huiles volatiles ,

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des huiles volatiles plus communes ou moins chères, telles que celles de térébenthine, d’aspic, de romarin, de lavande, etc. Cette fraude, contre laquelle viennent échouer tous les essais chimiques, 11e peut se reconnaître qu’en comparant l'huile falsifiée avec une huile de la pureté de laquelle on est assuré. Néanmoins on a remarqué qu’en imbibant de ces sortes d’huiles mélangées un linge ou un papier, l’huile la plus fixe commence par se dissiper, et que celle dont l’odeur est la plus pénétrante ne s’évapore qu’en dernier lieu, et peut ainsi être distinguée.

HUILE VOLATILE D’ASPIC. L’huile d’aspic s’obtient en distillant de l’eau sur les fleurs fraîches du lavandula spica de DC. ; elle est fluide, citrine, d’une odeur qui, quoique moins agréable, se rapproche beaucoup de celle de la lavande. Cette huile est rarement pure dans le commerce; ce n’est, presque toujours, qu’un mélange de trois parties d’huile volatile de térébenthine et d’une partie d’huile de lavande. Cette fraude, qui n’est pas facile à reconnaître, en raison de l’arialogie de propriétés qu’offrent la plupart des huiles vola-

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tiles, est à la vérité moins importante qu’une autre à découvrir, l’huile d’aspic n’étant guère employée que dans la Médecine vétérinaire. Cependant sa comparaison avec une huile d’aspic pure, et l’odeur persistante de térébenthine qu’exhale un morceau de linge ou d’étoffe imprégné de l’huile falsifiée, peuvent, jusqu’à un certain point, servir à faire reconnaître cette altération.

HUILE DE CAJEPUT. L’huile de cajeput, qui nous vient des îles Moluques, et spécialement de Banda, s’obtient en soumettant à la distillation les feuilles du melaleuca leucaclen dron de L. , arbre de la polyadelphie polyandrie, de la famille desmyrtinées. Telle qu’elle nous parvient, elle est d’une belle couleur verte plus ou moins foncée, limpide, d’une saveur chaude et brûlante , d’une odeur aromatique vive et pénétrante, qui se rapproche de celle du camphre et du cardamome; elle est fluide, plus légère que l’eau, et brûle sans laisser de résidu.

Sa couleur verte est attribuée, par Duncan ( Dispensaire d’ Edimbourg) et par Ileihvig , aux vaisseaux de cuivre qui servent à la distiller, et aux bouteilles de meme métal dans

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lesquelles on l’expédie souvent. Cette assertion, que sembleraient confirmer les expériences de JVestrumb et de Trommsclorf , mérite cependant peu de confiance, car nous avons essayé plusieurs espèces d’huiles de cajeput dans lesquelles nous n’avons trouvé aucune trace de ce dangereux métal.

M. Guibourt, qui a été à même de distiller des feuilles de quelques espèces de melaleuca cultivées en France, a observé que l’huile obtenue était d’une belle couleur verte, quoiqu’elle fût entièrement exempte de cuivre.

D’après cela, on est fondé à croire que les huiles de cajeput dans lesquelles on a trouvé ce métal n’étaient que le résultat d’une falsification.

Lorsqu’on veut s’assurer si l’huile de cajeput doit sa couleur verte à du cuivre, il faut en distiller une portion avec de l’eau. Si la couleur n’est pas artificielle, l’huile qui passe à la distillation conserve sa teinte verte ; dans le cas contraire, elle est décolorée et laisse pour résidu du cuivre réduit dont il est facile de constater la présence au moyen des réactifs. Comme ce procédé est fort simple et facile à exécuter, nous engageons à le mettre en pratique, toutes les fois qu’on sera

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dans le cas d’acheter de l’huile de cajeput dans le commerce.

L’huile de cajeput, à laquelle on a accordé long- temps des propriétés médicales nombreuses et spéciales, est aujourd’hui fort peu employée. Quelques médecins l’administrent cependant encore dans les affections nerveuses, l’épilepsie, l’hystérie, à la dose de 1 à 6 gouttes sur un morceau de sucre.

HUILE VOLATILE DE FLEURS D’ORAN- GER, Néroli. Cette huile, que l’on obtient en soumettant à la distillation les fleurs fraîches du citrus aurantium de L. , nous vient ordinairement de Provence. Sa couleur varie depuis le jaune-rougeâtre jusqu’au rouge foncé; elle est très fluide, et d’une odeur suave très agréable. Souvent le néroli est mélangé clans le commerce avec de l’alcool ou avec de l’huile volatile d’orangettes (petit grain). La première de ces falsifications se reconnaît assez bien par le moyen indiqué plus haut. (V. Huiles volatiles.) Quant à la seconde, on ne peut guère la distinguer qu’en comparant le néroli que l’onveut acheter avec un néroli dont on connaît la pureté.

