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PROCÉDÉS EMPLOYÉS POUR REMPLACER LIRIDECTOMIE

tique. Un nœud de fil, préparé d'avance et maintenu ouvert, que l'on saisit à Bas deux extrémités, soit entre les pinces ingénieuses de M. Waldau ou de M. Foerster, soit à l'aide de deux pinces ordinaires un peu larges, est placé alors à l'endroit de l'incision, de manière que l'opérateur puisse passer des pinces à iris très-fines à travers ce nœud et à travers l'incision, pour saisir l'iris & quelque distance de son bord pupillaire. Il tire alors l'iris au dehors, tout en laissant le sphincter dans la chambre antérieure, et le nœud est fermé autour 4a petit prolapsus irien, soit par l'action des pinces, soit par Taide qui tient les extrémités du fil (voy. fig. 82). C'est ainsi que l'on exécute la ligature de

FiG. 82. — Iri(i(Klési<;.

l'iris (iridodésis) . L'opérateur coupe les deux bouts de fil à quelque distance du nœud et applique le bandage compressif comme d'habitude. Deux jours après, quand la petite plaie est bien cicatrisée, on coupe le petit prolapsus de Tins, en même temps que le nœud qui l'étrangle.

M. Snellen a simplifié le procédé opératoire de Tiridodésis, en passant avant l'incision un fil à travers la conjonctive, dans une direction parallèle au bord de la cornée, aussi près que possible de Tendroit de ponction du petit couteau. Ce fil ainsi fixé, il ne reste, après Vincision, qu à préparer le nœud à travers lequel on passe les pinces, et à le fermer autour du petit prolapsus irien.

M. Stellwag de Carton et M. Werkcr ont proposé d'abandonner la ligature de l'iris, et de la remplacer par le simple enclavement du prolapsus irien dans la plaie scléroticale. Ces auteurs reviennent ainsi tout à fait à l'an- <:ien procédé de l'iridenkleisis. Dans ce but, on pratique la ponction un peu plus loin du bord de la cornée, et l'on traverse la sclérotique très-obliquement, ■de manière à obtenir un canal assez long. Le prolapsus de l'iris est provoqué par une douce pression exercée sur la lèvre externe de la plaie, car l'huQieur aqueuse, en sortant avec une certaine force de propulsion, entraîne l'iris au dehors. Si cependant l'iris ne sort pas spontanément, on Tattire à l'aide de pinces très-fines, comme dans le procédé ci-dessus décrit. Une fois le prolapsus irien produit, on n'y touche plus et Ton applique un bandeau compressif qu'on -doit laisser en place vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, on coupe avec

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des ciseaux courbes, après l'avoir saisie avec des pinces, la partie de l'iris qui sort par la section faite à la sclérotique.

Un moyen bien plus simple pour obtenir le même résultat que tous les procédés décrits, moyen que je me rappelle avoir vu employer par M. de Graefe il y a huit ou dix ans, consiste à obtenir la fixation du sphincter dans la plaie scléroticale, tout en terminant l'opération dans une seule séance. A cet effet, on pratique la section trèa-périphériquement dans la sclérotique, on attire le prolapsus de manière à laisser le sphincter dans la plaie et l'on résèque immédiatement avec les ciseaux toute la partie qui se trouve en dehors de la plaie scléroticale. Si le canal de la plaie est étroit et assez long, le sphincter reste constamment enclavé dans la plaie. Aussitôt après la section du prolapsus irien, on applique te bandeau compressif.

Outre les indications déjà nommées, telles que les opacités de la cornée et la cataracte zonulaire stationnaire, le déplacement pupillaire a été conseillé aussi dans certains cas de luxation du crislallin, et enfin dans le slaphylôme pellucide de la cornée (kératoconus) . Dans ce dernier cas, M. ISoumtan opéra un double déplacement de la pupille, en pratiquant l'iridodésis à deux points diauiélralement opposés de la cornée. La pupille prend ainsi la forme d'une fente, et le mahide jouit alors des mômes avantages qu'en regardant à travers une fente sténopéique, sans avoir à supporter le rétrécissement du champ visuel amené par tout appareil sténopéique placé devant I'cpiI,

Malgré le principe très-Juste qui a conduit à l'invention du déplacement pupillaire, et malgré les procédés ingénieux à l'aide desquels ce principe a été mis en pratique, l'usage de cette opération ne s'est jamais généralisé, et l'engouement qui existait pour elle a bieotdt sensiblement diminué. La raison eo doit être cherchée, non pas dans les difficnltés opératoires, mais bien dans la conviction que le tiraillement de l'iris enclavé dans une plue scléroticale peut devenir la source d'inflammaUons chroniques éclatant ni£me à uoe époque assez éloignée de l'opération. En effet, de différents cllttés {Alfred Grtufe, Archiv f. Ophthalmologie, IX, 3, page lOtf. Steffan, ibid. X, I, page 122. Hœring), ont été rapportés des cas d'irido-choroîdites prenant évidemment leur point de départ à l'endroit où la ligature de l'iris avùt été faite, et ayant amené la perte de l'œil. Bien que nos confrères anglais, qui ont pratiqué l'iridodésis sur une vaste échelle, n'aient pas eu l'occasion d'observer des accidents pareils, on se décide dilScilemeot à remplacer l'iridectomie, ordinairement si inoffensivQ, par le déplacement pupilhûre qui, il est vrai, réalise quelques avantages, mais en somme, ne paraît pas sans danger pour l'existence de l'organe. Cette crainte s'est augmentée encore par l'opinion que l'on a aujourd'hui des rapports qui existent entre l'irritation des nerfs ciliaires (nerfs sécréteurs), et l'ori^^ne du glaucome.

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