‹ Traité des névrosesChapitre 23 sur 89 · SONNEMENT PAR LE PLOMB · texte numérisé non relu

SONNEMENT PAR LE PLOMB

Confondue par un j^rand nombre d'auteurs, sous le nom de gaslroenléralgie, avec la maladie dont Thisloire prérède, rhypereslhésie des nerfs sensitifs de Tinleslin grêle et du p:ros intestin, présente en eiïel avec la névraljrie de l'estomac des coïncidences Irès-fréquentes et une analcipie des plus complètes.

Ses SYMPTÔMES ont élé décrits par Romberg avec une remarquable exactitude sous le titre de névralgie mésentériqiie : douleur irradiant de Tombilic au resle de l'abdomen, revenant par accès et s'apaisanl par întTvalles; déchirante, contusive, pressive, plus souvent tormincuse, précédée et accompagnée d'une sensation toute particulière de malaise, d'anéantissement; le malade s'agite, cherche à se soulager en changeant de position, en comprimant l'abdomen; la température des mains, (le< pieds est abaissée; la figure est contractée, les sourcils se froncent, !♦*> lèvres pincées trahissent la douleur. Petitesse et dureté du pouls; tension des parois abdominales qui sont ballonnées ou rétractées; souvent nausées, vomissements, ischurie et stranjîurie; quelquefois ténesme rectal. La constipation accompagne ordinairement cet étal, plus rarement les évacuations sont naturelles ou augmentées. Vn accès de ce genre dure depuis quelques minutes jusqu'à plusieurs heures, avec des répits passagers.

Le retour des accès a lieu souvent sous rinfluence de causes ina|)pn'»eiables; d'autres fois, ce sont des émotions morales, la fatigue, qui les occîisionnent. L'ingestion des aliments ne les provoque pas immédiatement, mais dans le cours de la digestion, et loivsque les matières commencent à pénétrer dans Tinteslin, l'exacei^bation a lieu et la souffranef devient parfois atroce.

La MARCHE, la DURÉE, la TERMINAISON ne diffèi^enl pas notablement de ce qu'elles sont dans la gastralgie.

Parmi les complications, en outre de celles indiquées à propos d»* cette dernière maladie, nous mentionnerons seulement Yiléus aenrti.r dont l'analogie symptomatique avec un obstacle matériel au coui^ tl'^ matières a été certainement admise sur des témoignages insuflisants : tout se borne le plus souvent à une constriction douloureuse res<»'nti«' par le malade dans un point du ventre, avec rétention plus ou moin> persistante des matièr(»s et des llatuosités, plus des nausées et des vomissements alimentaires ou muqueux.

ENTÉRALGIE. 199

les CAUSES sont toutes celles de la gastralgie. [Ccpeadant, il ft«ut ajouter que rentéralgie est la forme la plus fréquente des manifestations digestives du rhumatisme abarticulaire. M. Leclère a même décrit trois formes d'entéralgie rhumatismale qui sont absolument semblables h <:elles que nous avons décrites pour la gastralgie arthritique.]

Nous ne dirions rien de la physiologie pathologique, qui se confond <5pilement avec celle de la gastralgie, si une erreur échappée à l'un des maîtres de la science contemporaine ne nous paraissait pas mériter ici une courte réfutation. D'après cet auteur, la seule partie sensible de l'intestin serait le côlon et le rectum animés en partie par les nerfs qui proviennent du plexus sacré ; l'intestin grêle ne recevant que des filets émanés des ganglions sympathiques serait, au contraire, dénué de toute sonsibililé (1); de là, par une conséquence naturelle, la localisation de toute douleur intestinale dans la portion située au deià de la valvule iléo- < iTcale. Cette opinion, non-seulement repose sur une idée inexacte des attributions du nerf trisplanchnique en général, mais encore, à ne considérer que le fait particulier de la sensibilité des intestins, elle est en contradiction aver* l'anatomie, la physiologie et la pathologie de ces or- ?anes. Ainsi, rien de moins réel que les prétendus nerfs sacrés ascendants qui iraient se prolongeant jusqu'au côlon; rien de plus arbitraire que cette distinction entre le gros intestin (la portion terminale excepté»^) et l'intestin grêle, au point de vue de leur sensibilité normale : l'un H l'autre en possèdent une également obtuse, mais également évid»*nte; ^nfin, dans l'ordre pathologique, quoi de mieux prouvé que l'i^xistence de Yenterodynie dans des régions du ventre non occupées par le gros intestin? On pourrait, pour surcroît de preuve, citer les douleurs de l'entérite de l'intestin grêle non étendue au côlon ; les invaginations et les •HrangiemenLs du même intestin grêle si souvent accompagnées de vives î^ouflVances (i).

