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POIVRE. Le poivre noir est produit par une plante sarmenteuse qui croit à Java et au Malabar, et qui appartient à la diandrie trigynie de L., et à la famille des pipéritées. Le poivre est en petits grains noirâtres , ridés à leur surface, blancs dans l’intérieur , d’une odeur aromatique , d’une saveur âcre, chaude et irritante. Sa poudre excite fortement la toux et l’éternument.
A diverses époques , on a cherché à imiter le poivre (1). Ce produit artificiel qui n’est qu’une pâte composée d’une petite quantité de poivre de l’Inde, de moutarde et de diverses poudres indigènes âcres et piquantes, liées au moyen d’un mucilage, et granulées le plus régulièrement possible, a une telle ressemblance avec le poivre naturel, que, mélangés ensemble, on a beaucoup de peine à les distinguer l’un de l’autre. Souvent meme , pour rendre la ressemblance plus exacte , les fraudeurs introduisent dans l’intérieur de ces grains une semence de mou-
(1) Il existe à Paris plusieurs individus qui s’occupent encore de ce genre de fraude; c’est chez l’un d’eux que nous nous sommes procuré les échantillons qui ont servi à nos essais.
tarde qui sert de noyau à la pâte; de sorte que quand on casse le grain , la petite semence qui est devenue mobile par le retrait qu’a éprouvé la pâte par la dessiccation, s’échappe et simule exactement le creux qu’on remarque souvent au centre des grains du poivre de l’Inde. Néanmoins, outre que la saveur du poivre factice est différente de celle du poivre de l’Inde, on peut facilement le reconnaître en en laissant macérer une pincée dans de l’eau tiède. Le poivre de l’Inde conserve sa forme sphérique et sa consistance solide , tandis que le poivre factice se tuméfie, devient bientôt mou et gluant, et ne tarde pas à se délayer par la moindre agitation.
Le poivre est aujourd’hui à si bon compte, que cette fraude se pratique plus rarement; mais celle que les épiciers se permettent souvent, est d’ajouter au poivre pulvérisé qu’ils vendent au détail, une certaine quantité de tourteau de semences de chènevis réduit en poudre fine. Cette poudre de chènevis, qui est communément désignée par les fraudeurs sous le nom éé épice cC Auvergne, communique après un certain temps au poivre, une odeur rance désagréable.
Le poivre noir a été analysé à peu près vers
la même époque, par M. Pelletier, pharmacien de Paris, et par M. Poutet , pharmacien à Marseille. Voici les résultats du travail de M. Pelletier :
Une matière cristalline particulière ( pipérin) ,
Une huile concrète très âcre,
Une huile volatile balsamique.
Une matière gommeuse colorée ,
Un principe extractif analogue à celui des légumineuses.
De l’acide malique et de l’acide tar trique.
De l’amidon.
De la bassorine ,
Du ligneux.
Des sels terreux et alcalins en petite quantité.
Le poivre noir entre dans la thériaque , le diaphénix , l’eau générale, etc.; mais son principal usage est comme assaisonnement dans la préparation des alimens.
POIVRE BLANC. Ce poivre ne diffère du précédent que parce qu’on lui a enlevé son épiderme, au moyen d’une macération prolongée dans l’eau.
Les falsifications dont le poivre noir est susceptible peuvent se pratiquer bien plus facilement encore pour le poivre blanc, dont
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la surface est lisse et la couleur facile à imiter; mais les moyens que nous avons indiqués à l’article Poivre {V. ce mot ) pour reconnaître le faux du vrai, s’appliquent aussi au poivre blanc.
On prétend qu’à une certaine époque, afin de donner au poivre blanc de la pesanteur et de la blancheur, on le roulait dans une eau chargée de gomme ou d’amidon tenant en suspension du carbonate de plomb ; mais cette sophistiquerie qui pouvait être fort dangereuse, n’a pas dû être de longue durée; ce poivre, ainsi recouvert , noircissait facilement au contact de l’air, ou par la moindre émanation sulfureuse ou fétide. O11 pouvait au reste s’assurer de suite qu’il n’avait pas subi cette préparation frauduleuse, en en projetant une pincée dans de l’eau hydrosulfurée.
POTASSE, bien que la dénomination de potasse ne convienne, à proprement parler , qu’à l’oxide pur île potassium, elle est néanmoins employée communément dans le commerce, pour désigner le carbonate de cette base. Nous l’emploierons aussi quelquefois dans cette acception, et nous désignerons
plus particulièrement sous le nom de potasse caustique ou potasse pure , celle qui aura été privée de son acide carbonique et des matières étrangères avec lesquelles elle est naturellement mélangée.
