‹ Traité des opérations des voies urinairesChapitre 2 sur 66 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Da cathétérisme,

Le eathétérisme est l'introduction dans l'urèthre, jusque dans la vessie, des instruments destinés, soit à l'exploration de l'urèthre et de la vessie, soit à l'évacuation du liquide contenu dans la vessie, soit aux opérations pratiquées dans l'urèthre et la ve:

De là trois genres de cathétérisme : 4° l'explorateur, 2 l'évacuateur, 3° celui des opérations spéciales Cette division utile dans la pratique journalière, selon l'indication chirurgicale à remplir, entraine à des redites conti auelles si l’on s'en sert dans l'exposition des manœuvres opératoires.

Ainsi le cathétérisme est explorateur pour faire reconnaitre la cause d'une rétention d'urine, et en permettant d'arriver dans la vessie, devient par cela môme évacuateur, De plus, selon les cas, le cathétérisme explorateur ou évacuateur se fait avec des sondes de forme, de consistances variées, ce qui entraine forcément des modifications réelles dans les manœuvres opératoires, — Au lieu de nous servir de ces division du cathétérisme, basée sur les indi-

36 DU CATHÉTÉRISME,

cations chirurgicales et sur les différents buts de l'opération, nous classerons le cathétérisme d'après les manœuvres spéciales qu'il nécessite, c'est-à-dire d'après la sonde où l'inatrument employé.

Les instruments spéclaux aux opérations de lârèthre et de la vessie présentent presque fous la forme .d'une des sondes en usage; la division du cathétégisme que nous adoptons nous évitera de répéter, à propos de la description de chacune des opérations, la menduvre d'introduotion de l'instrament. ie

Division. — Le cathétérisme est pratiqué, selon l'indicati chirurgicale, avec des sondes rigides{métalliques), ou a: des instruments flexibles. Les premières ont forcément.ane direction et une forme fixes; lesseoends ont, âu contraire, une direction mobile et une forme variable ; de là résultent des manœuvres spéciales dans l'introduction de ces deux

renres de sondes : 1° cathétérisme avec les sondes rigides :

“ © DU CATRÉTÉMISME. 31

nents ehirurgiens, de yoir décrite une manœuvre commune à toutes ces sondes, quand, dans la pratique ou dans les répétitions opératoires sur le cadavre, on est obligé de varier la manœuvre selon la sonde employée :le mécanisme d'introdugtion des sondes variant vec leurs formes. Ainsi, dans le cathétérisme curviligne, la sonde ayant la courbure de l'urêthre, son introduction doit être pratiquée sans que son extrémité comprime l’urêthre; au contraire, avec la sonde à courbure, différente de celle de l'urèthre, en traversant la partie fixe du canal, le bec de la sonde et le sommet de

+la courbure compriment forcément les parois opposées de Varèthre. Cest, du reste, cette dilatation de l'urèthre par la compression du bec et du sommet de courbure sur les parois opposées de l'urèthre, que l'on a voulu obtenir à l'extrême avec la sonde de Mercier.

Règles communes à tous les cathétériomes. — Quel que soit son but, le cathétérisme doit toujours être explorateur; car souvent, en suivant avec une rigueur automatique les . mouvements prescrits par la médecine opératoire, si le chirurgien ne comprend pas la valeur des sensations que lui transmet la sonde et ne s’en sert pas pour la diriger, il s'expose à faire de grands délabrements.

Il est deux sensations auxquelles tout d'abord doit s'habituer le ehirurgien, quelle que soit la forme de la sonde; il faut reconnaître : 4° {a sensation de résistance produite par um obstacle situé au devant de l'extrémité de la sonde (du bec); 2° la sensation de résistance due à une pression sur la surface latérale de La sonde.

La main assez exercée pour distinguer ces deux sensations arrive vite À reconnaitre la consistance des obstacles, et pra tique bientot le cathétérisme avec habilelé. Il faut s'exercer à percevoir ces sensations de résistance, non-seulement avec les sondes métalliques, mais encore avec les sondes de

38 DU CATERTÉRIENE,

gomme, et surtout avec les petites bougies de baleine destinées à franchir les rétrécissements étroits.

