‹ Traité des névrosesChapitre 37 sur 89 · ANESTHÉSIE DES NERFS OPTIQUES. 4B · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE DES NERFS OPTIQUES. 4B

Od ne possède pas encore un nombre suffisant de faits, et ceux qui 0D( éié publiés appartiennent à des catégories trop disparates, pour qu'on puisse rien énoncer de général, relativement à la marche, à la durée, aux terminaisons de la paralysie de la cinquième paire.

Tmitkxbiit. — Il ne diflfère pas notablement de celui que réclame la paral^^ie du nerf moteur de la face.

nr. — Anesthénes des nerfii' optiques, acouBtiques, olfactifs et g^statifé.

(juelques mots seulement sur chacun de ces états morbides.

Lanesthésie de la vue porte le nom d'amaurose (goutte sereine, para- !\>ie de la rétine) ; on la trouve décrite avec tous les développements G* es>aires dans les traités spéciaux. De plus nous renvoyons au chapitre de rilTSTÉRiE pour Tétude de Tachromatopsie.

Vnneslhésie de Vouïe (paracousie ou surdité) est appelée copho^ (fiaod elle est profonde, dysécie quand elle est incomplète. Il est assex nin» do Tobserver à titre d'état morbide essentiel, indépendant de toute i 'MOD anatomique, soit du conduit auditif, soit de la caisse du tympan vu (1^ la trompe d'Eustache, de Toreille interne, du nerf acoustique ou du oneau; et sans doute le nom de surdité nerveuse est souvent donné, bute de mieux, à des changements de l'ouïe dont on ne peut découvrir lj<^u>e oi^nique véritable.

[Néanmoins il convient de citer comme causes : la surdité qui surnt-oi après l'administration de certains médicaments (quinine, salicyiiî>' de soude, etc.); cette surdité passagère, que Scanzoni a signalée Bii> pouvoir l'expliquer, après l'application de sangsues sur le col uténo. Ik' même, chez quelques femmes hystériques ou chlorotiques, on ^rve certaines oscillations dans le degré d'audition que n'explique lui^uoe altération organique (de Trœltsch) et qui se rencontrent encore ■on^*»cutivement à l'anémie chronique du cerveau, après les hémorrhap*^ répétées ou dans les cachexies. Dans la fièvre typhoïde, la surdité Kut être de nature purement nerveuse (d'origine dyscrasique), mais ^'lï doit être distinguée de celles qui peuvent dépendre d'altérations l^lu^ou moins sérieuses de la caisse ou du labyrinthe (Schwartze). No- ^•Qi enfin la surdité par compression nerveuse dans le cas d'anévrysme ^ lartère basilaire (faits de GuU, Ogle et Griesinger.)

^Niant i la surdité qui peut exister dans certaines maladies (mal de ^^\M. ataxie, maladies de l'encéphale, etc.), elle est due à des lésions évidentes, et ne rentre pas dans le cadre des névroses.]

Voici à quels signes on reconnaîtrait la surdité par anesthésie du nerf

iU NÉVROSES DE LA SENSIBILITÉ.

acoustique : sécheresse et desquamation légère du conduit auditif eiterne ; insensibilité quelquefois très-profonde de ce conduit s'étendaût aux parties voisines (régions temporale, parotidienne, cervicale); diminution de la faculté auditive débutant généralement par Tune des oreilles et n'atteignant l'autre que longtemps après; bourdonnemenls el autres sensations subjectives. Il faut avouer que ce sont là des cai*aclères différentiels bien vagues.

[Enfin, de même qu'il existe pour la vue une aroaurose spéciale pour certaines couleurs (achromatopsie), on peut constater dans certains cas des surdités partielles, des lacunes dans la perception de certains sonS (abolition de la perception des sons aigus ou graves par exemple). Ces faits rares sans doute pourraient s'expliquer par la différence d'action des fibres nerveuses qui entrent dans la composition du labyrinthe, d'après Helmholtz.]

La médication habituellement mise en usage, quand on croit devoir admettre l'existence d'une surdité nerveuse, consiste à combattre les causes pathogéniques dont on peut apprécier l'influence ; à faire usage de dérivatifs intestinaux, d'exutoires au voisinage de l'oreille, moyens dont l'emploi est devenu banal sans que l'efficacité en ait été suffisamment démontrée ; à pratiquer des injections de vapeurs excitantes par la trompe d'Eustache.

Vatieslhésie olfactive {anosmié)^ qu'il ne faut pas confondre avec l'anesthésic tactile de l'intérieur des fosses nasales, est un phénomène assez rare; elle est souvent le symptôme de lésions ayant pour si<'gt^ la base de l'encéphale ; quand elle se rencontre dans une névrose générale, comme chez quelques hystériques, mêlée à d'autres symptômes nnropathiques, et comme perdue au milieu d'eux, elle a si peu de gravil»'* qu'elle attire à peine l'attention, et ne réclame guère par elle-même l'emploi de moyens thérapeutiques particuliers (1).

On peut en dire autant de Vanesthésie gustaiive(ageusié)j bien qu Vile soit relativement un peu moins rare. Sa fréquence paraîtrait môme Insgrande, si l'on commettait l'erreur de regarder le défaut de perception gustative comme synonyme de l'anesthésic des nerfs spéciaux dans lesquels réside la faculté de sentir les saveurs (nerfs glosso-pharyn^zi^n^ et, suivant l'opinion du plus grand nombre des physiologistes, ntrfs linguaux); en effet, l'état de sécheresse delà langue, l'exfoliation on IVpaississement de l'épiderme qui recouvre cet organe, les divers enduit^ qui s'y rencontrent et les altérations de la muqueuse buccale peuvent émousscr et même annihiler l'impression des corps sapides, sans qu-^

(I) Voyez sur Tanosmic un travail deNolta. (Arch, méd., 1870.)

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les nerfs de la gustation aient réellement perdu leur impressionnabilité.

Nous aTons déjà signalé la perte du goût qui se rattache à Tanesthé* sie de la cinquième paire, nous mentionnerons plus loin le même phé* DomèDe en décrivant la paralysie du nerf facial.

[Ajoutons que ces diverses anesthésies qui portent sur la sensibilité spéciale peuvent être atteintes toutes ensemble dans certaines lésions de reocéphale (lésions intéressant en général la capsule interne) ou dans certâijies névroses (hystérie, etc.).]

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