‹ Traité des moyens de reconnaître les falsifications des drogues simples et composées, et d'en constater le degré de púretéChapitre 9 sur 100 · AMB · texte numérisé non relu

AMB

agréable, insipide, surnageant l’eau, se fondant à une douce chaleur, d’une cassure conchoïdale, et renfermant souvent dans son intérieur des becs de sèches et des fragmens de coquilles. On rencontre l’ambre gris en morceaux plus ou moins volumineux à la surface de la mer, sur les côtes de Coromandel et de Madagascar, au Chili, au Japon, aux îles du Cap-Vert, etc.

Nous ne relaterons pas ici les nombreuses opinions émises par les naturalistes sur la formation de l’ambre gris; nous dirons seulement que celle de M. Swècliaur , qui tendait à faire considérer l’ambre gris comme l’excrément endurci du cachalot, avait prévalu jusqu’à l’époque où l’analyse de cette substance, faite par MM. Pelletier et Caventou, a autorisé ces deux chimistes à l’envisager comme un véritable calcul biliaire. Le travail intéressant qu’ils ont publié à cet sujet est imprimé dans le Journal de Pharmacie, année 1820.

L’ambre gris étant toujours d’un prix très élevé, est sujet à être falsifié. Quelquefois on le mélange avec de la cire, des résines odorantes et des matières étrangères susceptibles de lui donner l’aspect du bon ambre; mais

ÀMB

cet ambre factice ne se liquéfie pas à la chaleur de l’eau bouillante, sa cassure n’est point écailleuse et son odeur est peu prononcée.

Le bon ambre gris possède encore une propriété qui peut servir à le faire distinguer du factice ; c’est d’ètre facilement traversé par une tige de fer chauffée au rouge, et de laisser exsuder par l’ouverture un liquide huileux d’une odeur très suave et très pénétrante.

L’analyse de l’ambre gris offre les résultats suivans :

Graisse particulière ( ambreine ) . . . 85

Matière balsamique, douce, acidulé, soluble dans l’eau et l’alcool , et qui paraît contenir de l'acide benzol que 2,5

Matière soluble dans l’eau , acide benzoïque et liydro -chlorate de

soude i,5

Perte 1 1

L’ambre gris est employé en Médecine, comme stimulant , antispasmodique et aphrodisiaque; il entre dans la composition de la thériaque céleste, du baume apoplectique, du baume acoustique, etc.; mais son principal usage est polir la parfumerie.

AMM

AMMONIAQUE LIQUIDE, Alcali volatil. L’ammoniaque est un liquide incolore, très volatil , d’une odeur très vive , piquante et pénétrante, qu’on obtient en dissolvant dans l’eau le gaz ammoniac résultant de la décomposition d’un sel ammoniacal par la chaux.

L’ammoniaque liquide a une pesanteur spécifique moindre que celle de l’eau , et d’autant plus faible qu’elle contient une plus grande quantité de gaz ammoniac. Celle du commerce est ordinairementd’une densité de 0,9241, correspondant à 22° de Baume, mais elle peut aller jusqu’à 2 5". Les substances qui peuvent altérerîa pureté de l’ammoniaque sont ordinairement l’acide hydro-chlorique , l’acide sulfurique , et surtout une huile empyreumatique provenant des sels qu’on emploie à sa préparation, lesquels, n’étant pas suffisamment purifiés, retiennent encore une forterproportion de cette huile, qui se trouve entraînée, en partie, par le gaz ammoniac.

La présence de l’huile empyreumatique se reconnaît, lorsqu’elle est en quantité un peu notable, à l’odeur qu’elle communique à l’ammoniaque; mais, comme l’odeur de cette dernière est extrêmement forte, on conçoit

AMM

qu’on 11e pourrait que très difficilement y distinguer rôdeur étrangère. 11 est cependant une manière de faire l’expérience qui réussit assez bien : il faut pour cela étendre un peu d’ammoniaque sur la main , la laisser évaporer, et sentir le résidu qui renferme toute la matière huileuse ; celle-ci , n’étant plus alors masquée par l'odeur pénétrante de l’ammoniaque , devient beaucoup plus facile à distinguer.

On peut également, pour reconnaître la présence de l’huile empyreumatique , ou de toute autre substance organique tenue en dissolution dans l’ammoniaque, employer l’acide sulfurique concentré, qu’on y ajoute goutte à goutte et avec beaucoup de précaution , mais de manière à en mettre un grand excès. Cet excès d’acide réagit sur la matière organique, la charbonne, et colore la liqueur en noir.