Pour percevoir ces sensations données par la sonde, la règle, dont lo chirurgien ne doit jamais s'écarter, est : La sonde doit étre poussée dans l’urèthre par des mouvements continus et observés. C'est-à-dire que pendant tout ls mouvement de propulsion donné à la sonde, le chirurgien doit se rendre compte du degré de résistance à l'extrémité de la sonde et de la pression latérale exercée sur elle.

Pour satisfaire à cette règle, la main qui conduit la sonde doit être lu plus exercée, et de plus tout le mouvement de propulsion de la sonde doit être communiqué par cette même main.

C'est pour cela que nous posons en principe : Le chirure gien qui ala main droite la plus exercée, doit toujours se mettre à droite du malade et jamais à gauche; ce qui l'obligeraità commencer le cathétérisme avec la main droite

Du aratrinsus. =

la miction. De là l'appareil musculaire qui est chargé de rapprocher les parois de l’urèthra et d'empêcher le passage continuel de l'urine dans sa cavité. Cette oblitération de l'arèthre est produite, selon les uns, par un sphincter; selon les autres, par le contact des deux parois de la prostate Œuss); selon d’autres, par la lèvre inférieure du col vésical faisant soupape (Meroier); selon Caudemont, par tout l'appareil musculaire qui entoure le canal. Quel que soit le mécanisme adopté, le fait important pour le cathétérisme est que, pendant le repos, les parois de l’urèthre, rapprochées parune force très-faible, se laissent facilement écarter par la sonde.

Get état de calme de l'appareil de la miction pendant lequel la tonicité propre de l’urèthre suffit à elle seule pour empécher l'écoulement de l'urine, est justement l'état le plis convenable pour le cathétérisme; celui que le chirurgien doit chercher à donner au malade pendant qu'il pratique l'opération.

Afin de mieux déterminer les moyens propres à remplir celte indication chirurgicale, étudions les conditions de ce repos de l'urèthre. i

Si une force quelconque, soit la contraction propre de la vessie, soit une pression sur la vessie par los viscères abdominaux, comme pendant l'effort, tend à chasser l'urine dans V'urèthre, la tonicité de l’'urèthre ne suffit plus pour arrêter l'urine; l'appareil musculaire constricteur de l’urèthre réagit, se contracte, rapproche plus énergiquement les parois du canal, et rend par cela même le cathétérisme plus difficile; c'est ainsi que l'orbiculaire de l'urèthre, dans toute la portion membraneuse, les fibres musculaires prostatiques, les petits muscles de Winslow et les bords internes du releveur de l'anus, le sphincter de la vessie, se contractant simultanément, compriment l'urèthre, oblitèrent son calibre dans toute sa portion ascendante du bulbe à la vessie. Naturelle-

CE x 40 pu CATRÉTÉAENE.

ment, à l’état physiologique, cette contraction uréthrale se gradue d'après la force qui agit sur La vessie. #

Les conditions physiologiques dans lesquelles T'urèthre a à lutter contre une conipression ‘de la vessie sont nômbreuses: toutes les fois qu'il ya effort : foutes les fois que la paroi abdominale se contracte. Ainsi, pendant la” station debout, la contraction abdominale nécessaire à cet Aabitus : entraine une contrastion de l'urèthre qui empêche le cathétérisme. Souvent j'ai obsgré ce fait chez les malades qui, étant debout, ne restent pas les reins appuyés. pendant l'introduction de la sonde, il 3 alor obstacle, ; qui cesse sitôt qu'on fait appuyer les reins. Dans Phabi- ! tus couché horisontalement sur le dos, sitôt que Je sat relève la tête, s'appuie plus ou fortement sur les talons comme pour pousser on se roïdir, il se produit un effort, une contraction des parois abdominales, qui provoquent la contraction uréthrale.

