‹ Traite des OperationsChapitre 34 sur 70 · OPÉRATION DU DÉCOLLEMENT RÉTINIEN · texte numérisé non relu

OPÉRATION DU DÉCOLLEMENT RÉTINIEN

n* 6, le numéro 20 des échelles de Ja^er placé à A centimètres de son œil. Après deux opérations de ce genre, elle étsdt arrivée au bout de huit jours à lire le n* 8 de Jaeger, trois semaines plus tard le n* 3 à une distance de 18 centimètres, et dix mois après l'opération, la force visuelle était complètement normale. On pouvait constater à rophthalmoscope, immédiatement nprès l'opération, Je déplacement de la membrane vers l'équateur de Toeil, de sorte que la partie centrale du corps vitré en était complètement débarrassée. Cette rétraction de la membrane fut suivie d'une résorption progressive, et dix mois après l'opération il n'existait plus de traces de Topacité (1).

(1) Arckivflier Ophth., 1863, IX, 2, p. 101.

Uisltjriyue (1). — L'idée de guérir le strabisme par une opération remonte certniiiement à la première moitié du sviii' siècle. Un article de journal (2), daté de juin 1737, un livre publié à l'aris en 1738 (S), une note liiée du Recueil des lravau.r de r Académie de Rouen [h) de l'année 1783, prouvent à l'évidence <\\ïe,Jean Taylor, oculiste du roi de la Grande-Bretagne, uon-seulemeot avait des idées assez exactes sur la cause du strabisme, mais connaissait même et exécutait sur le vivant un procédé opératoire pour le guérir. Les détails de son procédé, que Taylor entoura de beaucoup de mystère, sont resiés inconnus, mais les faits mêmes ont été assez vile répandus par cet oculiste ambulant, qui voyagea dans toute l'Europe. Aiam, nous en trouvons mention fûte

(!) Vofei, pour pltu de dëttils : Ed. Mejcr, Du strabisme, et tpéeialemeni de* condilioru de swxki de la Urabotomie. Parii, 1BG3, p, 13-21.

(2) Mercure de France : « Le diKteur Taylor est arriTé depuis peu à l'hAlel de Londre», rue

Dinphine, i Porii , il Dona prie de publier le> dÉcouierlet qu'il a fdiles, de redresser les feui

det louches par une opération prompte, presque sani douleur et sans crainie d'aucun accldeut. ■

(3) JeanTajlor : Le mécanisme, ou le Nouveau IroiU tfanafomie du globe de tctii. Paris, 1738. (A) Leeat, sigualaire de cette note, s'exprime de la minière suiraote : u U (Tajlor) me rendit

qu'uD ail n'était loucbe que parce que l'équilibre entre ses muscles était détruit; pour rélabUrcet équilibre, il l'a^iiuit d'alTublir le muscle qui l'emportait sur les autres, c'était précisément ce qu'il (Usait en coupant tm des Blets nerteui qui se portaient i ce muscle trop puissant. > Lecal décrit aussi le manuel opératoire : ■ Avec une uguillée de soie, il prenait une portion de la conjoncUie de l'œil loucbe, vers la partie intérieure du globe, et, après aïoir fait une anse de cette soie, il s'en serrait pour tirer i lui la portion de la conjonctive qu'elle comprenait et la coupait avec des ciieaui, puis il mettoil un emplâtre >ur l'œil saiu. L'œil loucbe se redressait, cl chacun criait au miracle. » — Ce passage, d'ailleurs, ue peul guère nous convaincre de la Téalité d'une opération elticace- Cliacun sait que, dans tes cas de strabisme ordinaire, l'œil loucbe se redresse toujours lorsqu'on recouvre l'œil sain.

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