NÉVROSES SPASMODIQUES
chacun de ces oignes possède jusqu'à un certain point les propriétés excilatrices d'un petit centre nerveux, et rappeler à ce propos les expériences bien connues où des irritants divers, appliqués aux ganglions^ ont réveillé le mouvement péristaltique des intestins^ etc.
C. En revanche, rien n'est mieux démontré que l'existence de spasmes réflexes dans le domaine du grand sympathique ; tous les mouvements normaux des viscères ne sont-ils pas réflexes? ne présententils pas cette double particularité (si importante pour l'exercice silencieux des fonctions dites végétatives), d'être soustraits à l'empire de la volonté ; - d'être presque toujours liés aux impressions que les surfaces intérieures subissent au contact de leurs excitants physiologiques : sang, air, aliments, produits de sécrétions, etc. ?
Qu'un changement survienne, soit dans la membrane impressionnable, soit dans la quantité ou les qualités de l'agent stimulant, et alors, au lieu de mouvements normaux, on verra naître des spasmes . réflexes. Ceux-ci, comme les convulsions proprement dites, sont tantôt irréguliers, tantôt et plus souvent réguliers^ ou mieux subordonnés dans leur manifestation aux rapports sympathiques préétablis entre l'organe affecté et d'autres oi^anes plus ou moins éloignés. Et de même que nous avons vu, grâce à une sorte de pouvoir dispersif du centre moteur surexcité, les convulsions réflexes envahir successivement ou à la fois plusieurs groupes de muscles, de même aussi les 'pasmes réflexes ne se renferment pas toujours dans les limites du viscère qui le premier a reçu l'impression morbide ; il est fréquent, au contraire, de les voir s'étendre synergiquement à d'autres organes contractiles en plus ou moins grand nombre. De là dépend sans doute la multiplicité des accidents spasmodiques que provoquent les souflrances de certains organes, tels que l'utérus, l'intestin, etc.
Est-ce à travers les ganglions eux-mêmes que l'impression centripète ^^rèfléchU pour revenir dans les nerfs centrifuges ou moteurs? Peutêtre; mais il est certain que les faits pathologiques s'expliquent tout aussi bien sans recourir à cette supposition, et en admettant que, pour les nerfs ganglionnaires et pour ceux de la vie animale, le centre de réfleiion est le même. En effet, si, au lieu d'examiner, dans un état d Holement tout artificiel, les seuls mouvements morbides qui se passent dans les muscles animés par le grand sympathique, et dont l'origine est une impression transmise, elle aussi, par les nerfs ganglionnaires; si, disons-nous, on envisage ce nerf tel qu'il est en réalité, c'est-à-dire intimement uni à l'axe cérébro-spinal, on trouvera dans l'incessant échange d'excitations sensitives et d'impulsions motrices qui se fait de l'un à l'autre système, la preuve de leur solidarité fonctionnelle. Ainsi, 4* les nerfs sensîtifs cérébro-spinaux viennent-ils à être sti-
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mules, les décharpres molrires se propageront souTcnt simultaoémenl par les (îleLs ceotrifuges des deux systèmes; c'est ce qui produit, i 1 état de santé, la synergie des fibres musculaires striées et lisses <lilillation du gland : contracture du bulbo-cavemeax et des vésirule> séminales). Cette même synergie, nous la retrouverons à l'état morbid»*, dans la réunion de la convulsion et du spasme (hyperesthésie de la rétine : occlusion des paupières et contraction de Tiris). — 2* Si 1^ point de départ, au lieu d'être dans les nerfs cérébro-spinaux, se ti^ouve dans les nerfs centripètes ganglionnaires^ le mouvement pourra encor»^ se passer tout à la fois dans les muscles striés et dans ceux à fibre> lisses. (Exemple : le vomissement provoqué par une inflammation du rein; ici la tunique charnue de l'estomac se contracte en même temps que les parois abdominales et le diaphragme, etc., etc.).
D. La solidarité des deux systèmes nerveux, déjà manifeste dans le> spasmes réflexes, se révèle d'une manière encore plus évidente dans les spasmes dont la cause prochaine réside dans un état d'exaltation primitive de la puissance motrice; nous voulons parler des faits où indr^pendamment de toute excitation périphérique, la motricité semble s'accumuler en excès dans les centres nerveux. Toutes les circonstances que nous avons indiquées comme faisant naître la convulsibilité ^"Oi aussi causes de spasmophilie.
E. Enfin, les troubles de l'activité psychique proprement dite (émotions et passions vives, exercice exagéré de la pensée, etc.) ont sur la manifestation des spasmes une influence si directe et si incontestabi', qu'il suffit de la rappeler. Qui ne connaît l'efi^et des émotions moralesur les battements du cœur, sur la contraction des intestins, etc.?