DU CATHÉTÉRISME. mi

nécessaire ; l’urèthre est dans les conditions où sa tonicité seale suffit à empêcher l'urine de le traverser.

2 Hanrros coucRÉ. — / faut placer le sujet couché horizontalement sur le dos, la tête légèrement relevée, la bouche ouveri les jambes, fléchies et écartées, doivent reposer, non pas sur Les talons, mais sur leur face postérieure, ce qui s'obtient à l'aide d'um coussin transversal placé sous les jambes. — Ici encore la contraction de l'abdomen n'est pas nécessaire à l’habitus.

En donnant l’une de ces deux positions au sujet, on est à l'abri de la cause physiologique de la contraction urétbrale qui tient à l’habitus. Mais l'effort, si faible qu'il soit, dont la contraction uréthrale esi une des conditions physiologiques, se produit avec la plus grande facilité chez le sujet qui est dans une des deux positions indiquées : chez le sujet pusillanime, sous l'infuence de la crainte, il y a effort même avant que l'opération soit commencée. Le contact de la sonde avec la partie antérieure de l’urèlhre, ou même avec le méat, détermine la contraction du canal. Mais ici la cause physiologique, ou plutôt le mécanisme physiologique de la contraction, est complexe. Le plus souvent il y a un effort dû à la crainte primitive, ou à la crainte déterminée par la sensation désagréable de la sonde, ou bien il y a contraction de l'urèthre par effet réflexe direct, c’est-à-dire sans que l'effort intervienne : l’urèthre se contracte seul et s'oppose au passage de la sonde.

Cette contraction de l'urèthre, réflexe directe, où par l'effort, varie selon les sujets, selon la sensibilité propre de la muqueuse uréthrale; elle acquiert, dans certains cas d'aération pathologique de l'urèthre et de la vessie, une énergie telle que le chirurgien, quoi qu'il fasse, malgré la position et une excessive patience, ne peut habituer le canal aucontact de la sonde.

Ainsi, il y a deux séries de causes à la contraction uré-

u2 DU CATRÉTÉRISNR.

thrale :41 les causes physiologiques, qui tiennent à l'habitus el au phénomène réflexe; 2 les causés pathologiques qui tiennent à la pusillanimité du sujet, à la sensibilité. de v varie avec les affections de l'urèthre etde la vessie ct aussi avec la pusillanimité du sujet,

êthre qu

En somme, les seules causes purement physiologiques sont celles inhérentes à Ja position du sajel; car les contrac-

tions réflexes variables a:

la sensibilité du canal, ne sont pus un obstacle réel quand cette sensibilité n'est que nor-

male.

Si le chirurgien, ne tenant aucun comple des causes physiologiques, met un malade, dont l'urèthre est déjà très-sensible en raison de l'affection existante, dans un® position loujours accompagnée de contraction de l'urèthré, il réunit contre lui toutes les conditions de cette contrac-

on uréthrale, et s'expose à faire une tentative inutile. à de

De là, quels que soient la nature de l'affection, le deg

DU CATHÉTÉAIEMS. us

volontaire de l'urètbre va nous fournir plusieurs données importantes, capables de diminuer, ou même de rendre nalles les causes pathologiques. :

Volontairement, l’urèthre se contracte par deux moyens:

4° 1 y a effort, dont le but est la contraction de l'urèthre. — ki l'effort, en se répélant, peut prolonger la contraction wéthrale; mais si l'efort a pour but unique la contraction da l'urèthre, sil n’y a pas un autre moyen de dépense à la fœce produite, il arrive toujours, après quelques instants, we fatigue telle que la contraction de l'urèthre ne se fait plus. Chez l'individu qui contracte énergiquement l'urèthre pour empêcher la sortie de l’urine dans l'envie d’uriner, après quelques instants, son effort n'agit pas seulement sur sujet se remue, marche, s'appuie, puis re- 1 ne peut maintenir l'effort capable de fermer lurèthre s'il reste immobile. L'effort destiné volontairemat, en dehors de l'envie d'uriner, à oblitérer l'urèthre, «st le même. Si on met le sujet dans une position telle que la dépense de la force produite soit nulle en dehors de la contraction urétrale, le fatigue se produit bientôt, et le tathétérisme se fait alors sans obstacle.

