‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 60 sur 100 · MA N · texte numérisé non relu

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(luire que la meme quantité de chlore, une quantité plus considérable d’acide hydrochlorique, dont une portion, celle employée à la saturation du carbonate de chaux, sera tout-à-fait en pure perte pour la production du chlore , et devra par conséquent être comptée en augmentation du prix de l’oxide. Il faut donc, pour être fixé sur la véritable valeur d’un oxide de manganèse, que l’essai auquel on le soumet puisse faire connaître à la fois la quantité de peroxicîe de manganèse qu’il renferme, et la quantité d’acide hydrochlorique qu’il exige pour la préparation du chlore.

O11 doit à M. Gay-Lussac un mode d’essai qui satisfait à toutes les conditions que nous venons d’énoncer. Il consiste à déterminer la quantité de chlore que peut fournir l’oxide de manganèse : pour cela, 011 prend une quantité déterminée de l’oxide à essayer 3sr-,979; 011 l’introduit avec soin dans un petit matras A (fig. 5) de 6 à 7 centimètres de diamètre; on verse sur l’oxide environ 25 centimètres cubes (mesurés à l’avance) d’une dissolution concentrée d’acide muriatique pur, ou au moins exempt d’acide sulfureux. Ou adapte immédiatement au petit matras un

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bouchon B percé d’un trou auquel est fixé un tube C recourbé, à deux branches de 2 \ à 3 millimètres de diamètre intérieur, et dont la plus longue branche doit avoir de 5 à 6 décimètres de longueur. Cette brandie plonge dans un tube D de 2 centimètres de diamètre intérieur, qui se trouve rempli au J d’un lait de chaux très clair. Les choses étant ainsi disposées, on chauffe légèrement, au moyen d’une lampe E, la partie du matras qui contient le mélange; il y a production de chlore qui se dissout dans le lait de chaux et production de chlorure de chaux. Il faut continuer l’opération jusqu’à ce que le tube de communication s’échauffe sensiblement dans toute son étendue , ce qui indique la condensation de la vapeur d’eau. Lorsqu’on opère avec soin , on peut de cette manière recueillir sans la moindre perte tout le chlore qui a été produit. La dissolution de chlorure est ensuite étendue d’eau, de manière à obtenir un litre de liquide, et titrée (1).

(1) La fig. 5 bis présente l’appareil monté : F est un cylindre en tôle servant de fourneau, et portant à sa partie inférieure une échancrure pour diriger la flamme d’une lampe à huile E, dont la mèche s’élève

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{V. Chlorure de chaux.) Le titre obtenu fait connaître celui de l’oxide de manganèse de telle manière , que si le titre du chlorure indique une dissolution contenant les 0,9 de son volume de chlore, l’oxide essayé contiendra les 0,9 de son poids d’oxide pur (1).

Pour connaître maintenant la quantité d’acide hydro - chlorique dépensée, et qui n’a point contribué à la formation du chlore, il suffit de retrancher de l’acide hydro-chlorique employé à l’expérience, celui qui a été décomposé par le peroxide de manganèse, et converti par lui en chlore ou en chlorure

ou s’abaisse au moyen de la virole H; G, dôme en tôle percé d’un trou pour laisser passer le col du matras ; K, grille circulaire sur laquelle porte le fond du matras; S, support en bois avec une pièce en bois T qui sert à soutenir le tubel) ; L, éprouvette contenant un litre de liquide jusqu’au trait M , destinée à l’essai du chlorure de chaux.

(1) Ce résultat est facile à expliquer, si l’on fait attention cpie 3”' ,979 d’oxide de manganèse pur fournissent précisément , d’après l’expérience , un litre de chlore à o°, et sous la pression de omèt-,<j6, et que par conséquent le rapport de l’oxide de manganèse pur à la masse totale de l'échantillon sera le même que celui qui existe entre le volume de chlore qu’il peut fournir et un litre.

