FEMME ADULTE SAINE
Joue, partie moyenne verticalement 4
I paume longitudinalement S .
I face antérieure — 16
Avanl-bras. partie moyenne. { ^^^^ postérieur - 18
Avec ces données, et h l'aide du compas de Wcbcr, ou plutôt avec 1(:> îGSthésiomètres de Ogle, de Londres (1), de Sieveking(2), de Bro>Mi-Sequard (3), de Liégeois (4), ou mieux encore avec rœsthésiomclre à pointes isolantes de M. Manouvriez (5), il est dès lors possible de constater les troubles de la sensibilité qui ne seraient pas certainement appréciables par les moyens ordinaires. On peut aussi évaluer trèsnettement une simple diminution de la sensibilité t-actile, et on évite Terreur qui consiste à confondre une hypcresthésie du côté oppos/* (Manouvriez).
Mais, pour se servir de cet instrument, il est nécessaire de prendre les précautions suivantes bien indiquées par les auteurs :
Les deux pointes doivent toucher la peau simultanément et exercer uue pression égale sur elle ;
Elles doivent être appliquées parallèlement à la direction des filets nerveux cutanés (aux membres, longitudinalement par rapport à leur axe; au tronc, parallèlement aux côtes; à la face, sur la joue suivant une ligne allant du trou auditif externe à la commissure latérale correspondante) ;
Le contact des pointes avec la peau doit être de courte durée, afin que l'on ne soit pas exposé à peser plus sur l'une que sur l'autre;
Il ne faut pas répéter les applications de l'icsthésiomètre sur un même point de la peau, parce que la sensation du contact précédent peut durer environ une demi-minute et modifier ainsi les résultats de Texprience ;
Enfin, les pointes du compas doivent être sufTisamment émoussces, parce que la douleur perçue par une piqûre peut changer les conditions de la sensibilité tactile.
Cet instrument permet d'évaluer non-seulement le degré de Tinsensibilité, mais aussi le retard des sensations. Ainsi, quand l'aneslhésîc e>t considérable, on peut appliquer l'une après l'autre les deux pointes et ne donner cependant que la sensation d'une pointe. C'est ainsi que Brovu-
(1) Ogle. Voyez Comptes rendus de la Soc. de biologie, 1819, vol. h', p. 16i. (i) Sieveking (Britisch and foreign méd. chir, Review, 1858, p. â80). (3) Brown-Sequard (Joum. de phys. 1858}. (i) Liégeois (Gai. hebd. 1868).
(5) Arch. de phys., 187G, p. 7G0.
AN£STHÉS1£ CUTANÉE. 397
Sequard a pu observer un malade qui ne sentait qu'une pointe, même quand un intenalle de 40 à 50 secondes existait entre inapplication d'imepoiate et celle de la seconde (1). Le même auteur fait remarquer que certains médicaments peuvent faire varier Tclat de la sensibilité cutanée ; c'est ainsi que la strychnine augmente la sensibilité tactile, tandisque ia belladone la diminue (i).
Les divei^s sDsthésiomètres que nous venons d*énumérer servent donc i mesurer la sensibilité tactile. On peut apprécier la thermo-aesthésie à l'aide d un instrument composé de deux tubes munis d*un petit thermomètre gradué, par exemple, entre 0 et 60", et maintenus à un écartement ieS5 millimètres environ. Dans ces deux tube s on verse de Feau à une température différente, et cela étant fait, on applique ce thermo*œsthcsiomètre sur les parties du corps dont on veut évaluer la sensibilité thermique (.1). A Taide de cet instrument, iM. Daniel Molliore est arrivé à formuler ceilaines conclusions dont voici les trois plus importantes : l' La plus faible différence de degrés que puisse percevoir Thomme adulte sain est d'environ 10° centigrades aux environs de la température ambiante et de la température de la peau ;
'? La sensibilité à la température semble augmenter avec Tétat d*ané* mie du membre exploré, et diminuer avec Tétat de réplélion des veines d'une région, et l'élévation de la température centrale ;
â' Parmi les régions où cette sensibilité est plus développée, il faut ritenà la face, les paupières supérieures et la lèvre supérieure; à Tavant-bras, le bord radial vers sa partie supérieure.
Pour constater Fanesthésie cutanée, on peut également se servir de reicitalion par le courant électrique^ en prenant la précaution de ne pas employer les excitateurs humides, mais bien des réophores métalliques, et après avoir eu soin de recouvrir la peau d'une substance pulvérulente. Ce moyen permet d'établir le diagnostic entre l'anesthésie de la peau et celle des muscles. Nous y reviendrons plus loin.
b. La valeur de Tanesthe^ie au point de vue sémiologiquc ne saurait être déduite de la seule étude du phénomène en lui-même. Quelquefois,
(1) BrowQ-Sequard, arUcIe JlsTBésiOMÈTiiE in Dici. encyc. des te. méd., 1865, t. II, p. 49.