? L'urèthre se contracte volontairement seul, comme dans le coup de piston, au dernier temps de la miction. — Ici la fatigue arrive bien plus vite que lors de la contraction volontaire par l'effort; la contraction uréthrale, en se répétnt précipitamment, diminue à chaque fois de force, et bientôt devient impossible sans l'effort.

Ces phénomènes sont faciles à vérifier sur soi-même. En coatractant seul l'urèthre après plusieurs contractions, il arrive une telle fatigue au périnée qu'il n'est plus possible de recommencer. Il es cependant des cas pathologiques où La contraction volontaire de l’urèthre, tout seul, est possible longtemps, c'est lorsqu'il y a dans l’urèthre une cause

us Du carairiisus.

d’excitation, telle que de l'urine ou du muco-pus en arrièse d'un rétrécissement; mais ici le liquide’ contenu anormale. : ment dans l'urèthre l’excite, détermine un besoin 1de contraction, donne un but à la contraction uréthrals qui s'épuise sur le corps étranger qu'elle tend à chasser de sa cavité comme dans le coup de piston. ‘Bi, chez le sujet'qüi a une rétention de liquides dans l’urèthre, ches qui l'éthre seul se contracte volontairement un grand nodifiée de fois de suite, à la fin de la miction, pour le coup de plston, ou en dehors de l'acte d'uriner, on fait disparaître la rétention, on vide Purèthre, on enlève la cause d'excitetion et le but de la contraction uréthrale, il n'y a plus d'épuisement à la force produite par la contraction, et bientôt l'urêthre ne peut plus se contracter seul, sans fatgue, qu’un très-petit nombre de fois.

Ainsi la contraction volontaire de l’urèthre n’est pas un obstacle au cathétérisme. L’urèthre contracté volontaire

DU CATHÉTÉRISME. 45

phyriologiquement, où il ne peut rester contracté longtemps volontairement, la pusillanimité fait que le sujet, ëms la position debout, ou bien penche la tête pour regarder les mains de l'opérateur, ou bien quitte le point d’appui des reins, ce qui, dans l'un et l'autre cas, entraine la contraction de l'urèthre; dans la position couchée, le sujet relève La tête pour regarder ce qu'on lui fait, ou bien se cramponne avec les mains, et fait encore un effort qui entraine la contraction uréthrale ; ici, pour éviter cette cause d'obstacle au cathétérisme, il est utile de recommander au malade de fermer les yeux. On comprend très-bien l'ulilité du rideau qu'Heurteloup mettait devant la face du malade qu'il opérait. Malgré cela, la contraction uréthrale, due à la pusillanimité, peut persister, mais la position couchée étant donnée au malade, s'il n'y a pas une sensibilité exagérée de l'urèthre entratnant une contraction uréthrale presque continue, les efforts ne trouvant pas de points d’appui à l'épuisement de la force produite, la fatigue arrive bientôt, et la sonde passe facilement.

La sensibilité de l’urèthre exagérée, entrainant la contraction réflexe du canal, est certainement la cause d'obstacle au cathétérisme la plus difficile à vaincre.

Ici deux cas se présentent :

4° Si le cathétérisme n'est pas urgent, s'il n’est pas nécessaire d'arriver immédiatement dans la vessie comme dans la rétention d'urine, il faut habituer l'urèthre au contact des corps étrangers, et pour cela introduire dans l’urèthre, jusqu'à la distance permise par la sensibilité, une sonde molle en cire (Ciriale), l'y laisser tant qu'elle n'y produit pas un excès de douleur, et répéter cette manœuvre tous les jours ou tous les deux jours, jusqu'à ce que, la sensibilité émoussée, il n'y ait plus de contraction réflexe de l'urèthre. Alors, on pratiquera l'exploration complète de l'urèthre et de la ves-

