‹ Traité des opérations de bourse et de changeChapitre 8 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Opérations à terme sur des effets publics ou particuliers et sur marchandises.

Nous avons déjà défini les opérations à terme celles dont le règlement a eu lieu à une époque relativement éloignée du moment de la négociation, mais cependant toujours iixée d'avance (1). Nous allons en indiquer ici

(1) Certaines opérations à terme se font à une époque non fixée, quoique l'échéance soit déterminée. Telles les opérations à V émission. L'échéance sera l'émission mais l'époque où elle aura lieu peut être à une date non absolument précisée. On appelle opérations à l'émission les négociations sujettes au règlement, à l'époque où certaines formalités seront accomplies. En France la négociation des actions de sociétés avant leur libération d'au moins du quart est interdite par la loi ait. 11 et 15 de la loi du 21 juillet 1807). Dans la plupart des cas, la vente dite à V émission a trait à l'époque où les titres seront matériellement confectionnés et délivrés aux souscripteurs. Ceux-ci les ayant vendus en bourse auront alors à les livrer. L'expression à rémission est donc impropre et devrait être remplacée par celle-ci : à la délivrance. Les quantités «le titres négociés sont connues, mais il en est autrement dans les ventes de résultats. Dans les souscriptions d'emprunts publics que l'on croit devoir être très nombreuses et devoir dépasser notablement le montant des titres émis, il est opéré des réductions sur les souscriptions reçues lors de la répartition des litres. Ce sont

les diverses natures, en décrire le mécanisme, explique) les combinaisons variées qui peuvent en résulter ; non verrons ensuite quelle est leur influence sur la sociéfc en général et sur les individus, et nous terminerons pai un résumé succinct de la législation qui les régit ai France.

§ 1. — Exposé des opérations à terme.

Pour plus de clarté, nous croyons devoir ici no* écarter un peu de l'ordre que nous avons suivi dans U chapitres qui précèdent, et parler d'abord des opératioi sur valeurs mobilières; nous appliquerons, plus tari ce que nous en aurons dit aux négociations sur marchai dises.

Les opérations à terme se divisent en deux catégorie bien distinctes : Les marchés fermes et les marchés prime.

Marchés fermes. — Les marchés fermes consistent acheter ou vendre une valeur dont la livraison contr espèces doit avoir lieu aune époque déterminée, quel'o désigne sous le nom de liquidation. Ces époques, vu 1 grand nombre d'opérations à terme qui se font à chaqfl bourse, sont périodiques et à jours fixes, tels que h fins de mois, les 15 ou 30 de chaque mois.

Les variations rapides qu'éprouvent les valeurs Si lesquelles on spécule, sont les motifs qui ont engagé 1 agents de change à rapprocher les époques de liquid

les quantités à provenir do ces répartitions qui font l'objet é résultats. J'achète cent résultats signifie : J'achète la quantité provenir de la répartition sur une souscription de cent titres.

OPÉRATIONS DES BOURSES DE COMMERCE 8i

tion. Moins, en effet, ces époques sont éloignées, moins nombreuses sont les chances de perte pour les intermédiaires.

Sous ces conditions adoptées par nécessité et par utilité se font de grandes masses d'affaires ; elles seraient cependant encore bien restreintes si l'acheteur (1) était obligé de prendre livraison de l'effet et le vendeur de livrer ledit effet à l'époque fixée pour la liquidation. Souvent des motifs peuvent porter l'une des parties à reculer au moins d'une liquidation (on entend ici par ce mot l'étendue de temps écoulé entre deux liquidations suc • cessives) l'opération engagée; si l'autre partie ne s'y prête pas, il faut en trouver une troisième qui, ayant à opérer la contre -partie, consente à se substituer à elle.

Par exemple : un spéculateur est vendeur en liquidation de fin septembre d'une certaine somme de valeurs, et un autre est acheteur du premier, de cette même quantité de rentes à un prix déterminé. Le 30 septembre arrivé, il pourra échoir quatre cas : 1° ou les deux parties désireront liquider leur marché, c'est-à-dire le vendeur livrer et l'acheteur lever les rentes contre des espèces ; 2° ou bien elles consentiront toutes deux à ne pas liquider ; 3° ou bien ce sera le vendeur seul qui ne voudra pas liquider; 4° ou l'acheteur seul.

