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DESCRIPTION DU PROCÉDÉ DE L'EXTRACTION LINÉAIRE SIMPLE

DeseHpClon dv proeédé de l'extraction linéaire simple.

(Voyez planches photographiques n** 6 et 7.)

AvaDt l'extraction linéaire comme avant l'extraction à lambeau» nous avons coutume de donner au malade une légère purgationla veille de l'opération, et de lui instiller de l'atropine jusqu à dilatation complète delà pupille; nous ne permettons qu'une nourriture légère et peu abondante le matin même de l'opération.

Les instruments nécessaires pour l'opération sont : V Des écarteurs à ressort des paupières (voy. fig. 1, p. A); 2° une pince à fixation (voy. p. A,

FiG. 28. — Couteau lancéolaire.

fig. 2 ); 3° un couteau lancéolaire large (fig. 28); â° un cystitome de Graefe (voy. p. 17, fig. 7) ; 6* une curette large (fig. 29).

CHtBMERE.

FiG. 29. — Curette large, A vue de face^ B vue de profil.

On peut tenir prêt au besoin le couteau mousse pour agrandir la plaie, si cela est nécessaire, et des pinces à iris, avec des ciseaux courbes, pour le cas où il faudrait exciser un prolapsus de l'iris.

Premier temps : Section de la cornée. — Le malade étant couché comme à l'ordinaire, l'opérateur assis devant sa tète, s'il s'agit de l'œil droit, ou derrière, s'il doit opérer l'œil gauche, place l'écarteur sous les paupières de la manière déjà indiquée plus haut (voy. p. 10), et avec la précaution de ne pas forcer inutilement l'écartementdes paupières. Ayant pris dans la main gauche des pinces à fixation et dans la droite le couteau lancéolaire, le chirurgien saisit un pli conjonctival près du bord interne de la cornée et à l'extrémité nasale de son diamètre horizontal (fig. 30, p. ââ), et procède à l'incision de la cornée de la manière suivante : Le couteau lancéolaire étant dirigé vers les pinces à fixation, l'opérateur appuie la pointe de l'instrument mis à plat, sur le point de la cornée qui est situé dans le diamètre horizontal de cette membrane et à 2 millimètres de distance de l'anneau sclérotical. Ayant produit à

4t DE LOPÉBATION DE LA CATARACTE.

cet endroit une légère dépression (1), il pénètre dans la chambre antérieure et pousse la pointe du couteau, en le dirigeant parallèlement au plan de riris* tout droit dans la direction des pinces à fixation (voy. fig. 30), jusqu'à ce que la plaie ait atteint une étendue de 6 à 7 millimètres. Abaissant alors le manche de l'instrument vers la tempe du malade pour que la pointe se rapproche de la face postérieure de la cornée pendant que rhumeur aqueuse s'écoule, il retire le couteau lentement et en dilatant la plue interne de la cornée. Cet agrandissement de la plaie interne, importante pour la régularité de l'ouverture, est facile à produire si, en retirant le couteau, on dirige le

Introduclioo du cyttitom».

manche de l'instrument vers la joue du malade lorsqu'on veut agir sur l'angle supérieur de la plaie, ou vers le front lorsqu'il s'agit d'élai^ir la plaie à son angle inférieur.

Second temps : Discisiox de la gafsdle. — Sans avoir enlevé la pince à fixation, on saisit le cystitonie dont on place la petite lame à plat sur la lèvre externe de la plaie (voy. fig. 31); on déprime doucement cette dernière et ou introduit l'Instruineat, le dos de la lame toujours en avant, dans la chambre antérieure !e long de la face postérieure de la cornée. Arrivé à proximité du bord pupillaire interne (fig. 51, voy. la ligne ponctuée), on tourne le tranchant du cystltome vers la capsule que l'on ouvre, tout en retirant l'instrument jusqu'à ce que sa pointe soit arrivée à une courte distance du bord pupillaire externe. Si l'on a obtenu ainsi une large ouverture de la capsule, on remet la lame de l'Instrument à plat, le dos tourné vers la plaie, et, en l'appliquant contre la face postérieure de la cornée, on la retire de la chambre antérieure de manière que la pointe du cystitome quitte la plaie la dernière.

(1) Cctic mBDsuvrc de dépreasion a pour but de Iraverscr ta cornée dans une dircclion p«rpendirulairi' à su surFace rt sons s'arrêter iDutiicraent dans les lamelles de la membrani;. Nous prùrérons cette luaiiirre d'ai;ir ù celle de placer d'abord rîiijlrumenl pcrpeiidJculaircmenl à la surlace de la tornêe, puis il'aliaissiT le manche de rinslrunicul vers la leinpe, aussitôt qu'on a péuélrii dans ta cbanilire antérieure. Kii debars du dnu^r de voir se casser à ce moment la pointe de riiislrumcnl, un <i|M:raleur peu eicrcé peut, giciidant celte manœuvre, glisser hors de la plaie ou blesser ta pênétr.iiit dans lu chambre antérieure, l'iris plus facilement que s'il diriBO l'inslrument, dès le début de l'incision, dans un plan parallèle à cette mctnbraue.

