‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 45 sur 100 · HUILE VOLATILE DE SASSAFRAS · texte numérisé non relu

HUILE VOLATILE DE SASSAFRAS

L’huile de sassafras s’obtient en soumettant à la distillation la racine du laurus sassafras de L. , de l’ennéandrie monogynie, famille des laurinées. Lorsqu’elle est récemment préparée, elle est presque incolore, plus pesante que l’eau , d’une odeur vive et pénétrante ; exposée à la lumière, elle se colore et devient d’un rouge foncé; mise en contact avec l’acide nitrique, elle devient d’une belle couleur rouge - nacarat.

M. Bonastre, qui a eu occasion d’examiner plusieurs huiles de sassafras du commerce, les a trouvées falsifiées , tantôt avec de l’huile de lavande onde térébenthine, tantôt avec un mélange de ces huiles communes et d’huile de girofle. Voici les essais entrepris par ce pharmacien pour reconnaître ces diverses sophistiqueries.

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Première falsification. Elle était le résultat d’un mélange d’huile volatile de sassafras et d’huile de lavande , et coûtait i fr. ao cent. Fonce; sa couleur était jaune -verdâtre, son aspect trouble; son odeur était celle du sassafras, qui en général domine toutes les autres; sa densité était beaucoup moins forte que celle de l’essence de sassafras pure. Versée goutte à goutte dans un verre d’eau, il n’en tombait qu’une très petite portion au fond du liquide; la plus grande partie restait à la surface.

Deuxième falsification. Celle-ci avait été opérée au moyen de l’huile volatile de térébenthine rectifiée. L’odeur était mixte, quoique celle de sassafras dominât toujours; sa pesanteur spécifique était plus faible que celle de l’essence de sassafras pure. La distillation par l’intermède de l’eau a suffi pour séparer ces deux huiles volatiles ; celle de térébenthine est restée à la surface du liquide, et celle de sassafras a gagné le fond du vase. Cependant l’huile de térébenthine rougissait par son contact avec l’acide nitrique à froid, parce que cette huile avait sans doute entraîné avec elle une petite quantité

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d’huile de sassafras. Son prix était de i fr. 5o cent, l’once.

Troisième falsification. Cette dernière était plus difficile à reconnaître que les deux autres; elle consistait dans le mélange de trois huiles volatiles appartenant à des plantes de genres différens. M. Bonastre eut encore recours à la distillation, seulement il ajouta dans le liquide environ le tiers du poids du mélange de soude caustique. Le liquide provenant de la distillation était surnagé par un tiers environ d’une huile essentielle claire, transparente et incolore; c’était encore de l’essence de térébenthine. Un autre produit occupait le fond du liquide; il fut reconnu pour de l’essence de sassafras véritable.

Enfin, le résidu qui ne donnait plus de produit huileux par la distillation fut évaporé et abandonné à lui-mème; il s’y forma de nombreux cristaux. Ces cristaux, examinés avec soin, furent reconnus à la forme qu’ils affectaient pour une combinaison d’huile volatile de girofle et de soude.

Ainsi, cette troisième falsification résultait du mélange de :

ICH

Huile volatile de sassafras ,

de térébenthine,

de girofle.

HYDRIODATE DE POTASSE. V. Iodure

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