‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 55 sur 100 · RE R · texte numérisé non relu

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la présence de l’huile empyreumatique , des gaz inflammables , ou de l’acide carbonique; et bien qu’il 11e soit pas possible d’indiquer un mode particulier d’analyse pour toutes les substances que l’on pourrait supposer être mélangées au kermès , néanmoins on parviendra toujours à reconnaître s’il est altéré, en se rappelant les caractères que nous avons indiqués plus haut pour le kermès pur.

Une autre substance que l’on mêle souvent au kermès est le soufre doré d’antimoine; on le fait avec d’autant moins de scrupule, que ce composé est formé des mêmes élémens que le kermès, quoiqu’en proportions différentes. Comme il a sur l’économie animale une action beaucoup moins énergique , il convient d’indiquer les caractères qui peuvent faire distinguer ces deux produits.

Le soufre doré d’antimoine contient une proportion de soufre plus considérable que le kermès ; sa couleur varie entre le jauneorangé clair et le jaune-orangé foncé. Projeté sur des charbons incandescens, il brûle avec une flamme très vive, ce qui 11’a pas lieu avec le kermès, quoique ce dernier se

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décompose aussi avec boursouflement sur les charbons ainsi qu’au chalumeau.

En faisant bouillir pendant quelques minutes un gros de soufre doré , et autant de kermès, chacun dans une once d’essence de térébenthine, le soufre doré communique à l’essence une couleur jaune- orangé, et laisse déposer, par le refroidissement, des cristaux de soufre en abondance , tandis que le kermès la colore à peine, et ne lui cède que des atomes de soufre.

i5 grains de soufre doré, traités par l’ammoniaque liquide à o,q3o de densité, se convertissent en une poudre blanche au bout de quelques jours; l’ammoniaque prend une couleur jaune foncée, et tient du soufre doré en dissolution. La poudre blanche insoluble est composée d’oxide d’antimoine et de soufre.

Le kermès, traité delà même manière, ne donne pas lieu à cette poudre blanche; l’ammoniaque se colore à peine, et tient fort peu de kermès en dissolution (i).

On conçoit, d’après ce qui vient d’être

(i) Vogel , Journal de Pharmacie, tome VIH, page 1 53 .

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exposé des propriétés comparatives du soufre doré et du kermès, qu’il sera toujours possible de distinguer celui qui sera pur de celui qui sera mélangé de soufre doré.

Le kermès est employé en Médecine comme incisif et expectorant, à la dose d’un à quatre grains. A une plus haute dose , il est vomitif.

LABDANUM. Le labdanum est une résine qui est sécrétée par les feuilles et les rameaux d’un arbrisseau, connu sous le nom de cistus creticus , de la polyandrie monogynie et de la famille des cystinées, qui croît dans l’ile de Candie. On l’obtenait autrefois en peignant la barbe des chèvres qui se nourrissent des feuilles du ciste de Crète ; mais aujourd’hui sa récolte se fait en promenant sur les arbrisseaux un fouet armé de lanières de cuir : le labdanum s’y attache, on l’enlève, et on l’enferme dans des vessies.

Le labdanum qu’on rencontre dans le commerce est rarement pur ; aussi ne ressemblet-il en rien à celui que M. Guibourt a décrit, et dont il possède un magnifique échantillon.

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