46 DU CATHÉTÉRISME.

sie, et l'on pourra faire l'opération. Mais quelquefois, malgré la mollesse des sondes, malgré la patience et la pru: dence du chirurgien, la contraction de l’urèthre persistetoujours, ou même augmente par ces manœuvres d'introduction incomplète des sondes. Alors ce n'est plus seulement la portion membraneuse ou le rétrécissement de l’urèthre qui se contracte, mais encore, dans toute la portion pénienne, les parois de l'urêthre s'appliquent l'une contre l'autre avec force. Enfin, dans ces cas, on voit même les frissons de l’intoxication urineuse se produire après ces cathétérismes incomplets.

Alors il faut sans hésiter avoir recours à l'anesthésie, qui permettra de faire l'exploration et même l'opération.

2° Si le cathétérisme est urgent, si la contraction de l'urbthre due à la sensibilité persiste, il faut prolonger la position debout ou couché décrite, el la tentative du cathétérisme fatigue musculaire. Souvent la cessa-

jusqu'à ce qu'il

DU CATRÉTÉRISME, 47

Ea résumé, pour arriver à pratiquer le cathétérisme, il faut que l'urèthre soit à l’état de repos, dans la tonicité de repos suffisante pour empêcher le passage de l'urine, il fut le mettre à l'abri : 4° de la contraction uréthrale physologique, qui peut tenir à l'habitus ou être volontaire ; ? de la contraction uréthrale pathologique, qui tient à la pusillanimité ou à la sensibilité exagérée du canal.

A ces aonclusions, qui découlent directement des conditions physiologiques de l'urèthre, et qui sontscientifiquement vraies, le praticien ne peut manquer d'objecter : « Mais à chaque instant nous voyons des hommes, qui ne peuvent pas uriner sans être sondés, se passer eux-mêmes une sonde jusque dans la vessie, étant simplement debout, le dos non appuyé. » En observant bien l'attitude que prend l'homme qui va se souder lui-même, ce que j'ai fait sou vent, on voit qu'il commence par se mettre dans la position ordinaire de la miction, puis il fait instinctivement le premier acte de cetle miction normale; il fait ce très-léger effort accompagné du relächement général de tous les muscles qui peuvent comprimer l’urèthre, et dans celte posiion debout, les jambes légèrement écartées, il pousse sa sonde en gomme jusque dans la vessie. Pour arriver à ce résaltat, il est le plus souvent obligé de s'y habituer, de vasurer par des essais successifs qu'il ne se fait aucun mal. Cette attitude toute spéciale du début de la miction normale demande, pour être prise et conservée, un altenion réelle du sujet, qui, en étant troublée par une cause quelconque, peut rendre impossible le cathétérisme, dans cetie position debout, le dos non appuyé. Ce malade qui # sonde lui-même debout, souvent le chirurgien ne pourra pas lui passer la sonde dont il se sert, en le maintenant dans cette position; la crainte vient immédiatement changer complétement l'état physiologique de l’urèthre qui se

LL) DU CATRÉTÉRISME.

contracte. Il arrive cependant quelquefois que le malade, restant debout les jambes légèrement écartées, conserve à l'urèthre cel état de relèchement qui permet au chirurgien de passer la sonde. Mais ici il ÿ a presque toujours eu des cathétérismes antérieurs faits par le chirurgien, qui ne laissent aucune crainte au malade, ou bien il y a une habitude telle du cathétérisme qu'il n'y a plus ni crainte agissant consécutivement sur l’urèthre, ni sensibilité du canal entraînant sa contraction réflexe directe, En somme, les cas où le chirurgien peut passer une sonde dans l’urèthre, le malade debout, le dos non appuyé, sont des exceptions, et les conditions d'attitude nécessaire aù passage de la sonde, pouvant très-facilement être modifiées par des circonstances très-diverses, il ne faut jamais pratiquer le cathétérisme sans mettre le sujet dans la position debout décrite, le dos parfaitement appuyé.