Potasse du commerce, carbonate de potasse des chimistes. S’obtient en lessivant les cendres qui proviennent de la combustion des végétaux, évaporant cette lessive à siccité, calcinant fortement le résidu, afin de brûler les portions de matières végétales qui auraient pu échapper à la première combustion , et obtenir un produit aussi blanc que possible.
Il est évident, d’après la nature de l’opération par laquelle on obtient ce produit , qu’il ne doit pas contenir seulement du carbonate de potasse, mais encore toutes les substances renfermées dans les cendres et capables d’être dissoutes par l’eau ou par le carbonate de potasse lui-même ; aussi la potasse du commerce est-elle toujours un composé à proportions variables de carbonate de potasse, de sulfate, de muriate de la même base, de silice, d’alumine, d’oxide de fer et de manganèse. Ce sont ces matières étran-
gères, existant dans la potasse en proportions variables, qui constituent les diverses sortes du commerce, que l’on désigne en général par le nom du pays d’où on les retire. Les principales potasses sont, celles ïï Amérique, de Russie, de Toscane, de Dantzick , du Rhin, etc.
Comme la valeur commerciale des diverses espèces de potasse, toutes choses égales d’ailleurs, est en raison directe de la quantité réelle de potasse pure qu’elles renferment, il était important de pouvoir déterminer cette quantité par un moyen facile et à la portée des commerçans. Ce problème a été résolu par M. Vauquelin. C’est à lui qu’est due la première idée du procédé pour l’exécution duquel M. Descroizil/es a imaginé un instrument particulier, qui a été adopté sous le nom Ôl alcalimètre , et qui peut être considéré comme l’une des plus utiles applications de la Chimie aux besoins du commerce et des arts.
L’alcalimètre peut être appliqué, à l’aide de quelques modifications, à plusieurs autres usages; il se compose d’un tube de 25 centimètres de hauteur (fig. 4) sur i de diamètre intérieur, porté sur un pied , de manière à pou-
voir se tenir facilement dans la position verticale; son bord supérieur est renversé, et enduit d’une légère couche de cire, afin d’éviter l’adhérence des liquides. Ce tube est gradué, à partir du haut; et les divisions, dont chacune con tient un demi-gramme d’eau distillée, représentent une capacité d’un demi-millilitre. Il faut, pour faire l’essai d’une potasse avec cet instrument, se procurer encore ce que l’auteur appelle la liqueur alcalimétrique, qui est un mélange d’une partie d’acide sulfurique concentré à 66° avec 9 parties d’eau.
L’essai, en lui-même-, consiste à déterminer la quantité de liqueur alcaiimétrique nécessaire pour saturer un poids donné de potasse , et afin que les résultats puissent être immédiatement comparables entre eux, on opère constamment sur la même quantité de potasse (10 grammes).
On commence donc par peser avec soin 10 grammes de potasse, on les place dans un verre, on y ajoute environ un demi-décilitre d’eau et on agite le mélange afin de favoriser la dissolution de la potasse ; lorsqu’elle est opérée, on verse de nouveau dans le verre une quantité d’eau précisément égale en vo-
lame à celle qu’on avait mise la première fois, on agite, puis on laisse déposer; lorsque le dépôt s’est rassemblé au fond, on décante la portion claire et l’on en prend en volume exactement la moitié de l’eau ajoutée à la potasse (i). C’est sur cette portion du liquide, qui contient par conséquent la moitié des io grammes de potasse, c’est-à-dire 5 grammes, qu’on opère la saturation, comme nous allons l’indiquer.
La dissolution de 5 grammes de potasse étant mise dans un vase ( un verre à pied par exemple), on verse de la liqueur d’essai dans l’alcalimètre jusqu’au zéro, puis inclinant l’instrument et rapprochant l’extrémité supérieure de la surface de la dissolution de potasse, on y verse goutte à goutte
(i) Il convient, pour ces essais, d’avoir une petite mesure en étain ou en verre , qui sert à ajouter l’eau et à retirer la moitié de la dissolution de potasse. II est facile d’apercevoir pourquoi on ne prend pas le dépôt forme dans la dissolution de potasse ; c’est afin d’éviter qu’une portion de la liqueur alcalimétrique ne soit employée cà saturer les substances insolubles, et particulièrement le carbonate de chaux , qui peut y exister.
