DE L'EXTRACTION LINÉAIRE COMBINÉE AVEC L'IBIDRCTOMIE
lade au lit. Il recommande encore ce procédé pour les cataractes molle» adhérentes et enfin lorsque la cataracte renferme un corps étranger. — M. Waldau entreprit de généraliser la méthode, en comprenant dans ses indications les cataractes séniles. Il avait construit des instruments à tractions qui avaient la forme d'une large curette à rebords ; celle-ci introduite derrière le noyau, forçait, en effet, le passage des cataractes les plus dures & travers l'incision linéaire pratiquée au bord externe de la cornée. Cependant les résultats obtenus par ce procédé employé comme méthode générale, n'étaient pas assez heureux pour faire abandonner, k son profit, la méthode classique de l'extraction à lambeau.
Le procédé de l'incision linéaire combinée avec l'iridectoinie et l'extraction de la cataracte à l'aide d'une curette, subit entre les mains de M. Critchetl des modifîcatjons importantes. Ce chirurgien donna à l'inci^on des dimensions plus considérables (jusqu'à un tiers de la circonférence coméenne) et la pratiqua au bord supérieur de la cornée (voy. fig. 33) pour que la déformation de la pupille par l'iridectomie se trouvât cachée derrière la paupière supérieure. Cette manière de procéder réduit, en effet, considérablement les inconvénients que l'on peut reprocher à l'agrandissement pupillairc. M. Critchett remplaçait, en outre, les curettes de M. Waldau par une autre curette bien Tig. 3-j. — iiioision linrâirc nu moins épaisse, compiéteuient plate et n'ayant *'"'' ^"'"^^'■"^"'' '^ " '^'""" "■ de rebord qu'à son extrémité (voyez ilg. 3/|). .Maïs malgré les modifications
Fie. sa. — CurcUL' di' Critcliell,
importantes (une incision plus longue et un instrument plus propre à saisir la cataracte) qui distinguent essentiellement le procédé anglais {spoon extractioti) de celui de Waldau, il ne pouvait pas prétendi'e à remplacer d'une manière générale la méthode de l'extraction à lambeau. Il est vrai que dans le procédé anglais, le traitement consécutif est plus court et plus simple; le nombre des yeux opérés avec un succès complet était à peu près le même qu'après l'extraction à lambeau, mùi le nombre des guérisons imparfaites $tùt bien plus grand après l'extraction linémre qu'après l'extraction à lambeau.
Par conséquent, rextraction linéaire avec iridectomie ne pouvait être considérée à cette époque que comme un procédé exceptionnel, applicable seule* ment à de certaines formes de cataracte ; il n'y avait pas de raûson d'abandonner alors le procédé classique pratiqué depuis un si grand nombre d'années, et sur une large échelle, pour ce nouveau procédé, exigeant d'ailleurs que les chirurgiens se familiarisent avec des manœuvres inaccoutumées, et se prémunissent contre des difficultés inattendues.
Tel était l'état de la question qui nous occupe, lorsque M. de Graefe fut amené, par des études continuelles et des recherches actives, à proposer un procédé nouveau qui, réalisant plus complètement les avantages de l'incision linéaire et l'expulsion facile des cataractes séniles, fut immédiatement appliqué sur une large échelle par Fauteur même, ainsi que par un certain nombre de chirurgiens ; de sorte que, dans un temps relativement court, ce nouveau procédé gagna le suffrage de tous ceux qui avsdent pu se persuader des grands avantages qu'avaient réalisés les combinaisons heureuses du professeur de Berlin.
Nous pouvons résumer les avantages que cette méthode présente sur les autres méthodes linéaires dans les points suivants :
l"" La situation et la forme de la plaie. L'incision, remplissant aussi complètement que possible les conditions d'une plaie linéaire, occupe une situation très-périphérique, et se trouve juste à l'endroit où se rencontrera le bord du cristallin une fois l'humeur aqueuse écoulée. La cataracte pourra donc sortir, après l'excision de l'iris, directement et sans faire le mouvement de bascule en avant, indispensable quand l'incision est située dans la cornée même. Cette situation très -périphérique donne en outre un caractère moins dangereux à l'opération, puisque l'observation des blessures et des opérations a fourni souvent la preuve que les plaies situées à la jonction de la cornée et de la sclérotique se trouvent dans des conditions de cicatrisation plus favorables, et présentent moins de dangers pendant la guérison que celles situées dans la cornée même.
2"" L'iris, à la suite de la section périphérique de la cornée, peut être excisé jusqu'à son bord ciliaire. Il devient alors possible de pratiquer l'ouverture de la capsule jusqu'à l'équateur de la cataracte, d'obtenir une sortie plus facile de cette dernière ainsi que l'expulsion plus complète des masses corticales qui quittent le noyau au moment où il traverse la plaie de la cornée. En effet, ces débris cristalliniens restés dans l'œil se cachent habituellement derrière l'iris dans le voisinage de la section cornéenne.
V" La cataracte glisse facilement à travers cette incision linéaire sans qu*il soit nécessaire d'introduire un instrument tracteur dans l'œil. Cet avantage annihile le grave reproche que l'on était en droit d'adresser à la métliode d'ex-