DESCRIPTION DU PROCEDE DE L'FATlIACnON' LINEAIRE SIUPLE. tS

Troisième temps : EsTRAcnod de la cataracte. — Tout en mainte- Dant l'œil fixé, on appuie légèrement le dos d'une large curette contre la lèvre externe de l'inâsion pour entrebâiller la plaie, en même temps que l'on exerce, à l'iùde des pinces à Hxation ou du doigt, une douce pression sur la partie interne du globe (voy. fîg. 32), L'émulsion cristallinienne ne tarde pas à

s'échapper d'entre les lèvres de la plaie. Nous laissons se fermer celle-ci en enlevant la curette aussitôt que la pupille a recouvré sa coloration noire foncée.

II ne reste plus alors qu'à enlever la pince à fixation et l'écarteur des paupières.

Lorsque la cataracte n'est pas sortie complètement, nous laissons retomber les paupières, et tout en exerçant quelques frictions légères à travers la paupière supérieure sur la périphérie de la cornée, afin de ramener les masses ctistalliniennes dans le champ pupillaire, nous attendons patiemment la reproduction d'une partie de l'humeur aqueuse. Les débris, retenus dans l'œil, sont ordïnaîremeut entraînés par le courant de l'humeur aqueuse, lorsqu'on lui ouvre passage à travers la plaie. Ces manœuvres peuvent être répétées, à plusieurs reprises, sans le moindre danger pour l'œil, et sont de beaucoup pi-éférables à l'introduction de la curette dans la chambre antérieure. D'ailleurs, la rétention dans la chambre antérieure d'une faible partie de la cataracte ramollie n'a pas d'Influence remarquable sur le résultat de l'opération, parce que la résorption de ces masses a lieu rapidement chez les individus jeunes. Néanmoins, pour les raisons émises à l'occasion de l'extraction à lambeau (voy. p. 29), nous préférons évacuer les masses cristal! iniennes aussi complètement que possible ; en usant de patience et en répétant assez souvent les manœuvres indiquées, on arrive presque toujours à ce lésultat.

L'opération ûnsi terminée, nous plaçons pendant quelques instants une éponge trempée dans de l'eau fraîche sur les paupières fermées, et, après

avoir instillé quelques gouttes cTairopine entre les paupières, nous appliquons le bandeau compressif, comme après Textraction à lambeau; l'autre <ml est maintenu fermé par des bandelettes de taffetas d'Angleterre.

Le traitement consécutif est des plus simples. Pendant les deux premiers jours qui suivent l'opération, nous continuons Tapplication du bandeau que nous avons soin de changer, matin et soir, en instillant, à chaque pansement, quelques gouttes d'atropine dans l'œiL Après ce temps, tout en continuant les instillations d'atropine, nous remplaçons le bandeau compressif par un petit bandeau de soie noir flottant devant l'oeil, et après quelques jours passés dans une chambre obscure, nous habituons petit à petit le malade au jour. On peut lui permettre de sortir quand toute irritation de l'organe opéré a disparu, généralement au bout d^une semaine après l'opération, tout en prescrivant encore l'usage de lunettes à verres bleus en forme de coquille.

DES ACCIDENTS QUI PEUVENT SURVENIR PENDANT ET APRÈS l'OPÉRâTION.

Une mauvaise direction du couteau lancéolaire, après la ponction de la cornée* peut amener la blessure de l'iris et l'ouverture immédiate de la capsule du cristallin. Quant au premier de ces accidents, nous en avons parlé longuement à l'occasion de l'extraction à lambeau. L'ouverture de la capsule avec la pointe du couteau lancéolaire ne présente pas grand inconvénient : on n'a qu'à retirer le couteau et à agrandir en cas de besoin l'incision de la cornée à l'aide du couteau mousse dont on se sert de la manière déjà indiquée à propos de Textraction à lambeau (voy. p. 23). L'opération est terminée comme à l'ordinaire.

Des accidents plus sérieux consistent dans le prolapsus de l'iris ou du corps vitré; en cas de prolapsus irien, nous ne suivons pas le conseil généralement donné d'en provoquer la réduction par de douces frictions sur la cornée À travers la paupière supérieure, ou de le repousser à l'aide d'un instrument. Il est vrai que ces manœuvres sont presque toujours suivies du résultat désiré ; bien plus, souvent après l'expulsion de la cataracte, le prolapsus rentre de lui-même ; mais il est hors de doute que cette partie de l'iris devient fréquemment le point de départ d'un processus inflammatoire qui peut compliquer d'un danger sérieux une opération ordinairement presque inoflensive. Ce danger est surtout à craindre lorsque le prolapsus de l'iris a eu lieu après le premier temps, parce que le cystitome, en pénétrant dans la chambre antérieure ainsi qu'en sortant, peut aussi bien que les masses cristalliniennes, contusionner la portion d'iris qui fait prolapsus. Voilà pourquoi nous n'hésitons jamais à enlever, par un coup de ciseaux, la partie herniée de l'iris, saisie de la manière ordinaire avec des pinces. Cette petite iridectomie agrandit

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