la liqueur acide, en agitant continuellement avec un tube, afin de favoriser la réaction des deux substances et d’éviter l’effervescence trop vive qui résulterait infailliblement de l’addition subite d’une trop grande quantité d’acide. Lorsqu’on voit l’effervescence diminuer, il faut ajouter la liqueur d’essai avec encore plus de précaution , et toujours agiter pour favoriser le dégagement de l’acide carbonique. Pour reconnaître le point de saturation auquel on est arrivé , on place sur une assiette une goutte de sirop de violettes, puis, avec l’extrémité d’un tube, on y porte une goutte de la dissolution qu’on veut essayer et on mêle les gouttes ensemble. Tant que la saturation n’est pas complète, la couleur bleue du sirop de violettes passe au vert ; mais cette disposition s’affaiblit à mesure que l’on ajoute de l’acide, et il arrive un point où la couleur cesse de verdir sans tourner au rouge. Ce serait là le point précis de saturation ; mais comme il est impossible de le saisir exactement, et que d’ailleurs , lorsque l’alcali est saturé par l’acide sulfurique il reste de l’acide carbonique en dissolution dans la liqueur, qui réagit en rouge sur le sirop de
violettes, on est dans l’usage d’ajouter de la liqueur alcalimétrique jusqu’à ce que le sirop de violettes tourne au rouge (l). Lorsqu’on y est parvenu, on replace l’alcalimètre dans sa position verticale, et l’on observe sur la graduation le niveau de la liqueur. La division à laquelle il correspond indique le degré alcalimétrique de la potasse.
Il est évident, d’après ce que nous venons de dire, que chaque degré de l’alcalimètre, qui contient un demi-gramme de liqueur d’essai, contient par conséquent un demi-décigramme d’acide sulfurique à 66°; et comme la saturation s’opère effectivement sur un demi-décagramme de potasse , il en résulte
(i) On emploie aussi et avec plus de succès la teinture ouïe papier de tournesol pour déterminer le point de saturation: pour cela, on verse dans la dissolution de potasse, de la teinture de tournesol qui la colore en bleu. Cette couleur bleue passe d’abord au pourpre, puis au rouge; ce n’est que lorsqu’elle a atteint la couleur pelure d’oignon qu’on peut regarder l’essai comme terminé. Si l’on emploie le papier de tournesol , il faut mettre de temps à autre une goutte de la liqueur sur le papier, jusqu’à ce que la couleur rouge persiste après la dessiccation.
que chaque degré de l’alcalimètre contient en acide sulfurique un centième du poids de la potasse; ainsi, lorsqu’on dit qu’une potasse est à 6o° alcalimétriques, par exemple, cela revient à dire qu’elle exige pour sa saturation 60 centièmes d’acide sulfurique à 66°.
Ces essais de potasse ne sont pas seulement propres à faire connaître la valeur relative des diverses sortes , mais ils peuvent encore fournir les données numériques nécessaires à la fabrication des produits dans lesquels la potasse entre comme agent chimique , ou comme partie intégrante. En effet, connaissant la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour la saturation de la potasse qu’on emploie, on connaît la quantité de potasse pure; car, d’après la composition connue de l’acide sulfurique à 66°, et du sulfate de potasse, on trouve que chaque degré de l’alcalimètre correspond à 0,962 de potasse pure, et à 1,412 de carbonate de potasse; par conséquent pour avoir la quantité de potasse pure contenue dans une potasse titrée, il suffira de multiplier le nombre de degrés obtenu par 0,962, et par 1,412 pour avoir celle du carbonate pur; dès lors, on saura combien il faut employer des différens acides
pour convertir cette potasse en acétate , muriate et nitrate. Ainsi, supposons qu’on ait ioo kilogrammes de potasse marquant 6o° alcalimétriques , cette potasse renfermera 60 x 0,962 de son poids de potasse pure, c’est-à-dire 57,72 pour 100, et 100 kilogrammes en renfermeront $r]uv,r]‘i. Si l’on voulait connaître la quantité de carbonate de potasse renfermée dans les 100 kilogrammes, il faudrait multiplier chaque degré par 1,412, ce qui donnerait 84kl1 ,72.
Ce procédé, comme on voit, exige encore un petit calcul pour faire connaître, soit la quantité de carbonate de potasse, soit la potasse pure contenue dans celle qu’011 essaie, et sous ce rapport il serait susceptible d’être perfectionné (1).
Les diverses potasses du commerce ont entre elles beaucoup d’analogie sous le rapport des propriétés; mais elles offrent aussi quelques différences dans leurs caractères extérieurs, et nous devons les faire connaître comme le meilleur moyen de prévenir les substitutions possibles d’une espèce à l’autre.
( 1 ) Nous apprenons que M. Gay-Lussac s’occupe en ce moment, d’améliorer ce procédé.