<ij II faul se rappeler aussi que, dans certains cas bien délernûnés par Brown-Sequard, chez des malades présentant, sans aucane altération de Tinte Uipence, des signes de congestion, oa d'inflammation, OQ de lumcar ayant produit une congestion inflammatoire /base de i'eooéphale, pédoncules cérébraux, moitié latérale de la protubérance annulaire), on peut déterminer la sensation de deux points quand une seule est appliquée, et de trois points quand on n'en applique que deux. Ce singulier trouble de la sensibilité pourrait être expliqué par la production dans les centres nerveux de ceUuies nouvelles en rapport avec d'anciennes fibres (Brown-Sequard, Note sur une alUraiUm tpédaU de la ietuibUiié tactile daiu certaine$ affec* iiOM dit la hâte de t encéphale (Arch. de phij»., 1868, p. 461).
(3) D. HoUicre, Note mut la tetuUnliié aux températurei, obtervée à Vaide d'un nouvel oppcreU (Lyon mêdtcoi, 18G9, p. 151 et 229).
il est vrai, ce phénomène présente des particularités qui mettent sur la voie du diagnostic : c'est ainsi, par exemple, qu'une anesthésie complète et profonde appartient plutôt à l'hystérie, à l'intoxication saturnine qu'à l'état nerveux simple ; c'est ainsi que la généralité et la mobilité de l'anesthésie éloignent l'idée d'une lésion matérielle, tandis que son siège exactement limité à la distribution d'un nerf et sa longue persistance dans un môme point, devront faire soupçonner quelque altération anatomique, etc. Mais, nous le répétons, le plus souvent ces donnée^ fournies par l'anesthésie auront besoin d'être contrôlées par l'étude de> phénomènes concomitants pris dans leur ensemble.
[Dans riiémianesthésie hystérique avec hémiplégie motrice, les symptômes sont à peu près les mômes que dans Thémianesthésie cérébi^ale : dans les deux cas, en effet, paralysie motrice d'une des moitiés du corps, hémiancsthésie sensitive et sensorielle, etc. Sans doute, l'hémiplégie hystérique survenant après de violentes attaques de nerfs pouiTa, par cp fait môme, ôtre facilement reconnue; mais parfois môme elle p^ul survenir pendant le sommeil, sans avoir été précédée de symptômes nerveux qui toujours mettent sur la voie du diagnostic. Alors il existe de< caractères de la paralysie motrice que l'on ne doit pas perdre de vue : cette paralysie affecte le plus souvent le membre inférieur et n'envahit que secondairement le membre supérieur qui est ordinairement moin< atteint; il n'y a jamais d'akinésie faciale, et la langue n'est pas déviée: la paralysie existe le plus souvent à gauche; et dans tous les cas, l'hémianesthésie, qu'elle siège à droite ou à gauche, est toujours accompagnée d'une hyperesthésie ovarienne occupant le côté affecté; enlin. les tissus anesthésiés sont le siège d'une anémie telle qu'on peut ]*-> traverser avec une épingle sans Iliire sourdre une goutte de sang.
Ce qui caractérise encore les anesthésiés hystériques — qu'elles soient étendues à toute une moitié du corps, ou qu'elles existent d'une fa<.on diffuse et irrégulière — c'est leur extrême mobilité, leur variabili^*" d'un moment à l'autre; c'est aussi la soudaineté avec laquelle elles p-.Mivent apparaître ou disparaître chez la môme malade. De plus, elles n»* sont précédées ni accompagnées, comme h's anesthésiés périphériquerésultant de la compression ou de rindammation des nerfs, de ces douleurs pseudo-névralgiques, de ces fourmillements ou de ces altération^ si diverses de la sensibilité qui éveillent si souvent l'attention du malade ou du médecin. L'anesthésie hystérique s'installe sourdement, silencieusement, à rinsu du médecin et de la malade qui, chose singulier ♦•, n'en paraît pas incommodée. C'est un phénomène, en un mot, qu'il fau chercher pour le découvrir. Sans aucun doute, celte indolence dan^ l'anesthésie n'est pas spéciale à l'hystérie; elle peut aussi se monlnr également, quoi qu'on en ait dit, avec le môme degré dans les affeclioii-
ANESTHÉSIE CrTANÉE. 3î«
rfrébrales à foyer qui ont détruit la partie postérieure de la capsule inleme; mais c'est là un caractère qu'il est bon de connaître et qui ne se reli-ouve pas dans les anesthésies dues h des altérations de la périphérie Dcrveuse. Dans certains cas, rependant, l'attention du médecin peut être éveillée sur l'abolition de la sensibilité d'un côté du corps par certaines remarques des malades qui mettent alors sur la voie du diagnostic. Ainsi M. Mesnet (1) raconte qu'une hystérique complètement liémîanesthésique à gauche, envoyée au bain froid, ne sentait le froid que d'un côté et éprouvait la sensation d'une lame d'eau s'arrî^lant au milieu du corps.