(1) On appelle acheteur celui qui a acheté, et vendeur celui qui a vendu, tant que, l'époque de la liquidation n'étant pas arrivée. ni l'un ni l'autre n'a été tenu de régulariser sa position. C'est dans ce sens que l'on dit d'un individu qu'il est acheteur ou vendeur, à telle liquidation; cela veut dire que, cette liquidation arrivée, il devra, dans le premier cas, lever, ou, dans le second, livrer les valeurs contre espèces. De même, les mots preneur et donneur expriment les situations respectives de celui qui demande ou de celui qui offre, sur le marché, une valeur quelconque. De preneur, on devient acheteur, et de donneur, vendeur.

82 PREMIÈRE PARTIE ' Tl

Dans le premier cas, on échangera la somme convemj contre la quantité de valeurs déterminée dans le marchfi

Dans le second, on continuera l'opéra tion à de nouvelles conditions financières, librement débattues pa.i \ les parties.

Dans les troisième et quatrième cas, le vendeur oi * l'acheteur, ne trouvant pas, chacun dans sa contrepartie, la volonté ou le pouvoir de continuer l'opération se trouvera contraint de chercher ailleurs, et c'est ce qu arrive le plus souvent.

Examinons en détail le troisième cas : le vendeur veu continuer son opération. Il est vendeur, avons-nous dit au 30 septembre ; il devra racheter, en liquidation Ai 30 septembre, pour livrer à son acheteur, qui ne consea pas à renouveler le marché. S'il en restait là, son opérs tion au 30 septembre serait liquidée, et il ne serait phx engagé, à terme du moins ; mais nous avons suppoS» qu'il voulait, au contraire, continuer son opération ; terme et la reculer de toute une liquidation; il devt"1 «•dors vendre la mémo quantité de rentes livrables au1 1T) ou au 31 octobre suivant que les titres ont une o' deux liquidations par mois; il aura donc, comme on voit pour continuer son opération, deux transactions à accoitl plir ; un achat au 30 septembre et une vente à l'échéant suivante. Par une série de transactions analogues, l peut, chaque liquidation, reculer le terme définitif de sol opération, et nous verrons un peu plus loin quels som les effets que produisent sur les prix cette série d'affairedoubles.

Pareillement, si le quatrième cas se présente; si c'es* l'acheteur qui a seul le désir de continuer son opération^

il devra contracter d'abord une vente au 30 septembre, puis un achat au 15 ou 31 octobre suivant le cas.

Par ces deux exemples, on voit que l'on peut, soit comme acheteur, soit comme vendeur, continuer ou arrêter son opération suivant l'opportunité. Si on veut l'arrêter, on ne fait que la première partie; pour la continuer (1) on exécute les deux. Il est bien entendu que nous avons supposé que l'individu acheteur ou vendeur n'avait ni titres ni argent; si, acheteur, il a de l'argent, il peut, la liquidation arrivée, prendre livraison des rentes achetées; si, vendeur, il a les titres, il pourra, pareillement, les livrer contre espèces ; mais, en tout cas, et c'est là ce que nous désirions démontrer, il peut, question de crédit à part, continuer indéfiniment son opération.

On a vu que, dans le second cas, vendeur et acheteur, d'accord pour ne pas liquider, se mettaient également d'accord pour régler ultérieurement leurs opérations. Dans la pratique, ils adoptent les conditions établies par les résultats notoires des opérations de ceux qui se sont trouvés dans les troisième et quatrième cas. Dans ce second cas, il y a report direct, vendeur et acheteur prolongent, reportent leur opération, soit qu'ils se connaissent, soit que leurs mandataires agissent pour eux. Dans les troisième et quatrième cas, le vendeur (ou l'acheteur) ayant liquidé son opération courante et contracté une opération à échéance^ suivante obtient par le jeu de cette double opération l'effet d'une prolongation. C'est le report indirect.