Toutes les potasses du commerce sont en morceaux irréguliers; leur couleur est variable; il y en a de blanches, de grises, de bleues, de verdâtres, de rouges. Elles ont toutes une saveur caustique urineuse , mais à des degrés différens. Toutes verdissent le sirop de violettes, et ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie. Exposées à l’air, elles en attirent l’humidité, augmentent de poids et se résolvent en une matière pâteuse, molle, qui finit par se liquéfier et pardonner lieu à un liquide d’une grande densité, d’une consistance oléagineuse , qui n’est autre chose qu’une dissolution très concentrée de potasse. Traitées par un acide, elles produisent une effervescence considérable, due au dégagement de l’acide carbonique qu’elles contiennent.
Potasse perlasse. On désigne sous ce nom une qualité de potasse qui vient des États- Unis d’Amérique, particulièrement de INew- Yorck, de Charlestown et de Boston. Elle est en morceaux irréguliers, arrondis, de la grosseur moyenne d’une noix, rarement au-dessus de la grosseur du poing; la majeure partie est en poudre grossière; sa couleur est
blanche, quelquefois légèrement azurée. Son degré alcalimétrique varie entre 56 et 58, terme moyen. Elle est très estimée pour sa blancheur et pour sa pureté, néanmoins elle contient une forte quantité de sulfate de potasse. O11 peut séparer en partie ce dernier, en la dissolvant dans une très petite proportion d’eau; ce liquide dissout de préférence le carbonate de potasse qui est très soluble et ne dissout qu’une fort petite quantité de sulfate. Indépendamment desqs usages en Pharmacie, la potasse perlasse est particulièrement employée pour les verreries.
Potasse d’Amérique, Potasse rouge. Cette potasse, qui vient des mêmes pays que la précédente, en diffère néanmoins considérablement. Elle est très compacte, très dure, en morceaux irréguliers , anguleux , qui ont évidemment éprouvé la fusion ; quelquefois même les morceaux sont d’un très gros volume, conservant la forme des chaudières dans lesquelles la fusion a été opérée. Sa couleur est d’un rouge vif à l’intérieur, extérieurement elle est grisâtre , terne et humide; elle se dissout lentement dans l’eau, quoique ce liquide soit susceptible d’en dis-
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soudre une quantité très grande. Exposée à l’air, elle attire plus fortement l’humidité qu’aucune autre potasse; sa couleur rouge s’altère, devient terne, grisâtre; sa surface se recouvre d’une couche molle qui se liquéfie promptement, ainsi que le reste de la potasse. Sa saveur est beaucoup plus caustique que celle des autres sortes, et son action sur l’économie animale est à peu de chose près semblable à celle de la pierre à cautère des Pharmacies, car elle est, comme cette dernière, privée en partie de son acide carbonique, et jouit de toutes les propriétés de la potasse caustique. Elle porte généralement de 60 à 63° à l’alcalimètre , et contient une quantité très notable de sulfate et d’hydro- chlorate de potasse. En raison de sa causticité, elle est particulièrement recherchée par les blanchisseurs, les savonniers, et les fabricans de chlorate de potasse.
Potasse de Toscane. Cette potasse se rapproche de la perlasse pour la forme des morceaux, mais ils sont en général plus petits. Elle contient plus de poussière; elle n’est jamais blanche, quelquefois elle est d’un gris cendré, mais Je plus souvent elle offre une
teinte bleuâtre très prononcée. On y rencontre assez fréquemment de petites plaques minces, qui paraissent avoir adhéré aux vases dans lesquels on l’a calcinée. La potasse de Toscane porte de 58 à 6o°.
Potasse de Russie. Cette potasse se présente toujours avec une légère nuance bleue. Pour la forme des morceaux, elle se rapproche de la potasse perlasse, mais ils sont moins compactes, plus légers, plus poreux, offrant un grand nombre de petits trous; elle porte de 54 à 56°.
Potasse deDantzick. Cette potasse est très irrégulière dans son aspect; elle présente très souvent dans le meme tonneau des nuances de couleur et de qualité qui ne permettent pas de fixer ses caractères d’une manière bien précise. Cependant elle est en général bleuâtre; on y trouve un grand nombre de morceaux petits, arrondis, d’une forme assez régulière; elle est plus faible en degrés que les précédentes, et ne donne guère que de 45 à 5a°.
Potasse des Vosges. Elle est ordinaire-
ment en très petits morceaux et en poudre grossière ; elle p. une teinte gris - bleuâtre terne; elle est peu estimée, et très faible en degré, marquant en général de 4o à /\5°.