L'hénfiiparaplégîe spinale avec anesthésie croisée se distingue de l'héraianesthie hystérique par les caractères suivants : la paralysie motrice est directe par rapport à la lésion, et la paralysie sensitive est croisée; «elle dernière n'atteint jamais la face.
c. Quant à savoir si l'anesthésie est centrale^ c'est-à-dire due à \m arrêt de transmission dans la moelle, on périphérique^ c'est-à-dire produite par défaut de conductibilité dans le nerf, il faut tenir le plus grand compte des phénomènes concomitants, et l'on peut même, au besoin, sesenir des moyens indiqués par Benedict et Slich.
Supposons, dit Benedict (2), que l'anesthésie existe à la plante du pied. On applique alors les pôles d'un appareil électrique, un courant superficiel, sur le trajet du nerf sciatique, et Ton remonte ainsi jusqu'à ce que Ton ait provoqué une sensation. Dans ce cas, le siège de l'anesthésie ré>ide dans le nerf; mais si aucune sensation ne se produit jusqu'à IVmerjrence du sciatique, on est à peu près certain que le siège de Tanesthésie existe plus haut, dans le faisceau sacré ou la moelle. D'tme autre part, en l'absence de signes de compression des nerfs pelviens, rorigine centrale de l'anesthésie est parfaitement établie.
Pour Stich, si la région insensible est le point de départ de mouvemen(s réflexes, l'origine de l'anesthésie est centrale. Dîins le cas contraire, si les mouvements réflexes sont abolis à la partie infériem^e des membres, et si dans un point plus élevé, vers la partie supérieure, par exemple; les mouvements réflexes apparaissent, l'origine périphérique de l'anesthésie est démontrée.
Il existe encore d'autres caractères qui permettent de distinguer l'origine centrale ou périphérique d'une anesthésie. Dans le second cas, en ♦'ffet, l'anesthésie est toujours précédée, pendant un temps variable, d'une période d'hiperesthésie (.i) et de doulcui's, il y a au début une
(DE. Nesoet, thèse de Paris sur le» paralysies hystériques, p. 23, 1852. (î) até par M. iaccoud.
^3) M. Charies Bichet, auquel nous empruntons ces détails, fait remarquer judicieusement qu'an nerf hypereslhésié est plus près d'un nerf anesthésie que n'en est un nerf sain. C'est
400 NEVROSES DE L\ SENSIBILITE.
diminution dans la sensibilité tactile superficielle, puis dans la seasibilité tactile profonde, puis dans le sens musculaire, puis dans la sensiblité à la douleur, puis dans la thermo-estliésie qui persiste à peu près en dernier lieu. Dans les anesthésies de cause centrale, la sensibilité au contact persiste, aloi*s que la sensibilité à la douleur est abolie.
€ La conservation du toucher qu'on observe fréquemment, chez les hystériques, ajoute M. Charles Richet, soit anesthésiques par places, soil hémianeslhésiques, est une preuve évidente que la conduction nerveuse n'est pas abolie dans les nerfs et que c'est l'organe de la réception à la douleur qui est altéré dans ses fonctions.
> L'exploration électrique peut aussi donner des renseignements précieux : si la sensibilité électrique est conservée, toutes les autres sensibilités étant atteintes, ce n'est pas le nerf, c'est l'encéphale qui est lésé.
» Aussi pouvons-nous regarder comme vraie, dans la généralité des cas (intoxications, maladies du système nerveux central, analgésie hystérique, etc.), la loi suivante :
Lorsqu'il y a conservation des sensibilités tactiles^ avec analgésie complète j la lésion est centrale.
D'un autre côté, si l'on établit qu'au point de' vue des impi*essioDS sensitives, la moelle épinière est un conducteur et qu'elle fonctionne à la manière d'un organe périphérique, la réciproque sera vraie, et Ton peut ajouter :
c S'il y a altération des sensibilités tactileSy avec conservation plus ou moins complète de la sensibilité à la douleur^ la lésion est périphérique.
d. Du reste, le diagnostic se fera non-seulement d'après les caractère de l'anesthésie, mais aussi et surtout d'après les symptômes divers qui l'ont précédée, accompagnée ou suivie, et l'examen de tous ces symptômes doit contribuer pour une très-grande part à déterminer le diagnostic régional de la lésion. Pour mieux faire comprendre notre pensô*, nous allons examiner l'exemple suivant :
La paraplégie cervicale^ ainsi appelée par Gull (1), comprend deut cas bien différents au point de vue symptomatiquc : l'une est liée i l.i compression périphérique des nerfs, l'autre est due à la compression antéro-postérieure de la moelle. Dans celle-ci, les muscles conservent longtemps encore leur volume et leurs propriétés électriques, k> troubles de la sensibilité peuvent être très-peu accusés; dans celle-U, paralysie motrice précédée de douleurs pseudo-névralgiques auxquellr> succède de l'anesthésie, atrophie des masses musculaires et perle plu^
môme là ce qui explique la fréquence de Tancsthésie dans l'hyperesthésie des nerf^ «a oèxra^ gics (Thèse inau^., 1877, p. ll'J).