Nous pouvons, à présent, nous occuper des effets que

(1) Les Anglais appellent le report continuation, et les Allemands prolongation ; on voit pourquoi.

ces diverses transactions à terme peuvent produire le prix des valeurs. Auparavant, remarquons q lorscpie le moment d'une liquidation est arrivé, ven< ou acheter au comptant ou livrable en cette liquidât! c'est la même chose, car la livraison peut s'opé presque en même temps.

Cela admis, on voit qu'à chaque liquidation, pour c tinuer toutes les opérations à terme que Tune des pari désire prolonger, il faut puiser dans le marché du cou tant, soit des espèces, soit des titres. Ces rapports entre deux marchés sont, à la bourse comme partout aillei soumis à la loi économique de l'offre et de la deman

Mais c'est surtout chez les capitalistes reporteurs q faut puiser. Et maintenant il est temps de décrire opérations de report.

Nous avons vu, en effet, des spéculateurs ayant recc à des opérations ayant pour résultat de prolonger le opérations précédentes. Il faut voir maintenant l'ai côté, le rôle des capitalistes intervenants.

Aux époques de liquidation, surgissent en bourse capitalistes qui, les uns avec leurs titres, les autres a leur argent viennent profiter du besoin des vend* d'avoir des titres, ou des acheteurs d'avoir de l'arg< Ces capitalistes vont livrer à la place du vendeur barrasse et lui rachètent à terme suivant, les titr meilleur compte, ou vont lever pour les acheteurs ï argent et leur vendre, à terme nouveau, les titres s levés. Les capitalistes intervenant qui vont, en fait, pr des titres ou de l'argent, vont agir en épousant le n vement de la bourse. Voici comme ils agissent. > allons voir aair un détenteur de titres faisant servir

s. OPÉRATIONS DES BOURSES DE COMMERCE 85

titres à des opérations de report. Nous verrons ensuite un capitaliste employant en reports ses espèces.

Un capitaliste a des valeurs en portefeuille qui se négocient à terme. (C'est une condition essentielle.) Il sait qu'il y a des vendeurs en bourse plus ou moins embarrassés de la vue des titres semblables. Parfois ce capitaliste a besoin d'argent lui-même et cependant il ne serait pas fâché de conserver sur ses titres les chances de plus value. Que fait-il?

Il va trouver un agent de change ou un banquier et lui remet ses titres que celui-ci vendra, et dont il lui remettra l'argent. Puis l'intermédiaire achètera à terme pour son client des titres semblables. S'il y a en bourse des vendeurs embarrassés pour livrer des titres, ces titres survenant sur le marché seront les bienvenus. Ilsv étaient demandés ; donc ils étaient chers. A terme suivant ils sont meneur marché. La différence entre le clier et le meilleur marché constitue un déport. Si les titres n'étaient pas rares sur le marché, ou le besoin d'argent du capitaliste détenteur de titres a été plus grand que n'était grand en général le besoin des titres, ces titres seront rachetés à terme plus cher que le prix auquel ils viennent d'être vendus et livrés. La différence entre le prix de vente et le prix d'achat à terme constitue le prix du report.

En d'autres termes, il y a déport quand ce sont à certain moment les titres qui sont demandés par rapport à l'acquêt, il y a report quand l'argent est plus rare que le titre. Celui qui emprunte l'acquêt en prenant des titres qu'il revend à terme se fait reporter et celui qui donne des titres qu'il reprend à terme reporte (1).

. (1) On dit aussi, dans le cas de celui qui emprunte l'argent et

Il y a là quelque chose de difficile à saisir poui personne qui n'est pas habituée à ces sortes d'opérc on conçoit mal qu'un intérêt (ou mieux un love payé à un titre pour le prêt de ce titre.

Jusqu'alors, il avait pu sembler à presque tou personnes qui sont étrangères à la bourse, qu l'argent seul qui a la propriété de percevoir un : sans être susceptible de subir une détérioration rielle.

Cependant, le louage d'un objet quelconque repr en partie l'usure de cet objet et pour une autre pa prix d'un service. Le déport est le prix d'un serv afin de nous faire mieux comprendre, nous montrer dans quel cas le déport existe.