Potasse factice. Non-seulement on donne fréquemment dans le commerce une potasse pour une autre, mais très souvent aussi l’on donne pour de la potasse un produit qui n’en contient pas. Les potasses rouges d’Amérique sont celles que l’on a surtout cherché à imiter, et l’on est en effet parvenu à obtenir un produit qui a tout-à-fait leur aspect et la plupart de leurs caractères extérieurs. C’est ce produit que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de potasse factice, et que l’on obtient en fondant un mélange de sel de soude caustique (i), avec de la soude de vareck qui n’est elle-même, comme on le sait, qu’un mélange de sulfate de potasse , de sulfate de
(i) C’est la dénomination sous laquelle on désigne, dans le commerce, le carbonate de soude desséché qui ne renferme qu’une petite proportion d’acide carbonique, et qui est par conséquent un mélange de carbonate de soude et de soude caustique.
soude, de chlorure de potassium, de chlorure de sodium et d’une quantité infiniment petite de sous-carbonate de soude. La proportion des deux substances que l’on mélange dépend du degré que l’on désire donner au produit.
Ces potasses factices se présentent sous diverses couleurs; elles sont ordinairement rouges , et quelquefois bleues ou grises. Ces couleurs tiennent à une certaine proportion de sulfate de cuivre que l’on y introduit, et qui les colore diversement, suivant l'état auquel le cuivre se trouve ramené par l’opération. La potasse est constamment rouge lorsqu’on remue le mélange, pendant qu’il est en fusion , avec un morceau de bois qui réduit partiellement ou en totalité l’oxide du sulfate de cuivre.
La potasse factice peut se distinguer toujours de la vraie potasse d’Amérique aux caractères suivans; i°. sa couleur est variable, comme nous venons de le dire; celle de la vraie potasse est toujours rouge. Cette dernière, exposée à l’air, se ternit, se ramollit à sa surface, adhère aux doigts et aux corps avec lesquels elle est en contact. Les fragmens qu’on en détache deviennent promp-
tement liquides; elle humecte fortement le papier dans lequel on l’enveloppe. Cette humidité s’accroît continuellement; la surface des morceaux exposés à l’air devient pâteuse, et finit par devenir tout-à-fait liquide. La potasse factice présente des phénomènes différens : elle perd beaucoup moins promptement sa couleur; on aperçoit au commencement une légère humidité à sa surface, qui se présente quelquefois sous forme de petites gouttelettes, mais jamais elle ne se ramollit; les traces d’humidité disparaissent promptement, et au bout d’un certain temps, il se produit à la surface une légère efflorescence de carbonate de soude. Indépendamment de ces caractères, il en est d’autres que l’on peut tirer de l’action des réactifs chimiques ; mais il est essentiel de se rappeler que la potasse d’Amérique contient beaucoup de chlorure de sodium, et que réciproquement la potasse factice contient quelques sels de potasse , de sorte qu’on ne peut pas conclure rigoureusement de ce qu’une potasse contient de la soude, que ce soit une potasse factice.
Lorsqu’on essaie une potasse dans l’intention de reconnaître si elle est factice ou non, il faut, après avoir consulté les carac-
tères extérieurs , en réduire un morceau en poudre ou en très petits fragmens, le traiter par une petite quantité d’eau, afin de dissoudre le moins possible des sulfates et desmuriates qu’il pourrait contenir, prendre une portion de cette dissolution, y verser avec précaution de l’acide tartrique dissous dans l’eau, jusqu’à ce que la liqueur soit sensiblement acide. O11 obtiendra sur-le-champ avec la potasse naturelle un précipité blanc grenu, cristallin, très abondant si les dissolutions sont un peu concentrées ; tandis que la potasse factice n’offrira pas de précipité sensible. Si au lieu d’employer l’acide tartrique on sature la dissolution par l’acide acétique pour la convertir en acétate, et qu’on fasse évaporer la liqueur, la potasse factice fournira par le refroidissement de très beaux cristaux d’acétate de soude ; la potasse naturelle au contraire ne donnera pas de cristaux, et si l’on pousse l’évaporation à siccité, on obtiendra une masse blanche, légère, très déliquescente,, à laquelle 011 reconnaîtra les caractères de la. terre foliée de tartre.
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QUINQUINAS. Depuis la découverte de la quinine et de la cinchonine, qui a réduit à leur véritable valeur les opinions exagérées que l’on s’était formées sur plusieurs espèces de quinquina, la connaissance et l’appréciation de ces écorces est devenue extrêmement facile, et pourrait à la rigueur se borner au résultat de leur analyse chimique, considérée sous le rapport des quantités de quinine et de cinchonine qu’elles peuvent produire.
