‹ Traité des névrosesChapitre 14 sur 89 · NÉVRALGIE DORSO-INTERCOSTALE · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE DORSO-INTERCOSTALE

l dès lors une mémo rausc peut les affecter dans leur ensemble; nous onnaissons, en outre, plus d'un exemple où la douleur apparaît dans un point fort éloijrné de relui qui correspond en apparence au lieu d'armêo du nerf centripète, c'est-à-dire du point où semble aboutir Timprt^sion périphérique; ne venons-nous pas d'invoquer tout à l'heure interne cette particularité pour rendre raison du siège inégalement •'•le\é qn'aiTecte, suivant les cas, la névralgie intercostale d'origine ;,a<trique?

C. Les troubles de Indigestion et ceux des fonctions utéro-ovariennes, >'accompagnent très-souvent d'un état de faiblesse ircitable (état nerveux, hystérie, chloro-anémie) qui favorise à un haut degré la manifesl;ilion de douleurs névralgiques dans divers(»s parties du corps. Cette (oodilion de Tensemble vivant domine les états morbides lo<'aux, et (ODcourt sans doute puissamment avec eux à la production des névralgies intercostales ; on peut l'envisager comme la cause prédispo- >anle générale et n'attribuer aux souiïnmces de tel ou tel oi*gane que la seule détermination du siège des douleurs sympathiques.

Huant au point de coté, symptôme de la pleurésie, de la pneumonie, •Ift la péricardite, il ne serait certes pas diflicile de s'en rendre compte |wr les connexions des nerfs ganglionnaires que reçoivent ces organes avpc les nerfs des parois du thorax, au travers du centre rachidien; mais il faudrait d'abord que la nature névralgique et le caractère sym- [)alhique de ces douleurs fussent bien démontrés, et que Ton fût autorisé à négliger les lésions inflammatoires du nerf endolori ou des tissus qui l'avoisinent. Pour l'interprétation de la névralgie intercostale, cellelà bien positive, qui accompagne quelquefois l'angine de poitrine, nous y insisterons en parlan! de cett3 dernière maladie. (Voy. aussi Tarticle Irritation spinale.)

Diagnostic. — r Au début d'une inflammation aiguè des organes pectoraux, alors qu'avec des signes physiques nuls ou à peine marqués, il existe une douleur vive dans l'un des côtés de la poitrine, on pourrait croire à l'existence d'une simple névralgie intercostale. Mais en t'oostatant un mouvement fébrile, divers troubles fonctionnels, l'ali- >»*nce de foyers douloureux occupant des régions déterminées, on évitera Terreur qui bientôt, du reste, deviendrait impossible, la percussion de l'auscultation venant éclairer le diagnosti<'. — De même, si l'on rencontre un point douloureux dans la paroi abdominale, il faudra se souvenir du trajet très-oblique affecté par les nerfs intercostaux inférieurs, et si l'on joint a la constat«ition de la névralgie l'examen physique et fonctionnel des organes abdominaux, on évitera encore la méprise assez commune qui consiste à prendre de semblables douleurs pour le signe de quelque inflammation viscérale, d'un phlegmon, etc.

124 NÉVROSES DE LA SENSIlilLlTÉ.

2° La difficulté est plus grande lorsqu'il s'agit de distinguer la névralgie qui nous occupe de certaines douleurs occupant les musrios intercostaux et appartenant tantôt au rhumatisme des parois thorariques, tantôt à une névralgie musculaire, sur laquelle Briquet a altin'' l'attention en la signalant comme très-fréquente dans l'hystérie. Voit i d'abord à l'aide de quels signes Valleix dislingue la névralgie intercostale du rhumatisme des parois thoraciqaes.