On sait que la quantité de titres de chaque nati limitée ; ainsi, il y a un nombre limité de rente nombre limité d'actions ou d'obligations de chaqu pagnie de chemins de fer, etc. : supposons que ] vendu, à terme et à une même époque, une ce somme de rentes sans avoir les titres en main, s'appelle, en termes de bourse, vendre à découvt

prête le titre, qu'il donne en report, et de celui qui, au c> prête l'argent et emprunte le titre, qu'il prend en report; r dernières expressions sont moins usitées que les première (1) Le mot découvert est aussi employé comme substa même que l'on dit le terme, le comptant, on appelle le dé l'ensemble des ventes à terme faites par ceux qui n'ont titres en mains, et qui, par conséquent, au moment de la tion, seront contraints, soit de se racheter, soit de repo] découvert est un des motifs qui excitent le plus les gouver à tourmenter la bourse par leurs règlements parce qu'ils putent le crime (à leurs yeux) de miner le crédit public. î renroyons au dialogue de Mollien et de Xapeiéon (voir i

comme on ne doit livrer ces titres qu'à l'expiration du marché à terme, on conçoit parfaitement qu'une personne, dans l'espérance de voir les cours baisser avant l'expiration du marché, ait vendu à découvert, c'est-àdire sans posséder de titres, se promettant de racheter avant l'arrivée de la liquidation. Mais si, loin de baisser, les cours montent ou même se soutiennent seulement, il est certain qu'à l'expiration du marché, il faudra ou que le vendeur perde une différence en rachetant ce qu'il a vendu à découvert, ou bien qu'il continue son opération, comptant réussir à ne pas perdre ou môme à gagner, s'il a du temps devant lui. Dans ce dernier cas, il devra chercher des prêteurs de titres, leur offrant un avantage qui sera d'autant plus fort que le nombre de personnes dans le même cas que lui sera plus grand et que le nombre de préteurs sera restreint. C'est le prix du service rendu, en ce cas, par le prêteur de titres que l'on appelle déport; il est basé, comme on le voit, sur la rareté du titre, comme le prix de l'argent l'est sur la rareté du numéraire; en un mot, l'argent et le titre sont deux marchandises soumises, comme toutes les autres,. à la loi de l'offre et de la demande, et susceptibles, en conséquence, de produire un revenu quand on les prête. Imaginons maintenant un capitaliste ayant des espèces inemployées. Il sait qu'il y a des acheteurs en bourse qui sont en quête d'argent, ou bien lui-même, il éprouve le besoin de faire de son argent un placement temporaire. Il ira chez son agent de change ou chez son banquier. Celui-ci lèvera pour lui des titres en liquidation,

nexes), s'ils ne sont pas suffisamment convaincus par nos arguments.

qu'il revendra en même temps à la plus prochain A échéance. Notre capitaliste vend-t-il plus cher à terojj "Tes titres qu'il ne les paie au comptant? Il bénéficie d'qj report qui équivaut pour lui au loyer de l'argent qu3| prête. S'il y a déport, c'est-à-dire s'il perd à acheter dfl titres et à les revendre à terme, il va de soi qu'il n'a pqjj intérêt à opérer, à moins qu'il n'ait intérêt tout spédl| à posséder certains titres à certain moment, tout coœn^ le détenteur de titres, d'autre part, n'a intérêt à portai ses titres au marché, pour épouser le mouvement deli bourse que s'il y a déport. Le détenteur de titres m consentira à perdre, c'est-à-dire à payer un report, qof| s'il a besoin d'argent lui-même. j

Etmaintenant, résumons-nous en présentant un tablea|( des différents agissements qui se produisent aux liquï dations, c'est-à-dire aux échéances des opérations i terme. Des acheteurs lèvent, des vendeurs livrent. Dçi acheteurs se liquident par une vente, des vendeurs • liquident par un rachat. Des acheteurs et des vendeur s'entendent pour continuer leurs opérations selon le conditions qui seront constatées à la cote. Des acheteur se font reporter, pendant que leurs vendeurs veulen livrer et livrent. Ces acheteurs ont recours à une vent et à un nouvel achat à terme, tandis que d'autres, dan le même cas, ont recours à une seule et même personn qui prend les titres et les leur revend à la nouvell échéance. Des vendeurs reportent leur vente, pendai que leurs acheteurs leur offrent de prendre livraisoi Ces vendeurs ont recours à un achat grâce auquel il atisfont leurs acheteurs, mais ils vendent à la nouvell échéance les titres qu'ils viennent d'acheter. D'autre

vendeurs, dans le même cas, ont recours à des détenteurs de titres qui livrent pour eux, à la condition que ces premiers vendeurs s'engagent à livrer lors de la nouvelle échéance à ceux qui sont aussi venus à leur secours. Toutes ces combinaisons se produisent à la bourse, discutées par les intermédiaires pour le compte de leurs clients. Toutes ces affaires se heurtent, se mêlent, se croisent, et, peu à peu, se clarifient, se liquident.