(1) Cervical paraplegiat in Guy's hosp. Reports,, t. IV, 1868, p. 307.
ANESTHÉSIE CUTANÉE. 40t
ou moins complète de la contractilité faradique. Dans la première, ronsoiTation et plus souvent exaltation des phénomènes réflexes ; dans la seconde, amoindrissement» suppression des phénomènes réflexes.
Dons la paralysie cervicale symptomatique d'une myélite des cornes anlêrieures limitée au renflement brachial^ la flaccidité, Tatrophie rapide de certains groupes musculaires, Tabolition des actes réflexes, de ia contractilité faradique, la persistance de la sensibiliié permettent de faire le diagnostic]
Traitement. — Rendre aux parties leur sensibilité normale, tel est
le but qu'on se propose dans le traitement de Tanesthésie. Nous avons vu combien sont nombreuses les conditions productrices
de ce phénomène : c'est dire combien la médication devra varier avec la
nalure et le siège de la modification organique qui donne lieu à la perte
k la sensibilité.
Vainement attaqueniit-on le symptôme en lui-mc^mc : sans doute,
ks stimulants de diverses sortes, les révulsifs et les dérivatifs locaux <tiictioDS avec des pommades imtantes, vésicatoires, bains excitants, etc.) peuvent suffire dans certains cas d'ancsthésie périphérique; mais on ferait, et Ton fait trop souvent, une thérapeutique vraiment irrationnelle et stérile en se bornant à des remèdes de ce genre, qnmd lanalyse physiologique des symptômes montre clairement la cause de Tanesthésie résidant ailleurs que dans les paities insensibles, et souvent bien loin d'elles. De même, lorsque l'anesthésie se rattache à quelque névropathie générale, la médication topique est chose accessoire : les véritables indications du ti'aitement découlent de la maladie d non d'un symptôme isolé. L'anesthésie, d'ailleui^, ne comporte presque jamais la nécessité de cette intervention active et immédiate i}ue réclament si souvent les hyperesthésies symptomatiquos, indépenlamment de la cause qui les engendre, à raison des accidents pénibles mxquels elles donnent lieu par elles-mêmes.
Sans gravité réelle par elle-même, l'anesthésie peut cependant pré- ;enler un pronostic grave, en raison des états morbides qu'elle accom- >a{me.
C'est contre ceux-ci et non contre le symptôme anesthésique que devront Ire dirigés les moyens thérapeutiques. Mais lorsque la cause de l'ineosibiiité a disparu et que la peau tarde à recouvrer ses fonctions senorielles, ou encore lorsque l'anesthésie constitue l'un des éléments ^rrdoniinants, et jusqu'à un certain point isolés, d'un état névropnique lui-même essentiel, un traitement excitant local pout devenir téce>saire. On met alors en usage les frictions, les bains chauds et stipulants, l'application de corps mauvais conducteurs de la chaleur, l^s ésicatoires, les emplâtres irritants, le magnétisme, et surtout IVIectrisa-
tion de la peau à l'aide des plaques, des brosses ou des pointes métalliques : chez certains malades, cette dernière médication ranime inslanlanément la sensibilité depuis longtemps éteinte.
[Parfoismême, il suffit de stimuler seulement un point limité du corps pour que la sensibilité revienne dans les parties qui n'ont même pas été éleclrisées(l),
M. Vulpign (2) a obtenu d'excellents résultats par la faradisation cutanée dans certains cas d'anesthésie. Opérant d'abord sur un malade atteint d'hémianesthésie cérébrale, chez lequel les piqûres, le pinrement, etc., n'étaient pas ressentis, il se sert d'un appareil magnéto-électrique et emploie le maximum du courant fourni par cet appareil, c'e^l à-dire un courant très-fort. L'un des électrodes, terminé par un excitateur à éponge humide, est placé par exemple sur la région supérieure • des muscles de l'épicondyle ; l'autre, terminé par un pinceau mélalliqu»^ sec, est promené sur la face dorsale de l'avant-bras et de la main. Pendant les deux ou trois premières minutes, la faradisation ne provoquaucune sensation; mais, dans les six ou sept minutes suivantes, ell'produit au niveau des points d'application du pinceau métallique, d^^ fourmillements, des picotements, une sensation douloureuse, puis un»' hyperalgésie tellement insupportable qu'on est obligé de diminuer Ij force du courant. Après chaque séance d'électrisation, la sensibilité »^^ moins obtuse, le piquer et le pincer sont perçus, et cela non-seulenie/.l dans le membre électrîsé, mais aussi dans toutes les autres parties du corps. Le retour de la sensibilité porte même sur les sens, qui m\ atteints dans l'hémianesthésie cérébrale : ainsi, pendant et après la faradisation de l'avant-bras, la vue revient dans l'œil, et le goût est aun moins émoussé. Bien plus, les mêmes résultats sont obtenus quand «'O électrisc, non plus le côté malade, mais une région limitée du côi* sain (Grasset) (3). L'explication de ces faits est contenue dans les iitm»'^ suivantes : « Les éléments des expansions pédonculaircs que la faradisation cutanée, ainsi pratiquée, fait sortir de leur torpeur fonclionD'l'^ remettent en relation avec les centres perceptifs le pédoncule cérêbnd. d'où partent ces expansions et les régions correspondantes de la fvoly bérancc annulaire, des tubercules quadrijumeaux, du bulbe nrhidien et de la moelle épinière. Les communications se trouvent ainsi nHaMit^ du môme coup entre ces centres perceptifs et toutes les parties atteint'" d'anesthésie : tégument cutané, muscles, etc., de toute la moitié du coff
(1) Ducliennc de Boulogne, De Vélectrisation localisée, 3« édit., 187S, p. 818.
