DB LA TORPILLE, CHAPITRB VI
est comme les deux précédents pourvu d'un ganglion de la même dimension. Ces trois rameaux se distribuent respectivement, et comme les précédents^ aux parties analogues de la troisième et de la quatrième cavité branchiale. La partie du tronc qui est la plus grosse, pénétrant entre la troisième et là quatrième cavité branchiale^ se porte à Torgane électrique.
4°. Le quatrième tronc (R), qui est bien plus petit que les trois précédents, peut être considéré comme composé de deux moitiés du même volume. L'antérieure est pourvue d'un renflement semblable à ceux que nous avons déjà indiqués , la postérieure en est tout à fait privée, et quoiqu'elles soient adossées ensemble vers le quatrième intervalle branchial , elles se maintiennent néanmoins distinctes pour se distribuer, l'antérieure aux branchies, la postérieure à l'organe électrique. I^a moitié antérieure se partage en deux rameaux principaux^ dont l'un suit Taxe branchial , et l'autre la paroi postérieure de la quatrième cavité branchiale , pour se distribuer à ses muscles. La moitié postérieure distribue quelques filaments nerveux à la paroi antérieure de la cinquième cavité branchiale, et, en se trouvant alors en rapport avec l'angle postérieur interne de l'organe électrique, tourne derrière cet angle, et envoie la plupart de ses filets nerveux à l'organe luimême.
5**. Le cinquième tronc (P) , qui va presque entièrement à l'estomac, présente un renflement ganglionnaire très^ros dans le point où il sépare les autres
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nerfs, et, parvenu au niveau de la dernière cavité branchiale, y donne des filaments nerveux trèsminces, dont Tun suit le cinquième arc branchial*
6^. Le sixième et dernier tronc (PL I, R, R; PL III, Q), pourvu aussi d'un renflement ganglionnaire, constitue le nerf récurrent ou latéral*
Ce nerf à son issue du crâne se trouve au-dessus du premier tronc de la huitième paire que nous avons décrit, et, passant au-dessus des troncs suivants , se dirige en arrière et parcourt le dos et là queue dans toute leur longueur, à peu près jusqu'à la nageoire caudale. Dans ce trajet, ce nerf se trouve au-dessus des nerfs spinaux dans la région dorsale et à l'extérieur de ces nerfs dans la queue. 11 est plongé dans une masse musculaire qui se distingue par une couleur rouge foncée semblable à celle des muscles splé-niques du cou dans l'homme. Ce nerf donne des filaments /lerveux très-minces à la masse musculaire qu'il parcourt, et les plus considérables d'entre ceuxci se dirigent à l'extérieur en parcourant obliquement en arrière chaque section musculaire formée par les couches aponévrotiques transversales. Il paraît que ce nerf ne s'anastomose pas avec les nerfs spinaux, dont il croise la direction. Vers l'extrémité de la queue , le nerf latéral se sépare en plusieurs filaments qui se perdent danà les gaines cellulaires des tendons qui donnent le mouvement à la nageoire caudale.
D'après tout ce que nous avons dit on peut conclure : que la cinquième et la huitième paire dans la
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torpille, coniienneat non-seulement les rameaux nerveux ordinaires , mais encore d*autres rameaux particulièrement destinés à l'organe électrique ; que ces nerfs ne prennent aucune part aux renflements ganglionnaires propres en général aux autres portions de ces mêmes nerfs. N'oublions pas que le quatrième lobe ou lobe électrique peut, par sa structure intime , être regardé comme une espèce particulière de ganglion , dans lequel les fibres élémentaires nerveuses se replient en anses, et se mettent en rapport avec des globules ou corpuscules ganglionnaires y et se continuent peut-être jusqu ala moelle allongée. De cette manière les nerfs électriques, au lieu d'avoir leurs parties ganglionnaires relatives en dehors de la masse encéphalique, les auraient réunies à la masse cérébrale même, et situées précisément au-dessus du sinus rhomboïdal. 11 faut remarquer encore que les nerfs de la huitième paire, qui n'ont pas de ganglions , et qui vont aux branchies, se distribuent presque entièrement aux muscles propres de ces branchies mêmes, taudis que les ramifications de la huitième paire qui ont dans leur trajet des renflements ganglionnaires , se portent presque exclusivement à la membrane muqueuse branchiale, et paraissent être^ par conséquent, entièrement destinées à la respiration.