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EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS DU FOND DE L'ŒIL

Le corps étranger pénètre aussi quelquefois dans le fond de l'œil, soit en traversant l'iris, soit latéralement à travers la sclérotique, à une distance plus ou moins grande du bord de la cornée. 11 peut se loger alors, soit immédiatement derrière l'iris, dans le cristallin, soit dans le corps vitré, soit enfin dans les membranes profondes de l'œil. 11 est quelquefois facile de diagnostiquer avec une très-grande probabilité le siège du corps étranger. Ainsi, nous le supposons placé derrière l'iris lorsqu'il existe une opacité circonscrite du cristallin avec exsudation dans le champ pupillaire, en môme temps que l'iris est irrégulièrement bombé en avant vers la cornée.

Le siège du corps étranger dans le corps vitré se reconnaît à Taide de l'opbtbalmoscope, soit qu'on le voie directement, soit qu'il révèle sa présence

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lU DE L'IBIOECTOHIE.

par les opacités de forme particulière qui l'eutourent (incapsulalîon) . Il n'est pas rare non plus qu'eu explorant la surface de la sclérotique à l'aide d'un stylet boulonné, nous découvrions un endroit particulièrement douloureux, et c'est alors dans la i-égion correspoudante du corps viiré que nous avons à rechercher le corps (itranger [de Graefé). Il va sans dire que la situation de la plaie extérieure, la direction dans laquelle le corps étranger a pénétré dans l'œil, et même un soudage de la plaie, fait avec précaution, deviennent des indices précieux pour ces recherches.

Si cet examen nous fait reconnaître la présence du corps étranger dans la plnie ou dans son voisinage, nous chercherons à l'extraire immédiatement à l'aide des pinces, dont l'emploi, bien entendu, nécessite quelquefois l'agrandissement de la plaie. On pratique cet agrandissement, soit par un coup de ciseaux, soit par un petit couteau boutonné, en prenant la précaution de ne pas enfoncer avec ces instruments le corps étranger plus profondément dans l'œil.

Si le corps étranger se trouve derrière l'iris, dans le cristallin, notre manière d'agir doit dépendre du degré de réaction de l'œil en général. En cas d'iritis très-légère et que nous pouvons combattre efficacement par les moyens habiluelSj noire attention sera dirigée sur la formation de la cataracte iraumalique et sur ses suites. Chez des individus jeunes encore, il suffit quelquefois, pour calmer l'inQammation, d'instiller de l'atropine pour maintenir la pupille aussi dilatée que possible. Dans ces cas, nous attendrons la formation plus complète de la cataracte pour l'extraire (à l'aide de la curette) , en même temps que le corps étranger qu'elle renferme. II peut arriver aussi que ce dernier, une paillette de fer, par exemple, devienne visible seulement après la dilatation de la pupille, soit sur ta capsule, soit immédiatement au-dessous. S'il ae forme alors une cataracte sans réaction considérable de l'œil, nous n'avons qu'à surveiller la formation de la cataracte traumatique, et lais.ser agir la résorption spontanée, quitte à extraire plus tard le corps étranger, en même temps que la cristalIo!de.

Lorsque, au contraire, il survient, peu de temps après la pénétrationdu coi^ étranger dans le cristallin, une réaction violente sous forme d'iritis consécutîv& au gonflement de la cataracte traimiatique, nous n'avons pas à hésiter. Il faut pratiquer immédiatement l'extraction de la cataracte avec excision d'une portion d'iris, et amener au dehors le corps étranger en introduisant, soit la curette, soit des pinces (1).

(1) Je conwrvc, à ma cliniquï, un morceau dv pierre en tormc d'aiguille, de la longueur de fi milliroètret, qui ti>iiit pënélré dans l'œil d'un jeune homme de vingt-deui ans, caueur de pierres. Q:maliuJi: s'est présenté à ma consultation deux jours après l'accident, arec une calaracte Iraumalique cl UDe iritii violente. Il prétendit que la pierre l'aiail seulement frappé à l'vil et n'i avait point

EXTRACTION DKS CSORPS ÉTRANGERS DU FOND DE VŒLL. 11»

Lorsque le corps étranger, ayant pénétré dans l'œil à un endroit de la sclérotique situé derrière le cristallin, se trouve logé dans le corps vitré, notre manière d*agir dépendra surtout de sa grandeur, de sa nature et des conditkms spéciales de rinflammation consécutive à la lésion. De petits éclats métalliques ou de petits fragments de pierre sont supportés dans im certain nombre de cas, sans amener la perte immédiate de rœil. L'inflammation peut rester circonscrite, produire la formation d'opacités membraneuses, qui entourent lecorpsétranger comme unecapsule, au milieu de laquelle il est caché. L'œil peut même conserver ainsi un certidn degré de vision, et il n'y aurait à craindre qœ le danger qui résulte de petits déplacements de la poche qui contient le corps étranger, si elle n'est point fixée au fond de l'œil. — Lorsqu'il s'agit de corps étrangers de plus grande dimension et dont il faut craindre en outre Faction chimique, par exemple de capsules métalliques, on n'en peut guère eqpérer l'enkystement et, sans opération, l'œil atteint est certainement perdu. Le phl^mon général du globe oculaire amène, tôt ou tard, l'atrophie du globe dont le moignon même, renfermant le corps étranger, subit de temps €n temps des poussées inflammatoires.

