C. — VISCÉRALGIES DES VOIES RESPIRATOIRES ET CIRCULATOIRES
C'est une des erreurs, en bien petit nombre, échappées à rimmortel inventeur de l'auscultation, d'avoir admis l'existence fréquente d'une névralgie pulmonaire. « Il n'est pas rare, dit Laennec (:2), de trouver des sujets qui, sans présenter aucun signe physique ou autre d'une maladie organique quelconque du poumon, et souvent avec une santé florissante d'ailleurs, éprouvent dans l'intérieur de la poitrine des douleurs vives, quelquefois même très-aiguës, passagères ou de longue durée, intermittentes ou continues. La douleur est tantôt bornée à un point, tantôt étendue, tantôt fixe, tantôt mobile; quelquefois elle se répand par moments dans les parois de la poitrine et les parties environnanres, en suivant le trajet des nerfs intercostaux, des nerfs thoraciques antérieurs, du plexus brachial et des diverses branches qui en naissent. Assez souvent ces douleurs se fixent profondément entre la colonne épinière et l'omoplate, et s'irradient de manière à faire croire qu'elles ont leur siège dans le grand sympathique. » « Il me semble, ajoute l'illustre pathologiste, qu'aux caractères de ces douleui*s on ne peut guère méconnaître des névralgies, affections dont le siège est bien certainement dans les nerfs, puisqu'elles en suivent le trajet. » Cela »*st incontestable ; seulement on peut se demander, après avoir pris ronnaissance du passage que nous venons de reproduire, si la névrilgie intercostale, aujourd'hui mieux connue, ne donne pas l'explication satisfaisante des symptômes attribués à cette prétendue névralgie pulmonaire. Que penser dès lors de la recommandation faite par Laennec de ne pas confondre les douleurs névralgiques du poumon avec « le^i douleurs du dos, si communes chez les femmes délicates attaquées de leucorrhée. » Une pareille confusion nous paraît au contraire tout à fait légitime. — Les moyens indiqués par l'auteur comme particulièrement utiles contre ces affections douloureuses de la poitrine sont les frictions
(1) N. Tulpii, Observationes medieœ. Amstclod., 185^, lib. Il, ob. IX: Morbut comilialu « splene.
{i) Traité de Vauscultation médiate, 4« éd., t. If, p. 36'>.
NÉPURALGIE. ^7
mercurieiles, quelquefois les balsamiques, Tapplication des plaques aimanlées, les vésicatoires.
La névralgie da cœar est regardée par Laennec comme identique d^ecïangine de poitrine (1). Les opinions étant partagées à cel égard, oousnoQS réservons de les discuter plus loin, à propos de cette dernière affection.
Sous le nom de néyralgies artérielles Laennec décrit € des douleui's plus ou moins vives, continues ou intermittentes, qui suivent ffuelquefois le trajet des artères, et paraissent avoir leur siège dans le laris nerveux foomi à ces vaisseaux par le système ganglionnaii*e. Ces douleurs sont en général moins aiguës que celles qui ont leur siège dans les nerfs provenant du cerveau ou de la moelle épiniére. Elles ont parliculièrement lieu chez les hypochondriaques et les femmes hystériques (3). » Nous n'insisterons pas davantage sur ces névralgies; la des- I riptioQ qui procède est évidemment insuflisante pour en fixer les caraclères et même pour en prouver la réalité.