Il y a eu report quand il y a eu plus besoin d'argent que de titres^ et quand le titre à l'échéance suivante est plus cher qujaa liquidation,. Il y a eu déport quand il y a eu plus, besoin deti très que d'argent et quand, par conséquent, le titre al' échéance est moins cher qu'en liquidation. Il y a eu report au pair quand le besoin d'argent a été égal au besoin des titres et que la différence entre les prix en liquidation même et à l'échéance suivante est nulle. Voilà maintenant la liquidation terminée. Des écritures intérieures seront passées, des règlements vont intervenir, mais à la bourse même, la liquidation est terminée. On négocie à une nouvelle échéance, qui est à présent devenue l'échéance courante. Toutes les opérations qu'elles proviennent ou non d'un report sont au 15 ou fin courant. On est parti à nouveau.

Nous avons vu que l'acheteur et le vendeur à terme ont un droit égal, la liquidation venue, de continuer ou de terminer leur opération; nous avons aussi vu que, fort souvent, des intérêts majeurs étant engagés à la hausse ou à la baisse, l'une des parties refusait de prolonger l'opération, dans l'espérance que son adversaire serait forcé d'accuser une position gênée, en titres ou en espèces disponibles, et faciliterait ainsi un mouvement

iK) PREMIÈRE PARTIE

contraire à ses intérêts et conforme à ceux de son adve partie.

Il est d'usage (à moins que des conventions spécial ne disent formellement le contraire) de laisser à Pacj teur la faculté de réclamer du vendeur, à toute époqit*^" antérieure à la liquidation, la livraison contre espèce^i^ des titres négociés; c'est ce que Ton appelle escoroplrt*3r On conçoit facilement le but de cette opération, qui

de contraindre les vendeurs à découvert d'avouer le ~

besoins de titres et de racheter ces titres, s'ils ne trowÉP^ vent point de prêteurs dans des conditions avan geuses. Souvent, il est vrai, l'acheteur peut manquer but, si les vendeurs ont les titres en main, et alors, loi» de monter, les cours baisseront, si les acheteurs n'ontei pour but que de revendre à des conditions onéreuse»-*/] pour les vendeurs à découvert, les titres dont ils suppo-* saient le besoin. On comprendra, cependant, quel avan— j taire énorme ont les haussiers, et combien il faut être-sûr j de son opération, pour ne pas craindre d'entrer dans la- | voie des ventes à découvert! * 3

Le droit d'escompte était jadis absolu, sauf dans le cas ] de stipulation de non escompte. Cette stipulation de non s escompte était et reste considérée comme implicite ; lorsque le déport correspond à un avantage qu'a entendu conserverie vendeur, présumé détenteur de titres, lequel perd une somme provenant du déport à cette seule fin de conserver son titre et de profiter des avantages attachés à sa possession. Exemple: Tel titre vendu par moi devra <Hre produit à telle date par le détenteur en raison d'un (1 l'oit de sou script ion attaché à sa possession. Avant l'exercice du droit survient l'époque de livraison. Je paie un

ort pour conserver le titre et use de mon droit de «ription. Il tombe sous le sens que si mon acheteur ce Je droit d'escompte, il profite du droit que je me savoir acheté à la liquidation dernière. La question •ête plus à discussion, depuis le décret du 7 octobre relatif aux conditions d'exécutions des marchés à î. L'article 63, paragraphe 2 (voir aux annexes i, e que la faculté d'escompte ne peut plus être be par celui qui a bénéficié d'un avantage quele pour effectuer une livraison en report, c'est-àuand l'acheteur a perçu un déport.