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HUILE VOL ATI LE DE GENIÈ VR E. L’hu i le volatile de genièvre, dont on fait usage en Pharmacie, s’obtient en soumettant les baies de genièvre à la distillation par les procédés ordinaires.

Cette huile, lorsqu’elle est récente, est blanche, très fluide, légère, d’une odeur pénétrante rappelant celle des baies. Avec le temps elle s’épaissit et acquiert une couleur jaune plus ou moins foncée.

Dans le commercp, on rencontre souvent l’huile de genièvre mélangée avec un tiers et jusqu’à moitié de son poids d’huile d’aspic. Nous avons indiqué plus haut les moyens de reconnaître les altérations de ce genre.

( V. Huiles volatiles.)

HUILE VOLATILE DE GIROFLE. L’huile volatile de girofle s’obtient en soumettant le girofle à la distillation. Elle est plus pesante que l’eau, d’une couleur blanche légèrement citrine lorsqu’elle est récente, se colorant facilement par le temps et le contact de la lumière; d’une odeur très pénétrante, d’une saveur âcre et chaude.

Celle du commerce, qui nous vient de Hollande, est presque toujours d’une couleur

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jaune-brunâtre. Souvent elle est mélangée d’huile fixe ou de teinture alcoolique de girolle. Nous avons indiqué plus haut le moyen de s’assurer de ces deux sortes de mélanges. ( V. Huiles volatiles. )

HUILE VOLATILE DE LAVANDE. On obtient l’huile de lavande en soumettant à la distillation les sommités fleuries du lavcinclula vera de DC. , plante de la didynamie gymnospermie, famille des labiées. L’huile de lavande est très fluide, d’une couleur jaune citron , d’une odeur très forte et très pénétrante.

Quoiqu’en général l’huile de lavande soit à bas prix , cependant quelquefois elle est sujette à être mélangée d’huile volatile de térébenthine ou d’aspic. On trouvera à l’article Huiles volatiles les moyens de reconnaître la première de ces falsifications; la seconde est pour ainsi dire impossible à constater, en raison de l’analogie qu’offrent ces deux huiles entre elles.

HUILE VOLATILE DE ROSES. L’huile volatile de roses, que l’on retire par la distillation des pétales de la rose muscate (rosa

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s'imper virens ) , et qui nous est apportée du Levant, est d’une couleur légèrement citrine, d’une odeur suave, plus légère que l’eau, solide à io°-{--o, et cristallisant quelquefois en lames. D’après les expériences de M. de Saussure , elle est formée de deux huiles, l’une concrète et l’autre fluide, que l’on peut séparer l’une de l’autre en les traitant par l’alcool rectifié à la température de zéro.

Cette huile, dans le commerce, est toujours d’un prix très élevé, et par conséquent fort sujette à être falsifiée. Mais l’alcool et les huiles fixes , que les fraudeurs emploient souvent pour allonger les huiles volatiles , nepeuvent être ici d’un grand secours; car, comme ils empêchent l’huile de roses de cristalliser à la température de io" -f- o, on est toujours tenté de regarder comme impure celle qui ne possède pas cette propriété. Les fraudeurs pourraient, à la vérité, profiter des chaleurs de l’été où l’huile de roses reste ordinairement liquide à la température ordinaire, pour les y introduire ; mais nous avons indiqué plus haut ( V. Huiles volatiles ) les moyens de s’assurer de ces additions étrau-

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Mous avons été à même d’examiner, il y a quelque temps , un flacon d’huile de roses qui avait été vendue par un de ces Orientaux qui inondent la capitale de leurs parfums et de leurs pastilles odorantes. Cette huile, qui avait la consistance, la demi-transparence et la couleur jaunâtre de la véritable huile de roses , nous a paru être un mélange d’un peu d’huile volatile pure unie à une matière grasse particulière. La petite quantité de ce mélange frauduleux qu’on a bien voulu mettre à notre disposition nous ayant permis de faire quelques essais, nous avons reconnu que la matière grasse qui lui servait de base était du blanc de baleine dissous dans une huile fixe. Le vendeur avait surtout fait remarquer , comme le caractère le moins équivoque de la pureté de cette huile, la propriété qu’elle possédait de rester congelée à la température atmosphérique.

Au reste, elle est très facile à distinguer. Lorsque, par une légère chaleur, elle est redevenue liquide , elle n’a ni la fluidité ni la mobilité de l’huile de roses pure ; les alcalis caustiques agissent sur elle d’une manière très marquée, en formant des savons;

l’alcool rectifié n’en dissout qu’une très faible proportion, et elle laisse sur le papier et les étoffes qu’on en imbibe une tache que la chaleur ne dissipe qu’en partie.

L’huile de roses sert en Pharmacie pour aromatiser la pommade pour les lèvres et autres préparations cosmétiques.

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