‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 66 sur 118 · PARTIE II» CnAPITirB I. i · texte numérisé non relu

PARTIE II» CnAPITirB I. i

temps Faction de ce courant sur les mêmes points du lierf/on trouve que la contraction des muscles inférieurs n'a plus lieu qu'au commencement du courant direct j et qu'à l'interruption du courant in<* vel^se.

En agissant avec un courant de dix couples d'une pile à colonne, on a des signep bien distincts de douleur. Les couples que j'ai employés avaient 10 centimètres carrés de surface, et le liquide qui imbibait les cartons était de l'eau légèrement salée. Voici les résultats auxquels je suis parvenu en employant le courant de oçlte pile, cjui ne diffèrent pas de ceux obtenus avec des piles d'un Jïlus grand nom* bre de couples.

Au commencement du courant direct, tous les muscles inférieurs se contractent; le lapin crie, tout son dos se courbe , ses oreilles s'agitent; ces mêmes phénomènes se produisent lorsqu'mi agit avec le courant inverse, et tous ont lieu à l'instant où ces deux courants cessent. En répétant cette expérience sur plusieurs individus, on trouve en général que les signes de la douleur sont les plus forts dans le cas du courant inverse qui commence, et que l'es contractions musculaires les plus* grandes sont celles qui sont produites par le commencement du courant direct. Le commencement et l'interruption du courant électrique d'une certaine intensité qui agit sur une certaine portion du système nerveux sont donc suivis par les mêmes phénomènes, quelle que soit là direction de ce courant dans le nerf. En continuant

fOS DES PHÉNOHiMMI teBCTM-raWIOLOGtQUES.

à agtrsar lé même animal ^ on ne tarde pasàs'aper* cevoir que les phénomènes n ont plua lien de la même manière. Les variations qni surviennent commencent aprèB un certain, temps., qui e^t d'autant plus court que le courant employé était plus inr tense. . * ••. i .:•■.-,., ..

Il est possibk pouirtant de reproduire sur le même ani mail les effets que le courant a produits dans, les pretnier^ moments. H y a deux moyens pour y réui^ir ),e'est| ou d'abandonnés* Tanimal à luimême, et de renouveler ilaetipn du courant quelque temps après, ou bien d'employer un courant d'un plus grand non^re de couples que celui dont on s'est servi. C'est ainsi que quand on s'aperçoit que le courant électrique de dix couples ne produit plus les effets que nous avons décrits , il n'y a qu'à redoubler le nombre des éléments pour obtenir de nouveau ces mêmes phénomènes,, Il ne faut pas croire pourtant qu'on parvienne toujours , en opérant sur le même animal, à obtenir les premiers effets à force d'augmenter ^intensité du courant. Nous verrons par la suite, en i^apportant les belles expériences de Marianini , que l'excitabilité du nerf persiste pour un temps d'autant plus court que l'intensité du courant qui l'excite est plus grsM^de.

Mais il est temps que nous exposions en quoi con«sisteiit les différences qui surviennent,, dans les phénomènes produits.par le coura.nt sur l'animal vivant, à mesure que squ action se prolonge.: Voici ces différences : Ic^sque < le courant direct esjb. interrompu.

les eontraclioiifi des muselés inférieurs deviennent plus faibles I tandis^ qu! elles subsistent, pour les muselés du dos ^ et qu'oa a toujours Tagitation des waîUes et très -souvent, le cri; quand ce courant commence, les effets sont limités aux contractions des muscles inférieurs. Pour. le courant inverse, les contractions des muscles du dos, les battements des oreilles, et presque toujours le cri , ont lieu à son commenecÉiient, tandis que les contractions des muscles inférieurs sont à peine sensibles. A Tinter*ruption de ce eouraat, les contractions des muscles inférieurs sobsistent^ et celles du dos^ de^ oreilles, et le cri, ont dispttu.

II ma ferait impossible, malgré un très-grand nombre d'expériences , de préciser dans quel ordre commencent à disparaître les phénomènes dont nous avons parlé*.

On doit donc réduire à deux périodes seulement l'action du courant électrique qui excite les nerfs d'un animal vivant : dans la première période^ rexci*tation du nerf est transmise dans tous les sens , à sa périphérie 9 comtne à son centre, au commencement de l'excitation comm^ à son interruption, et tou^ cela indépendamment de la directiop . du courant dans le nerf; dan» la çeeonde période, l'excitation dn nerf se porte vers ses extrémités par le courant direct qui commence» ou par le courant inverse qui est interroippu) au contraire l'excitation du nerf est transmise vers le cervaau lorsque le courant. direct est interrompu, on quand lUavi^rsecpmniençi^àpas-

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ser • On peut exprimer ces résultats en des termes peatètre plus simples : le courant, dans la seconde périodei agit dans le sens de sa direction quand il commence, ou dans le sens contraire à sa direction lorsqu'il cesse.