(2) Vulpian, De l'influence qu'exerce la faradisation de la peau dans ceriahu cas dt^^"thésie cutanée (Arch. phys.y n» 6, 1875, p. 877).
(S) Grasset, A'ote sur les effets de la faradisation cutanée dans Vhémiùneslhéme ^"' • cérébrale (Arch. phys., n» 6, 1876, p. 16i). Voyez aussi, niénie numéro des Arckirt». " note de M. Bourceiet ^ur V influence de la faradisation dans certains cas d'anesthésie ^^ ' néff p. 807.
AMESTHÉSIE CUTANÉE. 403
deTeane insensible el les organes des sens du même côté. Toutes les impressions qui, d'un point quelconque de la périphérie, ont été conduites dans les centres nerveux doivent, donc pouvoir, si elles sont suffisamment vives, parvenir au siège cérébral des fonctions perceptives, dès que cette région du cerveau et Tisthme de Tencéphale sont remis en relation. C'est ainsi que je m'explique le retour de la senâbilité, à peu près au même degré, dans tous les points de la moitié da eorps atteinte d'anesthésie, chez le malade que j'ai observé, sous rinflueoce de la (àradisation limitée à la peau de Tavant-bras de ce côté (Yulpian). >
Le retour de la sensibilité & la suite do la faradisation cutanée se produit non-seulement dans l'hémianesthésie cérébrale, mais encore dans des états morbides divers. C'est ainsi que, dans une forme d'alro* phie musculaire avecanesthésie, chez les ataxiques, chez les hystériqu(>^, on parvient également aux mêmes résultats par l'emploi de rélectrieité. Dans l'ataxie, où le retard des sensations peut également être diminué sous celte influence, le retour de la sensibilité est peu accusé, seulement transitoire, et très-probablement localisé seulement aux points où la faradisation a été pratiquée.
Dans rhystérie, la faradisation d'un membre peut être également suivie du retour de la sensibilité dans les autres parties du corps, comme l'avait déjà reconnu Briquet; mais, dans d'autres cas, les résultats sont absolument nuls : c'est lorsque l'anesthésie est absolue, dans le sens rigoureux du mot. La faradisation ne réussit dans l'hémianesthésie cérébrale, que parce qu'elle agit sur des éléments épargnés de la lésion, de même que dans l'ataxie elle peut aussi porter son action sur d(\s fibres encore capables de conduire les impressions, ou que dans certains ^ d'hystérie elle peut encore réveiller l'engourdissement fonctionne des centres nerveux; mais quand cet engourdissement est complet on absolu, il ne peut répondre, il ne répond pas aux excitations faradiques. Dans le saturnisme, il faut distinguer plusieurs cas : 1* L'anesthésie est de date récente, liée à la colique de plomb, sans altérations des extrémités nerveuses, et alors elle peut disparaître soun l'influence de la faradisation cutanée ;
3" Elle est de date ancienne, due à des lésions des nerfs périphériques (Westphal, Gombault,etc.), et alors la conductibilité nerveuse étant gravement entravée, la faradisation est complètement impuissante pour réveiller la sensibilité. On conçoit en conséquence que, dans certains cas, l'emploi de l'électricité puisse être d'une grande utilité pour distinguer les anesthésies périphériques ou centrales;
S* Dans d'autres cas encore, l'anesthésie est produite par l'intermé-* diaire d'altérations du sang, ou d'une inégale répartition de la circulatioD sanguine, et l'on comprend parfaitement que les frictions énergi-
404 NÉVROSES DE L4 SENSIBIUTÉ.
ques sur la peau, que tous les moyens propres à produire la congesiioo cutanée et à auj^menter la sécrétion sudorale, puissent contribuer i diminuer, à guérir même certaines formes de ces anesthésies.
Le retour de la sensibilité dans les parties anesthésiées sous Tinfluence de rélectricité s'effectue également au moyen de Tapplicalion de plaques métalliques sur la peau. Dans ce cas, il est très-probable, comme du reste les dernières recherches l'ont prouvé, que le conlart de la peau, chargée de sels, avec des métaux oxydables, donne lieu à un courant électrique portant son action à la fois sur rinnenation el h circulation capillaire des parties privées de sensibilité. Ce qui prouve, du reste, qu'il se passe là des phénomènes électriques évidents, cVsl la déviation de l'électromètre; ce qui le prouve encore, c'est que l'application de courants électriques très-faibles produit le même résultat.
