‹ Traite des OperationsChapitre 46 sur 70 · EXTIRPATION DU GLOBE OCULAIRE ET DU TISSU ORBITAIRE · texte numérisé non relu

EXTIRPATION DU GLOBE OCULAIRE ET DU TISSU ORBITAIRE

L'estirpatlon du globe oculaire et du lîssu orbitaîre est indiquée (Jans les cas de néo[)lasines de nature maligne el ayanl eovabi le globe ocnlaire et l'orbite. Cette opération, excessivement douloureuse, eïige l'emploi du chloroforme. Un aide surveille l'anesthéaie, un autre fixe la tête du malade et ouvre les paupières, un tioisième enfin doit s'occuper exclusivement à éponger le sajig à mesure que l'héniorrliagie se produit.

Pour faciliter les manœuvres opératoires dans l'intérieur de l'orbite, on prolonge l'angle palpébral externe, au moyen d'une incision faîte avec lebislouri. Après avoir fixé le globe oculaire avec une érigne. un lénaculum de Musseus ou à l'aide d'un fil dont on a traversé préalablement le globe, on dissèque les paupières en séparant leurs faces internes du gl( be de l'œil, on les renverse en haut et en bas, et on les fait tenir par des crochets mousses ou des pinces à disséquer ; puis, tirant de la main gauche le globe oculaire en avant et en haut, l'opérateur plonge un bistouri droit, tenu comme une plume à écrire, dans l'angle orbilaire interne, le long de l'ethmoïde jusqu'auprès du trou optique. Il le promène du dedans en dehors sur toute la dpmi -circonférence inférieure de l'orbite, pour en délacber les part.es niol:es, jusqu'à l'angle externe. Baissant alors l'érigne, on attire le globe oculaire en avant et en bas. On promène le bistouri de l'angle interne tout au long de la de mi-ci rconfi^rence supérieure, de manière que les deux incisions viennent se réunir h. l'angle externe. L'œil ne tient plus alors qu'au fond de l'orbite, par les muscles et le nerf optique formant un pédicule que l'on coupe d'un seul coup et aussi loin que posàble en arrière, avec des ciseaux courbes.

Si la glande lacrymale est comprise dans la dégénérescence pour laquelle on extirpe le globe de l'œil, le chirurgien doit l'enlever, soit en la comprenant dam l'indsion supérieure, soit en la détachant ultérieurement après l'extirpation du gtobe.

Le gros de la tumeur enlevé, on explore soigneusement, avec le doigt, la cavité orbit^re, et partout oji l'on découvre du tissu malade on l'eicise soigneusement jusqu'à l'os; au besoin, on rugine même le périoste et, dans quelques cas, on peut même être contraint d'enlever une partie de la paroi osseuse. Lorsque le néoplasme a traversé la paroi orbitaire, on réussit parfois à le retirer à l'aide d'une érigne et à l'extirper plus complètement.

Quand les paupières sont comprises dans la dégénérescence, on les cerne

ENUCLEATION DE L'ŒIL. 17»

fu deux incisions semi-lunaires qui suivent les bords de l'orbite et circonscrivent toutes l&s parties altérées.

L'hémorrbagîe considérable il lariuelle il faut s'attendre après l'exûrpation de l'œil, doit être conibatlue au moven d'injections d'eau glacée et par le taraponnement. Ce dernier est presipie toujonrs d'un elTet sûr et rend inutile la ligature de l'artère ophtlialmique et rie ses rameaux, l'inlroduction de boulettes de charpie imprégnées de perchlomre de fer ou l'emploi du fer rouge. Ces deux derniers moyens présentent un danger sérioux à cause du voisinage in cerveau, et le peichlorure de fer surtout, parce qu'il arrête la circulation et produit une ahéraiion chimique du sang dans les vaisseaux h une asseï longue distance; ce qui présente un daager grave pour les vaisseaux de la base du «liiie.