Enfin , on peut encore , après avoir seulement saturé l’ammoniaque par l’acide, évaporer le produit à une douce chaleur. Dans le cas où il contiendrait de l’huile empyreumatique , on verrait le sel se colorer sur la fin de l’opération , en même temps qu’il répandrait l’odeur désagréable qui accompagne cette matière.

AMM

La présence de l’acide hydro - chiorique dans l’ammoniaque peut provenir de l’eau dans laquelle on reçoit le gaz ; mais elle est due surtout au muriate d’ammoniaque que l’on emploie à sa préparation , et dont une très petite portion se trouve entraînée par le gaz. On éviterait la présence de ce corps étranger en employant, pour dissoudre l’ammoniaque , de l’eau distillée pure, et lavant convenablement le gaz dans un premier flacon ; mais lorsque , faute d’avoir pris ces précautions, l’ammoniaque contient de l’acide hydro - chiorique, il faut, pour en démontrer la présence, commencer par saturer l’ammoniaque par de l’acide nitrique

pur et en mettre meme un excès ; après quoi l’on y verse quelques gouttes de nitrate l’argent, qui y fait naître un précipité de chlorure d’argent insoluble dans l’acide nitrique. La nécessité de saturer préalablement l’ammoniaque par l’acide nitrique sera facilement sentie , si l’on fait attention que l’ammoniaque redissout avec beaucoup de facilité le chlorure d’argent, et que par conséquent le nitrate d’argent versé dans une liqueur contenant de l’ammoniaque en excès 11e saurait y faire naître de précipité, lors meme qu’elle

68 AMM

contiendrait beaucoup d’acide hydro-chlorique. *

La présence de l’acide sulfurique se reconnaît en versant de l’eau de baryte, ou un sel de baryte, dans l’ammoniaque que l’on veut essayer; mais il est convenable que, de même que dans le cas précédent, la liqueur soit saturée par l’acide nitrique ; car, sans cette précaution , le sel de baryte pourrait souvent occasioner un précipité qui ne serait pas dû à l’acide sulfurique. Il suffirait pour cela que l’ammoniaque fût restée exposée pendant quelque temps à l’air, et en eût absorbé l’acide carbonique; le précipité serait, dans ce cas, du carbonate de baryte, que l’on distinguerait facilement du sulfate, en ce qu’il se dissoudrait avec effervescence dans l’acide nitrique.

Lorsqu’on a de l’ammoniaque impure, on peut toujours la purifier en la redistillant lentement. On la met, à cet effet, dans une cornue ou dans un matras , auxquels on adapte un tube en S et un appareil de Woulf ordinaire; on la chauffe ensuite avec précaution, et l'on reçoit le gaz ammoniac qui se dégage dans un premier flacon qui contient un peu d’ammoniaque concentrée. Le gaz s’y

AMM

lave, s’y débarrasse des substances étrangères qu’il pourrait avoir entraînées et se rend ensuite dans le deuxième flacon, où il se condense dans l’eau pure. On obtient ainsi de l’ammoniaque très pure, avec celle du commerce ; mais comme on ne sépare jamais complètement le gaz ammoniac de l’eau avec laquelle il était primitivement combiné, d’autant plus que l’on est obligé de ne pas chauffer trop fortement , il s’ensuit que ce procédé, tout coinmode qu’il est, ne doit être employé que lorsqu’on est pressé, ou qu’on n’a pas sous la main les substances nécessaires à la préparation de l’ammoniaque.

Nous joignons ici un tableau de la force réelle de l’ammoniaque liquide à diverses densités , c’est-à-dire de la quantité de gaz ammoniac contenue dans ioo parties de dissolution. On pourra, à l’aide de ce tableau, déterminer la quantité réelle d’alcali contenue dans un poids ou dans un volume quelconque d’ammoniaque liquide, marquant un degré connu à l’aréomètre. Supposons que l’on ait 5o litres d’ammoniaque liquide à 2 5° ; on voit, à l’inspection du tableau, que l’on aura en poids 5oXo,qo54 ^ 45kl,°8 ,27 , -qui

ANG

contiendront 45kilos ,27 X 0,9-54= 1 ikllü°',5o de gaz ammoniac.

Tableau de la quantité de gaz ammoniac contenue dam V ammoniaque liquide à diverses densités , exprimée en millièmes du poids de la solution , d’après Humphrjr Davj.

ANGUSTURES. On comprend sons ce nom deux substances extrêmement différentes, et qu’il importe de savoir bien distinguer, non qu’on les donne à dessein l’une pour l’autre, mais parce qu’il arrive quelquefois qu’elles se trouvent mêlées fortuitement, à cause de leur ressemblance d’aspect et de nom, et que cette méprise pourrait être suivie des acci-

Page 1