Nous sommes loin de prétendre néanmoins que les caractères extérieurs des quinquinas , tels que leur couleur, leur saveur, leur cassure, ne puissent fournir quelquefois de très bonnes indications sur leurs qualités ; mais comme la description de ces caractères, et celle des nombreuses espèces qui les présentent plus ou moins modifiés, nous entraîneraient au-delà des limites que nous nous sommes imposées , nous nous bornerons à indiquer succinctement dans le tableau suivant, les principaux caractères des espèces les plus connues dans le commerce.
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Essais chimiques des quinquinas. La qualité des quinquinas que l’on trouve dans le commerce étant très variable, et les caractères extérieurs n’étant pas toujours suffisans pour se fixer sur leur valeur réelle, on doit autant que possible les soumettre à un essai préalable. On pourrait, pour faire cet essai, employer le procédé que l’on suit en grand , mais on le modifie quelquefois en sacrifiant l’économie à la prompte obtention des résultats. C’est dans cette intention que M. Tilloj , pharmacien à Dijon, a publié, dans le Journal de Pharmacie , 1827, un procédé qui paraît remplir le but qu’il s’est proposé. Ce moyen consiste à prendre d’abord sur la masse un échantillon assez volumineux et assez varié pour représenter le plus exactement possible le quinquina que l’on veut essayer. On réduit cet échantillon en poudre grossière , et l’on en prend une once que l’on fait macérer pendant une demi-heure dans douze onces d’alcool à 3o°, à une température de 4o à 5o°. On décante le liquide, on fait une seconde macération en exprimant fortement le marc; on réunit les deux liqueurs, on les filtre, et l’on y verse de l’acétate ou du sous-acétate de plomb , qui pré-
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cipite l’acide quinique et la matière colorante, tandis que la quinine reste en dissolution à l’état d’acétate; on ajoute à la liqueur quelques gouttes d’acide sulfurique pour précipiter le plomb qui pourrait y être en excès, puis on filtre et l’on distille. Il reste de l’acétate ou du sulfate de quinine, selon la quantité d’acide sulfurique employée, plus une matière grasse qui adhère au vase; on décante et l’on y verse de l’ammoniaque , qui précipite à l’instant la quinine; on lave le précipité à l’eau tiède, puis on le reprend par l’eau aiguisée d’acide sulfurique, à laquelle on ajoute une suffisante quantité de noir animal, et l’on obtient ainsi du sulfate de quinine qui, dès la première cristallisation , est en cristaux très blancs. Il faut éviter de mettre trop d’ammoniaque, parce qu’on dissoudrait une portion de quinine. M. Tilloj a obtenu, par ce procédé, neuf grains de sulfate de quinine, d’une once de quinquina. Lorsque l’opération est faite avec soin, et qu’on n’obtient pas de sulfate de quinine, on peut en conclure que le quinquina est de mauvaise qualité. Si l’on opérait en grand, par le procédé ordinaire, on obtiendrait une proportion de quinine
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bien plus considérable; nous avons indiqué dans un tableau à la fin de cet article, quelles sont les quantités de sulfate de quinine ou de cinchonine qu’on peut retirer de 5oo grammes des diverses espèces de quinquinas du commerce.
Quinquina entier épuisé par les acides et réintroduit dans le commerce. M. Chevallier, pharmacien de Paris , a le premier signalé un genre de fraude qui consiste à traiter les quinquinas entiers, par de l’eau acidulée par l’acide hydro-chlorique ou l’acide sulfurique , à les laver ensuite dans une eau ammoniacale, afin de saturer l’acide dont ils peuvent rester imprégnés, à les faire sécher, et à les mélanger avec d’autres quinquinas pour les verser ensuite dans le commerce.
Cette supercherie , qui a été quelque temps mise en pratique, peut cependant être reconnue à divers caractèr es. M. Chevallier, qui a publié une note à ce sujet dans le Journal de Chimie médicale , a remarqué que les quinquinas jaunes , traités par l’eau étendue d’acide sulfurique, devenaient d’une couleur brunâtre; que leur poudre était d’un
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brun foncé, approchant un peu de la couleur du tabac; que leur saveur était moins amère et avait quelque chose de salé ; enfin , qu’on apercevait dans les fissures des traces d’un sel (sulfate d’ammoniaque), facile à distinguer à l’aide d’une loupe.
Dans les quinquinas gris , la couleur brune devient plus intense, les lichens blanchâtres disparaissent, et les écorces acquièrent une saveur salée.
Dans les quinquinas rouges, la couleur devient bien plus intense, et la saveur salée est aussi beaucoup plus prononcée que dans les deux sortes précédentes.
Cette fraude, qui probablement n’est plus en usage, mais que nous avons fait connaître afin d’en éviter le retour, est encore un motif qui doit engager les pharmaciens à essayer les quinquinas qu’ils sont dans l’intention d’acheter.
