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DE L'EXTRACTION DES CORPS ÉTRANGERS DU SAC CONJONCTIVAL

Lorsqu'il y a lieu de supposer la présence d'un corps étranger sur la conjonctivOt il est indispensable d'examiner soigneusement la surface de la conjonctive des deux paupières, ainsi que celle de la conjonctive bulbaire et de la cornée. La paupière inférieure est facile à renverser si l'on engage le malade à regarder en haut, en même temps que Ton tire le bord ciliaire en bas. Les plis du cul-de-sac antérieur s'écartent lorequ'on exerce une légère pression sur le globe même, à travers la paupière supérieure. La paupière supérieure n'est pas aussi facile à explorer, on y arrive cependant sans grandes diflicullés en saisissant, après avoir engagé le malade à regarder en bas, entre l'index et le pouce de la main gauche, le bord libre de la paupière supérieure. Abaissant alors celle-ci, on applique l'extrémité d'un doigt de la main droite ou d'un gros stylet sur la surface externe un peu au-dessus du bord supérieur du cartilage tarse, et l'on opère le renversement de la paupière en déprimant le bord du cartilage, en même temps que Ton tire le bord palpébral en avant et en haut. Le renversement ainsi obtenu, il est nécessaire, si Ton ne veut pas voir retourner immédiatement la paupière dans sa position normale, d'engager le malade à regarder toujours en bas, d'appliquer le bord de la paupière renversée contre le bord orbitaire supérieur et d'exercer, à travers la paupière inférieure, une légère pression sur le globe oculaire. On voit alors les plis du cul-de-sac supérieur se développer et s'écarter.

DE LA SCARIFICATION ET DE LEXCISIOX DES (iRANLLATIOSS PAI.PÉBRALES. 197

Généralement on trouve le corps étranger à quelque distance du boi-d àe la paupière d'où on l'enlève facilement à l'aide d'un mouchoir ou d'un pinceau. S'il adhère plus solidement, on se servira de la curette de Daviel; s'il s'e^t tellement incrusié dans les tissus, qu'il résiste à la curette ou même à la traction d'une pince, on peut exciser le petit pli de la muqueuse qui contient le corps étranger. ,

OPÉRATION DU CHÉMOSIS.

Le cbémosis, résultat d'un épancliemcnt séreux dans le tissu sous-conjonc» lîval, nécessite souvent l'intervention chirurgicale. Cette dernière est bien plus rarement nécessaire en cas d'épanchement sanguin, à moins, toutefois, que le chémosis soit très-considérable. L'excision d'un pli coujouciival à l'endroit du chémosis, opération préconisée si souvent dans les trailés classiques, doit être tout à fait abandonnée; d'abord parce qu'elle peut devenir la cause de cicatrices désagréables de la conjonctive, ensuite parce qu'elle ne remplit pas du tout le but proposé. En effet, l'cvcision de la conjonctive ne peut faire «orlir que le liquide qui se trouve immédiatement au-dessous de la muqueuse enlevée; car l'épanchement est renfernié dans la trame cellulaire du tissu BOLS-conjonctival, et il y restera tant qu'on ne débridera pas ce tiiisn.

Pour celte raison, il est indispensable d'employer une autre manière et c'e procéder comme il suit : à l'aide de ciseaux courbes et h pointe nu'usse, oji pratique à la partie la plus déclive du bourrelet chémolique une incLson, en écartant largemetit les branches des ciseaux ; puis on introduit leur pointe dans le lis^u sous-conjonctival , que l'on débride à coups de ciseaux dans toute l'étendue du chémosis. Après avoir retiré les ciseaux, on facilite l'écoulement du liquide, en exerçant, h travers Ips paupières, une légère pression, du sommet du chémosis vers ['incision. Deux incisions semblables peuvent être pratiquées, en cas de besoin, des deu\ cOlés de la coniée,

DE LA SCARIFICATION ET DE L'EXCISION DES CRANllLATIONS PALl'ÉBRALES.

