GATHRTÉRISME DU CANAL NASAL
crymal inférieur. Si cet attouchement irrite la conjonctive, je courbe cette extrémité flexible dans un angle aigu qui s'appuie sur la peau de la commissure interne. MM. Bowman, Gritchett et Scbweigger ont employé des sondes pareilles, et n'ont eu qu*à se louer de cette dilatation permanente du canal nasal. Cependant, si le résultat se fait trop attendre, j'essaye pendant quelques jours l'introduction des sondes les plus fortes de Bowman et de Weber, et je continue leur usage selon l'effet produit. Si, malgré cela, le larmoiement ne discontinue pas, je cberche à me rendre compte de la cause de cet état qui, il faut bien le dire, est exceptionnel. Quelquefois la continuation du larmoiement est due au volume exagéré de la caroncule lacrymale qu'il faut alors réduire à son volume normal par une ablation partielle (A. de Graefe). D'autres fois, je combats l'état de la muqueuse par des injections astringentes dans le canal, et par une injection d'une solution de nitrate d'argent dans le sac lacrymal. Il faut prêter aussi une attention toute particulière à Taltération qu'a subie le sac sous le rapport de ses dimensions. Lorsque, parexeraple, le sac a été très-dilaté et ses parois fortement amincies, distendues par le séjour prolongé des matières qui s'y sont accumulées, il arrive souvent, après que l'on a triomphé du rétrécissement du canal , que le sac, dont les parois sont relâchées et dilatées, ne reprenne pas ses dimensions normales. Cette dilatation du sac peut devenir un obstacle sérieux à la guéiison du malade. On a construit pour remédier à cet état de choses, différentes pelotes qui, fixées par un ressort d'acier, compriment d'une façon permanente la paroi antérieure du sac; mais leur emploi est assez diflicileinent toléré par les malades et elles ont, en outre, l'inconvénient de se déplacer facilement. • Dans ces cas, il faut recommander au malade de vider fréquemment le sac avec le doigt, et de le comprimer aussi souvent et aussi longtemps que possible afin de ne plus permettre qu'il se remplisse de nouveau. Pour combattre cette réplétion pendant la nuit, on peut avoir recours à une compression à l'aide de quelques compresses superposées que l'on fixe d'une manière convenaole, au moyen de bandelettes agglutinât! ves ou d'un bandeau compressif. Je ne me suis jamais servi ni du moyen conseillé par M. Bowman et qui consiste à enlever par la dissection une portion de la paroi antérieure du sac, ni de celui de M. Critchett qui ouvre largement le sac et applique à son intérieur de la potasse à la chaux, de façon à en détruire une portion considérable sans endommager la peau. M. Weber, dans le but d'empêcher pendant quelque temps l'entrée des larmes dans le sac, produit une éversion temporaire du conduit lacrymal inférieur, à l'aide d'une ligature dans laquelle il comprend le point lacrymal et un petit repli de la peau externe. La fai*adisation du muscle orbiculaire paraît activer aussi le retour du sac à ses anciennes dimensions. Dans la grande majorité des cas la combinaison de ces différents moyens
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combat efficacement raffection contre laquelle Ils sont dirigés ; mais il faut avouer cependant que nous rencontrons des cas, rares il est vrai, où malgré un retour apparent des voies lacrymales à leur état normal, un certain degré de rai*moiement persiste encore. Il faut, en outre, remarquer que, dans un certain nombre de cas, le catbétérisme du canal nasal doit être continué pendant longtemps et qu'un traitement de plusieurs semaines, de plusieurs mois même n'est pas possible dans toutes les circonstances, et n'est pas toujours suivi par les malades. Nous ne devons donc pas passer sous silence un nouveau procédé opératoire dont M. Warlomont a vanté dernièrement encore les bons résultats (1).
Ce nouveau procédé dont l'auteur est M. Stilling^ de Gassel, consiste dans l'incision interne des rétrécissements du canal nasal, et s'exécute de la manière suivante : le malade étant assis sur une chaise en face du jour, la tète soutenue contre la poitrine d'un aide, on incise tout d'abord le conduit lacrymal, et Ton introduit dans le canal une sonde exploratrice pour prédser le siège du rétré^ cissement. Après avoir retiré la sonde, on intmduit le petit couteau de Stilling (fig. 190) avec son tranchant en avant, et on glisse l'instrument jusqu'au
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Fie. 190. — Couteau de Stilling.
rétrécissement. Si Ton sent distinctement celui-ci, on enfonce Tinstrument jusqu'au manche; puis on le retire un peu, et l'on pratique des incisions dans trois directions différentes jusqu'à ce que l'instrument, qui d'abord était emprisonné, puisse être tourné sur lui-même dans tous les sens. On relire le couteau, et l'opération est terminée. On peut s'assurer cependant, en introduisant une sonde, s'il n'existe plus de rétrécissements à la partie inférieure du canal. S'il en existait on les inciserait de la même manière que les premiers. Rarement il survient autre chose qu'un peu d'ecchymose de la paupière inférieure qui se résorbe promptement.
Dans les cas de phlegmons du sac lacrymal, où ce dernier rempli de pus
proémine sous forme de tumeur, vers l'angle interne de l'œil, il est îndispensable de débarrasser d'une manière ou d'une autre le sac de son contenu puru-
(1) Voy. Annales (rocti/is tique, oct. 1868.