Tableau des quanti lés de sulfate de quinine et de cinchonine que produisent les diverses especes
de quinquinas.
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RACINE DE GUIMAUVE. M. Blondeau a annoncé dernièrement à la Société de Pharmacie, avoir acheté dans le commerce de la racine de guimauve très belle en apparence, et qu’il a su depuis avoir été blanchie extérieurement par la chaux. Si l’on fait macérer quelques fragmens de cette racine dans l’acide acétique faible pendant i[\ heures, et qu’on essaie la liqueur qui en résulte par l’oxalate d’ammoniaque, elle se trouble et donne lieu à un dépôt grenu facile à reconnaître pour de l’oxalate de chaux.
RAISIN D’OURS. V. Busserole.
RÉSINE DE JALAP. Cette résine drastique s’obtient ordinairement en traitant directement le jalap en poudre grossière par l’alcool à 3a°, distillant les teintures alcooliques, lavant et faisant sécher à une douce chaleur le résidu de la distillation. Ainsi obtenue, elle est d’une couleur brune en masse , d’un brun-rougeâtre dans ses lames minces, d’une
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odeur peu sensible, d’une saveur nauséabonde particulière, très friable, d’une cassure caverneuse, insoluble dans l’éther; sa poudre, qui est d’un jaune clair, excite fortement la toux et réternument.
Cette résine est bien différente de celle que l’on trouve dans le commerce, et qui est toujours en morceaux cylindriques longs d’environ 6 pouces, creux dans le milieu, et renfermant un papier qui sert à mouler la résine quand elle est encore chaude. Cette résine factice, qui est le résultat d’une fraude manifeste qui s’exécute à Marseille, ne contient pas, la plupart du temps 3o à !\o pour cent de résine de jalap. C’est un mélange de résine de gayac, de colophane, de résine d’agaric et d’une petite quantité de résine de jalap. Elle aune couleur brune très foncée, une odeur agréable rappelant celle de la résine de gayac; de la dureté, une cassure nette et lisse.
Outre que les caractères de cette résine factice sont différens de ceux de la résine de jalap pure, il existe plusieurs moyens de se convaincre de cette altération. Le premier consiste à traiter la résine soupçonnée fausse par de l’éther sulfurique. La propriété que
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possède la résine de jalap, de n’être que très peu soluble dans ce véhicule, indique aussitôt, si le soluté est très coloré, que la résine est falsifiée.
M. Planche a conseillé l’emploi de l’acide nitreux, pour s’assurer si la résine de jalap contient de la résine de gayac. On en fait une teinture alcoolique dans laquelle on trempe un linge ou un papier, que l’on expose ensuite à la vapeur nitreuse. Lorsque la résine de jalap est pure, la couleur ne change pas; si elle est mêlée à de la résine de gayac, elle prend aussitôt une teinte bleuâtre.
On conçoit aisément combien doit être différente la manière d’agir de ces deux résines sur l’économie animale, l’une étant violemment purgative , l’autre pour ainsi dire inerte ; aussi tout pharmacien exact doit-il s’abstenir d’acheter de la résine de jalap dans le commerce.
RÉSINE DE LA MECQUE, Baume de la Mecque. Cette résine, qui porte aussi les noms de baume de .Judée , de Giléad, d 'opobalsamum, de baume du Grand- Caire , se retire par incisions et décoction du tronc et des rameaux de Xamjris opobalsamum de L. ,
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petit arbre de Poctandrie monogynie., et de la famille des térébinthacées qui croît naturellement dans la Syrie, la Judée et l’Égypte.
Le baume de la Mecque, qui découle spontanément ou par incisions, est ordinairement réservé pour le Grand-Seigneur et les personnages de haut rang. Celui qui provient de la décoction des rameaux et des feuilles est le seul qui arrive dans le commerce; il est d’une consistance demi-fluide, d’une odeur suave, agréable, qui se rapproche un peu de celle de la sauge et du citron; sa saveur est amère; il est opaque lorsqu’il est récent, acquiert de la transparence et devient d’une consistance plus solide par la vétusté et par son exposition à Pair.
Ce baume nous arrive presque toujours dans des flacons de verre, ou dans des bouteilles de plomb carrées, fermées par un bouchon vissé, et présentant sur leurs deux faces principales des figures et des dessins grotesques. Nous avons eu occasion de voir, en 1820, du baume delà Mecque que M. le Comte de Forbin avait rapporté de son voyage dant le Levant, il possédait tous les caractères que nous avons cités plus haut.