« Ce rhumatisme peut exister dans différents points où il nous importe de l'étudier séparénient. Lorsqu'il a son siège dans les parties latérales et vers le tiers moyen de la courbure des côtes, on lui donnf plus particulièrement le nom de pleurodynie. J'ai eu rarement l'occasion d'observer des cas semblables, ce qui tient surtout à ce que la plupart de ces pleurodynies ne sont autre chose que des névralgies intercostales. Lorscpie la douleur peut èlre rapportée au rhumatisme musculaire, elle occupe un espace plus étendu, mal circonscrit. La douleur à la pression est, en général, moins vive, et l'on ne trouve pas les points limités dont j'ai parlé. Dans aucun cas, on ne constate une douleur siégeant uniquement dans deux points situés à une dislanntrès-grande l'une de l'autre, connue dans la névralgie dorso-intercostale. Lorsque le rhumatisme est violent, la douleur est moins vive à la pression que dans les mouvements du tronc et dans les efforts de la toux, ce qui n'a pas lieu dans la névralgie. (Juant aux élancements, ils n'ont pas de caractère distinctif bien tranché, et c'est ce qui cxpliqui* comment, en négligeant l'examen direct des jiarois de la poitrine, on a pu commettre de nombreuses erreurs. — Ouand le rhumatisme est situé à la région dorsale, la distinction peut être un pr'u difficile. On sait en effet que les muscles trapèze et rhomboïde vicuinent s'insérer, l'un à toutes les apophyses épineuses de cette région, l'autre aux premières seulement, et comme dans les cas de rhumatisme musculaire, c'est souvent aux attaches des muscles que la douleur se fait sentir aver le plus de force, il s'ensuit qu'un observateur peu attentif pourrait s'y méprendre. Mais dans les cas de ce genre qui se sont présentés à moi, j'ai distingué le rhumatisme aux signes suivants : lorsque la douleur siégeait uniquement dans le trapèze, on trouvait une sensibilité augmentée, non-seulement vers les apophyses épineuses dorsales, mais encore le long du ligament cervical. Les attaches supérieures du trapèze à l'occipital étaient douloureuses à la pression, ainsi que celles qui fixent ce muscle à l'épine de l'omoplate. De plus, il y avait une douleur marquée, quoique moins forte, dans l'intervalle de ces points, et ci* qu'il importe de noter, c'est qu'à la région .dorsah^ la sensibilité morbide n'était pas plus vive que dans l'intervalle des vertèbres et en dehor> des apophyses é[)ineuses que sur ces apojdiyses elles-mêmes. Les élancements se faisaient sentir dans le cou. Lorsque le rhumatisme alTecle

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prioripalemcnl le muscle rhomboïde, la douleur orrupe la partie inférieiiredu li<?anient ceniral et les premières apophyses épineuses dorsales, mais elle a les earartères que je viens d^indiquer. On trouve en outre le long du bord spinal de Tomoplate une douleur de même nalure qui en ocrupe toulc la hauteur, et en pressant sur la surface du muselé, on détermine une douleur ordinairement peu vive. Les élaneeimnis dans un cas montaient de la poitrine vers Tépaule en passant sur l'omoplate, direction bien différente de celle des élancements névraipi* *pies. Mais la plus vive douleur dans tous ces cas de rhumatisme se fait sentir dans les mouvements qui nécessitent la contraction des muscles malades, et cette douleur acquiert son summum d^intensité lorsque le sujVl change brusquement de position. Il est presque inutile de faire voir combien la névralgie dorso-intercostale diffère de ces douleurs musculaires : siège plus limité et tout à fait différent; points douloureux circonscrits et disséminés dans un long espace vur le trajet d'un nerf; élancements parcourant souvent le même ti*ajet; douleurs beaucoup moins vives dans les mouvements de la tète et des membres, tels sont les signes qui distinguent la névralgie. On peut en outre op* poser le succès des émissions sanguines locales et la promptitude avec laquelle le rhumatisme disparait quelquefois spontanément en peu d<* jours, au peu d'avantages que l'on retire du même traitement contre la névralgie et à l'opiniâtreté avec laquelle cette maladie pei'siste souvent. >