Comme conclusion générale, on peut donc, jusqu'à un certain poiri*, assimiler la partie centripète du grand sympathique^ prise dans son ensemble, à une série de nerfs sensitifs cérébro-spinaux, puisque le^ inipressions qu'elle transmet sont susceptibles d'éveiller des contracli<»u> dans les muscles de la vie animale. D'une autre part, la portion cmtrifuge du grand sympathique aflectée au mouvement parait n't-ir* autre chose qu'une série de nerfs moteurs émanant indirectement ^1 l'axe cérébro-spinal, puisqu'elle peut transmettre aux muscles viscérar.\ les impressions reçues par les nerfs sensitifs de la vie de relation. Il • < vrai que les impressions sensitives du grand sympathique restent le |! > souvent latentes, ou quand elles arrivent à la conscience, sont perni-^ avec un mode particulier; il est vrai encore que les mouvements rh\;'miques et péristalliques que provoque le même nerf diflerent par y isieurs caractères du mouvement que détermine l'influence imniêiiî" du système spinal. Cependant l'analogie que nous signalons reni{'0;t*
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sur les diflférenccs ; ce qui achève de la démontrer, c'est que, même en dehors de toute action réflexe, l'accroissement spontané de la puissance excito-motrice se traduit par des effets identiques et souvent simultanés dans les deux ordres de nerfs moteurs ; puis cet autre fait que si l'excès d'activité, dans le centre moteur, remonte à quelque cause de l'ordre purement psychique, on le voit agir encore d'une manière remarquable sur les muscles animés par les nerfs ganglionnaires.
Avons-nous besoin de rappeler une fois de plus que l'iris, le cœur, le phai^nx, l'œsophage, l'estomac, la vessie, le rectum, etc., reroivcnl à la fois des nerfs rachidiens et desmerfs ganglionnaires, et que, pour une foule d'organes de la vie végétative, la distinction entre le spasme et la cohvulsion est chose absolument arbitraire? Aussi bien le crit('rium de ces deux sortes de mouvements pathologiques, de ces deux modes i^hypercinèsCf doit-il être recherché bien pkilôt dans les caraclèroN analomiques des muscles affectés que dans la source (rérébro-spinaJ.' ou ganglionnaire) des nerfs qui s'y distribuent.
Diagnostic. A. La constatation de l'état convulsif ou spasmodiqur^ ne présente pas en général de difficulté sérieuse. Cependant il faut être en parde contre la simulation de cet état, qui est assez fréquente.
[Dune façon générale, les convulsions cloniques sont pIusfavorablo> à la simulation que les convulsions toniques. C'ost sans doute pour rell nison, et aussi parce que les convulsions hyst^Tiques sont mal déterminées, qu'elles peuvent être facilement simulées; il n'en est pas ih^ même de l'épilepsie, dont certains individus peuvent bien reproduin* les divers stades successifs de mouvements toniques, cloniques et d( î^terlor, mais dont la pâleur si caractéristique du début et d'autre .^ijrnes encore sont plus difficilement simulés (I).]
Il est aussi des convulsions légères, fugaces, telles que certains strabismes, une contraction momentanée du visago, etc., qui échappent aisément à une observation superficielle et que pourtant il peut y avoii une grande importance à ne pas méconnaître.
B, On ne confondra pas la convulsion d'un muscle avec sa rétraction : ^elle-ci peut, il est vrai, succéder à un état convulsif, et alors il n'e l guère possible de trouver une limite précise entie ces deux conditionpathologiques; mais n'oublions jamais que la rétraction peut résulter aussi, et résulte fort souvent, de quelque altération dans la strurtur* Jes libres charnues ou de quelque cause mécanique qui a tenu les (]c\\\ eurcraités d'un muscle rapprochées pendant longtemps, etc.;
(ti Boisseau. ^\ùj, son tnité sur les MÊtadki tintuUe»,
AXE5PCLD. UO
d'autres termes, le seul fait de la rétraction n'autorise pas i en placer la cause dans un trouble du système nerveux moteur.
C. La paralysie et la contracture sont faciles à distinguer Tune de l'autre : dans ces deux états morbides, l'influence de la volonté sur la contraction musculaire est anéantie ; mais la flaccidité du tissu diarou dans un cas, sa rigidité dans l'autre, établissent une différence tranchée et qui se constate du premier coup. Toutefois, le même muscle pouvant être à la fois paralysé et contracté, il est des cas où le diagnoslir devient plus difticile; ou plutôt il ne s'agit pas alors, à propremenl parler, de reconnaître une aiïection unique, mais bien de constater la présence d'une complication, d'un état morbide consécutif, adventice.