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de manganèse. Or, l’on sait que le peroxicîe de manganèse, par sa réaction sur l’acide hydro-chlorique, divise celui-ci en deux parties égales, dont l’une passe à l’état de chlore et l’autre se combine avec l’oxide en partie désoxigéné , et qu’une partie de peroxide de manganèse pur est nécessaire pour transformer en chlore et en chlorure 1,628 d’acide hydro-chlorique pur et sec. D’après cela, toutes les fois que l’on voudra connaître la quantité d’acide hydro-chlorique qui sera décomposée uniquement par le peroxide de manganèse dans un oxide du commerce , titré, il faudra multiplier le nombre 1,628 par celui qui exprime le titre de l’oxide; ainsi, une partie d’un oxide au titre de 0,89 exigera 1,449 d’acide hydro-chlorique, dont 0,7245 seront convertis en chlore et 0,7245 en chlorure.

La quantité d’acide employée à l’expérience comprend, comme nous l’avons dit, nonseulement celle qui est convertie en chlore ou en chlorure par le peroxide de manganèse lui-même, mais encore celle qui s’est combinée avec le manganèse à un moindre état d’oxidation, celle qui s’est combinée avec l’oxide de fer, la chaux, etc. Pour connaître

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cette quantité totale, on prendra un poids connu de l’acide hydro-chlorique que l’on a employé à l’expérience, on y mettra un morceau de marbre pur d’un poids connu et tel, qu’il soit en excès relativement à la quantité d’acide. Lorsque l’effervescence aura cessé et que l’acide sera saturé , on lavera , on fera sécher, et l’on pèsera le marbre restant; la diminution de poids indiquera la quantité qui aura été dissoute, et par une simple proportion la quantité d’acide hydro-chlorique réel contenu dans le liquide essayé. D’une autre part, on fera un nouvel essai, semblable à celui cpie l’on est obligé de faire pour déterminer le titre de l’oxide, mais avec cette différence, qu’au lieu d’eau de chaux, on emploiera de l’eau pure pour recevoir le chlore, et que l’on pèsera avec beaucoup d’exactitude l’acide hydro-chlorique que l’on versera sur le peroxide de manganèse. On arrêtera également l’opération lorsque le tube commencera à s’échauffer et que les vapeurs verdâtres de chlore auront entièrement disparu; alors on réunira la liqueur dans laquelle une portion de chlore s’est condensée à celle qui est restée dans le matras. Dans ce mélange, qui contient toute la quantité d’acide hydro-

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chlprique qui n’a point été attaqué , on mettra un morceau de carbonate de cliaux d’un poids connu pour saturer l’acide libre, on le pèsera de nouveau après la saturation. La différence de poids fera connaître la quantité de carbonate décomposé , et par conséquent la quantité d’acide hydro - chlorique resté libre; et comme on connaît aussi, d’après l’expérience précédente, la quantité d’acide réel contenu dans l’acide employé, en retranchant de cette dernière quantité celle qui est restée libre, on aura celle qui a été absorbée tant par les matières étrangères que parle peroxide de manganèse; et si de cette différence on retranche encore la quantité d’acide hydro-clilorique décomposé par le peroxide de manganèse seulement, quantité que l’on connaît d’après le titre de l’oxide, on aura celle qui a été absorbée par les matières étrangères au peroxide. Il faudra alors rechercher combien cette quantité d’acide hydro-chlorique sec représente de la dissolution dont on se sert, et en ajouter le prix à celui de l’oxide de manganèse. L’exemple suivant éclaircira ce que nous venons de dire.