Depuis longtemps déjà M. Burq (1) avait institué sous le nom de métallothémpie une médication consistant dans l'application de métaux sur un point ou plusieurs points de la surface du corps; il avait prouve aussi qu'il existe une espèce d'idiosyncrasie mélalloiliérapxqyke, en vertu de laquelle chaque individu présente une aptitude spéciale â être impressionné par un métal à l'exclusion des autres. Ainsi, tel malade sensible au cuivre, sera insensible à l'or, qui donne un courant plu^ faible; tel autre, sensible à l'or, sera réfraclaire au cuivre.
Or les phénomènes suivants se passent après l'application d'armature> ou de plaques métalliques sur les régions privées de sensibilité : a[n\> avoir déterminé quelle est l'aptitude élective du malade pour tel ou M métal, on place dans la main anesthésiée un cylindre d'or, par exemple, et on applique sur d'autres parties des membres supérieurs et inférieur d'autres plaques du même métal. Au bout de dix minutes ou un quait d'heure, la sensibilité de la peau et des oi^anes sensoriels revient danles parties anesthésiées et persiste pendant plusieurs heures, en nièiiK temps que la température s'élève et que la force dynamomélrique du membre augmente. Mais il se produit un fait des plus curieux révt'l. par l'application des plaques métalliques ou l'action de courants tr»'^faibles : en même temps que la sensibilité apparaît du côté anesthésique,
(1) I^s recherches de H. Burq datent de rannée 1847. Elles ont été consignées daa> ^ mémoires suivants :
a. Note pour servir à l'histoire des effets physiologiques et thérapeutiquei des trmJti^ métalliques ou de Vinfluence de certains métaux sur la paralysie de la sejuibiiUé. (Acaiiîi'^ des sciences, 4 février 1850.)
b. De Vanesthésie et de Vamyosthésie, (Thèse inang. de Paris, 1851.)
c. Application nouvelle des métaux à l'étude et au traitement de la chlorose. ^Acadtii>i des sciences, S2 juin 185 ^ — Voyez aussi Cas. méd, de Paris, 1851 et 185â )
d. La métaUothérapie fut aussi appliquée dans le traitement des convulsions, des c<Nitractunr< hystériques, des crampes chez les cholériques. )Voir une note de M. Burq ia Gat. méd. de fsr*^ D« 6, 1877 et plusieurs leçons sur ce sujet in Gai. des hôpitaux, n*« 102, 105, 106. 18T8; Vf
'ssi le cbapHre Hystéeib, t. II.
ANESTHÉSIE MUSCUUlflE. 405
elle disparaît du côté sain, en suivant les parties exactement symétriques et en s*étendant aussi à la vue et à Touîe, comme les recherches récentes de UM. Landolt et Gellé Tout démontré. De plus, M. Charcot a constaté que le retour de la sensibilité sous Tinfluence de la métallothérapie peut aussi s*effectuer d'une fagon temporaire dans les anesthésies d'origine organique, dans celles qui sont dues, par exemple, à la destruction plus ou moins complète de la capsule interne.
Cette question de la métallothérapie appliquée au traitement de l'aueslhésie est encore à Tétude, et nous n'entrerons pas, à ce sujet, dans de plus longs développements (1).]
n. — Anesthéiie mtuealaire (t),
BIMi*Kmphf«. — Voyez la bibliographie de Tanesthésic en général et de Fanesthésie cutanée (page 360).
Les muscles de la vie animale, indépendamment des nerfs moteurs chargés de leur apporter les incitations des centres nerveux, possèdent encore d'autres nerfs, souvent accolés aux précédents et en apparence confondus avec eux, mais ayant des attributions fonctionnelles bien diiïérentes. Ce sont les nerfs musculaires sensitifs, niés à tort par ceux qui ne veulent reconnaître au tissu charnu que la seule propriété d'être irritable. Ces nerfs centripètes transmettent au cerveau, entre autres modifications dont ils sont susceptibles, les impressions que leur font subir les états alternatifs de contraction et de relâchement des muscles; ils nous avertissent ainsi de l'activité ou du repos de ces organes, et nous permettent d'en apprécier les degrés avec une étonnante précision. Us sont les agcns du sens musculairej — sixième sens^ de Charles Bell, — sens de la forcey de E.-IL Weber, — également appelé sentiment du muscle en action (Ch. Bell), sentiment de Vactivité musculaire (Gerdy), mtimenl du mouvement (Brach), sans lequel le tact parfait et la locomotion régulière sont également impossibles. En elTel, que le concours de ces nerfs musculaires vienne à manquer aux nerfs cutanés, ceux-ci pourront bien encore nous faire constater la présence des objets et leur température, mais ils ne nous renseigneront plus que d'une manière Irès-incomplète sur l'étendue, le poids, la consistance, la surface lisse
(I) Voyez, sur ee sajet, les intéressantes communications de MM. Charcot, Regnard, Onimus, Dumontpallier, R. VIgouroux, etc., à la Société de biologie, 1877, et 1878 ^ Regnard. Du mie quejimenl Uicouranii éiedriqueë dan$ le» effets observés par VapplUiation des plaques métaUiqHeM. (Soc. de biol.,3 février 1877, et Gai, méd. de Paris, n» 8, 1877.) — Du même, ^ Vsdion des couranU faibles sur le retour de la sensibilité chet les hémianesthésiques. (Soc. <le bioL, 17 lémer 1877, et Ga*. méd. de Paris, n* 10. 1877.)
