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DESCRIPTION DU PROCÉDÉ DE L'EXTRACTION LINÉAIRE SIMPLE

la pupille normale d'une manière presque insignifiante, parce qu elle ne peut jamais enlever le bord pupillaire de l'iris que jusqu'à la lèvre interne de l'incision. Elle est, d'ailleurs, indispensable lorsque le prolapsus irien persiste après l'expulsion de la cataracte, parce qu'en la négligeant le lambeau hernie reste enclavé dans la plaie; il peut devenir ainsi la cause d'une cicatrisation vicieuse, même d'une irritation permanente, et, comme toutes les synéchies de l'iris, provoquer les dangers les plus graves pour l'organe visuel.

Le prolapsus du corps vitré est un accident bien plus rare ; il peut être causé par le cystitome, lorsque celui-ci pénètre directement à travers une cataracte mince dans le corps vitré, ou par une contraction violente des muscles de l'œil, ou enfin par une pression maladroite sur le globe oculaire. Si cet accident survient avant l'expulsion de h cataracte, il faut procéder immédiatement à l'extraction du cristallin au moyen d'une curette introduite dans l'œil. En dehors de l'inconvénient d'une expulsion devenue ainsi plus diiïicile et ordinairement plus incomplète, il faut signaler encore l'enclavement d'une portion du corps vitré dans la plaie. Nous appliquons, dans ce cas, le bandeau compressifserré dont nous continuons l'emploi pendant plusieurs jours. Malgré cette précaution, on observe quelquefois une irritation des lèvres de la plaie, et la formation d'une cicatrice beaucoup plus apparente que la ligne blanchâtre presque imperceptible, qui indique ordinairement la place de l'incision linéaire dans la cornée.

Si l'opérateur avait commis une erreur de diagnostic au point de vue de la consistance de la cataracte, et qu'il reconnût après coup l'existence d'un noyau de grandeur moyenne, il faudrait agrandir la plaie cornéenne à l'aide du couteau mousse, exciser une portion de l'iris et pratiquer l'extraction du noyau à l'aide de la curette.

En cas de présence dans le champ de la pupille d'opacités capsulaires, après l'expulsion de la cataracte, on parvient facilement à les extraire en introduisant, par la plaie cornéenne, des pinces ou un petit crochet.

On a rarement l'occasion d'observer, après une opération normale, des accidents graves pendant la période de la guérison.

En cas d'iritis consécutif, il faudrait suivre les mêmes prescriptions que celles indiquées après l'extraction à lambeau (voy. p. 36) (1) .

(i) Nous voulons mentionner ici les expériences reprises dans ces derniers temps, surtout en Angleterre^ pour extraire les cataractes entièrement ramollies par succion ou aspiration, à l'aide d*ane aiguille à succion construite par M. Laugier en 1847, et modifiée avantageusement par Bowman. L'introduction de cet instrument est précédée d'une petite incision linéaire de la cornée et de TouTerture de la capsule. — U parait évident que les cataractes entièrement liquides, qui seules peuvent être opérées par Taiguille à succion, sortiront aussi bien directement et par les manœuvres ordinaires à travers la section linéaire. Une ouverture de la cornée est aussi indispensable pour rintroduction de riuttnunent aspirant, dont l'emploi semble ainsi superflu.

DE L'BXTSACTIOIV LHVÉAIRE COUBI^ÉE AVEC L'ISIDECTOmiE.

La guérison rapide et facile des sections linéaires de la cornée, comparée aux dangers auxquels l'œil est exposé parrouverture en forme de lambeau, a provoqué naturellement le désir de pouvoir appliquer la méthode linéaire aux variétés de cataracte réservées pour l'extraction à lambeau. Les premières tentatives faites dans le but d'étendre l'extraction linéaire aux cataractes dures renfermant un grand noyau consistant, démontrèrent bien vite les graves dangers auxquels on s'expose lorsqu'on veut forcer l'expulsion de la cataracte à travers un passage trop étroit. La contusion violente de l'iris et des bords delà plaie qui résulte d'une inégalité entre la grandeur, la consistance de la cataracte et l'exiguïté de l'ouverture, devait compromettre gravement la guérison, et les résultats de cette manière d'agir étaient tels, que l'usage de l'extraction linéaire restait pour tous les observateurs judicieux et consciencieux restreint aux catai*actes entièrement molles.

L'attention de ceux qui continuaient ces études devait se porter naturellement sur la possibilité d'élargir le passage et de faciliter, en outre, l'expulsijn d'une cataracte renfermant un noyau, soit par son broiement préalable {Desmarres)^ soit par l'emploi d'instruments à traction. Dans ce but, on augmenta d'abord l'étendue de l'incision linéaire jusqu'à lui faire comprendre un quart de la circonférence cornéenne, abandonnant ainsi, dans une certaine mesure, le principe d'une plaie linéaire tout en conservant à l'incision la forme d'une fente dont les bords tendaient à se réunir exactement une fois le cristallin passé. A cet élargissement de la plaie cornéenne, placée près du bord sclérotical, on ajoutait l'excision d'une partie de l'iris {de Graefé) , pour dérober cette membrane aux dangers de la contusion, et pour agrandir l'ouverture pupillaire, dont la contraction pouvait s'opposer facilement à l'application convenable d'une curette (plus large, plus plate et munie d'un bord plus tranchant que la curette de Daviel) qui devait attirer la cataracte au dehors. Cependant M. de Graefe, qui, le premier, proposa l'extraction linéaire combinée avet l'iridectomie et l'application d'une curette (voy. Archiv fuer Ophthalmologie^ 1859, V, I, p. 158), ne voulait l'employer que dans certaines variétés de cataracte dont le noyau est de grandeur moyenne et la substance corticale ramollie et copieuse. 11 proposa de substituer ce procédé à l'extraction à lambeau, surtout dans les cas oh cette dernière parait dangereuse pour des raisons de santé générale, telles que le marasme sénile, un catarrhe invétéré des bronches, l'asthme ou d'autres affections qui ne permettent paâDfn séjour prolongé du ma*

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