CHAPITRE PREMIER Du rôle économique du change
inge a eu, dans les temps passés, une imporen plus considérable qu'à l'époque actuelle; non e nature de commerce fût plus étendue, mais l'on lui accordait, en vertu des idées «lu temps,
îHal, la Chambre syndicale des agents do change a j'à partir du 2 janvier 1901, le cours de l'argent lin en ii 1000/ 1000 qui se cotait en tant pour mille de perte sur e 218 fr. 89 le kilogramme, se coterait en lianes, c'est-àdepuis cette date la cote officielle exprime en francs et
le prix du kilogramme d'argent fin, sans même tenir es frais de frappe.
appelait aussi change, à d'autres époques, l'intérêt de :>u le taux de l'escompte ; c'est ainsi que l'un disait change Uérin, feint, impur, en raison des idées du temps sur le al de l'intérêt des capitaux. Mais celle acception, comîten dehors de notre sujet, est d'ailleurs tombée aujour-
desuétude.
en est de même, comme nous avons vu, de l'expression qui, en matière d'opérations de bourse, signifie tantôt l'acreporter, tantôt le cours (et dans un certain sens, encore) su contracte l'opération.
une portée économique que les progrès de la lui ont pas confirmée. On en faisait la hase système, le Système mercantile, et les cours ( en vertu de cette théorie, étaient le thermoi ({liant l'augmentation ou la diminution de puhlique.
Un ministre de Louis XVI, Necker, a donn ouvrage très répandu, la formule la plus e: système et des conséquences qu'on lui attril tableau de la balance du commerce est la repi des échanges d'un royaume ; cette balance pa vorable à un pays lorsque la somme de ses e:? est plus considérable que celle de ses impo: elle lui annonce une perte lorsque, au cor plus acheté que vendu (2). » Le premier me phrase est la théorie d'un système qui ferai exclusivement la richesse d'un pays dans 1* des métaux précieux.
Ce système est très spécieux. 11 tend à faire vidu ou de la nation qui a le plus de numéro sonne ou la nation la plus riche alors que le nui un élément de richesse, un élément de trav pas la richesse. Voici un commerçant qui a d'argent, peu de créances, peu de dettes, pei chandises, peu de clientèle ; mettons qu'il
(A) Le mot parait ferait tout d'abord supposer un l'auteur; mais quelques mots plus bas, il dit elle lui qui montre l'opinion vraie de Necker. Le style, à cette sentimentale, n'avait pas toujours l'énergie et la préc: science requiert.
(2) De l'administration des finances de la France, Paris, 1784.
autre commerçant a beaucoup plus de créances, 3 plus de marchandises, un train d'alTaires plus iblc et moins d'argent que l'autre. Cependant t. qu'il n'a ni en trop grande quantité ni en trop juste nécessaire pour faire face à ses échéanpermettre de profiter d'une occasion favoi commerce. N'est-ii pas en meilleure condition 3 ? Thésauriser n'est pas commercer. Si l'on leux nations à deux individus qui comptent !, c'est peut-être l'individu qui a le plus d'écus plus riche, mais cela n'est pas sûr. C'est celui iméraire qu'il lui faut, le bilan le plus varié, e tous les éléments soient appropriés à son but, ne d'actif net la plus forte, dans laquelle enutillage, les créances, les marchandises. Il en ne des nations.
îterre, grâce à ses institutions de crédit, est riche que nous, et la possession des mines du Monde n'a pas porté bonheur à l'Espagne. Je que l'établissement d'institutions de crédit ut d'un coup dans un pays jusqu'alors privé de voilà tout de suite une grande quantité de ? qui, devenu inutile, é migrera contre des ises. Quelle perte pour le pays ! s'écrie l'adepte ;. Quel bénéfice pour cette contrée ! conclut le e Turgot, C'est ce qui faisait dire à un écono- > tôt enlevé à la science : « Voulez-vous procurer me balance favorable? tuez-y le crédit; faites anquiers n'escomptent plus, que les lettres de 3S billets à ordre, les billets de banque même plus cours ; qu'on ne puisse plus enfin y opérer
aucune transaction qu'argent comptant ; alors leK*0^ de numéraire, venant à augmenter dans une propC# considérable, malgré la diminution de la somme échanges, le commerce forcera ses ventes à l'étrai pour en appeler du dehors. Il y restreindra par laméÉ raison ses achats, et le résultat désiré sera atteint (i). »]
Cependant, allons toujours au fond des choses : voyons-nous? Dans tout échange les deux termes valent ; la France a acheté en une année 100 millions d| plus qu'elle n'a vendu ; elle a donc (en admettant Texactï tude absolue des tableaux d'importation et d'exportatioi du commerce extérieur) déboursé 100 millions ; si elle ï\ fait, c'est qu'elle Ta pu, et, en outre, elle a reçu pa contre des marchandises qui valent bien ces 100 millions sans cela, elle n'aurait pas acheté, puisqu'elle n'e< sollicitée à ces achats que par l'entremise de ses négflj ciants et que sur la demande des consommateurs. Il n faut donc pas, même sous ce rapport, s'affliger d'ui échange de deux valeurs égales entre elles ; bien a contraire, si le pays avait eu plus besoin de son numé raire que des marchandises achetées, il en aurait inform le commerce par le prix relatif du numéraire et de marchandises, et ce dernier ne se fût pas avancé à fair un échange inégal et par conséquent ruineux.
Enfin, à ceux qu'effraie la balance du commerce, importe de signaler qu'en ne comptant que les achats ( les ventes d'un pays, ils oublient deux autres élémenl qui augmentent le stock de numéraire d'un pays. ( sont : 1° les étrangers qui viennent y consommer «
(l) Cli. Coquclin. — Article Balance du commerce du Dictio ijairo d'Economie politique (édition Guillaumin). Tome I, page N
opérations des bourses de commerce 337
en espèces ; 2° les intérêts et dividendes des Us faits à l'étranger.
ance du commerce n'a donc plus qu'une utilité et les cours de change ne sont plus la mesure îesse du pays. Ils expriment tout simplement ts entre les prix de quantités égales de métaux n lieux différents.