(î) Mon laissons le chapitre AmsTitsiK muscvlaiee tel qu'il a paru dans la prcroicro édition de cet oinrrage, sans y rien changer, toutes les discussions qui suivent présentant un réel intérôl historique. H. H.
i06 NÉVROSES DE LA SENSIBILITÉ.
OU Inégale des corps. Bien plus, les actes delà locomotion, faute du sentiment qui leur sert de contrôle et de mesure, n'auront plus ni la précision ni l'harmonie de Tétat normal.
Étudier ces troubles fonctionnels, c'est faire l'histoire de l'anesthési»; musculaire, état morbide qu'on a décrit encore sous les noms de paralysie musculaire sensilive, défaut de sens musculaire, perte du sentiuneni d'activité musculaire, abolition de la conscience musculaire (1).
Symptômes. — A. Ils se réduisent, en dernière analyse, au défaut d'appréciation des divers états du muscle ; mais, comme nous n'apprécions ces états que par les notions dont ils sont la source, c'est réellement l'impossibilité d'acquérir ces notions qui constitue le symptôme (Landry). Ainsi, dès que les malades cessent de voir leurs membres, ils n'ont plus conscience ni de leur position, ni même de leur existenct*. Au lit, ils les perdent pour ainsi dire, et sont obligés d'aller à leur recherche, ne sachant plus où ils sont. Ils ne se rendent pas compte de leur situation, et ne peuvent dire s'ils sont placés dans l'adduction, l'abduction, etc. Aussi parfois font-ils effort pour étendre ou fléchir un membre déjà étendu ou fléchi. Ils n'apprécient ni leurs mouvements actifs, ni leurs mouvements passife. Ont-ils fait un mouvement, ils en ignorent l'étendue, et souvent ne savent pas s'il a eu lieu. Si, alors qu'ils ont l'intention d'en exécuter un, on les en empêche, c'est tout â fait à leur insu, et ils croient l'avoir exécuté parce qu'ils en ont eu la volonté. On peut leur imprimer des mouvements passifs; on les leur communique à l'aide d'un appareil électrique, sans qu'ils les soupçonnent. Faites-leur soulever un corps lourd, s'ils ne l'ont pas vu préalablement, ils sont incapables d'en apprécier le poids même approximalivemont, et il leur paraît extrêmement léger. Leurs membres leur semblent aussi privés de pesanteur. Opposez-vous à leurs mouvements actifs, ils n'ont aucune idée de la résistance qu'ils ont à vaincre, et ne proportionnent pas leur effort à l'énergie du vôtre. Qu'on leur plonge la main dans l'eau, ils jugent que c'est un liquide à cause de l'impression cutanée; mais, en agitant la main, ils n'éprouvent pas cette molle résislance que fournit la notion de fluidité aqueuse, et ils ne savent s'ils se meuvent dans l'air ou dans l'eau, à moins que le bruit ne le leur apprenne. Ils ne perçoivent pas mieux la solidité, et ne peuvent indiquer la consistance des objets qu'ils touchent.
B. Tous ces phénomènes démontrent bien que la contraction «!♦?> muscles a cessé d'être perçue par les malades; mais le fait de rane>-
(h Abolition de la comcience musculaire : cette dénominution a été réservée pour un «tii fpéoiul i\c. la sensibilité dont il sera question plus loin. Afin d*évitcr toute équivoque, il (*^ prêrêrablo d'exclure ce terme de la synonymie de rancslhcsic musculaire simple.
ANKSTHÉSIE MCSCDLAIRE. 407
thésie musculaire es! encore plus direcieoieiit prouvé, si Ton constate que la pression, le pincement, le massage des muscles ne donnent lieu àaucuae sensation distincte; si Tindividu ne perçoit plus le passage d'un courant électrique intense, qu^on peut impunément lui enfoncer un instrument piquant dans les cliaii*s (Yelloly), à la condition, bien entendu, qu'il n'en soit pas averti par la sensibilité persistante de la peau. Certains modes de sensibilité musculaire pourraient-ils être conserrés alors que d'autres se trouveraient abolis? En d'autres termes, y a-(-iI des anesthésies dans lesquelles le sentiment de la contraction musculaire étant perdu, les malades auraient encore conscience des impressions tactiles et douloureuses, telles que le pincement, le massive, réiectricité? Cette hypothèse a été émise sans doute d'après l'analogie qui existe entre la sensibilité de la peau et celle des muscles; mais jusqu'à présent la clinique ne la confirme point : loin de lii, on voit constamment Tanesthésie musculaire se caractériser par la perte simultanée de toutes les perceptions dont les muscles peuvent être le point de départ, que ces perceptions soient relatives à Factivité musculaire ou au contact, à la pression, à la douleur, etc.