Mais de quelle manière le courant électrique peutil produire des contractions dans les muscles du dos et de la tète, lorsque ce <îourant agit sur un »erf qui ne se ramifie pas dans ces muscles? Gomment se fait-il qu'en opposition aux idées généralement ad» mises, la contraction 'mujsculaîre soit ptodaite par l'excitation du nerf en sens rétrograde ?

Une expérience très-simple me semble répondre à ces questions. Je prends un lapin parvenu à la seconde période , et je lui coupe la moelle Minière, en ayant le plus de soin possible de ne psifi causer trop d'hémorragie. On peut répéter cette -expérience , comme je l'ai fait, sans attendre cette. période; de même on peut la varier en coupant la moelle épinière dans des points différents. Dans tous les cas, après que la moelle épinière a été coupée , on arrive toujours aux mêmes résultats : les contractions des muscles supérieurs au nerf excité n'affectent 'plus que les muscles inférieurs, au point où la mfoelle épinière a été coupée, et qui sorit compris par conséquent, entre le point excité et le point où làmoelle a été coupée; si on coupait la moelle tout à fait à sou extrémité, il n'y aurait plus de contraction sur auemi' point supérieur au nerf excité. Les phénomènes produits par le passage du courant électrique se réduisent alors à la contraction des musdës infi^rieurs^Q^î^ l^u au

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commencement du courant direct, et à l'interruption du courant inve(rse^ '

C'est donc un de ces mouvements qu'on a ap^ pelés d^ réflexion qui est produit par l'excitation du nerf par le courant^ au-des&us de ce . nerf excilé : dans ce cas, c est l'excitation sensoriale du nerf parcouru par le courant qui, par Tintermédiaire de la moelle épinière, détermine ensuite la contraction. L'excitation du nerf, d'abord centripète, se transforme en une excitation centrifuge.

Lorsque l'animal est réduit, par l'action prolongée du courant, à la seconde période que nous avons déjà décrite, on peut découvrir sur cet animal la propriété singulière dont le nerf est doué, et qui consiste à conserver dans certains points la sensibilité qu'il a perdue dans les points où le courant a agi.

Valu a montré le premier que si l'on fait passer un courant par le nerf d'une grenouille préparée a la manière de Galvani , et que si l'on prolonge l'action du courant jusqu'à ce qu'il ait cessé d'exciter les contractions , on peut encore, avec le même courant et sur le même animal, obtenir ces contractions , pourvu qu'on agisse sur une portion du nerf plus éloignée du cerveau et plus rapprochée des extrémités que celle sur laquelle on avait opéré d'abord : il est très-facile de vérifier ce fait , soit sur des grenouilles, soit sur d'autre» animaux , et on trouve toujours que la propriété du nerf, d'exciter leô contractions dans les muscles où il est ramifié 9 par le

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passage d'un courant, se rétine ver» les extrémités du nerf à mesure que sa sensibilité diminne.

En agissant arec le courant inverse sur les nerfs des animaux viva.Qt8 , j*ai trouvé la même loi pour les phénomènes de la douleur et des contractions des muscles supérieurs, qui sont produits par le commencement de ce courant inverse. A mesure que la sensibilité devient moindre, il faut que le courant traverse des portions cfu nerf plus rapprochées du cerveau, et plus éloignées des muscles, que celles sur lesquelles le courant avait commencé à agir. Voici l'expérience : je prends une grenouille très-vivace et je la fixe sur une planche, avec des clous, qui traversent ses quatre pattes, le bas-ventre en bas. Je découvre son nerf sciatique en enlevant tous les muscles et Tes de la cuisse. Alors je fais passer le courant^^d'une pile de quinze couples, dirigé des extrémités du nerf vers le cerveau , et en tenant les deux pôles à la distance de 3 ou 4 millimètres entre eux. Toutes les fois que le courant commence à pa&* ser, la grenouille pousse un cri , et j'obtiens ce résultat eti touchant dans les différents points du nerf. J'attends cinq minutes et je répète l'expérience, je trouve alors qu'elle crie moias fort ou pas du tout^ lorsque le courant traverse des points du nerf, près de son insertion dans la jambe, tandis qu'elle crie toujours si Ton touche le nerf sur des points supérieurs. Si on attend encore cinq minutes avant de renouveler Texpérience , on trouve qu'il faut arriver avec le courant près de la moelle épinière pour ob>-

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