Les déUiils du diagnostii^ différentiel qui précèdent nous ont paru (fautant plus intéressants qu'ils renferment en abrégé l'histoire généralement assez peu connue du rhumatisme musculaire, et qu'on peut en faire l'application i\ l'étude d'autres maladies caractérisées également par le seul endolorissement des muscles. Dans son traité de V hystérie M. Briquet animie que la névralgie intercostale vraie, contrairement a ropinion reçue, est très-rare dans l'hystérie, et que les douleurs si fré- (juemnfîent obsenées chez les sujets névropathiques ont presque toutes leur siège dans les muscles eux-mêmes. Cette viyosalgie ou myodynie peut occuper tous les muscles du corps, elle prédomine souvent dans •*eux des parois Ihoraciques et abdominales; de la, production de rafhialgies, de pleuralgies^ (Vépigastralgies, que l'on prend trop facileiuent pour les trois points d*.' la névralgie intercosLile. Il appartient aux <iWn'ations à venir de fixer la science sur ce point intéressant, et de (léterminer surtout quel degré d'importance il convient d'attacher à la distinction entre la névralgie intercostale et cette myosalgie ; peut-être n'y a-t-il entre elles d'autre différence que celle qui sépare l'affection <les filets cutanés de l'affection des filets musculaires des mêmes nerfs intercostaux. Il nous suffit pour le moment de faire remarquer que les caractères indiqués ci-dessus, et notamment la présence de points dou-

I;j fi-'.rj!;:!»' iijî«'r«'^»-î:i'»r rt d'i i}::;i;ij1>lk' l*.';-- \! ■■•i-. M. I»ri«ni«'t hVH'I^k. <rn ri:jîi.^. une iiii[»'i!î;jri«>^ jijiii* ij!i»-i»? iri >:^c»' Mi'vanl : l«tr<q'j'i»n oi<'»t»' la ^njv'ili* i** «lu inu^lc, en îa ;:r.it! •!.» j. -ur a»rî>i liir»» avtr rextn'ripl»' «Je?? JoV^-. *an- »-v''r«*-r un»* pr-'-^i-n «ai-r»!»' •l\ïU»*r au di!j. on r*''\e>lle la d'»u!»:ur «jui r»«iU|»e I»' i\>^\i <!.aiDU. * iD'1'> iju'il laudrail :îy\t'\\f'r |M-au«''«iiîi j^lu-^ i'n'''i';.'î«ju»*i!i»*nt jwmii* qu'un hoiiil «I»* nt'vra];,Mf <Je\îril fnanif»'-U*.

.') L'anfjine *fe p'Ahih»^ n»- iMjuiniiî jr'i*'*r»' •'!!'• c Lf-'C-lut^ avi^r un»* rinijile n«'vra!î:u.' <l»"i nt-if^ intHirii^i;iux. IhU'^ la j»:'-nii» re. la d«»ul.'iu qui >'»Hen.'l ^ouxent au ii'^-mluv <uji»'rieur. a{»]iai'ait ^^'is la fonne d'arri'i* irn*î:uli»'i*>. ne dunuil nidinaiivîii»Mil j»a> jilus duri quarl d'heur»*, sunenant prvsque toujours pendant laniaivhe sur un t»*rni>n iurj-'al ou dans de jrnmds elToiis et a«"om[ja;:n«''S dune ;in|:tûs<»» If! le, hifn qih* la respiration ne ]u«'»^^'nt'' pa> de IrouMt* apparent, que |.»< malades <«• croient sur le point d'être suffoqués ; autant d»* raraelrres (|ui appartiennent en propre â «elle maladie. Mais ce qu'il iuipoiie de sij:naler, c'est nioin> la diffi''r»'nc«' rntîc Tanirine de ]Miitrine et la ni'vndjiie con- >id<''r«'e à Tétat d'isolement, que la coïncidence réelle d'une uévnil;:»"' int/'rco>tale et eervico-bnuliiale avec certains eas d'aniriue de poilrin»-; >i alors on n'eonnaîl s«*uleiiienl la névral^'ie des parois, on |>orte un diagno>tic non point eiron»», mais essentielltMuent incomplfi.

