‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 39 sur 118 · PARTIE I, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE VII

on obtient toujours, et même après plusieurs heures, une déviation suffisamment visible dans l'aiguille du galvanomètre, en faisant l'expérience que j'ai décrite plusieurs fois. La diminution de ce courant est rapide dans les premières minutes : ainsi , huit à dix minutes après que la grenouille a été préparée, la déviation. est réduite à moitié; une pile de six grenouilles qui donnait dès le commencement 16", après cinquante minutes se réduisit à 6"; cette même pile, après vingt- quatre heures, indiquait une déviation de deux à trois degrés. En mouillant dans de l'eau légèrement salée les grenouilles préparées depuis longtemps , on obtient une augmentation à peine sensible dans le courant. La durée des signes du courant de la grenouille est variable, selon la manière dont on l'a préparée. J'ai essayé de préparer les grenouilles en laissant intact le système cérébro-spinal , et j'ai composé une pile de grenouilles en faisant poser la masse cérébrale d'un élément sur les muscles de la jambe de l'élément suivant. Cette pile donnait son courant dans le même sens que celui qu'on a avec des grenouilles préparées à la manière ordinaire. Je me suis seulement aperçu qu'en comparant depuis le commencement cette pile avec une pile du même nombre de grenouilles préparées à l'ordinaire, ces signes étaient d'abord un peu plus faibles que ceux de cette seconde pile , et qu'ensuite ils persistaient plus longtemps.

11 est encore constant que les signes du courant

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donnés par une grenouille chez laquelle le système cérébro-spinal est intact, si l'on attend qu'ils s'affaiblissent, peuvent augmenter pour quelques instants par suite de l'ablation de la moelle épinière.

Il ne faut pas rapporter cet effet à la moindre 4ongueur de l'arc que le courant doit parcourir ; et, en effet, il subsiste avec la seule irritation de la moelle épinière, sans qu'on en détache un morceau. De même des courants obtenus avec les seules jambes ou avec les morceaux des cuisses coupées persistent moins que ceux obtenus avec les grenouilles entières.

J'ai voulu essayer si, en tenant les grenouilles préparées au contact de différents gaz, on trouvait des différences dans l'intensité du courant propre. Après avoir préparé rapidement douze grenouilles , j'en al introduit six dans une cloche remplie de gaz acide carbonique. Après quinze minutes, j'ai préparé deux piles opposées Tune à l'autre, dont une était composée de grenouilles qui avaient été exposées à l'air, et l'autre , de celles qui avaient été dans l'acide carbonique : je n'ai obtenu aucun courant différentiel. Dans d'autres expériences , il m'est arrivé de rencontrer que tandis qu'au galvanomètre les signes du courant de la grenouille ne varient pas , après qu'elle est restée dans l'acide carbonique , les contractions dues au courant propre s'affaiblissent beaucoup, et quelquefois elles disparaissent tout à fait. Je crois que cet effet doit être attribué à l'influence du gaz acide carbonique sur la sensibilité du nerf, puisque j'ai vu

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