La plupart du temps le baume de la Mecque
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que l’on se procure dans le commerce est mélangé avec de la térébenthine fine , et additionné de quelques gouttes d’huile volatile de citron. Cette sophistiquerie est extrêmement difficile, ou pour mieux dire, impossible à reconnaître par des essais; tous ceux qui ont été indiqués jusqu’à ce jour n’offrent, aucun degré de certitude, et ne méritent pas que l’on s’y arrête. On est donc obligé de s’en rapporter uniquement à l’ensemble des caractères que nous avons cités plus haut. M. Vauquelin , qui a analysé le baume de la Mecque, l’a trouvé formé de deux lésines, l’une soluble dans l’alcool, et l’autre insoluble dans ce menstrue, mais augmentant de volume et devenant glutineuse.
De même que toutes les substances rares et d’un grand prix, la résine de la Mecque a été fort vantée autrefois pour ses vertus médicinales; Pline et Dioscoride lui accordent surtout la propriété merveilleuse de guérir la peste et de neutraliser l’action des poisons. Aujourd’hui on a réduit toutes ces prétendues propriétés à leur juste valeur, aussi le baume de la Mecque est-il rarement employé. Il entre cependant encore dans quelques médicamens, tels que la thériaque, le mithri-
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date, le remède de Pradier contre la goutte, et dans quelques préparations cosmétiques.
RHUBARBES. Ces racines sont produites par des plantes du genre rheum , de l’hexandrie trigynie de L. , delà famille des polygonées , originaires de l’Asie et de la Tartane chinoise , et qui maintenant sont cultivées dans plusieurs contrées de l’Europe. Voici les caractères des deux espèces les plus usitées :
Rhubarbe de Chine. Elle est produite par le rheum palmatum de L. On la trouve dans le commerce en morceaux cylindriques et arrondis plus ou moins gros, percés d’un petit trou , d’une couleur jaune terne à l’extérieur, d’une texture serrée, d’une couleur rougeâtre marbrée de blanc et de jaune à l’intérieur. Son odeur est prononcée et sa saveur amère. Lorsqu’on la mâche, elle croque fortement sous la dent et colore la salive en jaune. Le rheum palmatum croît, suivant Murray , sur une chaîne de montagnes voisines de la Tartarie chinoise.
Rhubarbe de Moscovir. Cette rhubarbe, très rare aujourd’hui dans le commerce, est
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fournie par le rheum undulatum de L. Elle est en morceaux aplatis, irréguliers, anguleux, mondés au vif, et percés de grands trous. Elle est d’une belle couleur jaune à l’extérieur; sa texture est moins compacte que celle de la rhubarbe de Chine; souvent elle est marbrée de rouge sur un fond blanc, d’autrefois de blanc sur un fond rouge; son odeur est analogue à la précédente ; sa saveur est amère et astringente ; elle colore la salive , croque sous la dent et donne une poudre d’un jaune plus vif que la rhubarbe de Chine.
On a cru fort long-temps que la rhubarbe de Moscovie était originaire de cette contrée du Nord, et quelle y était cultivée; mais on sait aujourd’hui qu’elle y est apportée de Chine par des marchands Buchares qui la vendent au gouvernement russe. C’est à Kiachta en Sibérie que les commissaires russes reçoivent la rhubarbe; ils choisissent celle de qualité supérieure, la font nettoyer et monder au vif avant que de la livrer au commerce. Cette rhubarbe porte aussi le nom de rhubarbe de Bucharie ; elle est la plus estimée.
La rhubarbe, lorsqu’elle a été gardée quelque temps, est sujette à être attaquée par les
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insectes ; elle est alors criblée d’une infinité de petits trous , que les droguistes sont dans l’usage de remplir d’une pâte faite avec de la rhubarbe en poudre et un mucilage, et, afin de lui donner un ton de couleur uniforme et de la fraîcheur, ils roulent les morceaux dans de la poudre de belle rhubarbe de Moscovie.
Souvent de la rhubarbe qui paraît saine à l’extérieur est noire et humide dans l’intérieur; on doit donc, lorsqu’on s’approvisionne de cette substance, ne l’acheter que sous la condition de pouvoir casser chaque morceau séparément.
Rhubarbe de France. Rheum raponticwn .
Depuis un certain temps , il s’est formé dans le département du Morbihan un établissement de culture de rhubarbe, connu sous le nom de rhéwnpole , qui , chaque année , en livre au commerce une quantité assez notable. Cette rhubarbe indigène qui, sous le rapport physique, a quelque ressemblance avec les rhubarbes exotiques, en diffère beaucoup par les propriétés médicales. Toutefois, comme quelques marchands peu scrupuleux en mêlent aux rhubarbes étrangères, voici des caractères qui pourront servir à la