De ce qui précède découlent immédiatement les conseils

Lo » oui se sonde lui-même Pa

50 DO CATHÈTÈNIEME

les variétés de formes de l'urèthre, ét arrivé à conclure ainsi: La courbure, « née du vol de la vessie, qui se trouve à 5 centimètres en arrière de la face correspondagte du pubis, le canal descend … vorticalement dans une étendue de près de 2 tres, correspondant à la partio sus-monlanale de la prostate; il se dirigu eumaile oblique ment en bas ét én avant, en décrivant une courbe régulière Aès-variable en longneur, mais qui se maintient toujours à que distance rèssensible de la symphyse. Celle distance, qui diminue graduellement à mesure que le canal s'ayanco pour s'engager dans l'arcade sous-pubieane, est uncore de ples d'un centimètre et demi, lorsque l'urèlhre coupe l'arc de ln symphyse on passant au-dessous d'elle; colle musnre, étant prise de la voûte pubieane à l'axe du canal, gt non à la partiu supérieure, comme l'ont fuit Ja plupart dés anatoe mistes, se trouve naturellement plus grande qu'ils ne l'ont indiqué, x

AA partir de ce point, qui correspond an passage de l'urée dire à lpavers l'apouévrose moyenne, le canal s'abaisse un peu où se porte simplement en ayant dans une étendue tris-variable, mis qu'on peut estime à 26 millimétres en moyenne; l'urblhre se relève ensuite en décrivant une courbe moins profonde qui l'écarte de plus an plus dé la symphyse À mesure qu'il s'avance au devant d'elle, Cet écartement, mesuré par la longueur du ligament susponsœur de la verge, varié enoope plus que les deux distaneus précédemment indiquées, et peut étre estimé de 3 à & cenmètres, » La portion antérieure de la courbe uréthrale, du ligament suspenseur de la verge au poiot où l'uréthre travor l'aponévross moyenne du périnée, qui correspond au collet du bulbe, n'existe en réalité que dans les cas assez rares où le ligament syspenseur est très-courl. La partie postérieurs de celle négian antérieure de l'urèthre for-

52 DU CATIÉTÉNINE

Si; sans tenir compte des détails de courbure propre à chaque région, on éhéréhe l'arc de cercle qui passe par toute la eavité uréthrale, tantôt contigu la paroi supé: rieure, tantôt médian, tantôt tangent à la face postérieure, mais en somme passant où plulôt loujours contenu dans Je calibre de l'urèthre, on trouve, comme le démontre Gély, que la courbe uréthrale, selon le sujet, répond aux arcs de cérele qui out de 40 à 4à centimètres de rayon. De plus, si l'on mesure la longueur de l'arc de cerele compris entre les deux extrémités de la courbure nréthrale, c'esvh-dire du ligament suspenseur de la verge au ool de la vessie, on voit qu'il comprend le tiers de la circonférence. C'est en se basant sur ces données anatomiques que Gély fit construire les sondes dont la courbure régulière a les deux tiers d'une circonférence, ayant de 40 à 14 centimètres de rayon + de là une série de sondes s'adaptant aux différentes variétés de courbures de l'urèthre (fg. 4).

Tim N.— Sondosde Gt.

Du reste, déjà dépais longtemps Leroy (d'Étiolles) père avait fait construire une sonde à grande courbure, Amussat appelait celte sonde à grande courbure : sonde des vieillards, Béniqué, eu 188%, insiste sue l'utilité de la sonde à grande courbure régulière, et donne d'une façon précise les prin

rise curviligne , selon les variétés dé courbures tütrmabés ou pathologiques.

Sonde de Récamier. — Mécanisme d'introduction; munerus vres, — Récumier, se basant sur La mobilité de lu portion antérieure de l'arèthre (portion pénienne), sur la courbure moyenne de tout le csnal, et sur le prinéipé physique du eathétérisme : Ja sonde doit déerére un morrecment de rotation autour du contre de courbure de l'urèthre, ft éonstraire us sonde ayant la forme d'une moitié de circonférence de 48 centimètres de diamètre; il supposait qué ln courbe uréthrale n'avait que 9 ceutiméires dé rayén!