Supposons que l’on ait un échantillon de manganèse au titre de 0,80, c’est-à-dire con-

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tenant 80 centièmes de peroxide de manganèse pur, et qu’il s’agisse de reconnaître la quantité d’acide hydro-chlorique qu’il exigera à l’emploi ; supposons encore que l’on se serve d’acide hydro-chlorique exempt d’acide sulfureux, et marquant 220 à l’aréomètre, ce qui équivaut à une pesanteur spécifique de 1,17 a très peu près. On prend 5o grammes de cet acide que l’on étend de deux ou trois fois son poids d’eau, et dans lequel 011 met un morceau de marhre blanc du poids de 2 5 grammes; il se produit une effervescence qui s’apaise peu à peu, et lorsqu'elle a entièrement cessé, et que la liqueur est sans action sur le carbonate de chaux, 011 lave celui-ci, on le sèche et le pèse de nouveau; 011 trouve qu’il ne pèse plus que 2 grammes; ainsi il y a eu 23 grammes de carbonate de dissous. On prend ensuite 4 grammes de l’oxide de manganèse titré, on les traite par 5o grammes du meme acide hydro-chlorique, comme s’il s’agissait d’en déterminer le litre; seulement, au lieu de recevoir le chlore dans une dissolution alcaline, on le reçoit dans l’eau pure. Lorsque l’opération est terminée, on réunit la liqueur qui tient le chlore en dissolution à celle qui est restée dans le matras,

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et l’on sature l’acide hydro-chlorique qu’elles renferment en mettant dans le mélange un morceau de marbre de 2 5 grammes. Supposons qu’après la saturation ce marbre ne pèse plus que 8s%9, il est évident qu’en prenant la différence entre ce résidu et le précédent on aura 8sr‘,9 — 2, c’est -à - dire 6sr>, 9 qui représenteront la quantité de marbre qui aurait été décomposé par l’acide hydro-chlorique absorbé tant par l’oxide de manganèse que par les corps étrangers.

Si l’on se rappelle que 4 grammes d’oxide de manganèse au titre de 0,80 doivent absorber , eu égard au peroxide de manganèse seulement, 0,80 x i,449 X 4gr-> c’està-dire 4gr,6368 d’acide hydro-chlorique , pur représentant 6sr',26 de carbonate de chaux, et qu’on retranche ces 6S',26 de68r,9, on aura ogr',64 de carbonate de chaux (1). Or, comme, d’après la première expérience, a3 grammes de carbonate de chaux saturent 5o grammes de l’acide que nous avons employé, oër',64 en satureront isr‘,4; ainsi, en

(1) Ces calculs sont faits en supposant que 4 >8^5 d’acide hydro-chlorique pur de'composent complètement 6 , 9.5o de carbonate de chaux.

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traitant 4 grammes de notre oxide de manganèse par l’acide-hydro-chlorique, il y aura i3r-,4 de cet acide qui seront absorbés par les matières étrangères, et en pure perte pour la production du chlore; et pour ioo kilogr. d’oxide il faudra compter en excédant de dépense 35 kilogrammes d’acide, c’est-à-dire 6 ou 8 francs qui devront être ajoutés au prix d’achat de l’oxide de manganèse.

Nous donnons ici, d’après M. Berthier, un tableau deha quantité de chlore que fournissent les variétés de manganèse les plus répandues dans le commerce. i kilogramme de peroxide de manganèse pur fournit oVl1 ,7964 de chlore.

Crettnicli, près Saarbruck. . . . 0,7526,

Calveron (Aude), sans calcaire . o , ^658 ,

Calveron, avec calcaire 0,6754,

Périgueux (Dordogne) 0,517g,

Romanèclie (Saône-et-Loire) . . 0,4672 à o,5i35,

Laveline (Vosges) o , 4648 ,

Pesillo ( Pie'mont ) , noir avec

calcaire o,332o,

Pesillo, sans calcaire 0,44^6,

Saint-Marcel (Piémont) 0,278g à o,3og8.

MANNE. La manne est un produit solide ,

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d’une saveur fade, douce et sucrée, qui découle spontanément et par incisions de certains végétaux, et particulièrement des frênes. Les deux espèces qui en fournissent le plus sont le fraxinus ornus de L. , et le fraxinus rotundifolia de Lam. , arbres de la polygamie diœcie, de la famille des jasminées, qui croissent en Sicile et en Calabre.

Dans le commerce, on connaît trois espèces de manne : la manne en larmes, la manne en sorte (i) et la manne grasse.

