‹ Traité des phénomènes électro-physiologiques des animauxChapitre 74 sur 118 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ACTION DU COURANT ÉLECTRIQUE SUR LES PARTIES CENTRALES DU SYSTÈME NERTEUX.

Il aurait été important , après avoir établi la manière d'agir du courant électrique aur les nerfs^ de poursuivre ce même sujet sur les parties centrales du système nerveux. Malheureusement , j ai dû renoa*cer à une suite d'expériences dirigées comme je l'aurais voulu ^ faute de ^nnaissances suffisantes d anatomie » et surtout d'habitude dans les vivisections. Toutefois , je rapporterai iei . le peu que j'ai réussi à voir et à constaterdans quelques expéHeaces; j'engage les physiologistes à continuer Ms observations sur ce sujet.

Ayant découvert avec un trépan le cerveau d'un lapin vivant^ je commençai par appliquer les deux

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pôles d'une pile de soixante couples sur les hémisphères cérébraux^ à une distance d'un à deux cen*timètres l'un de l'autre; l'animal n'a pas bougé, ou bien il n'y a eu que quelques petites contrac^ lions dans les muscles de la tête. J'ai porté les deux pôles sur le cervelet , et le courant a passé sans faire crier l'animal et sans exciter de contractions. Les mêmes effets ont été obtenus en faisant passer le courant dans la pulpe des hémisphères cérébraux et du cervelet. Ce n'est que quand j'ai pénétré avec les deux pôles jusqu'à la base du cerveau ^ que Tani^ mal se mit à crier et à se contracter trè&-fortement de tout son corps. Ces phénomènes se sont prolongés pendant plusieurs secondes , et ne se sont pas reproduits lorsque le circuit a été interrompu. J'ai pu m'assurer aisément que lorsque la douleur et les contractions ont été excitées, le courant électrique agissait sur les corps quadrijumeaux et les pédoncules du cerveau.

11 importe de noter que le courant électrique dans son action sur les parties centrales du système nerveux semble différer de celle qu'il exerce sur les nerfs , par le défaut d'excitation lors de son interruption. Il me semble également permis de conclure que le courait électrique agit sur les parties centrales du système nerveux, comme tous les autres agents stimulants dont l'action a été si bien établie par les célèbres travaux de M. Plourens»

C'est à ce même résultat qu'on est conduit lorsqu'on fait agir le courant sur la moelle épinière et

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sur les racines des nerfs rachidiens. En meltant à nu, sur un lapin vivant, deux points de la moelle épinière, et en y faisant ainsi passer un courant de quinze à vingt couples , je voyais lanimal agité par les plus vives convulsions , lesquelles avaient lieu également à l'interruption du circuit : l'animal criait dans le même temps et se courbait comme- s'il eût été saisi par d'atroces souffrances. En continuant le passage du courant, les phénomènes se présentent comme pour l'action du courant électrique sur les nerfs que nous avons étudiée.

Lorsqu'on agit avec le courant électrique sur les racines antérieures et postérieures des nerfs rachi* diens, on vérifie très-aisément la belle découverte, faite par Bell, Magendie et MuUer, de la fonction différente qui appartient à ces deux racines.

J'ai répété souvent sur les grenouilles l'expérience que Muller décrit dans sa Physiologie , en employant un couple élémentaire pour produire le courant. Si les racines postérieures sont parcourues par ce courant, il n'y a aucune contraction excitée dans les muscles des membres inférieurs , ni au commencement, ni à la fin, quelle que soit sa direction. Au contraire , en agissant avec le courant sur les racines antérieures, les contractions qu'on obtient sont soumises tout à fait aux mêmes lois que celles que l'on a lorsqu'on agit sur les nerfs.

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