Pour cathétériser avee celle sonde, qui à dans toute som étendue La courbe dé l'irêthre, il suffit de plucer son centré

confondu avec celt dé l'urèthre, son bec contigu à l'extrémité an

ON wrieure dé ln courbe uréthrale (fig. 2), et de pousser la sonde se L lat sx courbure; alors 1 y à glise

sement de la sonde dans l'urèthre.

De 1à la manner :

lie de Varétte, mn ler mn Tatroduire la sonde duns l'urêthre jusquà ce que Le bec soit dans le eos Let dt bulbe (orifice antérieur de courbure fte du tuñal); platér le plan de La sonde dans le plon médian du corps, de façon qu'elle embrasse le publé, puis poussés douéenient {a sonde selon sa direction. C'est certainement fa manœuvre de cathrés lérisme la plus simple avec une sonde métallique ; efle est ficilement exécutable.

Seulement, la sonde de Hécamier, telle que l'auteur l'a fait fire, et telle qu'elle est fabriqtée, n'est pas complète: sa courbareest trop petite, cle devrait avoir au moins 20 centimètres de rayon. Elle dévrail surtout être plus rolumineuse ; avec son calibre, le bec, en subsant la courbe uréthrale, na

56 DU CATHÉTÉRISME

ei la portion droite est perpendiculaire à la courbe, et sa direction continuée passe par le centre dé la courbure de la sonde, C'est la forme primitive du cathéter de Héniqué.

Le mécanisme d'introduction de chacun de ces types n’est pas tout à fait le même, et chacun demande sa description,

Sonde de Béniqué.— Mécanisme d'introduction. — Avec cote sonde, la courbure étant continue à celle de l'urbihre, le bec dans le collet du bulbe, si “—— l'on pousse selon la direction

droite du pavillon, la portion courbe progresse en totalité; mais la position de cette portion Mo. 3 Cuéséter de Déiqué entrant Courbe est telle par rapport à De Frs l'arôthre, que dans ce mouve-

ment l'extrémité glisse par sa convexité sur la paroi inférieure du canal et pénètre assez avant. Si, la sonde ayant son bec au collet du bulbe, ct sa courbe continue à celle de l'urètbre, on abaisse seulement le pavillon, le bec comprime la paroi supérieure du canal et il y a arrft. Enfin, si, le bec de la sonde déjà introduit d'une certaine quan tité dans la portion fixe de l'urèthre, on abaisse sans force ut l'on pousse trés-légèrement la sonde selon sa portion droite, la courbe de ln sonde glisse facilement dans celle de l'urèe lire. Ji la disposition de In courbe est telle, que lorsque ln soude a un volume suffisant pour dépliser lurèthre, le glissement se fait avec’ln plus grande facilité, Avee nn cathéter d'étain volumineux, la courbe de la sonde, une fois introduite dans la portion membraneuse, le pavillon, en s'abaissant par son poids, suflit pour faire glisser la sonde. Alors, ik faut souvent se borner à pousser irès-légèrement sur le pavillon, en laïssant agir le poids de l'instrument, de

au oollet du bulbe. La courbe de l'urèthre étant plus lon gue, le mécanisme de propulsion de ln sonde, nu Hieu dé commencer au balbé, cotimence en avant dû pubis,

au chirurgion, colles dans lesquelles it faut métire le imilade (les positions indiquéés), déterminées; li méennisme d'in: lroduction de lt sonde à courbure sumblable à éclle dé l'arèlhre ébodié, précisons la manœuvre chirurgicale du cathétérime éurviligne.