Les scarifications de la conjonctive palpébrale comballent efficacement et rapidement l'excès d'inflammation et de gonflement qui accompagne parfois les ophlhalmies externes. C'est aussi dansée cas seulement qu'il est indiqué de les pratiquer ; tandis qu'il faut bien se garder de vouloir ériger les scarifications en métliode générale pour le traitement d'une ophlhalinie déterminée, telle que la conjonctiviie granuleuse. En effet, l'inflammation et le gonflement de la?

muqueuse que nous cherchons à combattre par les scarifications peuvent se rencontrer aussi bien dans les autres formes des inflammations de la conjonctive, tandis que nous voyons bien des cas d'opbtbalmie granidease où les scarifications sont au moins inutiles.

On les exécute à l'aide d'une aiguille à cataracte, ou mieux à Faide d'un scarificateur particulier (voy. fig. 117) avec lequel on fait de petites incisions.

. * FiG. 117. ^ Scarificateur de Desmarres;

superficielles et parallèles Tuoe à Tautre. On entretient l'écoulement du sang, en tiraillant légèrement la paupière dans le sens opposé à la direction des incisions, et en épongeant fréquemment les endroits scarifiés. Quant à des scarifications profondes du tissu conjonctival et sous-conjonctival, nous les rejetons complètement, parce qu elles entament la substance de la conjonctive elle-même, et produisent des cicatrices irrégulières..

Je remplace très-souvent les scarifications, surtout dans les cas de scarifications palpébrales, par un frottement énergique exécuté à l'aide d'une éponge un peu dure sur la muqueuse malade. Le résultat, au point de vue de l'écoulement du sang, est absolument le même que celui obtenu par les scarifications. Je crois, en outre, qu'en enlevant la couche épithéliale des granulations par ces frictions énergiques, on amène une activité de circulation qui prépare le travail de résorption et ainsi la guérison des granulations. En effet, j'en ai vu guérir, par cette méthode, sans l'emploi du caustique et sans autre traitement local quelconque. Quel que soit d'ailleurs le moyen par lequel on ait provoqué l'écoulement du sang, on l'arrête sans difficulté en remettant dans sa position normale la paupière renversée ; puis on débarrasse le sac conjonctival des caillots de sang qui s'y arrêtent parfois, et l'on engage le malade à appliquer quelques compresses fraîches sur l'œil, pour combattre la sensation de chaleur qui suit la petite opération.

Vexcision des granulations n'est permise que dans des cas bien déterminés, c'est-à-dire quand les granulations sont isolées, proéminentes et, pour ainsi dire, pédiculées, en un mot, lorsqu'on peut les enlever sans risque d'entamer la conjonctive elle-même. Dans quelques cas, bien plus rares encore,

on voit la conjonctive et plus souvent la caroncule recouverte, non plus de granulations isolées, mais d'une couche épaisse, fongueuse ou gélatineuse qui ne disparaît qu'avec une lenteur désespérante sous l'influence des cautérisations ordinaires. Dans ces cas, très-rares, je le répète, il peut être permis d'enlever

DE LA SECTION DES VAISSEAl'X DE LA CONJONCTIVE. laj

ciîlle couche, en observant toujours la précaution indispensable de ne pas s'étendre trop loin et surtout en évitant d'exciser une partie saine de la muqueuse.

L'excision inêuie des granulations ne présente pas de difficulté. Le malade étant assis sur une chaise, un fait fixer par un aide placé derrière lui la tète et la paupière préalablement renversée, tandis qu'un autre aide doit être prè[ à éponger le sang qui s'écoule. L'opérateur saisit alors la granulation avei une pince à griffes fines, l'attire et l'enlève tout près de sa base par un coup de ciseaux. 11 est indispensable d'enlever ainsi les granulations les unes après les autres et de n'en exciser qu'nn nombre limité dans chafiue séance; il faut se garder de vouloir abraser, pour ainsi dire, toute la muqueuse pour lui rendre sa surface lisse. L'excision même n'est pas douloureuse et le malade ne ressent de la douleur que quand les ciseaux entament la conjonclive. 11 est nuisible de cautériser immédiatement après l'excision. 11 faut plutôt appliquer, pendant quelques minutes, des compresses fraîches pour combattre la légère réaction qui s'ensuit.

Après les excisions comme après les scarifications, on arrôLe l'écoulement du sang en remettant ta paupière dans sa position normale, et il ne faut pas oublier d'enlever, avec une éponge fine, les petits caillots de sang qui se trouvent dans les plis de la conjonctive et qui gêneraient le malade.

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