La manne en larmes est en morceaux plus ou moins volumineux, irréguliers, rugueux, blancs, friables, d’une saveur douce, sucrée, agréable, assez souvent convexes d’un côté, concaves de l’autre.

La manne en sorte est composée de beaucoup de petites larmes blanches, agglutinées, qui adhèrent à des morceaux informes plus mous , d’une couleur rousse. Cette manne, qu’on récolte à une époque plus avancée de l’année, contient bien plus d’impuretés que la précédente.

( i ) La manne en sorte de Sicile porte , dans le commerce , le nom de manne géracy ; et celle de Calabre , celui de manne capacy.

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La manne grasse, inférieure en qualité aux deux autres , est reçue dans une espèce de trou pratiqué au bas de l’arbre; elle est en masse poisseuse, jaunâtre, et mélangée à beaucoup de corps étrangers, tels que du sable , de la terre et des débris de végétaux ; souvent chez les droguistes cette manne se compose des deux espèces précédentes, qui se sont détériorées par le temps, ou qui ont subi une légère fermentation.

A une époque où les mannes étaient à un prix élevé, les fraudeurs falsifiaient la manne grasse en formant , avec de la farine, du miel et des poudres purgatives, une masse dans laquelle ils incorporaient des menus de manne en larmes. Mais ces produits sophistiqués étaient si facilement reconnus à l’emploi et par le plus léger examen , qu’on n’a pas tardé à en faire justice.

Nous avons eu occasion , il y a environ un an , de voir, dans une maison de droguerie, de la manne en larmes préparée artificiellement. Elle était en morceaux longs de 3 à 5 pouces , gros comme le doigt , convexes d’un côté, concaves de l’autre, quelquefois cylindriques. Cette manne, très blanche et entièrement exempte d’impuretés , paraissait être le

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résultat d’une purification qu’on avait fait subir à une manne moins blanche ou à des menus de manne en larmes. Comparée sous le rapport de l’effet médical avec de la manne en larmes ordinaire, elle nous a semblé n’avoir rien perdu de sa propriété purgative.

Nous pensons qu’on ne doit pas regarder cette purification comme une sophistiquerie. Peut-être même pourrait- on en tirer avantage dans les momens où la manne en larmes est fort rare, et où les deux autres espèces sont abondantes.

La manne est un purgatif doux; elle entre dans la composition des tablettes diacarthami.

MERCURE. Le mercure est un métal liquide à la température ordinaire, d’un blanc d’argent, possédant un éclat très vif, susceptible d’entrer en ébullition à la température de 35o°, et de se distiller à la manière des autres liquides. Sa pesanteur spécifique est de 1 3,568. Il est sans saveur ni odeur sensibles. Comme il dissout avec facilité plusieurs métaux, tels que le plomb, l’étain, le zinc, etc., on pourrait le falsifier en y ajoutant une certaine quantité de ces der-

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niers; mais l’addition d’une petite portion de métal étranger change tellement ses caractères, que cette falsification se pratique rarement. Le mercure altéré par l’un des métaux que nous venons d’indiquer, perd en grande partie son brillant métallique, se recouvre d’une pellicule terne, grisâtre, qui se produit surtout par son agitation à l’air. Il devient aussi beaucoup plus adhérent au verre, aux doigts, et laisse, sur la surface des corps avec lesquels on le met en contact, une couche mince, métallique, noirâtre. Si l’on en considère quelques globules isolés , et qu’on les fasse mouvoir sur une surface plane, on voit qu’au lieu de prendre une forme presque sphérique et de ne toucher la surface plane que par un petit cercle , ils s’étendent sur elle , et laissent en coulant une trace qui s’allonge en forme de queue. Si l’on promène une carte sur la surface de ce mercure ainsi altéré, on enlève facilement la pellicule qui la recouvre, mais on la voit se reformer en quelques instans. En répétant cette opération un certain nombre de fois, on peut enlever une portion notable du métal étranger, mais on ne parvient jamais à une purification complète. Lorsqu’on examine la subs-

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