Si lo sujet est dans la position couchée, ld chirurgien doit + placer à droité du malade en Mec du bussiti. H pren tt nl verge de la main gauche, benatret he aland à sa courent entre l'index et lo médins, et amêne La verge obliquement dans laine droite. Areola main droite, tetrantà pléiné main ln sonde par son pavillon, | lé beë étant ên bas, it introduit Vi ces à 66 bec dans le méat, pouille fa Ts 5 ts verge légérement tendue sut La so0de qu'il maintient dans I direetion de la verge; et cons dait ainsi In sonde (flg. 4), jusqu'à co que le beë soit dans l'excavation du bulbe, ce qu'il réconnalt au contset du bee avec le eub-désa du bulbé; A, lu sonde inclinée du côté droit, presque dans la direction du pli de laine, émbmssé obliquement là face antérieure el interne de 1 cuisse. La sensation d'obstacle à l'extrémité de ln sonde fournie pur le cül-de-sse du bülbe reconnue, il élève légérement le Loc, le place devant l'ovifiés du collet du bulbe; ce qui est ob ten es Emprimant au pavillon un léger mourement de rotation de droite à gauche, #t on même temps d'inclinaison légère en bas, Ainsi, le plan dé la sonile est tourné du coté

ue ©

LI DO GATUÉTÉMISME

bulbe par ce mouvement; pois, ramenant le pavillon dans la direction de l'aine, tenant la verge de ln main gauche, on retire la courbure de la sonde de la portion pénienne. A l'état normal, la sonde, dans la manœuvre de sortie ne fournit à la main aucun soubrosaut, aucune sensation, si co n'est celle de frottement uniforme sur la sonde,

Ea résumé :

Premier. temps (fig. 4), — introduire la sonde dans l'urbe thre, la courbe embrassant le haut de la cuisse, jusque dans le cul-de-sas du bulbe.

Deurième temps. —Incliner la sonde de façon que son bec libre s'élève au-dessus du fond du cul-de-sac du bulbe et soit devant l'orifice du collet du bulbe ; alors la courbe ile la sonde embrasse le pubs, le pavillon est toujours incliné obliquement dans la direction de laine; et introduction du bec dans le collet du bulbe.

Troisième temps (Îg. 5), — Placer la sonde dûns le plan médian du corps en relevant le pavillon aujdevant du pubis,

Quatrième temps (lg. 6). — Propulsion et abaissement du pavillon nécessaires pour faire glisser la courbure de la sonde dans celle de l'urôthre.

Cinquième temps, — Pour retirer la sonde, on élève le pavillon au devant du pubis; le bec dans le bulbe, où ra- Pu. 6.— Sonde de Gp, 8e Mèné le pavillon vers l'aine droite,

ee et l'on retire la sonde,

Les premlors temps peuvent être effectués par dés mi nœuvres un pou différentes.

Dans le premier temps, au lieu d'aller avec la sonde à ln recherche du eul-de-sie où bulbe, on place de suite ln courbure de la sonde de façon qu'elle embrasse obliquement le pubis, le pavillon incliné dans In direction de l'sine, le bec de la sonde condaît contre la paroi supérieure

Lo DU CarnÉrÉmENR dans le cllet du bulbe, en prenant les mêmes préewations indiquées.

Lans ce cathétérisme debout, il faut, sumout avee- Tes sondes de Béniqué en étain, et même avec la sonde d'argent * de Gély, tenir grand compte, duns le mouvement d'abaisso ment communiqué au pavillon, de l'influence du poids du pavillon de la sonde. Avec los cathéter de Béniqué, il faut même pousser en modérant la chute du pavillon, qui, trop rapide par rapport aux mouvements de propulsion, ferait que Le bec s'arrôterait sur la paroi supérieure.

Ainsi, dans le cathétérisme debout, l'opération offre lès méme temps que dans la position couchée.

Ohstacles normaux. — Les obstacles normaux au cathétérisme curviligue sont : le cul-de-sac du bulbe (fig. 7); les précautions indiquées pour arriver à introduire le bec du lasonde dans le collet du bulbe, la sensation fournie par ta sande sitôt que son bec est libre à son extrémité dans cette

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