‹ Traité des ombresChapitre 81 sur 109 · PL. 521. GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

PL. 521. GÉNÉRALES

de l'ombre portée sur une ligne déterminée de la surface. Elle consiste :

A considérer cette ligne et celle dont on cherche l'ombre comme les directrices de deux cylindres parallèles à la direction de la lumière. L'intersection de ces cylindres se réduit par conséquent au rayon lumineux qui s'appuie sur les deux courbes , de sorte que le point où il rencontre rune d'elles , est Vombre du point suivant lequel il touche Vautre.

422. On peut prendre à volonté le plan auxiliaire sur lequel on construit les traces des deux cylindres. Ainsi on peut se servir des plans de projection ou de tout autre plan qui leur serait perpendiculaire.

On peut même prendre un plan incliiié comme on voudra dans l'espace.

423. Je n'ai pas cru devoir donner un exemple de tous les cas qui peuvent se rencontrer dans la pratique , je me suis borné à ceux qui m'ont paru nécessaires au développement des idées.

Le lecteur fera bien de choisir lui-même d'autres données , afin d'étudier les différences produites dans les effets obtenus lorsqu'on change la forme ou la grandeur de Tobjet^ sa position dans l'espace ou la direction de la lumière.

424. Je ne dois pas abandonner ce sujet sans réfuter une objection que beaucoup de dessinateurs sont trop souvent disposés à admettre. Ils pensent que les opérations nécessaires pour obtenir avec exactitude certains effets d'ombre sont trop longues pour que Ton puisse les appliquer avec avantage dans la pratique, ils préfèrent tracer les ombres à peu près, et^ comme ils le disent, de sentiment. Mais on n'a pas toujours sous

163 yeux Toriginal de Tobjet que Ton dessine, et qui u'est souvent qu'en projet. D'ailleurs, quand ni^nneon admettrait Texistence de cet objet, il ne serait presque jamais éclairé d*unc manière copvenable à l'effet que Ton voudrait produire. Il est donc évident que Ton nç parviendra à construire à peu près exactement^ à vue d'oeil , les lignes de séparation et le contour des ombres portées qu'en remarquant les analogies de forme et de ' position qui existent entre les objets que l'on dessine et ceux dont on aurait fait précédemment des études rigoureuses.

Ainsi , le dessinateur qui aura étudié avec soin les principes qui précèdent n'aura souvent besoin que d'obtenir deux ou trois points avec exactitude , pour reconnaître de suite quels doivent être le contour et retendue des ombres sur toutes les parties de son dessin.

Ces observations ne s'appliquent pas seulement aux objets compris dans une définition rigoureuse.

Les élèves peintres eux-nniêmes , s'ils consentaient à oonsa* crer quelques mois aux études géométriques , acquerraient bien plus promptement l'exactitude du coup d*œil et le septiment des contours^ l'habitude de comparer lagr^ndçur réelle des objets avec leur grandeur apparente les m^tt|r^it ep g§^f}^ contre les effets et les illusions d'optique qui égarent si souyeiit l'imagination 9. et lorsqu'ils viendraient se placer devant un modèle, après avoir étudié Içs causer des v^riatÎQPs fipp^r rentes de grandeur et de formes des lignes principales , ii^ en saisiraient plus promptement, à la première vue, toutes les différentes courbures et les nombreuses sinuosités.

Ainsi , par exemple , ils n'auraient pas copié deux ou trois t$tes Sîins avoir reconnu sur les joues ^ le nez, le menton 5 les çonfbes plus PU moins modiflé^s, qui forment lés lignes de séparation sur l'ellipsoïde, le cône, la sphère; dans les plis d'une draperie, dans le contour des feuilles d'un ornement d'architecture ou de ciselure, ils retrouveraient des parties ayant de l'analogie avec les surfaces cylindriques, coniques

ou spbériques. Des anneaux, des glands, des cordons , pourraient être comparés avec le tore, l'ellipsoïde ou les hélices.

Enfin , il n'est pas jusqu'aux niasses d'ombres produites par les rochers , les montagnes ou les arbres qui ne puissent acquérir un plus grand caractère de vérité par l'examen raisonné des causes qui les pro^u|sent.

11 est bien entendu que, dans tout ce travail du peintre, il ne s'agit pas d'employer un seul instant le compas, et que l'usage de cet instrument n'est conseillé ici que pour l'étude des principes sans lesquels on ne peut pas espérer de voir avec exactitude les obje(§ qpe |'$^p ^^ propose de de$fiiner.

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tèt GNOMOMgUE. PL. 55.

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