SPASM£ 1J|£ U GLOTTE. 5S
la glotte par la compression de l'occiput chez les enfants, quoique West ait retiré de bons avantages de Temploi, sous la léte, d'un oreiller de crin ayant un trou à son centre dans le but d'éviter une pression de roocipnt, nous pensons que cette étiologie est loin d'être démontrée; d'abord, parce que celte prétendue mollesse de l'occiput a été très raniment observée; ensuite, parce que, si elle était réellement la cause des accès de spasme de la glotte, ceux-ci devraient toujours se produire dans le décubitus dorsal, ce qui n'a pas lieu.J
Certaines lésions matérielles de l'encéphale, telles que les épanchemenls sanguins des méninges, les tubercules, les phlegmasies,etc., ont été mises au nombre des causes déterminantes du spasme glottique. Quelques auteurs ont surtout insisté sur la convulsion laryngée, qui fait partie des symptômes du croup ou de l'angine slriduleuse; d'autres, sur Tengorgement des ganglions lymphatiques du col qu du thorax pouvant exercer une action de voisinage sur le nerf récurrent ou sur le pneumo« gastrique (Hugh Lee) ; enfin le gonflement du thymus a été considéré comme la cause directe des phénomènes dyspnéiques dont nous nous occupons, d'où le nom d'asthme Ihymiqne, Nous reviendrons plus loin sur ces différents points.
[Sans doute, le spasme de la glotte peut se montrer dans tous les cas de tumeurs ganglionnaires ou autres comprimant les nerfs laryngés. Mais alors, il ne s'agit plus du spasme de la glotte essentiel que nous étudions en ce moment; il s'agit d'un spasme de la glotte symptomatique qui peut se rencontrer aussi bien dans les affections, les sténoses du larynx. Il en est de même pour les cas où l'accident se produit dans riiystérie,la chorée, le tétanos, l'épilepsie, l'ataxie locomotrice (1), et dans certaines vésanies, affections que nous étudierons en leur lieu et place.] Disons un mot des causes qui provoquent le retour des accès spasmodiques. Elles sont très nombreuses : la toux, les mouvements de déglutition, lorsqu'ils se font avec précipitation, le chatouillement de la peau quelquefois les bruits les plus légers, les émotions de toute sorte (colère joie, frayeur) ; le passage du sommeil à l'état de veille, etc., etc.
[Chez certains enfants même, le spasme apparaît quand on les réveille trop brusquement; chez une fille de 18 ans, la projection inattendue d'eau froide sur le corps produisait un spasme de la glotte assez violent poar donner lieu à de graves inquiétudes (Krishaber et Peter).]
ANATOMiE PATHOLOGIQUE. — Si nous faisous abstractiou de l'asphyxie, de Temphysème puhnonaire et des congestions sanguines, qui peuvent se produire consécutivement au spasme de la glotte, il ne nous restera à consigner dans ce paragraphe que des notions négatives ; mais celles-ci ont ici une extrême importance, puisqu'il s'agit d'une affection à laquelle
(1) Kmbalwr, Du^ptume de la glotte, chei les ataxiqucM (Congru laryngologique de MUan
pendant longtemps on a prêté des caractères anatomo-palhologiques imaginaires: nous voulons parler du gonflement dn thymus eldes ganglions bronchiques s
a. Relativement au thymus, M. Ilérard a le mérite de Tavoir complètement et définitivement mis hors de cause. Les nombreuses recherches auxquelles cet auteur s'est livré l'ontamenéàconclure en ces termes:
6 1 °Lc thymus est un organe dont le volume et le poids sont extrêmement variables chez les enfants en bonne santé ;
» 2"Laconstitutionde Tenfant, son élat demaigrcuroud'cmbonpoiDl, semblent être les principales conditions qui influencent ces variations;
3 S'' Dans Tasthme soi-disant thymique, aussi bien que dans toutes les autres maladies du premier âge, le thymus a dû nécessairement être rencontré tantôt petit, tantôt volumineux, suivant que Tenfant était faible ou robuste; mais il n'est pour rien dans ces afl'eclions (!) >.
b. Quant aux ganglions lymphatiques, qu'il nous suffise de noter ici que les cas sont très nombreux où, à l'autopsie d'enfants morts de spasme glottique, on n'a trouvé dans ces ganglions aucune lésion appréciable.
PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Dcux qucstious fixeront surtout nolie attention :
Les accidents compris sous la dénomination de spasme de la glotte sont-ils réellement dus à une constriclion convulsive des muscles lar\ngiens ?
Quelle connexion doit-on admettre entre ces accidents et les symptômes de contracture ou d'éclampsie qui les accompagnent.
A. — Que la dyspnée et l'apnée dont nous avons fait Tliistoire dan^ cet article, ne soient pas le résultat d'une lésion matérielle occupant le> tissus du larynx, c'est ce qui est tout d'abord prouvé par l'intermittence de ces phénomènes, c'est-à-dire par l'absence, dans l'intervalle des accès, de toute modification de la respiration ou de la voix, de tout indice de sensibilité anormale.
Il est démontré aussi que la prétendue compression exercée par le thymus sur la trachée n'est pour rien dans la production de cette dyspnc'* paroxysmale; que le thymus gonflé ne peut comprimer les vaisst^aux ni les nerfs du cou, ou, s'il produit cet effet, que cette circonstance n» saurait rendre compte des symptômes observés.
La persistance du trou de lîotal, notée par quelques obsen'ateurs, e>i également un phénomène, ou normal, ou tout au moins inoffensif, quVa ne saurait faire servir à l'explication de ces symptômes.
(1) Comparez: Bautuez, Observation et réflexions à propos de Vasthme thfjmique 'Bii*-^-^* de la Soc. méd, des hôpitaux, Puns 1853, p. C(>).