D. Une autre combinaison où la convulsion et la paralysie demandent autre soigneusement difl'érenciées, est celle où l'on observe dans une même région du corps la contraction d'un certain nombre de muscle> et le relâchement de leurs antagonistes. En pareil cas, une double queslion peut se présenter : le relâchement est-il produit par la paralysie, ou est-il simplement le repos, contrastant avec l'activité morbide cxislanl ailleurs? la contraction est-elle l'ellet d'un état convulsif, ou le résultat d'un excès de tonicité déterminé par la paralysie d'autres musc^-lesî L'hésitation est permise quand par exemple l'une des moitiés de la£i c est dans un état d'affaissement et l'autre contractée, lorsque les membres sont entraînés dans la flexion ou Textension. Pour éviter Terreur, il faut, règle générale, s'assurer avant tout de l'existence ou A* l'aljsence de la paralysie, loin de se borner, comme on le fait souvent, à Texamen de la seule attitude des parties.
E. Un état convulsif prolongé peut en imposer pour une alttTati*»D anatouiique des organes, surtout s'il est accompagné de douleur : U contracture du psoas a lait croire plus d'une fois à une coxalgie, K spasme vésical à la présence d'une pierre, les palpitations nencus«'ï â une maladie du conir, et ainsi de suite. On ne saurait dès lors mHtn' trop de soin dans rexjjloration physique des organes, seul moyeu It' plus souvent d'éviter des confusions fâcheuses.
F. Ces précautions étant prises dans les cas qui les réclamant, el Trtat convulsif étant reconnu, il s'agit d'en déterminer la cause, et à*. résoudre d'abord la qutîstion de savoir si c'est à une névrose que Ton a alUiire, ou bien à un trouble nen'eux directement symptomatique d'unaltération matérielle; sauf ensuite à localiser cette né\TOse on tvli' Irsion dans le cerveau, dans la moelle ou dans les nerfs.
a. L'état fonctionnel des diverses régions du>systèmc nerveux, <.:,
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autant que foire se pourra, l'état physique des parties voisines, devront être examinés avec la plus grande attention. A-t-on constaté quelque lésion dans la région crânienne ou spinale? Les symptômes sont-ils multiples, et au lieu de traduire le seul trouble de la motilité, révèlent-ils en même temps une perturbation de Tintelligence, des fonctions sensorielles, etc.? La marche des convulsions est-elle continue, et, dans les cas dintermittence, voit-on dans leurs intervalles persister des phénomènes de paralysie ou de perturbation intellectuelle? A4-on reconnu à d'autres signes, soit une intoxication alcoolique, saturnine ou autre, soit une maladie diathésique pouvant donner lieu à des productions accidentelles en contact avec la substance nerveuse? Toutes ces circonstances feront présumer avec beaucoup de vraisemblance que la maladie n'appartient pas aux névroses pures. On aura égard en outre au sexe, à l'âge, à la constitution du sujet, à l'ensemble des causes qui paraissent avoir présidé au développement de la maladie; et souvent, dans l'appréciation de m diverses données, on puisera des motifs pour admettre ou pour rejeter tout d'abord l'idée de convulsions idiopathiques ou sympathiques. Pour le diagnostic de ces dernières, il sera utile de passer en revue tous les points de la périphérie nerveuse, en accordant une attention particulière à l'état des dents, de l'estomac et des intestins, de l'utérus.
6. Enfin, qu'il existe ou non une lésion anatomique, il s'agit encore de déterminer dans quelle partie du système nerveux se produit le trouble fonctionnel dont la convulsion est la conséquence. Ici les faits de convulsion symptomatique doivent nous servir d'enseignement pour ceax on la même modification de la motilité paraît être le résultat d'une simple perturbation dynamique. Rappelons à ce sujet qu'à la vérité des convulsions peuvent se produire dans un petit nombre de muscles ou même dans un seul, bien que la maladie occupe l'encéphale ; que d'un aulre côté des convulsions multipliées pourraient à la rigueur dépendre dune affection disséminée dans plusieurs points de la périphérie nerveuse, sans aucune participation des centres ; mais, hâtons-nous de le dire, ce sont là des faits exceptionnels : presque toujours on sera fondé à admettre une affection (ou une participation au moins) de la moelle quand les convulsions occuperont les deux côtés du corps, et à reconn^iUre l'action ou l'intervention morbide de l'encéphale quand la face, la langue, le pharynx, etc., seront pris seuls ou en même temps que les membres. Dans ce dernier cas, on observera en outre souvent, mais non c(mstamment, d'autres symptômes dénotant une affection cérébrale, tels que perte de connaissance, troubles intellectuels et sensoriaux, etc.