Le DIAGNOSTIC peut présenter quelques difficultés. Si une entérite ne peut guère être confondue avec une cnteralgie^ il n'en est pas de même des maladies douloureuses occupant les parois abdominales. Cependant ^^ rhumatisme de ces parois se reconnaîtra à la continuité de la douleur, à J^on siège superficiel, à l'absence des tortillements propres A la colique, aux exaspérations provoquées par certains mouvements ou par certaines altitudes nécessitant la contraction ou l'allongement des iiuisrh's affectés.

La myosalgie hystérique des parois abdominales se distingue de Tc^nléralgie par des caractères analogues; de plus elle offre cela do parlicu-

'li Traité de nosographie médicale de Bouillaud, t. lU, p. 511, 0%. '-) Voyoï à ce sujet rexcellonl Inivail d* BesnÎT : D'S étranglements internes df l'intestin, ^8G0,p. 189, 251.

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lior qu'on la iTveilIc par le pralleiiient superficiel du musrle endolori, et qu'elle peut êfrc instantanément éteinte par la faradisation (Briquet).

Dans la névralg:ie/o7Hfco-at;rfo?nîm/fcladouleurestquelquef()is excessive elle revient par excès ; les poinls qu'elle occupe sont situés à riiypof^astre, aux flancs : voilà de nombreuses causes d'erreur. On reconnaîtra cej)endant les deux affections aux sig:nes suivants : dans l'entéralf^ie la pression n'est pas douloureuse ou Test à peine; dans la névralgie lombo-aljdominale, au contraire, outre les points hyposgastrique, inguinal, etc., on trouvera les points lomlxiires et iliaques où la pression occasionne de vives douleurs.

La colique hépatique et la colique néphrétique ont un siège difTérent de l'entéralgie et s'accompagnent d'ailleurs de plusieurs symptômes tout à fait caractéristiques.

Une partie du diagnostic plus importante encore est la détermination de la cause qui a donné lieu à l'entéralgie : c'est seulement par examen approfondi des antécédents et de l'état actuel qu'on pourra y arriver; car l'entéralgie peut être idiopalhique; elle peut se rattacher à une maladie locale (de l'utérus et de l'ovaire par exemple); elle peut être liée à l'hystérie, à l'état neneux, à l'intoxication par le plomb. Remarquons, au sujet de celle dernière affection, combien on est quelquefois embarrassé pour reconnaître l'entéralgie saturnine. Pour le prouvei* ne suHilil pas de rappeler les doutes qui ont subsisté si longtemps sur la nature de la maladie ai)pelée col iqtœ nerveuse, colique sèchey végétale, des pays cliaudSy etc.? Aujourd'hui l'origine saturnine de celle affection paraît être définitivement établie, grâce aux patientes investigations de M. Lefêvre(l).

Le PRONOSTIC de l'entéralgie» n'(»st autre que celui de la gastralgie, et moins grave encore, puisque le siège de la maladie produit un obstacle moins immédiat à la digestion et à l'assimilation.

Quant au traitement, il ne diflère pas semsiblement de celui de In gastralgie aiguë ou chronique, si ce n'est par l'efficacité plus grande des médicaments administrés sous forme de lavements, etc.

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