aciiÉ a prime. — On appelle marché libre ou à

une opération dans laquelle un acheteur, donnant )mme appelée prime, se réserve, durant un certain , la faculté d'imposer l'exécution d'un marché ou

pas l'imposer. En d'autres ternies, l'acheteur à se réserve la faculté de se porter contractant d'une ion convenue à telles conditions de quantité et de ïaete par lequel l'acheteur n'use pas de la faculté, niant ainsi la somme payée pour prix do cette '■, s'appelle abandon de la prime. Dans le cas con-

on dit qu'il lève, et alors le marché à prime it ferme et se traite comme toute opération ferme,

que soit son origine. Le droit de lever n'appari l'acheteur que jusqu'à une certaine époque (1), <use est de prendre pour terme les époques des

«•marquons que cette époque extrême appelée repon^c de* ; n'est qu'une limite; l'acheteur pourrait lever sa primo .uJMur de la réponse, si tel était son désir; mais son intérêt

liquidations des marchés fermes pour les mêmes vak En cas de non-réponse de la part de l'acheteur, la pi est considérée comme abandonnée, à moins qu'il ne patent qu'il y avait avantage pour lui à réaliser au o du moment de la réponse des primes.

A Paris, il est dans l'usage de ne faire que des n chés à prime pour acheter ; l'acheteur ayant seul le c d'abandon. On y pratique cependant, mais rarement, stellages, opérations par lesquelles l'opérateur, ache du stellage, a pouvoir de se déclarer acheteur ou i deur mais le devoir de choisir. Cependant il ne verse une somme ; il paie cette faculté de choisir dans le auquel il se déclarera. Sur les autres places de l'Eur à Londres, par exemple, il y a trois sortes de marcfc prime. Dans la première, il y a opération à prime] lever, dans la seconde, prime pour livrer; dans la * sième, prime pour lever ou Iwrer. Cette dernière s'apj à Londres option (1) ou encore put and call. Poui opérations à primes à Londres, le prix (la prime se culant en dehors) est généralement le même que poi ferme, la prime variant au gré de la loi de f offre et « demande ; mais, en règle générale, pour les primes < naires, la prime étant une indemnité qui libère la p; qui a la faculté de l'abandonner, comme la perfo cette dernière partie se trouve limitée au montant < prime, l'autre partie tient son prix à un taux qui lu plus avantageux que le cours ferme du jour de l'op

(1) Anciennement, le mot option s'appliquait à tout mart prime. (Voir Savary, Dictionnaire de commerce, 1123, au Marché.) Actuellement, on ne l'applique plus que dans le cas gné ici, mais en réalité tous les marchés à prime sont des op

sans cela cette dernière, au lieu de contracter une ionàprime, où ses risques restent illimités, tandis îux de la partie adverse sont au contraire très , aurait infiniment plus de profit à faire une opéferme. Ainsi donc on concevra que le prix d'une ordinaire (ou pour lever) doive être supérieur au erme de la valeur : si c'est une prime pour livrer, sera, au contraire, inférieur au cours ferme. En plus la prime est petite plus la différence entre s de l'opération et le cours du terme sera consi- 3. Plus le montant de la prime s'élève, plus cette ace s'atténue. On conçoit, en effet, que celui qui cevoir une indemnité faible en cas de mécompte, *e une compensation, et que cette môme compens' atténue en raison directe de l'importance de la qu'il a à recevoir.

Allemagne, l'opération à prime, comme elle se ue en France, à savoir celle où l'acheteur a droit ilier le marché, moyennant l'abandon d'une prime, nme Vorprœmie, et celle où c'est le vendeur qui a >it Rûckprœmie. Il s'y pratique aussi des stellages, es conditions sont semblables à celles du pnt and nglais, où l'une des parties, le Wœhler f a le droit déclarer, à jour dit et selon son gré, acheteur ou îur moyennant une prime payée, en tout cas, à e partie, le Stellcr. lien résulte que le Wœhier est heteur au cours plus la prime, ou vendeur au cours 3 la prime. L'écart entre ces deux cours extrêmes, é Spannung, est donc juste le double de la prime mie). Le Wœhler n'est nécessairement ni haussier .llemand Liebhaber, en amrlais Bull), ni baissier