SïGîIBS FOURNIS PAR l'EXAMEN DES MOUVEMENTS VOLONTAIRES. — Pour
bien aj^récier l'influence que l'anesthésie des muscles exerce sur les mouvements volontaires, étudions d'abord les faits dans lesquels cet étal pathologique se montre indépendant de toute altération de la motilité; nous passerons ensuite aux faits plus complexes, où avec l'insensibilité musculaire existe un trouble de la motilité, tels que la faiblesse paralytique ou le défaut de coordination des mouvements.
0. Anesthésie niysculaire avec conservation de la motilité normale. — L'inconscience de la position des membres et des contractions musculaires apporte dans les divers actes de la locomotion, de la station, de Féquilibration, un trouble très-marqué et caractéristique.
Obligés de suppléer par la vue à la sensibilité musculaire qui leur manque, les malades présentent un ensemble de signes bien propres à &ire admettre une paralysie : leurs mouvements ont trop ou trop peu d ampleur, et, comme rien ne les en avertit, ils ne cherchent pas à corriger cette erreur; ils ne peuvent se tenir debout pendant quelques instants sans chanceler et risquer de tomber; la marche leur est presque impossible; ils laissent facilement échapper les objets qu'ils tiennent entre leurs doigts, ou d'autres fois les brisent par une contraction trop énergique; tout cela quand ils ne peuvent surveiller des yeux leurs mouvements (quand ils se trouvent dans l'obscurité, qu'on leur fait fermer les yeux, que leur attention est détournée, ou encore dans les cas d'amaurose concomitante).
Mais il est aisé de reconnaître qu'ils ne sont pas réellement affecu's de paralysie aux trois signes que voici : à la vigueur musculaire qu'on leur voit déployer au besoin; — à la précision avec laquelle, en y regardant, ils exécutent tous les mouvements qu'on leur commande; — au sentiment de légèreté des membres et à l'absence de fatigue, bien dift'érents de la pesanteur et de la lassitude dont se plaignent les vrais paralytiques.
b. Aiiesthésie musculaire cohicidant avec une paralysie dn mouvement. — Lorsque la motilité est ail^iiblie ou éteinte en même temps que la sensibilité musculaire (comme cela arrive, par exemple, assez communément dans la paralysie hystérique), la perte de cette sensibilité ne pouri^ plus se traduire par les signes que nous venons d'indiquer, puisque les plus tranchés de ces signes dérivent justement d'une opposition frappante entre la sensibilité qui est perdue et le mouvement qui persiste. Il ne reste alors pour attester l'anesthésic musculaire que les seuls phénomènes directs de cet état morbide, savoir : Tinconscience de la position des membres, loi défaut de perception soit de la douleur, soit des mouvements passifs, etc. (Voy. plus haut, B.)
c. A nesihésie musculaire avec incoordination des mouvements. — Au lieu de la paralysie, c'est quelquefois un autre état de la motilité qui se combine avec l'anesthésie musculaire : nous voulons parler du défaut de coordination, ou alaxie locomotrice.
Cette combinaison s'observe même assez fréquemment pour qu*il ail d'abord paru naturel de rattacher l'un à l'autre les deux phénomène> coexistants, et d'envisager Tataxie des muscles comme une simple conséquence de leur anesthésie.
Mais cette manière de voir est positivement contredite : 1* par l'-^ faits d'insensibilité profonde des muscles n'entraînant pas un défaut de coordination des mouvements; 2* parles faits d'ataxie locomotrice trèsprononcée, sans anesthésie musculaire; 3' d'ailleurs, chez les individu-^ ataxiques, il s'en faut que l'un de ces phénomènes soit habituellemiot proportionné à l'autre : le désordre des mouvements peut être exlrém»» alors que la sensibilité musculaire est à peine diminué. Cependant V'x^c^ lement possible de chacun des deux éléments morbides n'implique (o^ un défaut de relation entre eux; il se concilie, au contraire, parfaitem**!:! avec l'existence d'une modification organique complexe, telle qu'on i^ trouve réalisée dans certaines lésions de la moelle ayant pour effet simultané l'insensibilité musculaire et l'incoordination. Bien plus : entre 1»faits où s'observe une anesthésie musculaire et ceux d'ataxie, quelq'j» différence qu'il y ait au point de vue de la physiologie pathologique, U cliniciene^t forcé souvent de reconnaître une analogie des plus grand«\v