Le tamponnement se fait à l'aide de petites boulettes de charpie sur lesquelles on ferme les paupières, les recouvrant de charpie et fixant tout ce pansement à l'aide d'un bandeau compressif serré. Ix)rsqu'on a réussi à arrêter le sang avant l'application du bandage compressif, on peut procéder à la léuniou de la commissure externe, par première intention, au moyen de simples sutures. Le bandeau ne doit pas être changé dans les premières vinglqu&tre heures, et sun application est à continuer jiisi(u'à ce que l'orbite se trouve couverte d'une conche de granulations. Pendant lout ce temps, le mahde doit être entouré de soins et de précautions, nécessaires coiume après les lésions graves ; l'inflammation locale ei la fièvre générale doivent è^re combattues par les moyens employés ordinairement.

Lorsq[ie tout danger d'une hémorrhagie consécutive a dispaju, que l'orbite se remplit de granulations, le bandage devient inutile, et il suffit alors de nettoyer plusieurs fois par jour l'orbile avec des injections d'eau pure, jusqu'à ce que la cicatrisation soit complète.

Si les granulations se forment très-lentement, ou si elles sont pâles et flasques, il peut devenir utile d'employer une pommade irritante, la teiuture d'opium, le nitrate d'argent, etc.

L'ÉNUCLÉATION DE L'CCIL.

Ce procédé, que nous devons à Bonnet, de Lyon, consiste à énucléer, en quelque sorte, le globe oculaire de sa capsule fibreuse, en conservant, autant que possible, cette dernière, le systètue des muscles et la conjonrtive. Il n'est applicable qu'au cas où le globe de l'œil seul est affecté, lorsqu'il est le siège d'une néoplasie liuiitée par les enveloppes du gifibe oculaire, ou lorsqu'il exerce sur ?on congénère une influence sympathique fâcheuse. L'énuclé-aiion est indi-

IM DES OreRATlONS.ODI SE PHATIODENT DANS L'OBBITE.

quée, en outre, lorsque l'onl impropre à la vue est lésine de souffraDces vives, ou enfin, lorsqu'api es s'èlre désorganisé, ii acquiert, comme dans le stapbyldme, des dimen«0Q3 énormes.

Les instruments nécessaires pour celte opération sont des élévateurs pleins, on crochet à strahisme, des ciseaux à pointe mousse et courbes sur le plat

Après avoir aomnis le malade h l'anesthéùe, et écarté les paupières à rude des élévateurs, on sai^t un pli de la conjonctive près de la cornée au-dessus de l'insertion du muscle droitinteme, on l'incise comme pour nne opération de strabisme et, en glissant avec la pointe des àseaux sous la conjooc< tive, on débride largement le tissu cellulaùre sous-jacent; puis on introduit lé crochetBOUS l'insertion musculaire, etl'on coupe le tendon aune petite distance de la sclérotique. Cela fait, on continue la section de la conjoncUve, toujours près de la cornée, jusqu'au plus prochain muscle droit que l'on détache également de la sclérotique et ainsi de suite jusqu'à ce que les quatre muscles droits soient coupés. On aùsit alors le globe oculûre k l'aide de pinces assez fortes que l'on applique à la sclérotique, près de l'extrémité tendineuse du muscle droit interne ménagé dans ce but, el, tout en Urant autant que possible l'œil en dehors et en avant, on glisse avec les ciseaux fermés, le long du gl<^ ocnlaire, jusqu'auprès du nerf optique que l'on coupe, ausâ loin que possible, en arrière de son inserUon (voy. fig. 109). Celui-ci coupé, il es( très-facile de

FiG. 109. — Énucléaliou de l'ui!.

luxer le globe de l'œil et de le détacher complètement des muscles obliques. Dans la plupart des cas, rhémorrhagie est insigntfiuite, et le pansement se fait au moyen du bandeau cotnpressif. La guérison par première intention s'effeclue rapidement, et, au bout de quelques jours, ou voit déjîi l'ouverture pratiquée dans la conjonctive cicatrisée sur le pelit moignon foniié par les extrémités musculaires et le nerf optique. Le sac conjonclival est alors complé-

SF,cno^ DES mchu» r.ii.iAiKts isi

tement fermé, et, après quelque temps, on peut peiiiieltre au malade l'usage d'une pièce artificielle.

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