4" La rachialfjie symptomalique des maladies de la moelle et de >•'envelo[qM.*s (y eouquis l'enveloppe osseuse), s'accompai:iie souvent (!«• douleur> en ceinture, H ee sont là de véritiddes névraljries, quoi qu'on en ait dit ; mais il y a pour le praticien un jrrand intérêt à établir si ell«'< dépendent d'une altération matérielle du centre spinal ou si elles tii sont indépendantes : il y [)arviendra en considérant les symnlom(»s concomitants, fébrile<, convulsifs, paralytiques, qui manquent dans la nrvral;rie intercostale simple, et d'autre part, en étudiant la douleur en elle-même : dans les alVertions rarliidiennes, elle se montre des d«Mi\ côtés à la fois et avee une intensité é|ralc, la pression sur l<»s nerfs n'«'M (généralement pas douloureuse, et ne Test surtout pas dans les tn>is régions qui constituent les foyers de la névralgie ordinaire. — Ix^ mêmes considérations serviront de fruidc dans le diagnostic des douleurs produites par la carie des vertèbres ou des cotes, par le cancer ei Fulcère simple de Teslomac, par certains anévrysmes de Taorte, loi^qn»* ces douleurs s'étendent aux nerfs intercostaux; ([uant à la douleur lociile qui existe en pareil <as au niveau des vertèbres, deTestomac, i*l<., elle diffère assez d'un point névralgique pour qu'avec un peu d'attention on parvienne toujours à l'en distinguer.

.V bans la maladie décrite sous le nom d'inilation .s/>//u(/e, on constate une douleur vive spontanée ou provoquée par la pression, soit au

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sommet des apophyses épineuses, soit dans l'une dos poutliêns v(»rlrliraJes, le plus souvent à gauche; c'est encore une douleur nr»vral;i:iqnc, 4H tout le problème consiste à établir la relation entre ce symplomi* ^louloureux et l'ensemble des phénomènes morbides. Nous cxinninclons ce sujet dans l'article consacré à l'irritation spinale.

Pronostic. — Il est presque toujours sans gravité, ou n'i»n a d'autre, /{iiand la névralgie est symptomatique, que celle empruntée aux aiïrcl'ons viscérales dont la douleur est la conséquence. Cependant la lon^ni duivc du mal, son intensité quelquefois considérable et qui augmcnt avfvsoD ancienneté, la fréquence des récidives, ne laissent pa*^ que di* rondre cette névralgie très-pénible. Est-elle liée h des affections viscérales graves, coïncide-t-elle avec des névralgies disséminé«»s dans -^i'aiitres points du corps, est-elle enfin devenue, en qu(»lqu<» sorte, ^cmslilntionnelle à force de se répéter, sa guérison devient d'autant plusdiflicile.

Traitement. — i* Supposons que l'on se trouve en prést»nn» d'une névralgie intercostale simple, sans relation évidente avec aucun autre élat morbide général et local; un traitement dirigé contre la «louleur peut alors suflire. Il est d'expérience que les déplétions sanguines loales restent généralement sans effet dans celte névralgie, et que la quinine, même dans les cas exceptionnels où Ton observe une sorte de périodicité, ne donne guère de résultats satisfaisants. L'usage di^s lopi- <|nes, narcotiques, chloroforme, etc., l'électricité, Tadminislralion des <»l)iacés à l'intérieur, ont été essayés avec des résultats varia!)les; le seul moyen (dit Valleix) qui ait pour lui jusqu'à présent la sanction de TexfH'rience, et qui se recommande par des succès nond)reu\ et rapidt»s, <'esl l'emploi des vésicatoires volants disséminés sur les divers points; <m peut y joindre des pansements {ivec la morphine.

On recommande aux malades d'éviter les refroidissements, de se rouvrir la poitrine de flanelle, etc.

i" Mais bien souvent la névralgie n'est que le retentissement d'un état morbide viscéral et l'effet d'une condition pathologique de l'économie •nlière, et c'est là ce qui mérite l'attention du médecin bien plus ent^onî [Uf^ la douleur elle-même. La fréquente coïncidence de la névralgie qui nous occupe avec différentes formes de dyspepsie conduit à l'usnge des moyens hygiéniques et pharmîiceutiques que réclament cet éial des voies digcstives et l'anémie coïncidante. Le succès des ferrtmintMix et ^i»'^ toniques dans la névralgie intercostale ne s'explique pas autrement. ^Jnanlaux détails de la médication, ils sont consignés aux artiele^ dyspepsie, gastralgie, état nerveux, etc.

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