I! est connu en outre que ce sont ces cas surtout qui prédisposent à l'ophtlialmie sympathique de l'autre œil, et l'observation fréquente de ce fait a inspiré le conseil d'enlever toujours, dans ces cas, les yeux ou les moignons, quand bien même le malade n'en souffrirait pas.

n y a donc ici plus d'une raison de tenter l'extraction du corps étranger. Lorsqu'on réussit, on peut, dans un certain nombre de cas, conserver l'œil et même une partie de ses fonctions. Ce qui pourrait arriver de pire, c'est la perte de l'œil à la suite de l'opération, conséquence à laquelle le malade n'aurait certainement pas échappé, quand même nous n'aurions pas opéré. En outre, ayant débarrassé l'œil, par notre opération, du corps étranger, nous avons délivré le malade du danger permanent de l'ophthalmie sympathique de Tautre œil qui, si elle survient, rendrait tout de môme inévitable Ténucléation du premier œil atteint.

péeéCré. L'examen attentif de l'iris flt découvrir que celte membrane, à une petite distance du bord fupériear de la pupille^ était poussée en avant par un corps presque pointu qui la faisait proéminer sous iMine d'un angle assez aigu. L'existence de l'œil était sérieusement menacée, et je me décidai «BMtftt i l'opération.

Après une incision linéaire au bord supérieur de la cornée, j'entrai avec des pinces courbes dans Il chambre antérieure jusque vers le bord pupillaire, pour attirer Tiris au dehors. En retirant les pincety je sentais déjà la présence d'un corps solide^ et après la section du lambeau d'iris, on voyait trèf-nettement la pointe du morceau de pierre qui s'était logé dans le cristallin dans un sens presque ▼ertkal. Je pénétrai immédiatement avec des pinces et^ saisissant le corps étranger par la pointe qui 46 présentait, je l'amenai sans difficulté au dehors. L'expulsion des masses cristallinicnnes eut lieu par les maoœuTres habituelles, et l'œil guérit sans autre accident que Tocclusion de la pupille. Uue iri- 4cctoiDie eo bas et en dedans, pratiquée huit mois après, rendit au malade une bonne force visuelle.

116 DE L'IRIDECTOUIE.

Le mode dpératoire dont<^ se sert pour l'extractioD de ces corps étrangers vai-ie selon leur siège plus précis, S'ils sont logés dans la partie inférieure du corps vitré et assez loiu du cristallin, on fait bien de pratiquer à l'endroit correspondant au siège du corps étranger, et à quelques millimètres de distance de l'équateur du globe, une grande incision de la sclérotique d'un cenlimèlrc et demi d'étendue à peu près. Cette incision doit être dirigée parallèlement au bord de la cornée, et traversant naturellement le corps vitré. Cette opération se fait facilement avec un couteau à cataracte; il faut seulement choisir les poÎDta de poDction et de contre-ponction, de manière & ne pas intéresser on muscle tout entier dans la section. Si cette dernière doit ar<Hr plos d'étendue que l'intervalle entre deux muscles droits, il vaut mieux couper en partie les deux muscles droits les plus voisins, miûs aucun d'eux entièrement. M. de Graefe, qui a formulé ces conseils (1), est élément d'avis de retracer l'ioôsion, si le siège du corps étranger le permet, à l'endroit où celui-ci a pénétré dans la sclérotique, et de suivre pour l'introduction de tous les instrumatts le même chemin que le corps étranger a pris.

L'incision scléroticale faite, il faut provoquer, par une lég^ presàon sur le globe ocutûre, le prolapsus du corps vitré, et pour peu que notre incision soit rapprochée du corps étranger, on voit se présenter ce dernier dans la plaie ou dans le voisinage de la pltde. D'autres fois, on perçoit d'abord les masses opaques qui l'enveloppent habituellement, et que nous pouvons sfûùr facilement avec des pinces, et amener au dehors.

Lorsque le corps étranger, entouré des opacités du corps Titré, se trouve immédiatement derrière le cristallin, il est préférable d'employer pour son extracticHi l'indsion linéaire périphérique avec iridectomie et extraction du cristallin, en un mot, de pratiquer l'opération telle qu'elle a été indiquée par M. de Graefe pour l'extraction des cysticerqnes du corps vitré, et dont nous parlerons plus loin.

L'opération que nous venons de décrire trouve encore son application dans les cas oà, après l'abaissement de la cataracte, le cristallin déplacé devient le point de départ d'une affection inOammatoire de rœil qui, par son influence sur la santé générale ou sar l'autre œil, rend nécessaire l'intervMition chirurgicale. Lorsqu'on aperçoit alors le cristallin mobile dans la partie inférieure du corps vitré, on peut tenter son extraction, soit par la simple incimon scléroticale, d'après les règles déjà indiquées, soit par une incision linéaire périphérique avec iridectomie. Si l'on choisit ce dernier procédé, il faudra, après les

(1) ïoï. Archiv /utr Ophfhalmotos'f, 1863, IX, 2, p. 78.

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