(contremine en allemand, Bear en anglais). Il s'attenc. . à une variation sans en préjuger encore le sens* —

Il est à remarquer que l'on prend pour hase toutes ces opérations le cours du ferme ; la prime comptée en dehors, comme nous le dirons plus bas, France, pour les marchandises. En plus, c'est la primspj qui varie dans son importance, selon les demandes 01 offres, et non le cours, ce dernier étant toujours ceh du ferme. Ainsi, un acheteur de Vorprœmie offre di payer une prime de 2 marcs par action de telle ou tel valeur, quand le vendeur lui en réclame 3. Si le marcl est à la hausse, le cours viendra à 3; s'il est à la bai* il s'établira à 2. Mais il n'y aura pas, comme en Francev un cours /2 et un autre /3 au même moment.

La fertilité inépuisable de l'imagination allemande matière de spéculations de bourse a encore inventé l'o] ration dite NoclujcsclKefi, où soit l'acheteur, soit le vett^| (leur à prime (selon le sens), ou encore le Wœhler, si c'est un stellage, a le droit d'exiger, selon la convention, au moment de la réponse de primes (Prœmienerklœrun<j)7 plusieurs fois la quantité fixée en levée ou livrai- f son, selon son intérêt. Bien entendu, en faisant l'opéra- t tion, on établit de suite le nombre de fois qu'elle pourra • être répétée comme importance en capital et titres.

L'ensemble des opérations fermes et à prime constitue ce que l'on entend par marchés à terme (1) (en anglais Tlmc Baryain, en allemand Zeitgescliœft).

(l'i ï/ensemble des offres et des demandes à terme à un moment sur une valeur déterminée s'appelle le terme: c'est ainsi que Ton \ dit le terme est abondant, offert, rare, demandé. On dit également, : par opposition, le comptant pour l'ensemble des offres et des

OPÉRATIONS DES BOURSES DE COMMENCE \)il

Cest d'une manière générale et sans faire aucune mention des usages spéciaux à telle ou telle place que ■ousavons décrit toutes les opérations précédentes ; mais pour rendre encore plus complet le tableau de celles qui «font sur les effets publics, actions de chemins de 1er ou autres valeurs, nous allons relater ce qui est particulier aux principales bourses de France. Nous commencerons par la Bourse de Paris.

Les rentes françaises perpétuelles ou amortissables, les obligations de la ville de Paris et de la ville de Marteille, les actions de la Banque de France, du Crédit foncier de France et des Compagnies de Chemins de fer çais (Est, Lyon, Midi, Nord, Orléans, Ouest, etc., Est-Algérien, etc.), ainsi que les obligations à lots du Crédit Foncier de France, se négocient à terme (c'est-à- <fre soit ferme, soit à prime), livrables chaque fin de ■lois, toutes les autres valeurs, tant françaises qu'étrangères, que l'on fait à terme, jouissent de- deux liquidations par mois : celle du 15 et celle de la fin du mois 1 1 .

! ,k'iand«'s nu comptant, à un moment diurne';, sur une valeur déterfoiaâ;. Lo comptant se raffermit, est mm.

I A Paiis, antérieurement au 15 juin 1S 14, il n'y avait pour '-ui.-> \i:< valeurs qu'une seule liquidation par mois; de cette 'pv»'jiie au 1er novembre 1859, il y eut deux liquidations pour l'Ut'.-s, les rentes françaises exceptées; du l': novembre is.VJ au •>l juillet lsfi'î, il n'y eut plus qu'une seule liquidation ; seulement, ''];• l-.'s valeur^ jouissant antérieurement delà faveur de deux liqui- ■ati >n<. ou put faire des primes, soit au 15. soit lin du mois. La •'•/• -use de ces primes avait lieu le 15 <>u le deini'H* jour du mois, ; ^liquidation s'en opérait lin du mois. Depuis le :;1 juillet lv.;t5. m a rétabli la liquidation de quinzaine, même pour les opérations Tiii«'>, mais toujours à l'exception des fonds français. Cependant .- «l'Mix (îoulisses, même celle des valeurs, ne connaissent, qu'une eu!-.- liquidation par mois.

A terme, les négociations se font par petites quoi fixes dont voici les bases :

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