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ET DES OPACITES MEMBRANEUSES DU CORPS VITRE

Dans certains cas de décollement de la rétine, on a observé qu'une déchirure spontanée de cette membrane, par laquelle le liquide peut pénétrer dans le corps vitré, avait paru agir favorablement, d'abord en ce sens qu'en faisant cesser la pression anormale du liquide sur la rétine elle prévient la propagation du décollement, et puis en améliorant même l'état de la vision, lorsque la rétine revient à sa place normale. Cette observation a inspiré Tidée d'un traitement chirurgical de cette affection funeste. Sichel (1) a le premier proposé d'évacuer au dehors le liquide sous-rétinien, par une ponction de la sclérotique à l'endroit du décollement rétinien, et Kittel (2) a publié une observation de décollement rétinien opéré sur la recommandation de Sichel de la manière indiquée. Il ajoute que depuis l'opération l'affection est restée stationnaire pendant les quatre mois d'observation, et que la rétine, proéminente avant l'intervention chirurgicale, s'était considérablement affaissée. Cependant, cette opération n'a pas trouvé, que je sache, d'autres imitateurs. En 1863, M. de Craefe (3) publia un mémoire sur ce sujet, mémoire dans lequel, après un exposé théorique des principes qui l'ont dirigé dans ses tentatives, il propose définitivement un nouveau procédé opératoire contre le décollement rétinien, procédé, dont il s'était déjà servi depuis trois ans, au moment de sa publication.

L'instrument usité pour cette opération ressemble à une aiguille à discision dont la lame serait un peu plus allongée et munie d'un double tranchant, et dont le col a une forme telle qu'il bouche continuellement la petite ouverture de ponction, pour empêcher la sortie des liquides de l'œil. A une distance de

(1) Voy. Clinique européenne, 1850, n° 29.

(2) Voy. Allgemeine Wlfi^r medicinische Zeitung^ 1860, n** 23.

(3) Voy. Archiv fuer Ophfhaîmologie, 1865, IX, 2, p. 90.

120 OPERVTION DO DKCOLLEMEST IIETIMEN.

Les dilTéreots procédés que nous Tenons de décrire paraissent dans le plus grand nombre de cas dépourvus de toute conséquence fâcheuse. Les améliorations de !a visioTi, obtenues par l'opération du décollement rétinien, n'ont p;.s été toujours de très-longue durée, ce qui a nécessité quelquefois la répéiiiioii (ie l'acte chirurgical. Si l'on pense au peu de ressources que nous pouvons opposer à ces maladies funestes, il est certainement permis de ne pa,s négliger ce moyen qui, dans un certain nombre de cas, a été suivi au moins d'un effet temporaire, M. de Graefe formule les indications de l'opération de la manière suivante : 1° pour les cas récents de décollement monoculaire; 2° lorsqu'un décollement existe déjà depuis assez longtemps des deux côtés, on peut pratiquer l'opération d'abord sur l'œil qui voit le moins, et juger, d'après l'efiet, si la même opéralion doit être prali'piée sur l'autre œil. Lorsque la vision est entièrement détruite d'un côté, et que le décollement dans l'autre œil laisse encore un peu de vision au malade, l'opération ne devrait pas être tentée; ce n'est que, lorsque les malades ne peuvent plus se conduire seuls, lorsqu'ils se considèrent eux-mêmes comme aveugles et désirent quand même que l'on fasse une dernière tentative pour améliorer leur état, que le médecin est autorisé à essayer, même dans ces cas, l'opération du décollement rétinien.

Une opération à peu près analogue à celle du décollement de la rétine a été employée par M. de Graefe pour la discision d'opacités tnembranettses ilfiiis le corps vitré. Ces opacités, étendues devant la région de la tacbe jaune, sont naturellement un obstacle sérieux pour le passage des rayons de lumière, et diminuent con.sidérablement la force visuelle. Elles exposent eu outre l'œil au danger d'un décollement rétinien, parce qu'elles tirent indirectement, en se raccourcissant, sur des parties opposées de la rétine, et, par cette action mécanique, détachent celle-ci de la choroïde.

Un traitement chirurgical de ces opacités ne saurait être indiqué que lorsque la thérapeutique médicale ordinaire a complètement échoué. Il est alors rationnel d'employer l'opération préconisée par H. de Graefe ; 1" pour augmenter l'acuité visuelle du malade ; 2° pour éviter le danger d'un décoUement rétinien.

Le procédé opératoire consiste dans l'introduction d'une aiguille h discision destinée à déchirer et k déplacer la membrane. L'endroit de la ponction et la manière d'agir avec l'instrument ne diffèrent en rien du procédé employé par M. de Graefe pour déchirer la rétine en cas de décollement. Une observation, publiée par l'auteur de ce procédé à l'appui de sa proposition, démontre le beau résultat que l'on peut obtenir en pareil cas. Il s'agissait d'une malade dont la force visuelle avait souffert à un degré tel qu'elle ne comptait plus les doigts qu'à un mètre de distance ; elle lisait difficilement avec un verre convese

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