Pnoîiosnc. — Nous avons déjà dit que, d'une manière générale, les névroses de la motilité, comparées aux autres névroses, présentent un
U> >ÉM;«:tSES DE L\ MOTIUTÉ.
orrt'jin d^^Te de îrravité. Mais le p»roDM-l:o varie br-aai>>fjp Am^ 1»^ divervrs e-j»^ces de «"onvuNions. Il d-^pend de la «"a'jse elîe-mêriiir, ç:\ r. O'i l»^^'-! e, de la rrnîadîe; il d-^ftend aussi d-j nombre desmus-les mï' • :• el de leurs u>a;:es phy'»iul«'«^iq'jes : le-^ conviiNioos {^''Déraîes p'Mwr: eniiainer la mort, so!t en pn.Mlai^inl des O'n^'esîions dics le iviv-^iu »* daulr»,'^ or^'^D-^s, r^jii p/ir uae s-jrte d*«^p'ii-eîaeat«:'U d"t^nenali»:»o q;..?:: 1 eues s»-' prolongent; les ron^ulsion'î lirn;lé»'> ne peuvent jm-îTe c»'ii.p»"melli e h vie, à rn «ins qu'e]l».'S n'«xrupenl «1»^ or^'anes dont la C'^nîra- î ■ l ïts^i ob-ticle au p'issa;^e d».- l'air et d^-s alirn^^nis, ou au «^urs du stc^'.
[Il d»'pend t-H'-ore du m'.»rîienl d'aj»piiili<~»n d».- l'aile «^onMiîsif «i «:;- , « oui> d lia»-' njiiiJie: ainsi, «;!iez certains SKJe'sà sus.vptil'îlil»'- n-n*- >-. et cli'-z les erinnis, la moindre Ii»'\Te d«'lerMi:ne des «ônvulsi'-ns q .i montrent aussi au d/but d».'> pMe^masi^rs «viLarrhaîes, d-L'S alV»« lions i.'iteslinales ou pulmonaires el des [«yrt^xies; »*il».*s sont diles ii< •;.•»'''* (Trou^>':'aui et ordinairement sans crravitr, bien quVlit.'S n^ pi.i>'-'L rien sur la mar;lîe ull»^r]»'ure de la maht-iie et qu'elles puis>enî «i.-^» l:: une com|>liralion sérieuse si elles >ont inî-^nses el fréquentes. Sloil a\.... donc t'té trop loin en prétendant que ces convulsions initiales des pyrexi-*devaient toujours être r»^gardées comme des indices de bon au^'ure. F*.'r contre, les convulsions terminales^ qui surissent à la lin d'une piil^cmasie, d'une pxrexie, ont une siimiliration funeste; comme exern;.!^, nous citerons b.s convulsions de la troisième* périotle de la scarîatin-,'; .i .>e lient plus souv#,'nl a rur»*mie.
Autre éJéniL^nt de pronuslic : un individu est pris de convul>i<ib .i rocia>ion de la cause la p]u> léirére; ici, le pronostic est bénin.
Toutefois il faut être prudent même dans ce « as, car Trousseau i :♦de jeunes enfants rentrant dans celte catéj:orie, jeunes sujets qui {•. .lard >out devenus é[»ilepliques.
D'une manière îr.'néra'e, la convulsion la plus béni;:ne en appar^n* peut >e terminer par la mort, il faul donc se tenir dans une prud- 1.' ré se ne.]
Les névroses convulsives et spasmodiques diffèrent encore singiiii- pmeat entre elles sou^ le rapjnrt «le \^\xv c\nabUité\ il en est uo r.rl.na nombre qui persistent inib'Minimr^nt, quoi qu'on fas>e, el plu^ el!'^ vieillissent, moins on a de chances de les voirjruérir; d'autres >onU! tnsiloires de leur nature m«Miie : elles se modilient et dispaniis>ent .r.'» les progrès de Tà^re, avec les clian'^emenls survenus dans les con-liti. :> liyj:iéniques, avec réioignement, spontané ou obtenu par les efl'"ri-- •' Tart, de la cause qui a produit les accidents, etc. .\ucune pro[M^^il^ 2 jrénérale ne saurait résumer des laits aus>i variables.
[Nous ferons remarquer que d'une façon générale, et loules dw ^ ^ égales d'ailleurs, les convulsions chez les enfants sont moins fra\e- «î 1 chez les [lersonnes adultes, par la rhème raison qu'elles sont au>«i ni" ;:^